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Les biphosphonates : description, indications, effets secondaires

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Les troubles osseux comme l’ostéoporose ou la mala­die osseuse de Paget sont des patho­lo­gies qui affectent géné­ra­le­ment les per­sonnes âgées. Les médi­ca­ments les plus uti­li­sés pour leur prise en charge sont les biphos­pho­nates, car ils per­mettent de réduire le risque de fracture.

Cepen­dant, depuis quelques années, les rap­ports reçus ont sug­gé­ré qu’ils pro­voquent des effets secon­daires graves comme les dou­leurs mus­cu­laires ou arti­cu­laires et l’ostéonécrose de la mâchoire. La FDA appelle alors à la vigi­lance des four­nis­seurs de san­té et des patients sur ces éven­tuels effets. Que rete­nir sur les biphos­pho­nates et sur­tout quels sont leurs effets secondaires ?

Biphosphonates : description

Encore appe­lés « diphos­pho­nates » ou « bis­phos­pho­nates », les biphos­pho­nates sont des médi­ca­ments uti­li­sés pour lut­ter contre la perte de la den­si­té miné­rale osseuse (DMO). Ils doivent leur nom à la pré­sence de deux groupes phos­pho­nates dans la struc­ture chi­mique qui les caractérise.

D’un point de vue chi­mique au contraire, les biphos­pho­nates peuvent être consi­dé­rés comme des déri­vés du pyro­phos­phate de struc­ture chi­mique P₂O₇⁴⁻. Dans ces médi­ca­ments, l’oxygène (O) qui lie les deux atomes de phos­phore ℗ a été rem­pla­cé par un atome de car­bone. Ce type de liai­son devient alors non hydro­ly­sable en confé­rant aux biphos­pho­nates une résis­tance à l’hydrolyse enzy­ma­tique diges­tive. On obtient ain­si l’effet sui­vant : P‑O-P → P‑C-P.

De plus, les deux radi­caux car­bo­nés non fixés aux phos­phates pour­ront lier des chaînes de struc­ture variable. Celles-ci sont à leur tour direc­te­ment liées à l’affinité pour le tis­su miné­ral osseux et à l’activité anti-résorp­tive de chaque molécule

Biphosphonates : indications

Les indi­ca­tions thé­ra­peu­tiques des biphos­pho­nates sont mul­tiples. En géné­ral, les experts les recom­mandent dans le trai­te­ment des mala­dies onco­lo­giques et méta­bo­liques qui impliquent le sys­tème sque­let­tique. Par exemple, ils sont pres­crits dans la pré­ven­tion et le trai­te­ment de l’ostéoporose, aus­si bien chez les hommes que chez les femmes. Tou­te­fois, il faut noter que cette mala­die est plus fré­quente chez ces dernières.

En outre, les biphos­pho­nates sont des médi­ca­ments de pre­mier choix pour le trai­te­ment de la mala­die osseuse de Paget et l’hypercalcémie. Ils peuvent s’avérer effi­caces dans le trai­te­ment d’autres mala­dies sus­cep­tibles de pro­vo­quer une perte de den­si­té osseuse. Cela se pro­duit dans le cas des méta­stases osseuses lytiques et de l’hyperparathyroïdie.

Il convient de remar­quer que les indi­ca­tions peuvent varier sui­vant le prin­cipe actif, car les biphos­pho­nates regroupent plu­sieurs sub­stances actives.

Biphosphonates : liste

Les prin­ci­paux biphos­pho­nates encore employés aujourd’hui regroupent :

