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Olmésartan : dérivés commerciaux, effets, principaux substituts

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L’olmésartan est une molé­cule à effet thé­ra­peu­tique appar­te­nant à la classe des anti­hy­per­ten­seurs. Il se décline en divers déri­vés com­mer­ciaux, dont ALTEISDUO, ALTEIS et OLMETEC. En milieu hos­pi­ta­lier, on l’utilise seul ou en asso­cia­tion avec d’autres molé­cules pour le trai­te­ment de l’hypertension arté­rielle. Bien que béné­fi­ciant d’une AMM en cours, il fait l’objet d’un dérem­bour­se­ment à cause de son SMR insuf­fi­sant. Voi­ci l’essentiel sur cette molé­cule thérapeutique.

Olmésartan : présentation

L’olmésartan est un anta­go­niste des récep­teurs de l’angiotensine II (ARA II). Il s’agit d’une sub­stance à effet thé­ra­peu­tique blo­quant les effets phy­sio­lo­giques de l’angio­ten­sine II. Il pré­sente une action sélec­tive sur les récep­teurs de type AT1 de l’angiotensine II. Ain­si, il per­met la réduc­tion de la ten­sion artérielle.

Dans l’organisme, en effet, les pro­prié­tés de l’angio­ten­sine sont favo­rables à la hausse de la ten­sion arté­rielle. D’une part, elle pro­voque une vaso­cons­tric­tion impor­tante res­pon­sable de la réduc­tion du calibre total des vais­seaux san­guins. D’autre part, ensuite, elle sti­mule la pro­duc­tion d’hor­mones hyper­ten­sives telles que la vaso­pres­sine et l’aldostérone.

Sur le mar­ché phar­ma­ceu­tique, l’olmésartan pré­sente de nom­breux déri­vés com­mer­ciaux. Bien que pré­sen­tant des déno­mi­na­tions variées, ces der­niers agissent tous sur l’angiotensine II. Ils pré­sentent éga­le­ment des effets secon­daires et des contre-indi­ca­tions similaires.

À ce jour, ils sont lar­ge­ment contro­ver­sés, car ils offrent un SMR bas. En France, ils sont sou­mis à un dérem­bour­se­ment et on recom­mande aux patients hyper­ten­dus de recou­rir à d’autres traitements.

Olmésartan : dérivés commerciaux

Les prin­ci­paux déri­vés com­mer­ciaux de l’olmé­sar­tan sont :

  • ALTEIS ;
  • ALTEISDUO ;
  • OLMETEC ;
  • COOLMETEC ;
  • AXELER ;
  • SEVIKAR.

Ils pré­sentent diverses for­mu­la­tions et quelques-uns contiennent en plus de l’olmésartan d’autres sub­stances actives.

ALTEIS

Alteis, le prin­ci­pal déri­vé com­mer­cial de l’olmésartan se décline sous forme de com­pri­més blancs pel­li­cu­lés. Il existe dans les doses de 10, 20 et 40 mg. Il contient de l’olmésartan et cer­tains exci­pients com­muns. Il y a entre autres la Cel­lu­lose micro­cris­tal­line, l’Hyprolose, l’Hypromellose, le Lac­tose mono­hy­dra­té, le Magné­sium stéa­rate, le Talc et le Titane dioxyde. Il s’administre par voie orale et à une poso­lo­gie variant de 10 mg à 40 mg en une prise quotidienne.

ALTEISDUO

Alteis­duo, un autre déri­vé com­mer­cial majeur de l’olmésartan est dis­po­nible sous forme de com­pri­més. Il repré­sente une com­bi­nai­son d’olmésartan et d’hydro­chlo­ro­thia­zide. Dans les offi­cines phar­ma­ceu­tiques, il se décline dans les doses suivantes :

  • 20 mg/12,5 mg ;
  • 20 mg/25 mg ;
  • 40 mg/12,5 mg ;
  • 40 mg/25 mg.

Les com­pri­més d’Alteisduo pré­sentent des colo­ra­tions variables (rose, jaune oran­gé) en fonc­tion de la dose consi­dé­rée. Outre l’hydrochlorothiazide et l’olmésartan, ils contiennent quelques exci­pients com­muns. Il y a notam­ment la Cel­lu­lose micro­cris­tal­line, le Fer jaune oxyde, le Fer rouge oxyde, l’Hyprolose et l’Hypromellose. Ils contiennent éga­le­ment des traces de lactose.

À l’instar de l’Alteis, l’administration de l’Alteisduo se fait uni­que­ment par voie orale. Les poso­lo­gies usuelles sont géné­ra­le­ment d’un com­pri­mé par jour.

OLMETEC

Olme­tec est un déri­vé com­mer­cial d’olmésartan se décli­nant sous forme de com­pri­més blancs pel­li­cu­lés. On le retrouve en phar­ma­cie dans les doses de 10, 20 et 40 mg. La seule sub­stance active entrant dans sa com­po­si­tion est l’olmésartan. En dehors de lui, tou­te­fois, il contient de la Cel­lu­lose micro­cris­tal­line, de l’Hyprolose et d’autres exci­pients com­muns. L’administration de l’Olmetec se fait uni­que­ment par voie orale. Les doses recom­man­dées au quo­ti­dien varient entre 10 à 40 mg.

