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Les alpha‑1 bloquants : indications, effets secondaires, précautions

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Les alpha‑1 blo­quants comme leur nom l’indiquent, consti­tuent une famille de médi­ca­ments dont l’action bloque cer­tains récep­teurs alpha 1 adr­éner­giques. Ce fonc­tion­ne­ment per­met d’inhiber les neu­ro­trans­met­teurs adré­na­line et nora­dré­na­lines afin d’obtenir une relaxa­tion des fibres mus­cu­laires au niveau des vais­seaux san­guins et de la paroi des voies urinaires.

Ain­si, les alpha‑1 blo­quants sont uti­li­sés aus­si bien en car­dio­lo­gie qu’en uro­lo­gie pour trai­ter ou pré­ve­nir diverses patho­lo­gies. Quelles sont les indi­ca­tions concrètes de ces médi­ca­ments ? Dans quels cas sont-ils décon­seillés ? Quelles pré­cau­tions prendre pour leur emploi ? Voi­ci tout ce qu’il faut savoir sur le sujet.

Les alpha‑1 bloquants : indications

Avant d’aborder les indi­ca­tions des alpha‑1 blo­quants, il importe d’exposer clai­re­ment leur méca­nisme d’action afin de jus­ti­fier leurs divers emplois. En effet, en blo­quant les récep­teurs adr­éner­giques alpha‑1, ces médi­ca­ments réduisent les résis­tances vas­cu­laires péri­phé­riques induisant :

  • Une baisse rapide de la pres­sion arté­rielle sans aug­men­ta­tion réflexe de la fré­quence cardiaque
  • Une dimi­nu­tion de la constric­tion au niveau de la paroi interne de la ves­sie (de l’urètre et de la pros­tate) ain­si qu’une aug­men­ta­tion du flux urinaire
  • Une réduc­tion de la for­ma­tion de caillots dans les vais­seaux sanguins. 

Eu égard à ce mode d’action dans l’organisme, les alpha‑1 blo­quants sont essen­tiel­le­ment uti­li­sés en uro­lo­gie puis en cardiologie

Indications urologiques

En uro­lo­gie, les alpha‑1 blo­quants sont indi­qués dans :

  • Le trai­te­ment des symp­tômes fonc­tion­nels de l’adénome prostatique
  • Le trai­te­ment de sécu­ri­té quant à la réten­tion aiguë d’urine due à l’hypertrophie bénigne de la pros­tate.

Ces uti­li­sa­tions ont essen­tiel­le­ment pour but d’améliorer la qua­li­té de vie du patient et pré­ve­nir les com­pli­ca­tions. Les molé­cules géné­ra­le­ment pres­crites à cet effet sont l’alfuzosine (Xatral, Urion), la tera­zone (Dys­al­fa, Hytrine), la doxa­zo­sine (Zoxan), la tam­su­lo­sine (Josir, Mecir, Omexel, Omix), la silo­do­sine (Silo­dyx, Urorec). 

Indications cardiologiques

Pour leurs effets recon­nus sur la ten­sion arté­rielle, cer­tains alpha‑1 blo­quants sont uti­li­sés pour trai­ter l’hypertension. En géné­ral, il s’agira d’un trai­te­ment pré­ven­tif des com­pli­ca­tions car­diaques asso­ciées à la mala­die. Aus­si, cer­taines sub­stances spé­ci­fiques de la classe de médi­ca­ments à l’instar d’urapidi bloquent la libé­ra­tion vaso­cons­tric­trice de séro­to­nine ; favo­ri­sant une action anti-hypertensive.