  • L’acide alen­dro­nique : c’est le biphos­pho­nate le plus com­mer­cia­li­sé. Il contient une sub­stance active qui prend la forme des alen­dro­nates de sodium.
  • L’acide éti­dro­nique : il s’agit d’un type de biphos­pho­nate, uti­li­sé non seule­ment pour ralen­tir la résorp­tion osseuse, mais aus­si pour la puri­fi­ca­tion de l’eau. Dans ce der­nier cas, il joue le rôle d’un anti­cor­ro­sif pour l’acier et dans l’industrie des détergents.
  • L’acide clo­dro­nique : les experts l’utilisent beau­coup plus pour le trai­te­ment de l’ostéoporose asso­ciée à des lésions ostéolytiques.
  • Le pami­dro­nate diso­dique (sel de l’acide pami­dro­nique): ce type de biphos­pho­nate est effi­cace pour la pré­ven­tion de l’ostéoporose. Il a éga­le­ment prou­vé son effi­ca­ci­té dans le trai­te­ment des com­pli­ca­tions osseuses asso­ciées aux tumeurs et au can­cer. Son absorp­tion est immé­diate. Cepen­dant, une bonne par­tie ne subit pas de méta­bo­lisme et le reste passe à tra­vers les voies uri­naires dans les 72 heures sui­vant la prise. Par ailleurs, ces formes com­mer­cia­li­sées sont AREDIA ou MAYNE.

Outre ces types de biphos­pho­nates, on dis­tingue l’acide zolé­dro­nique, le risé­dro­nate sodique (acide risé­dro­nique), l’ibandronate de sodium (acide iban­dro­nique) et le néri­dro­nate (acide néridronique).

Biphosphonates : effets secondaires

Les biphos­pho­nates

En géné­ral, les biphos­pho­nates sont des médi­ca­ments bien tolé­rés lorsqu’on les admi­nistre selon les pres­crip­tions thé­ra­peu­tiques. Non­obs­tant cela, les vic­times peuvent pré­sen­ter des effets secon­daires liés pour la plu­part au sys­tème diges­tif supé­rieur. Les diphos­pho­nates admi­nis­trés par voie intra­vei­neuse peuvent pro­vo­quer de la fièvre, des symp­tômes pseu­do­grip­paux, des réac­tions au site d’administration et des troubles rénaux.

Cepen­dant, leur uti­li­sa­tion orale pro­lon­gée a per­mis de mon­trer qu’ils peuvent pro­vo­quer une série d’effets indé­si­rables plus graves que ceux-là. Ils comprennent :

  • Les dou­leurs musculo-squelettiques,
  • L’ostéonécrose des mâchoires,
  • Les frac­tures atypiques,
  • La fibril­la­tion auriculaire,
  • Les troubles ocu­laires inflammatoires.

Les douleurs musculo-squelettiques

En 2005, les cher­cheurs Wysows­ki et Chang ont publié une lettre ras­sem­blant une série de cas com­po­sée de 116 patients. Ces der­niers ont pré­sen­té des dou­leurs osseuses, mus­cu­laires et arti­cu­laires sévères liées à la prise d’alendronate et de risédronate.

Quelques années après (en 2008), la FDA a mis en garde contre le risque pour les patients trai­tés avec des biphos­pho­nates de souf­frir de ces symp­tômes. Ceux-ci peuvent appa­raître des jours à des années après le début du trai­te­ment. On pour­rait même les confondre avec des symp­tômes aigus pseu­do­grip­paux qui appa­raissent au début de l’administration intra­vei­neuse de ces médi­ca­ments. Tou­te­fois, ils dis­pa­raissent géné­ra­le­ment en quelques jours avec une uti­li­sa­tion conti­nue. Même après l’arrêt du trai­te­ment, cer­tains patients ont eu un réta­blis­se­ment lent ou incomplet.

Les fac­teurs de risque et l’incidence des dou­leurs ne sont pas connus. Une enquête auprès de patients trai­tés par biphos­pho­nates, qui ont pré­sen­té cet effet indé­si­rable, a révé­lé que la dou­leur était intense chez 85 % des patients. Elle est appa­rue au cours des 24 pre­mières heures dans 25 % des cas, et dans les six pre­miers mois de trai­te­ment chez près du tiers.

Chez 34 % des vic­times de l’étude, la dou­leur avait duré plus d’un an et, dans 60 % des cas, on n’avait pas pu attri­buer les symp­tômes au médi­ca­ment. Cepen­dant, à ce jour, il n’a pas été pos­sible d’établir une rela­tion cau­sale entre ces symp­tômes et la prise de biphos­pho­nates. On appelle tou­te­fois, à la vigi­lance de tous !