COOLMETEC

Le déri­vé com­mer­cial d’Olmésartan, Olme­tec se décline sous forme de com­pri­més pel­li­cu­lés de cou­leurs roses et jaune oran­gé. À l’instar d’Alteisduo, il repré­sente une com­bi­nai­son d’Olmésartan et d’hydrochlorothiazide. Il existe dans les doses de 20 mg/12,5 mg, 20 mg/25 mg, 40 mg/12,5 mg et 40 mg/25 mg. Les com­pri­més de cool­me­tec contiennent, en dehors, des sub­stances actives plu­sieurs ingré­dients. Il y a, par exemple, la Cel­lu­lose micro­cris­tal­line, le Fer jaune oxyde, le Fer rouge oxyde, l’Hyprolose et le Talc. L’administration des com­pri­més de cool­me­tec se fait par voie orale. La poso­lo­gie d’usage est d’un com­pri­mé de dose fixe par jour.

AXELER

Axe­ler est un déri­vé com­mer­cial d’Olmésartan se décli­nant sous forme de com­pri­més. À l’image des com­pri­més de Cool­me­tec et d’Alteisduo, il repré­sente une com­bi­nai­son d’Olmésartan et d’amlodipine. Il est dis­po­nible en phar­ma­cie dans les doses de 20 mg/5 mg, 40 mg/10 mg et 40 mg/5 mg. Les com­pri­més d’Axeler contiennent les exci­pients com­muns suivants :

  • L’alcool poly­vi­ny­lique ;
  • L’amidon de maïs prégélatinisé ;
  • La cel­lu­lose micro­cris­tal­line silicifiée ;
  • La cros­car­mel­lose sel de sodium ;
  • Le macro­gol 3350 ;
  • Le magné­sium stéarate.

Ils com­prennent éga­le­ment du fer rouge oxyde, du fer jaune oxyde et des traces négli­geables de lac­tose. Axe­ler s’administre par voie orale à une poso­lo­gie quo­ti­dienne d’un com­pri­mé à une heure fixe.

SEVIKAR

Sevi­kar est un déri­vé com­mer­cial de l’Olmésartan se décli­nant sous forme de com­pri­més pel­li­cu­lés de cou­leurs blanches, crème et rouge brun. Il existe dans les doses de 20 mg/5 mg, 40 mg/10 mg et 40 mg/5 mg. Il repré­sente une com­bi­nai­son d’Olmésartan et d’amlodipine. Plu­sieurs exci­pients inter­viennent dans la for­mu­la­tion des com­pri­més de Sevi­kar. Il y a, par exemple, l’Alcool poly­vi­ny­lique, l’Amidon de maïs pré­gé­la­ti­ni­sé, la Cel­lu­lose micro­cris­tal­line sili­ci­fiée et le Macro­gol 3350. L’administration du Sevi­kar se fait par voie orale à une poso­lo­gie quo­ti­dienne d’un comprimé.

Olmésartan : effets indésirables

Les effets indé­si­rables de l’Olmésartan sont nom­breux. Ils appa­raissent de façon non sys­té­ma­tique chez les patients trai­tés et concernent tous les déri­vés com­mer­ciaux de l’Olmésartan. On les répar­tit selon leur fré­quence en deux groupes, à savoir les effets indé­si­rables fré­quents et les effets indé­si­rables rares.

Effets indésirables fréquents

Les effets indé­si­rables fré­quents de l’Olmésartan concernent au moins un patient sur une cen­taine de patients trai­tés. Ils com­prennent principalement :

  • Les maux de tête ;
  • Les étour­dis­se­ments ;
  • Les jambes lourdes ;
  • La fatigue ;
  • Le mal de gorge ;
  • Les dou­leurs osseuses et articulaires.

Il y a aus­si les déman­geai­sons, les ver­tiges et l’hypotension ortho­sta­tique qui consti­tuent des effets indé­si­rables fré­quents de l’Olmésartan.

Effets indésirables rares

Les effets indé­si­rables rares de l’Olmésartan concernent moins d’un patient sur 10 000 patients trai­tés. Ils regroupent des mani­fes­ta­tions géné­ra­le­ment sévères telles que :

  • Les dys­fonc­tion­ne­ments rénaux ;
  • L’inflammation du pancréas ;
  • Les four­mille­ments dans les extrémités ;
  • La baisse de la libido ;
  • L’apparition de crampes musculaires.

Excep­tion­nel­le­ment, sur le plan bio­lo­gique, l’olmésartan peut induire de nom­breuses modi­fi­ca­tions. Notam­ment les ano­ma­lies dans la NFS et la hausse des taux san­guins de créa­ti­nine, de potas­sium et de sodium. Par ailleurs, on asso­cie éga­le­ment l’utilisation des déri­vés d’Olmésartan à un risque impor­tant d’entéropathies.

