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Aspartam : indications, contre-indications et effets secondaires

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L’aspartam est la déno­mi­na­tion don­née à un édul­co­rant arti­fi­ciel dont la consti­tu­tion n’est pas faite de glu­cide. Décou­vert en 1965 par le chi­miste James Schlat­ter, l’aspartam est un dipep­tide pro­ve­nant de la syn­thèse entre l’acide aspar­tique et la phé­ny­la­la­nine. L’une de ses par­ti­cu­la­ri­tés est qu’il ne com­porte que très peu de calo­ries mal­gré son pou­voir sucrant. Il est d’ailleurs uti­li­sé comme com­po­sante de nom­breuses bois­sons et médi­ca­ments qu’il per­met d’édulcorer.

Cepen­dant, en dépit de ses pro­prié­tés, l’aspartam est bien sou­vent au centre de nom­breuses contro­verses. Son effi­ca­ci­té est remise en cause et les risques de sur­ve­nue de can­cer liés à son emploi sont expo­sés à tort et à rai­son. Il est donc néces­saire de s’informer sur le pro­duit pour en connaitre les com­po­santes, les indi­ca­tions, les contre-indi­ca­tions et les effets secondaires.

Aspartam : Présentation

L’aspartam est un édul­co­rant à faible apport calo­rique. Connu pour être un dipep­tide méthy­lé, il est issu de la syn­thèse entre deux acides ami­nés que sont l’acide aspar­tique et la phé­ny­la­la­nine. Deve­nu très popu­laire après sa décou­verte au XXe siècle, il est auto­ri­sé dans plu­sieurs pays comme édul­co­rant arti­fi­ciel et addi­tif ali­men­taire uti­li­sé dans les ali­ments com­por­tant peu de calo­ries. Il per­met notam­ment de les édul­co­rer. Ses com­po­santes com­plètes sont l’acide aspar­tique, la phé­ny­la­la­nine, le métha­nol et les Dicétopipérazines.

L’acide aspartique

L’acide aspar­tique est un acide ami­né dont l’organisme est sus­cep­tible d’assurer la syn­thèse. Lorsqu’il est admi­nis­tré, il peut jouer plu­sieurs rôles. D’abord, il favo­rise la sti­mu­la­tion des hor­mones sexuelles, grâce à son action qui per­met la crois­sance de la pro­duc­tion de tes­to­sté­rones et de pro­ges­té­rone. Ensuite, il assure une fonc­tion de neu­ro­trans­met­teur dans le cer­veau. L’acide aspar­tique peut se retrou­ver dans plu­sieurs ali­ments comme :

  • Le bœuf ;
  • Le pou­let ;
  • Les len­tilles ;
  • L’œuf ;
  • Le Hari­cot rouge, etc.

La phénylalanine

La phé­ny­la­la­nine est l’une des com­po­santes prin­ci­pales de l’aspartam, elle s’y retrouve à un taux de 50 %. Elle est consi­dé­rée comme un acide ami­né essen­tiel, car il ne peut pas être syn­thé­ti­sé par l’organisme. Pour donc évi­ter une carence en cet acide, une ali­men­ta­tion équi­li­brée est indispensable.

Tout comme l’acide aspar­tique, il joue un rôle impor­tant de neu­ro­trans­met­teur au niveau du cer­veau. Il inter­vient éga­le­ment dans la pro­duc­tion de l’adrénaline qui est essen­tielle à la fonc­tion car­diaque. Il joue par ailleurs un rôle de pré­cur­seur dans la fabri­ca­tion de la dopa­mine, qui est une hor­mone impor­tante pour le cerveau.

Elle faci­lite aus­si le rôle de régu­la­tion des dou­leurs qui est assu­rée par la glande thy­roïde. On retrouve la phé­ny­la­la­nine dans plu­sieurs ali­ments dont :

  • La spi­ru­line ;
  • La noix ;
  • Le lait en poudre écrémé ;
  • Le Veau (et son foie) ;
  • Le Moz­za­rel­la, etc.