L’ostéonécrose des mâchoires (ONM)

C’est une lésion osseuse rare secon­daire à une isché­mie osseuse. Depuis la publi­ca­tion des pre­miers cas, on assiste à une aug­men­ta­tion du nombre lié à la prise des biphosphonates.

L’American Socie­ty for Bone and Mine­ral Research a recom­man­dé l’utilisation de la défi­ni­tion sui­vante pour cette mala­die. Il s’agit d’une « zone d’os expo­sé qui per­siste plus de 8 semaines en l’absence d’irradiation préa­lable et/ou de méta­stases de la mâchoire ».

Critères de définitions de l’ONM

Un panel d’experts recom­mande l’utilisation des cri­tères sui­vants pour la défi­ni­tion de l’ONM dans le cas spé­ci­fique des patients atteints de néo­pla­sie. Ceux-ci reçoivent un trai­te­ment par biphos­pho­nates intraveineux.

  • Pré­sence d’une ou plu­sieurs lésions ulcé­rées dans la muqueuse des pro­ces­sus alvéo­laires, avec expo­si­tion de l’os maxil­laire ou man­di­bu­laire. Il peut éga­le­ment y avoir des cas sans expo­si­tion osseuse, avec dou­leur ou fistules.
  • Lésion sur­ve­nant spon­ta­né­ment, après un anté­cé­dent de chi­rur­gie dentoalvéolaire.
  • Os expo­sé pré­sen­tant un aspect nécrotique.
  • Absence de cica­trices pen­dant une période d’au moins 6 semaines.

Par ailleurs, les biphos­pho­nates intra­vei­neux, pami­dro­nate et zolé­dro­nate, ont une inci­dence beau­coup de com­pli­ca­tions plus éle­vée. Aus­si, les lésions appa­raissent plus tôt et sont beau­coup plus agres­sives et dif­fi­ciles à traiter.

Fréquence d’apparition

On a pu décrire éga­le­ment des cas liés à la prise de biphos­pho­nates oraux tels que l’alendronate. L’American Socie­ty for Bone and Mine­ral Research a esti­mé le risque de déve­lop­pe­ment de cette mala­die suite au trai­te­ment par biphos­pho­nates entre 1/10 000 et 1/100 000 patients.

En outre, la mala­die est plus fré­quente dans la mâchoire infé­rieure et dans la région molaire. La forme typique de sa mani­fes­ta­tion consiste en un défaut de cica­tri­sa­tion après une extrac­tion ou une expo­si­tion osseuse qui se mani­feste par des dou­leurs. On peut tou­te­fois noter une inflam­ma­tion des tis­sus mous, une mobi­li­té des dents, une infec­tion et un drai­nage qui n’a pas ten­dance à cicatriser.

L’ONM asso­ciée aux biphos­pho­nates appa­raît géné­ra­le­ment entre 4 mois et 6 ans après le début du trai­te­ment par biphos­pho­nates. Dans le cas des ceux admi­nis­trés par voie orale, la durée moyenne de consom­ma­tion est de 5 à 6 ans. Par contre, lorsque les pro­fes­sion­nels l’administrent par voie intra­vei­neuse, le temps d’exposition est infé­rieur à un an.

Les lésions se déve­loppent plus fré­quem­ment dans les zones où on a pra­ti­qué une chi­rur­gie (extrac­tions den­taires, api­cec­to­mie, chi­rur­gies paro­don­tales et pose d’implants dentaires).

Conduites à tenir

Concer­nant les conduites à tenir, il est sou­hai­table de prendre en compte la rare­té des preuves scien­ti­fiques, c’est pour­quoi les recom­man­da­tions sont basées sur des avis d’experts. Ces der­nières portent aus­si sur l’individualisation de la pres­crip­tion des biphos­pho­nates en fonc­tion du risque de frac­tures pré­sen­té par le patient spé­ci­fique. Elles reposent aus­si sur la pré­ven­tion avec des mesures d’hygiène den­taire et un contrôle par le dentiste.