Olmésartan : contre-indications

Olmé­sar­tan

L’Olmésartan fait l’objet de nom­breuses contre-indi­ca­tions. Voir les plus impor­tantes ci-dessous.

Allergie aux sulfamides et à l’olmésartan

L’utilisation des déri­vés d’Olmésartan en cas d’aller­gie à l’olmésartan ou encore aux sul­fa­mides est dan­ge­reuse pour la san­té. Elle peut pro­vo­quer d’importantes réac­tions aller­giques sus­cep­tibles de condi­tion­ner le pro­nos­tic vital du patient.

Antécédents médicaux d’insuffisance rénale

L’Olmésartan peut cau­ser chez cer­tains patients une alté­ra­tion de la fonc­tion rénale. Pour cela, on décon­seille de l’utiliser en cas d’antécédents médi­caux d’insuffisance rénale. Il en est de même pour les anté­cé­dents de mala­dies rénales sévères.

Antécédents médicaux d’affections hépatiques et pancréatiques

Dans cer­tains cas, l’Olmésartan peut induire une alté­ra­tion des fonc­tions pan­créa­tiques et hépa­tiques. De même, elle peut aggra­ver les mala­dies hépa­tiques et pan­créa­tiques exis­tantes. Pour ce fait, on décon­seille aux per­sonnes pré­sen­tant des anté­cé­dents médi­caux de troubles hépa­tiques et pan­créa­tiques de l’utiliser.

Hyperkaliémie

L’Olmésartan est res­pon­sable d’hyper­ka­lié­mie chez de nom­breux patients. Pour cela, on décon­seille aux per­sonnes pré­sen­tant une hypo­ka­lié­mie de l’utiliser. Il en est de même pour les per­sonnes pré­sen­tant une hyper­na­té­re­mie, une hyper­créa­ti­ni­né­mie et des ano­ma­lies de la NFS.

Grossesse

La prise de l’Olmésartan durant la gros­sesse peut expo­ser la femme enceinte et le fœtus à de nom­breuses com­pli­ca­tions. Par exemple, les accou­che­ments pré­ma­tu­rés, les mal­for­ma­tions fœtales, etc. Pour cela, on décon­seille l’utilisation de ce médi­ca­ment durant la gros­sesse, en par­ti­cu­lier à comp­ter du deuxième trimestre.

Olmésartan : raisons du déremboursement

La HAS (com­mis­sion de la trans­pa­rence) a pro­non­cé un dérem­bour­se­ment des spé­cia­li­tés conte­nant l’Olmésartan à par­tir de juillet 2016. Les rai­sons évo­quées sont nom­breuses. Pour com­men­cer, l’Olmésartan pré­sen­te­rait un SMR insuf­fi­sant. Cela implique que com­pa­ra­ti­ve­ment aux autres molé­cules de pro­prié­tés iden­tiques dis­po­nibles sur le mar­ché, il n’offre aucune avan­cée signi­fi­ca­tive. Il n’a démon­tré aucun inté­rêt sup­plé­men­taire dans la prise en charge de l’hypertension artérielle.

De plus, en matière de réduc­tion de mor­ta­li­té et de mor­bi­di­té, il faut sou­li­gner qu’on n’a pas démon­tré l’intérêt thé­ra­peu­tique de l’Olmésartan. Pour finir, la HAS a déci­dé du dérem­bour­se­ment de l’Olmésartan, en rai­son du risque impor­tant d’entéropathies qu’il pré­sente. Il s’agit d’un risque grave inexis­tant pour les autres homo­logues de l’Olmésartan. Celui-ci peut impac­ter le pro­nos­tic vital du patient.

Olmésartan : principaux substituts

Le prin­ci­pal sub­sti­tut de l’Olmésartan est le Val­sar­tan. Il s’agit d’une molé­cule appar­te­nant comme l’Olmésartan à la classe des anta­go­nistes de l’angiotensine II. Il pré­sente une acti­vi­té proche des déri­vés de l’Olmésartan et a démon­tré une grande effi­ca­ci­té sur l’hypertension arté­rielle. Son prin­ci­pal inté­rêt réside dans le fait qu’il ne pré­sente aucun risque d’entéropathies sur la san­té. Il béné­fi­cie alors d’un SMR plus favo­rable que celui de l’Olmésartan.

Les prin­ci­paux déri­vés du Val­sar­tan dis­po­nible sur le mar­ché phar­ma­ceu­tique sont :

  • AMLODIPINE ;
  • COTAREG ;
  • ENTRESTO ;
  • EXFORGE ;
  • EXFORGE HCT ;
  • NISIS ;

Il y a aus­si le TAREG et les formes géné­riques du Val­sar­tan qui existent dans les offi­cines phar­ma­ceu­tiques. La plu­part du temps, les déri­vés com­mer­ciaux du Val­sar­tan se déclinent dans des com­pri­més de doses variées.

 

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