Il est recom­man­dé éga­le­ment de consom­mer la phé­ny­la­la­nine sous forme de com­plé­ment ali­men­taire. Il per­met de trai­ter les troubles dépres­sifs et émo­tion­nels. C’est d’ailleurs entre autres pour cela qu’elle est asso­ciée à l’acide aspar­tique dans la com­po­si­tion de l’aspartam, qui est lui-même uti­li­sé dans plu­sieurs médi­ca­ments. Au-delà de ses attri­buts thé­ra­peu­tiques cités, la phé­ny­la­la­nine inter­vient d’une manière géné­rale dans la régu­la­tion de l’organisme.

Le Méthanol

La troi­sième com­po­sante de l’aspartam est le métha­nol. Il est consi­dé­ré comme le plus simple des alcools. C’est un com­po­sé orga­nique connu pour sa toxi­ci­té. Très dif­fi­cile à éli­mi­ner une fois dans l’organisme, il est l’un des leit­mo­tivs des diver­gences d’opinions sur l’aspartam. Son absorp­tion et son exten­sion dans l’organisme prennent le même temps que celui de l’éthanol.

Les Dicétopipérazines

Elles consti­tuent une famille de com­po­sés chi­miques que l’on retrouve géné­ra­le­ment dans les cham­pi­gnons, les plantes, les ani­maux et cer­taines bac­té­ries. Les Dicé­to­pi­pé­ra­zines inter­viennent notam­ment dans le méta­bo­lisme de l’aspartam.

Aspartam : Synthèse et métabolisation

La syn­thèse de l’aspartam suit trois étapes. La pre­mière est celle uti­li­sant l’acide aspar­tique et la phé­ny­la­la­nine comme réac­tifs au départ de l’expérience. Cette pre­mière syn­thèse n’aboutit pas à un résul­tat concluant, lais­sant notam­ment un goût amer du pro­duit. Il s’agit là de la syn­thèse chi­mique.

La seconde syn­thèse est celle enzy­ma­tique. Elle s’effectue avec une enzyme appe­lée ther­mo­ly­sine. Le pro­ces­sus se déroule à une tem­pé­ra­ture de 37 °C et il per­met d’obtenir un résul­tat plus satis­fai­sant que celui obte­nu après la pre­mière syn­thèse (97 % contre 50 %). Bien que ce résul­tat soit proche de ce qui est recher­ché, une autre syn­thèse sera ini­tiée pour un résul­tat tota­le­ment satis­fai­sant. Il s’agit de la syn­thèse bio­tech­no­lo­gique. Le résul­tat obte­nu à l’issue de cette der­nière syn­thèse dépasse les 99 %.

La méta­bo­li­sa­tion de l’aspartam est le pro­ces­sus de trans­for­ma­tion que subit l’aspartam une fois qu’il est admi­nis­tré dans l’organisme. De façon géné­rale, les diverses com­po­santes de l’aspartam se dégradent et prennent cha­cune des voies dif­fé­rentes pour leur méta­bo­li­sa­tion. Voi­ci le dérou­le­ment de la méta­bo­li­sa­tion de l’acide aspar­tique, de la phé­ny­la­la­nine et du méthanol.

Métabolisation de l’acide aspartique

L’acide aspar­tique suit un par­cours méta­bo­lique qui l’amène notam­ment à se loger dans le foie et le cer­veau avec un taux de repré­sen­ta­ti­vi­té de 20 à 30 % des acides ami­nés conte­nus dans ces zones. L’élimination de l’acide aspar­tique se fait essen­tiel­le­ment par voie pulmonaire.