Les fractures atypiques

Les frac­tures aty­piques, encore appe­lées frac­tures de stress, sont une affec­tion bien connue en ortho­pé­die. Décrites pour la pre­mière fois en 1885, elles affectent prin­ci­pa­le­ment les ath­lètes très actifs. On pense qu’elles sur­viennent à la suite d’un dés­équi­libre entre l’accumulation de micro­lé­sions et le remo­de­lage.

Les experts ont décrit les pre­miers cas de frac­tures spon­ta­nées du fémur (frac­tures aty­piques) chez des vic­times trai­tées par alen­dro­nate. Il s’agit géné­ra­le­ment de femmes âgées qui ont reçu ce biphos­pho­nate pen­dant des années pour le trai­te­ment de l’ostéoporose ou de l’ostéopénie.

Par ailleurs, un trai­te­ment conco­mi­tant avec d’autres médi­ca­ments est sus­cep­tible d’augmenter le risque. De nom­breux congrès ont pu publier des cas liés à la prise d’inhibiteurs de la pompe à pro­tons. De même, la prise de cor­ti­coïdes peut être asso­ciée à l’ostéoporose. En effet, les cor­ti­coïdes et les biphos­pho­nates pour­raient agir en synergie.

Les pre­miers n’empêchent pas le remo­de­lage ciblé (site de lésion) et les biphos­pho­nates seraient res­pon­sables du vieillis­se­ment de l’os cor­ti­cal. Cer­tains experts sug­gèrent qu’on ne doit pas envi­sa­ger leur admi­nis­tra­tion chez les patients qui se remettent d’une frac­ture récente.

La fibrillation auriculaire

La fibril­la­tion auri­cu­laire (FA) est le trouble du rythme car­diaque le plus fré­quent et celui qui fait le plus objet de consul­ta­tions. Son appa­ri­tion aug­mente avec l’âge. De plus, mal­gré le fait qu’elle ne soit géné­ra­le­ment pas une menace sérieuse, elle pré­dis­pose à l’apparition de pro­blèmes plus graves. Par­mi ceux-ci figurent l’embolie céré­brale et le dys­fonc­tion­ne­ment ventriculaire.

En ce qui concerne sa rela­tion avec les biphos­pho­nates, quelques essais cli­niques ont étu­dié l’efficacité d’une per­fu­sion intra­vei­neuse annuelle d’acide zolé­dro­nique. Il convient de men­tion­ner qu’on a employé dans la pré­ven­tion des frac­tures chez les patients qui ont des anté­cé­dents de frac­tures de fra­gi­li­té. Les résul­tats ont mon­tré une inci­dence plus éle­vée de FA sévère par rap­port à un groupe pla­ce­bo. Cepen­dant, les dif­fé­rences n’étaient pas sta­tis­ti­que­ment signi­fi­ca­tives. De plus, dans la plu­part des cas, la FA est sur­ve­nue après 3 mois de per­fu­sion intra­vei­neuse d’acide zolédronique.

L’existence d’autres fac­teurs de risque doit éga­le­ment être consi­dé­rée et indi­vi­dua­li­sée. Aus­si, chez les patients qui peuvent pré­sen­ter une plus grande pré­dis­po­si­tion à la FA, il est sou­hai­table d’évaluer le risque d’indication des biphos­pho­nates.

Les troubles oculaires inflammatoires

Les effets indé­si­rables ocu­laires des médi­ca­ments biphos­pho­nates repré­sentent le deuxième motif de consul­ta­tion en oph­tal­mo­lo­gie. Ces sub­stances induisent géné­ra­le­ment des réac­tions inflam­ma­toires, dont la conjonc­ti­vite, l’uvéite et l’épisclérite.