Les alpha‑1 bloquants : contre-indications

Ces médi­ca­ments sont contre-indi­qués dans les cas suivants :

  • hyper­sen­si­bi­li­té à l’un des com­po­sants du pro­duit (les consé­quences vont d’une simple érup­tion cuta­née au décès du patient)
  • âge infé­rieur à 12 ans (pour des formes spé­ci­fiques comme l’urapidil)
  • Gros­sesse et allaitement
  • Asso­cia­tion des alpha‑1 blo­quant entre eux, quels que soient les béné­fices envi­sa­gés comme le trai­te­ment de l’HTA ou de l’hypertrophie bénigne de la pros­tate (une majo­ra­tion des effets secon­daires et une aug­men­ta­tion du risque d’hypotension sévère étant à éviter)
  • Asso­cia­tion des alpha‑1 blo­quants avec le ritro­na­vir (la majo­ra­tion des effets secon­daires ain­si qu’une aug­men­ta­tion des concen­tra­tions plas­miques de ces pro­duits étant à éviter) 
  • Asso­cia­tion des alpha‑1 blo­quants avec d’autres hyper­ten­seurs et les déri­vés nitrés (risque d’hypotension à considérer)

Par ailleurs, les per­sonnes souf­frant d’hypotension ortho­sta­tique doivent elles aus­si évi­ter de prendre ces médi­ca­ments afin de limi­ter les risques de com­pli­ca­tion de leur maladie.

Les alpha‑1 bloquants : effets secondaires

Bien que les réper­cus­sions de la prise des alpha‑1 blo­quants demeurent spé­ci­fiques à chaque molé­cule, il existe des points com­muns à sou­li­gner. Il importe de consta­ter avant toute chose que les effets secon­daires ne sont pas for­cé­ment des­ti­nés à sur­ve­nir chez tous les pro­fils. D’une per­sonne à l’autre, les pro­ba­bi­li­tés varient. 

L’un des pre­miers effets indé­si­rables com­muns aux alpha‑1 blo­quants reste la sur­ve­nance de l’hypotension ortho­sta­tique. Elle est due à la vaso­di­la­ta­tion qui induit une chute bru­tale de la ten­sion arté­rielle. Dans ces cas, lorsque les patients passent de la posi­tion assisse ou cou­chée à la posi­tion debout, ils peuvent tom­ber en syn­cope (une perte brève de connais­sance). D’autres effets secon­daires sont à recen­ser comme :

  • Des troubles diges­tifs (nau­sées, vomis­se­ments, séche­resse buc­cale, consti­pa­tion, diarrhée)
  • Des troubles visuels et larmoiements 
  • Des troubles neu­ro­lo­giques (asthé­nie, som­no­lence, étour­dis­se­ment, ver­tige, cépha­lées, acouphènes…)
  • Des troubles de l’éjaculation à cause de la dimi­nu­tion du flux san­guin pénien 
  • Des troubles car­dio­vas­cu­laires (pal­pi­ta­tions, hypo­ten­sion, tachy­car­die, gon­fle­ment des chevilles…)
  • Des bouf­fées de cha­leur et des rou­geurs pas­sa­gères du visage (flushs)
  • Des conges­tions nasales et des rhi­nites, etc. 

Cer­tains de ces effets secon­daires peuvent être atté­nués grâce à la prise de précautions.

Les alpha‑1 bloquants : précautions d’emploi

Les pré­cau­tions d’emploi de ces médi­ca­ments concernent une varié­té de situa­tions. On peut distinguer :

  • Les inter­ac­tions de substances 
  • Le sur­do­sage
  • L’insuffisance rénale et l’insuffisance hépa­tique sévères
  • Les effets secondaires 
  • La conduite et l’utilisation des machines
  • L’hygiène de vie 

Les interactions de substances

Par rap­port aux inter­ac­tions de sub­stances, elles sont nom­breuses. Qu’il s’agisse d’associations contre-indi­quées, de consom­ma­tion d’alcool conco­mi­tante au trai­te­ment, d’utilisation de drogues séda­tives qui poten­tia­lisent les effets secon­daires des pro­duits… les rai­sons de se mon­trer pru­dent s’avèrent mul­tiples. La plus grande pré­cau­tion à prendre dans ce cadre est d’informer son méde­cin de toutes les sub­stances prises au moment de la prescription.