Métabolisation de la phénylalanine

Une fois l’aspartam consom­mé, la phé­ny­la­la­nine tra­verse la bar­rière héma­toen­cé­pha­lique pour suivre son méca­nisme méta­bo­lique. Sa méta­bo­li­sa­tion l’amène notam­ment au cer­veau, ce qui lui per­met ain­si de jouer des rôles déter­mi­nants dans la sti­mu­la­tion de la dopa­mine et de l’adrénaline.

Métabolisation du méthanol

Le pro­ces­sus de méta­bo­li­sa­tion du métha­nol est plus com­plexe en rai­son de sa grande toxi­ci­té. Une fois que l’aspartam fait son entrée dans l’organisme et que le métha­nol s’en sépare, il entre rapi­de­ment dans l’organisme. Son pro­ces­sus d’élimination est par­ti­cu­liè­re­ment lent.

Le méta­bo­lisme du métha­nol se fait notam­ment dans le foie et lui per­met d’être libé­ré dans l’organisme sous plu­sieurs formes comme l’acide for­mique et le for­mal­dé­hyde.

Aspartam : Pouvoir sucrant et autres caractéristiques

Aspar­tam

L’un des avan­tages prin­ci­paux de l’aspartam est son pou­voir sucrant. Mal­gré qu’il ne soit qu’un édul­co­rant arti­fi­ciel, son goût crée de grandes simi­li­tudes avec le goût du sucre natu­rel. Il n’en est pas ain­si des autres édul­co­rants arti­fi­ciels qui pos­sèdent un arrière-goût amer.

 Il est dif­fi­cile d’expliquer cette spé­ci­fi­ci­té par la pré­sence des com­po­santes de l’aspartam. Néan­moins, il est pos­sible d’indiquer que l’aspartam par­tage les mêmes récep­teurs sen­so­riels avec le sucre natu­rel. En dehors de son pou­voir sucrant, l’aspartam pos­sède bien d’autres avantages.

L’absence de goût amer dans l’aspartam contrai­re­ment aux autres édul­co­rants consti­tue l’un des avan­tages les plus impor­tants. Contrai­re­ment au sucre natu­rel, sa consom­ma­tion ne pré­sente aucun risque de carie den­taire pour les patients. C’est un addi­tif ali­men­taire qui ne com­porte que très peu de calories.

Aspartam : Indications thérapeutiques

L’aspartam est uti­li­sé pour édul­co­rer de nom­breux médi­ca­ments dans les pays qui en auto­risent la consom­ma­tion. C’est géné­ra­le­ment le cas de cer­tains com­pri­més comme ceux qui sont sans sucre et qu’il fau­drait cro­quer. Les médi­ca­ments conte­nant de l’aspartam pos­sèdent des indi­ca­tions thé­ra­peu­tiques qui sont stric­te­ment reliées aux effets et avan­tages de l’aspartam sur la san­té. Les médi­ca­ments qui contiennent de l’aspartam et qui sont cou­ram­ment pres­crits sont entre autres :

  • Le spi­fen 400 mg ;
  • Le gavis­co­nell sans sucre menthe ;
  • Le drill SANS SUCRE, pas­tille édul­co­rée à l’aspartam et à l’isomalt ;
  • Le Flui­mu­cil expec­to­rant ace­tyl­cy­steine 200 mg adultes sans sucre.

Voi­ci un peu plus d’informations sur ces dif­fé­rents composés.

SPIFEN 400 mg

Spi­fen est un médi­ca­ment recom­man­dé pour le trai­te­ment des affec­tions dou­lou­reuses ou dans le trai­te­ment des migraines. L’aspartam est conte­nu dans les exci­pients notoires du pro­duit. Il joue un rôle d’édulcorant pour rechaus­ser le goût du pro­duit. Spi­fen s’administre par voie orale et les dosages varient en fonc­tion des plaintes du patient.