En effet, les don­nées des sys­tèmes de décla­ra­tion spon­ta­née sug­gèrent aus­si que leur uti­li­sa­tion peut par­fois cau­ser des effets indé­si­rables ocu­laires graves. Il en est de même pour les diverses publi­ca­tions. La plu­part des cas publiés sont liés à l’administration de pami­dro­nate. Aus­si, on a mon­tré envi­ron 438 cas d’effets secon­daires ocu­laires de ce groupe de médi­ca­ments dans le registre natio­nal amé­ri­cain. La majo­ri­té d’entre eux sont inflam­ma­toires (uvéite, sclé­rite et conjonctivite).

Les don­nées ont éga­le­ment rap­por­té d’autres réac­tions telles qu’une vision floue ou anor­male ou une conjonc­ti­vite avec l’étidronate et le tilu­dro­nate (des biphosphonates).

Tou­te­fois, on ne com­prend pas encore le méca­nisme par lequel les biphos­pho­nates peuvent pro­vo­quer ces troubles ocu­laires. Ini­tia­le­ment, les effets indé­si­rables de ce type dus aux biphos­pho­nates étaient liés à leur struc­ture chi­mique.

Enfin, cer­taines recom­man­da­tions sug­gèrent des direc­tives pour la prise en charge des patients trai­tés par biphos­pho­nates qui pré­sentent des effets indé­si­rables oculaires.

Biphosphonates : contre-indications et interactions

Les biphos­pho­nates

L’utilisation des biphos­pho­nates peut être décon­seillée dans de nom­breux cas. Par exemple, les per­sonnes qui ont une hyper­sen­si­bi­li­té connue aux biphos­pho­nates eux-mêmes ne doivent pas les prendre. De même, celles atteintes d’insuffisance rénale doivent l’éviter, car ces médi­ca­ments sont excré­tés par cette voie. De plus, ils sont pros­crits lorsque les vic­times sont atteintes de troubles gas­triques et/ou œso­pha­giens, d’ulcère pep­tique et de l’hypocalcémie. Les femmes enceintes et celles qui allaitent devraient évi­ter de prendre les biphos­pho­nates. Il faut noter que les contre-indi­ca­tions peuvent aus­si varier sui­vant le type de biphosphonate.

Concer­nant les inter­ac­tions, on peut dire que l’utilisation conco­mi­tante de biphos­pho­nates, d’antiacides ou de sup­plé­ments de cal­cium n’est pas recom­man­dée. En réa­li­té, ceux-ci peuvent nuire à l’absorption de ces médi­ca­ments. Par contre, s’il est néces­saire de prendre les pro­duits sus­men­tion­nés, il est sou­hai­table de les prendre trente minutes après la prise des biphos­pho­nates. En outre, les experts décon­seillent l’administration simul­ta­née de ces der­niers et des anti-inflam­ma­toires non sté­roï­diens (AINS). Cela s’explique par le fait que le risque de déve­lop­per des lésions gas­tro-intes­ti­nales augmente.

Biphosphonates : mode d’administration

On admi­nistre géné­ra­le­ment les biphos­pho­nates par voie intra­vei­neuse (pami­dro­nate, iban­dro­nate et acide zolé­dro­nique) et par voie orale (risé­dro­nate, alen­dro­nate et ibandronate).

Par voie orale

Ceux admi­nis­trés par voie orale ont géné­ra­le­ment une dose heb­do­ma­daire (cas de l’alendronate) ou men­suelle (cas du risé­dro­nate et du iban­dro­nate). Les vic­times doivent les prendre à jeun le matin avec au moins 250 ml d’eau. Néan­moins, elles doivent évi­ter de les prendre avec d’autres bois­sons. Aus­si, elles ne doivent consom­mer aucun ali­ment ni bois­son pen­dant au moins 45 à 60 minutes après la prise. En outre, les per­sonnes atteintes ne doivent pas s’allonger pen­dant envi­ron 30 minutes après avoir pris le type de biphos­pho­nate prescrit.

Il convient de men­tion­ner que le sché­ma d’administration par voie orale est incon­for­table pour de nom­breux patients. Aus­si, il est impos­sible de le réa­li­ser chez ceux ali­tés de manière tem­po­raire ou pro­lon­gée. Pour ces rai­sons, il est impor­tant de dis­po­ser d’autres voies d’administration, notam­ment la voie intra­vei­neuse, men­tion­née ci-dessous.