Le spé­cia­liste pour­ra ain­si déci­der de sub­sti­tuer une sub­stance à une autre, d’interdire la prise de cer­taines sub­stances… pour la sécu­ri­té du trai­te­ment. Il pour­ra aus­si s’agir selon le cas d’adap­ter la poso­lo­gie ou d’évaluer la per­ti­nence d’implémenter telle ou telle autre solu­tion avant la prescription.

Le surdosage

Le sur­do­sage est un risque qu’on peut évi­ter en res­pec­tant scru­pu­leu­se­ment la poso­lo­gie indi­quée par le méde­cin. Elle est adap­table au cas par cas et donc aucune infor­ma­tion stan­dard n’est à uti­li­ser en dehors de la consul­ta­tion médi­cale. En cas d’oubli de la prise d’une dose, évi­tez de prendre une double dose pour com­pen­ser. Il suf­fit de pour­suivre le sché­ma poso­lo­gique à la pro­chaine dose et de tenir son méde­cin infor­mé pour la prise de mesures spécifiques.

Par ailleurs, en cas d’intoxication acci­den­telle, l’hypotension doit être com­bat­tue d’urgence. Le patient sera notam­ment mis en décu­bi­tus avant qu’un trai­te­ment symp­to­ma­tique ne soit mis en œuvre. 

L’insuffisance rénale et l’insuffisance hépatique sévères

Contrai­re­ment à la majo­ri­té des médi­ca­ments, les alpha‑1 blo­quants ne sont pas sys­té­ma­ti­que­ment inter­dits d’usage dans ces cas. En réa­li­té, selon les bien­faits envi­sa­gés, le méde­cin devra pro­cé­der à une adap­ta­tion poso­lo­gique (même pour un patient très âgé). Il va sans dire que la mise en place d’une sur­veillance médi­cale accrue des fonc­tions hépa­tiques et rénales est de mise. 

Les effets secondaires

Selon les effets secon­daires visés, des pré­cau­tions peuvent être prises. Ain­si, le risque d’hypotension requiert par­ti­cu­liè­re­ment une adap­ta­tion pro­gres­sive de la poso­lo­gie, sur­tout chez les per­sonnes âgées ou celles souf­frant de patho­lo­gies vas­cu­laires. La forme com­pri­mée à libé­ra­tion pro­lon­gée (LP) pour­ra aus­si réduire cer­tains effets secon­daires des médi­ca­ments lorsqu’elle est prise au soir, au cou­cher. Il fau­dra s’assurer de l’avaler en entier (sans mâcher) pour évi­ter une libé­ra­tion et une absorp­tion inap­pro­priées indui­sant les réper­cus­sions non voulues.

En cas d’intervention chi­rur­gi­cale de la cata­racte, il fau­dra infor­mer son oph­tal­mo­logue du trai­te­ment par alpha‑1 blo­quants afin que les mesures adé­quates soient prises. En réa­li­té, il existe un risque de sur­ve­nue du syn­drome d’iris flasque pou­vant com­pli­quer l’opération.

La conduite et l’utilisation des machines

Les patients conduc­teurs ou uti­li­sa­teurs de machine doivent faire preuve d’une grande pru­dence pen­dant le trai­te­ment par alpha‑1 blo­quant. En effet, à cause des risques d’hypotension, de troubles visuels, de sen­sa­tions ver­ti­gi­neuses… ils sont expo­sés aux acci­dents. L’avis du méde­cin pour­ra aider à déter­mi­ner s’il faut ces­ser ces acti­vi­tés, le temps d’achever le traitement.

L’hygiène de vie 

L’hygiène de vie consti­tue aus­si un aspect impor­tant de pré­cau­tion pen­dant le trai­te­ment. Que ce soit sur le plan ali­men­taire ou sani­taire, une hygiène nor­male de vie pour­ra per­mettre d’éviter le déve­lop­pe­ment de cer­taines patho­lo­gies (car­dio­vas­cu­laires essen­tiel­le­ment) pou­vant être favo­ri­sées au cours du traitement.

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