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ALDARA (imiquimod crème à 5 %) : Indications, Posologie, Effets secondaires, Interactions

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La crème imi­qui­mod ou Alda­ra 5 % est un médi­ca­ment appar­te­nant à la famille des modi­fi­ca­teurs de la réponse immu­ni­taire. Ceux-ci agissent en sti­mu­lant les défenses du corps qui com­battent cer­tains types d’affection de la peau. Ain­si, cette crème est uti­li­sée par les adultes pour trai­ter des atteintes par­ti­cu­liè­re­ment résis­tantes aux solu­tions ordinaires.

Tou­te­fois, à l’instar de tous les médi­ca­ments de son groupe, Alda­ra 5 % ne doit s’utiliser qu’à la suite d’une pres­crip­tion médi­cale. En outre, il importe de se ren­sei­gner à pro­pos de toutes les influences du médi­ca­ment sur l’organisme avant de se lan­cer dans un trai­te­ment. Que faut-il donc savoir sur la crème imi­qui­mod ? Voi­ci les élé­ments réponse !

ALDARA 5 % : Indications

La crème imi­qui­mod, en tant qu’immu­no­mo­du­la­teur, s’oppose loca­le­ment à la pro­li­fé­ra­tion anor­male des cel­lules ; méca­nisme à l’origine des tumeurs bénignes induites par des virus. Le médi­ca­ment est ain­si indi­qué pour le trai­te­ment topique des :

  • Ver­rues géni­tales et péria­nales externes (condy­lomes acuminés)
  • Kéta­roses actiniques
  • Car­ci­nomes baso­cel­lu­laires super­fi­ciels (CBCs) pri­maires, etc.

Verrues génitales et périnatales externes

Encore appe­lées condy­lomes, ces ver­rues sont cau­sées par le virus du papil­lome humain (VPH). Elles sont sexuel­le­ment trans­mis­sibles. Lorsqu’elle touche la région géni­tale, elles recouvrent la peau autour du vagin ou du pénis. Quand c’est la région péria­nale qui est affec­tée, il s’agira pré­ci­sé­ment de ver­rues au niveau de la peau entou­rant l’anus (ouver­ture qui laisse pas­ser les matières fécales). Évi­dem­ment, il fau­dra se laver soi­gneu­se­ment les mains après chaque appli­ca­tion de la crème.

Kétaroses actiniques

Les kéta­roses acti­niques sont des affec­tions pré­can­cé­reuses de la peau. Elles se carac­té­risent par des lésions ou des plaques rouges, rugueuses et squa­meuses. Elles appa­raissent sur le visage ou la tête des adultes chauves ou qua­si chauves, suite à une expo­si­tion chro­nique au soleil. Contre ces affec­tions, l’utilisation de la crème imi­qui­mod ne vient qu’en cas de pro­pa­ga­tion sur une large sur­face cuta­née ou d’intolérance face à d’autres trai­te­ments.

Carcinomes basocellulaires superficiels (CBCs) primaires

Ce sont des can­cers cuta­nés qui touchent géné­ra­le­ment les per­sonnes âgées de plus de 50 ans. Ils ne pro­duisent pas de gan­glions ni de méta­stase à dis­tance. Leur évo­lu­tion s’effectue en pro­fon­deur de la peau pour tou­cher des organes internes. ALDARA 5 % est géné­ra­le­ment uti­li­sé pour leur prise en charge pré­coce. En effet, lorsqu’ils se com­pliquent, ces can­cers requièrent sans contours l’intervention d’un chirurgien.

ALDARA 5 % : Posologie

ALDARA (imi­qui­mod crème à 5 %)

Avant d’indiquer la poso­lo­gie habi­tuelle du médi­ca­ment, il est indis­pen­sable de pré­ci­ser que ces indi­ca­tions ne rem­placent pas l’avis médi­cal requis pour com­men­cer tout trai­te­ment. D’ailleurs, l’imiquimod crème peut être indi­quée pour des patho­lo­gies autres que celles men­tion­nées. Seul le méde­cin pour­ra dire au cas par cas la conduite à tenir.

Cela dit, la poso­lo­gie dépend essen­tiel­le­ment de la mala­die à traiter. Les indi­ca­tions varient donc selon qu’il s’agit de ver­rues externes, de kéta­roses acti­niques ou de car­ci­nomes baso­cel­lu­laires super­fi­ciels (CBCs) primaires.

Prise en charge des verrues externes génitales et périanales

Le médi­ca­ment se pré­sente comme une boîte com­pre­nant 12 sachets de crème. Avant de pro­cé­der à une appli­ca­tion, il fau­dra se laver les mains à l’eau et au savon. La zone à trai­ter éga­le­ment sera net­toyée, mais cette fois-ci à l’eau et au savon doux. Ensuite, il s’agira de lais­ser la peau sécher com­plè­te­ment puis d’appliquer la crème sur la région concer­née. Frot­tez dou­ce­ment afin d’infiltrer la crème dans la peau.