Tou­te­fois, les cher­cheurs ont récem­ment décou­vert qu’on peut admi­nis­trer les biphos­pho­nates peuvent par les voies nasale et cutanée.

Par voie intraveineuse

L’acide zolé­dro­nique est admi­nis­tré en per­fu­sion intra­vei­neuse une fois par an. Par­fois, les patients peuvent pré­sen­ter une gêne pen­dant 2 à 3 jours après l’administration. Par consé­quent, il est recom­man­dé de main­te­nir une hydra­ta­tion adé­quate. On peut tou­te­fois uti­li­ser le para­cé­ta­mol si le méde­cin le juge approprié.

Le pami­dro­nate quant à lui, est aus­si admi­nis­tré sous forme de per­fu­sion. Celle-ci ne prend que 60 minutes et peut-être répé­tée tous les 3 mois. En ce qui concerne l’ibandronate, les vic­times peuvent le prendre par voie orale (men­suel) ou par injec­tion intra­vei­neuse (tri­mestre). L’injection ne dure que quelques secondes.

Pour finir, les patients peuvent uti­li­ser les biphos­pho­nates pen­dant 3 à 5 ans au moins. Dans cer­tains cas, le méde­cin peut pro­lon­ger la durée d’utilisation, mais on décon­seille de les uti­li­ser pen­dant plus de 10 ans.

Biphosphonates : mécanisme d’action

Les biphos­pho­nates réduisent le remo­de­lage osseux en dimi­nuant le nombre de sites de remo­de­lage actifs où se pro­duit une résorp­tion exces­sive. Lorsque cette der­nière com­mence, ils sont libé­rés et absor­bés par l’ostéoclaste (cel­lule de l’os détrui­sant le tis­su osseux vieilli). Ces médi­ca­ments altèrent la capa­ci­té de cette cel­lule à for­mer la bor­dure en brosse, à pro­duire les pro­tons et les enzymes lyso­so­males. Celles-ci sont néces­saires pour effec­tuer la résorp­tion osseuse. De plus, les biphos­pho­nates pro­voquent une alté­ra­tion de l’ostéoclaste à adhé­rer à la sur­face osseuse.

Par ailleurs, les biphos­pho­nates peuvent modi­fier le méta­bo­lisme osseux au niveau des tis­sus, molé­cules et cel­lules. Au niveau des tis­sus, l’action prin­ci­pale est de dimi­nuer le remo­de­lage osseux. Au niveau des cel­lules, ces prin­cipes actifs modi­fient l’adhésion, l’apoptose et l’activité des ostéo­blastes. Enfin, au niveau molé­cu­laire, ils altèrent la fonc­tion de l’ostéoclaste par inter­ac­tion avec des récep­teurs de sur­face ou des enzymes intra­cel­lu­laires. Ils peuvent éga­le­ment agir indi­rec­te­ment en sti­mu­lant la for­ma­tion de pré­cur­seurs d’ostéoblastes (forme jeune de la cel­lule osseuse). Cela favo­rise ain­si la libé­ra­tion de sub­stances inhi­bi­trices des ostéoclastes.

On dis­tingue deux formes de biphos­pho­nates en fonc­tion de leur struc­ture chi­mique et de leur méca­nisme d’action. Il s’agit :

  • Des biphos­pho­nates les plus anciens et moins puissants,
  • Des biphos­pho­nates les plus puissants.

Biphosphonates plus anciens et moins puissants

Les ostéo­clastes les captent, s’y accu­mulent et inter­fèrent avec l’activation et la dif­fé­ren­cia­tion des cel­lules pré­cur­seurs en ostéo­blastes matures. Ces actions ont pour but de modi­fier leur adhé­rence à l’os et en pro­vo­quant leur apoptose.