GAVISCONELL SANS SUCRE MENTHE

Ce médi­ca­ment contient de l’aspartam comme com­po­sante édul­co­rant. Il est pres­crit notam­ment pour trai­ter les symp­tômes du reflux gas­tro-œso­pha­gien. Il per­met de trai­ter des pro­blèmes liés à la diges­tion. Il peut éga­le­ment être pres­crit pour le trai­te­ment de l’ulcère pep­tique. Il s’administre par voie orale.

Grâce à l’effet édul­co­rant de l’aspartam, ce médi­ca­ment peut être cro­qué. Une fois dans l’organisme, il agit en for­mant une bar­rière pro­tec­trice éri­gée au-des­sus de l’estomac. Grâce à cette bar­rière, l’estomac est pro­té­gé contre les reflux gas­tro-œso­pha­giens. La sen­sa­tion de brû­lure est ain­si soulagée.

DRILL SANS SUCRE, pastille édulcorée à l’aspartam et à l’isomalt

Ce médi­ca­ment est uti­li­sé dans le trai­te­ment de cer­taines affec­tions de la gorge. Il se prend par voie orale sans tou­te­fois être cro­qué. Il est recom­man­dé au patient de le sucer len­te­ment durant plu­sieurs minutes. Grâce à l’aspartam conte­nu dans le pro­duit comme édul­co­rant, il n’y aura pas d’arrière-goût amer.

FLUIMUCIL EXPECTORANT ACETYLCYSTEINE 200 mg ADULTES SANS SUCRE

Le FLUIMUCIL EXPECTORANT ACETYLCYSTEINE 200 mg contient éga­le­ment de l’aspartam comme édul­co­rant. C’est un médi­ca­ment qui inter­vient dans le trai­te­ment des affec­tions res­pi­ra­toires et des troubles bron­chiques. Il s’administre par voie orale, après une dis­so­lu­tion du conte­nu du sachet conte­nant le pro­duit, dans une quan­ti­té d’eau limitée.

Aspartam : contre-indications

Aspar­tam

La prise des médi­ca­ments ou des ali­ments conte­nant de l’aspartam est sou­mise à une régle­men­ta­tion stricte selon les pays. De façon géné­rale, il est admis comme édul­co­rant pour cer­tains médi­ca­ments et une mul­ti­tude d’autres pro­duits ali­men­taires. La qua­si-tota­li­té des fabri­cants de médi­ca­ments uti­li­sant l’aspartam aver­tit sur les risques liés à l’association de l’aspartam à cer­tains pro­duits, ou en pré­sence de cer­tains médi­ca­ments.

C’est le cas par exemple des patients atteints de la phé­nyl­cé­to­nu­rie. En rai­son de la pré­sence de la phé­ny­la­la­nine conte­nue dans l’aspartam, des com­pli­ca­tions pour­raient résul­ter de la prise des médi­ca­ments concer­nés. L’association de l’aspartam à d’autres sub­stances comme l’éthanol est éga­le­ment pros­crite, car elle peut s’avérer dan­ge­reuse pour la vie du patient.

Aspartam : effets indésirables

L’aspartam sus­cite de grandes contro­verses depuis sa décou­verte. Elles sont notam­ment liées à la toxi­ci­té de ces com­po­santes. Ain­si, plu­sieurs études révèlent que l’aspartam com­porte des agents can­cé­ri­gènes. Ces der­niers favo­ri­se­raient notam­ment le déve­lop­pe­ment du can­cer du cerveau.

De plus, il serait à l’origine des crises épi­lep­tiques dont sont vic­times cer­taines per­sonnes qui en ont consom­mé sur une longue durée. La consom­ma­tion d’aspartam serait éga­le­ment un fac­teur d’obésité. Cela se jus­ti­fie­rait par le fait que l’aspartam aug­men­te­rait l’envie de consom­mer du sucre chez les indi­vi­dus. Un risque d’accouchements pré­ma­tu­rés est géné­ra­le­ment évo­qué par­mi les effets indé­si­rables de cet édulcorant.

 

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