La poso­lo­gie dans le cadre de ces ver­rues est de 3 appli­ca­tions de crème par semaine (exemple : les mar­dis, jeu­dis et same­dis). À chaque fois, vous devez lais­ser le médi­ca­ment sur la peau pen­dant 6 à 10 heures avant de le reti­rer en lavant la zone trai­tée à l’eau et au savon doux. N’utilisez pas de crème dans le vagin et n’arrêtez pas le trai­te­ment sans avoir consta­té la dis­pa­ri­tion com­plète des verrues.

Cepen­dant, si la réso­lu­tion totale du pro­blème n’est pas consta­tée au bout de 16 semaines, l’arrêt du trai­te­ment est requis pour avis médi­cal. Celui-ci pour­ra vous sug­gé­rer de prendre une période de repos selon le degré d’inconfort res­sen­ti, ou d’apporter des pan­se­ments plus res­pi­rants avant la reprise des applications.

Prise en charge de la kétarose actinique

Pour trai­ter la kéta­rose acti­nique, il faut aus­si se laver les mains à l’eau et au savon avant d’appliquer la crème. Un net­toyage de la zone à trai­ter s’en sui­vra tout comme l’application même de la crème après séchage com­plet de la peau. Fric­tion­nez dou­ce­ment afin que la peau absorbe la crème appli­quée. La poso­lo­gie est de 2 appli­ca­tions par semaine au moment du cou­cher. Il faut que le médi­ca­ment dure au moins 8 heures sur la peau avant d’être reti­ré par lavage (à l’eau et au savon doux) de la sur­face traitée.

Une mise en garde par­ti­cu­lière est don­née contre le contact des yeux, des lèvres ou des narines par la crème. Dans une telle éven­tua­li­té, un rin­çage urgent est néces­saire. Après uti­li­sa­tion du médi­ca­ment, il faut encore se laver les mains. N’utilisez pas de pan­se­ment trop étanche à l’air.

Prise en charge de carcinomes basocellulaires superficiels (CBCs) primaires

Pour appli­quer la crème en cas de CBCs pri­maires, lavez-vous les mains à l’eau et au savon. Toutes les mesures adop­tées lors de la prise en charge de la kéta­rose acti­nique pré­valent ici éga­le­ment. Le trai­te­ment se pour­suit ordi­nai­re­ment sur 6 semaines. Selon les réac­tions de votre peau, une période de repos sans uti­li­sa­tion du médi­ca­ment peut être requise. Consul­tez d’urgence le méde­cin en cas d’irritation vous empê­chant d’accomplir vos tâches quo­ti­diennes.

Le médi­ca­ment doit se prendre confor­mé­ment aux pres­crip­tions du méde­cin. Il n’est pas des­ti­né à un usage par la bouche. Assu­rez-vous donc de le tenir hors de por­tée des enfants et à tem­pé­ra­ture ambiante. Dès que vous ouvrez un sachet de crème, uti­li­sez-le com­plè­te­ment en une seule appli­ca­tion. Si la dose pres­crite est infé­rieure à la quan­ti­té dis­po­nible dans le sachet, jetez le reste. Deman­dez au phar­ma­cien la meilleure manière de vous débar­ras­ser de ce reste, car il n’est pas ques­tion de l’envoyer dans les eaux usées ou encore dans les ordures ménagères.

ALDARA 5 % : Effets secondaires possibles

Avant d’aborder les effets secon­daires pos­sibles de l’utilisation du médi­ca­ment, il importe de pré­ci­ser qu’ALDARA 5 % est contre-indi­qué pour les indi­vi­dus ayant une aller­gie à l’imiquimod ou à l’un de ses ingré­dients. Les consé­quences poten­tielles d’une telle uti­li­sa­tion étant graves, n’hésitez pas à arrê­ter le trai­te­ment et sol­li­ci­ter des soins urgents en cas de signes d’une réac­tion aller­gique (dif­fi­cul­tés res­pi­ra­toires, urti­caire, enflure de la gorge, bour­souf­flure du visage, etc.).

Hor­mis cette éven­tua­li­té, les effets secon­daires peuvent être clas­si­fiés en deux groupes notamment :

  • Les effets indé­si­rables moins graves
  • Les effets indé­si­rables poten­tiel­le­ment graves

Les effets indésirables moins graves

Au moins 1 % des per­sonnes pre­nant ce médi­ca­ment ont signa­lé ces effets. La plu­part d’entre eux sont pris en charge aisé­ment et cer­tains dis­pa­raissent même sans mesure par­ti­cu­lière. Il s’agit entre autres de :

  • Déman­geai­sons cutanées
  • Brû­lures d’estomac
  • Cloques sur la peau
  • Diar­rhée
  • Dou­leur dans la zone traitée
  • Dou­leur mus­cu­laire ou articulaire
  • Dur­cis­se­ment de la peau
  • Légère enflure de la peau
  • Maux de tête
  • Nau­sées
  • Peau croû­teuse
  • Rou­geur sur la peau
  • Perte de cheveux
  • Légers pico­te­ments de la peau
  • Fatigue
  • Des­qua­ma­tion ou exfoliation
  • Colo­ra­tion plus claire ou plus fon­cée de la zone trai­tée, etc.