Ce type de biphos­pho­nates agit comme des pro­mé­di­ca­ments qui, seule­ment après absorp­tion intra­cel­lu­laire par les ostéo­blastes, sont conver­tis en méta­bo­lites actifs.

Biphosphonates plus puissants

Ils agissent en inhi­bant la far­né­syl-diphos­phate syn­thase, une enzyme de la voie de syn­thèse du cho­les­té­rol à par­tir de l’acide méva­lo­nique. De plus, ils contiennent de l’azote et sup­priment indi­rec­te­ment le pro­ces­sus de géra­nyl-géra­ny­la­tion des pro­téines. À son tour, celui-ci inhibe l’activité des ostéoclastes.

Biphosphonates : pharmacocinétique

Les biphos­pho­nates sont des com­po­sés polaires dont la bio­dis­po­ni­bi­li­té orale est de 1 à 2 %. L’absorption s’effectue par dif­fu­sion pas­sive dans l’estomac et l’intestin, de sorte que la pré­sence de nour­ri­ture rend l’absorption dif­fi­cile. Cela jus­ti­fie le mode d’administration recom­man­dée ci-dessus.

La demi-vie des biphos­pho­nates dans le sang est très courte, allant de 30 minutes à 2 heures. Tou­te­fois, une fois absor­bés par le tis­su osseux, ils peuvent per­sis­ter plus de 10 ans dans les ceux sque­let­tiques. Leur libé­ra­tion dépend du taux de cir­cu­la­tion du renou­vel­le­ment cellulaire.

Aus­si, leur grande solu­bi­li­té dans les lipides leur confère une grande résis­tance aux voies méta­bo­liques, ce qui empêche qu’ils subissent tota­le­ment un métabolisme.

Biphosphonates : alternatives dans le traitement de l’ostéoporose

Quelles sont les alter­na­tives effi­caces aux biphos­pho­nates pour trai­ter l’ostéoporose par exemple ?

Les collagènes

La pre­mière alter­na­tive est le col­la­gène hydro­ly­sé. Les os sont en fait consti­tués en grande par­tie de col­la­gène, mais cela est sou­vent oublié. Alors, par­mi les options clas­siques à base de vita­mines cal­ciques et de gly­pho­sates la pro­téine de col­la­gène est mise de côté.

Cepen­dant, les cel­lules de recons­truc­tion osseuse, les ostéo­blastes, uti­lisent les acides ami­nés gly­cine, lysine et hydroxy­pro­line qui com­posent le col­la­gène pour faire leur tra­vail de recons­truc­tion de la tex­ture osseuse. Une sup­plé­men­ta­tion en col­la­gène hydro­ly­sé est donc une alter­na­tive effi­cace pour trai­ter natu­rel­le­ment l’ostéoporose.

L’alimentation

Elle est un fac­teur cru­cial pour la gué­ri­son de l’ostéoporose. Les os consti­tués en grande par­tie de pro­téines sont à la dis­po­si­tion de l’organisme s’il en a besoin. Ain­si, en sui­vant un régime pauvre en pro­téines, le corps en puise là où il peut : les muscles et les os sont atta­qués. Une ali­men­ta­tion équi­li­brée pré­serve alors les os et aide à la cica­tri­sa­tion.

Par ailleurs, les ostéo­blastes uti­lisent non seule­ment le col­la­gène pour recons­truire l’os, mais aus­si les autres sub­stances qui le com­posent : sels de cal­cium, magné­sium. Ces nutri­ments se trouvent éga­le­ment dans l’alimentation cou­rante. Néan­moins, dans cer­tains cas, le corps peut pré­sen­ter un défi­cit. On peut alors pen­ser à lut­ter contre cela en consom­mant plus d’aliments qui en renferment.

L’activité physique

L’activité phy­sique est impor­tante pour main­te­nir un bon poids, mais éga­le­ment la forme. Des experts sug­gèrent que la résis­tance à la gra­vi­té qui se pro­duit lors des mou­ve­ments phy­siques sti­mule le sys­tème sque­let­tique. Cela favo­rise aus­si la régé­né­ra­tion du tis­su osseux.

 

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