Consul­tez votre méde­cin en cas de per­sis­tance d’une gêne.

Effets secondaires potentiellement graves

Ceux-ci ne sur­viennent pas très sou­vent, mais néces­sitent une prise en charge immé­diate pour évi­ter les com­pli­ca­tions graves. Il s’agit notam­ment de :

  • Dif­fi­cul­tés à uriner
  • Érup­tion cutanée
  • Plaies ouvertes
  • Symp­tômes d’une infec­tion (fièvre, toux, écou­le­ment nasal, maux de gorge, aug­men­ta­tion de volume des gan­glions, etc.).
  • Symp­tômes ren­dant impos­sible la pour­suite de vos acti­vi­tés quo­ti­diennes.

Si vous remar­quez des effets secon­daires autres que ceux men­tion­nés, consul­tez immé­dia­te­ment votre méde­cin afin de pré­ve­nir tout danger.

ALDARA 5 % : Interactions et autres facteurs de risques

ALDARA (imi­qui­mod crème à 5 %)

Une inter­ac­tion peut se pro­duire entre l’imiquimod et cer­tains pro­duits notamment :

  • Les cor­ti­co­sté­roïdes (la pred­ni­sone par exemple)
  • L’échinacée
  • D’autres médi­ca­ments appli­qués sur la peau
  • Les médi­ca­ments immu­no­sup­pres­seurs (lut­tant contre le can­cer ou contre le rejet d’organes transplantés)
  • Le pimé­cro­li­mus

Toutes ces inter­ac­tions ne sont pas for­cé­ment dan­ge­reuses. Deman­dez conseil à votre méde­cin si vous uti­li­sez l’une de ses sub­stances conco­mi­tam­ment avec ALDARA 5 %. Celui-ci pour­ra vous deman­der, soit de ces­ser la prise d’un des médi­ca­ments, soit de rem­pla­cer un des médi­ca­ments par un autre ou encore de modi­fier les dosages. Il peut en outre vous deman­der de ne rien modi­fier du tout selon le carac­tère dan­ge­reux ou pas de l’interaction.

Évi­dem­ment, la liste des inter­ac­tions n’est pas com­plète. Signa­lez donc tout trai­te­ment ou sub­stance que vous pre­nez à votre méde­cin pour une déci­sion contingente.

ALDARA 5 % : autres facteurs de risques

Il existe plu­sieurs fac­teurs de risques qu’il faut connaitre avant l’application du trai­te­ment. Une prise de pré­cau­tion sera alors utile afin d’empêcher toute com­pli­ca­tion. Au nombre des­dits fac­teurs de risque, on distingue :

  • Les affec­tions cuta­nées (le médi­ca­ment peut aggra­ver les affec­tions inflam­ma­toires de la peau)
  • Contacts sexuels (tant que la crème est sur la région géni­tale externe, il est recom­man­dé d’éviter tout contact sexuel. Elle dimi­nue l’efficacité des bar­rières de latex comme méthode contra­cep­tive et peut être fac­teur de trans­mis­sion des verrues.)
  • Expo­si­tion au soleil (l’exposition au soleil pen­dant ce trai­te­ment com­porte un risque accru de brû­lures. Il importe de por­ter des vête­ments pro­tec­teurs et d’éviter les coups de soleil).
  • Les immu­no­dé­pri­més (les per­sonnes souf­frant de troubles médi­caux influant sur le sys­tème immu­ni­taire notam­ment le SIDA, le lupus… doivent étu­dier avec leur méde­cin, toutes les réper­cus­sions pos­sibles du trai­te­ment. La mise en place d’une sur­veillance médi­cale spé­ci­fique est géné­ra­le­ment de mise)
  • Gros­sesse (ce médi­ca­ment ne devrait pas s’utiliser en cas de gros­sesse, sauf si les bien­faits priment sur les risques. L’avis du méde­cin est nécessaire.)
  • Allai­te­ment (aucune étude ne révèle jusqu’à pré­sent que l’imiquimod passe dans le lait mater­nel. Cepen­dant, consul­tez votre méde­cin pour savoir si vous devrez conti­nuer à allai­ter pen­dant le traitement).

Par ailleurs, ni l’innocuité, ni l’efficacité de la crème imi­qui­mod n’ont été éta­blies sur des enfants et ado­les­cents de moins de 18 ans. Si le trai­te­ment doit s’imposer chez ces pro­fils, l’avis médi­cal se révè­le­ra encore indispensable.

 

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