HomeNon classéLE DÉPISTAGE INDIVIDUEL DU CANCER DE LA PROSTATE : 30 QUESTIONS-RÉPONSES

LE DÉPISTAGE INDIVIDUEL DU CANCER DE LA PROSTATE : 30 QUESTIONS-RÉPONSES

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Élé­ments d’in­for­ma­tion des hommes envisageant
la réa­li­sa­tion d’un dépis­tage indi­vi­duel du can­cer de la prostate


Avec la par­ti­ci­pa­tion de 

Anaes / Ser­vice des recom­man­da­tions pro­fes­sion­nelles et ser­vice éva­lua­tion éco­no­mique / sep­tembre 2004
http://www.anaes.fr/anaes/Publications.nsf/nPDFFile/RE_LILF-66JHCJ/
Voir éga­le­ment :
—- Le can­cer de la prostate
—- Incer­ti­tude sur le dépis­tage du can­cer de la pros­tate par le PSA
—- Pros­tate – Can­cer : Per­for­mances des tests de dépis­tage (Anaes – 2004)

Quelles infor­ma­tions déli­vrer à un homme sou­hai­tant réa­li­ser un dépis­tage du can­cer de la prostate ?
Com­mu­ni­qué de presse ANAES

À la demande de la Direc­tion géné­rale de la san­té, l’A­naes pro­pose aux méde­cins géné­ra­listes et aux uro­logues des élé­ments d’in­for­ma­tion à déli­vrer aux hommes qui envi­sagent la réa­li­sa­tion d’un dépis­tage indi­vi­duel du can­cer de la pros­tate et qui consultent pour la pre­mière fois à ce sujet.
Afin que le patient puisse prendre une déci­sion éclai­rée, l’in­for­ma­tion qui lui est trans­mise doit être objec­tive, hié­rar­chi­sée et com­pré­hen­sible. Elle doit faire état des béné­fices escomp­tés du dépis­tage ain­si que des risques potentiels.
En France, le can­cer de la pros­tate est le plus fré­quent chez l’homme de plus de 50 ans. Il repré­sente la 2e cause de mor­ta­li­té par can­cer chez l’homme, après celui du pou­mon. En 2000, 40 000 nou­veaux cas et 10 000 décès ont été enregistrés.
Bien que cer­taines formes de ce can­cer puissent être agres­sives, il s’a­git géné­ra­le­ment d’un can­cer peu symp­to­ma­tique et d’é­vo­lu­tion lente.
À ce jour, les béné­fices atten­dus de la démarche de dépis­tage indi­vi­duel ne sont pas clai­re­ment démon­trés et le manque de don­nées dans la lit­té­ra­ture ne per­met pas de conclure à une recom­man­da­tion de ce type de dépistage.
Tou­te­fois, en vue de favo­ri­ser un diag­nos­tic à un stade pré­coce, une démarche de dépis­tage indi­vi­duel, non sys­té­ma­ti­sée, par le biais du test de dosage du PSA (anti­gène pros­ta­tique spé­ci­fique), de pré­fé­rence asso­cié à un tou­cher rec­tal, peut être envi­sa­gée. Elle peut être pro­po­sée au cas par cas, en se fon­dant sur des fac­teurs de risque sta­tis­ti­que­ment et cli­ni­que­ment signi­fi­ca­tifs, ou réa­li­sée à la demande du patient.
Lorsque la démarche est envi­sa­gée, la déci­sion doit être par­ta­gée avec le patient et doit être prise en tenant compte de ses pré­fé­rences, de son anxié­té et de son aver­sion pour le risque. La qua­li­té et les moda­li­tés d’in­for­ma­tion du patient sont primordiales.
Anaes : Res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion Karen Can­dau Contact presse Gisèle Cal­vache Tel. 01 55 93 73 18 – Fax 01 55 93 74 16 contact.presse@anaes.fr


1. Qu’est-ce que la pros­tate ? À quoi sert-elle ?
La pros­tate est une glande qu’on ne trouve que chez l’homme.
Elle est entou­rée d’une cap­sule fibro­mus­cu­laire et com­po­sée de cel­lules glan­du­laires. Elle est nor­ma­le­ment de la taille d’une châtaigne.
Elle se situe sous la ves­sie, en avant du rec­tum, au car­re­four des voies uri­naires (urètre) et des voies génitales.
Elle secrète l’un des com­po­sants du sperme et joue un rôle dans la reproduction.

2. Qu’est-ce que le can­cer de la pros­tate ? Quelles en sont les conséquences ?
Le can­cer de la pros­tate cor­res­pond à la trans­for­ma­tion maligne pro­gres­sive de cel­lules glan­du­laires dont la crois­sance devient anar­chique. Les cel­lules acquièrent pro­gres­si­ve­ment la capa­ci­té de se mul­ti­plier, consti­tuant ain­si une ou plu­sieurs tumeurs. On parle à ce stade de can­cer loca­li­sé ou intracapsulaire.
Ces cel­lules peuvent ensuite éven­tuel­le­ment migrer hors de la pros­tate, essen­tiel­le­ment vers les gan­glions lym­pha­tiques et les os, entraî­nant des méta­stases. On parle alors de can­cer non loca­li­sé ou extracapsulaire.

3. Quels en sont les signes évocateurs ?
Cette mala­die reste très long­temps occulte. À un stade très évo­lué, le can­cer de la pros­tate peut être res­pon­sable de signes uri­naires et de dou­leurs osseuses, en par­ti­cu­lier au niveau de la colonne ver­té­brale lombaire.
Le can­cer de la pros­tate loca­li­sé ne donne pas de signes uri­naires. Les troubles uri­naires habi­tuel­le­ment attri­bués à la pros­tate sont essen­tiel­le­ment le fait de l’a­dé­nome pros­ta­tique, tumeur bénigne très fré­quente mais qui peut coexis­ter avec le cancer.

4. Le can­cer de la pros­tate est-il fréquent ?
La fré­quence de ce can­cer aug­mente avec l’âge. Il sur­vient rare­ment avant 50 ans. Il s’a­git du can­cer le plus fré­quent chez l’homme de plus de 50 ans. La moi­tié de ces can­cers est diag­nos­ti­quée après l’âge de 74 ans.
En 2000, on a esti­mé à envi­ron 40 000 les nou­veaux cas de can­cer de la pros­tate diag­nos­ti­qués en France.

5. Le can­cer de la pros­tate est-il tou­jours mortel ?
En 2000, ce can­cer a été res­pon­sable d’en­vi­ron 10 000 décès. Chez l’homme, il s’a­git de la deuxième cause de mor­ta­li­té par can­cer en France, après le can­cer du poumon.
Compte tenu du temps de pro­gres­sion de ce can­cer vers le stade méta­sta­tique, les patients atteints peuvent néan­moins mou­rir d’une autre mala­die dans l’in­ter­valle. Un cer­tain nombre d’entre eux en est atteint jus­qu’à la fin de leur vie sans le savoir et sans en être gênés.
À titre indi­ca­tif, au-delà de 80 ans, plus de 4 hommes sur 10 ont un can­cer de la pros­tate sans en res­sen­tir de symptômes.

6. Le can­cer de la pros­tate est-il héréditaire ?
Parfois.
Plus le nombre de per­sonnes atteintes d’un can­cer de la pros­tate dans une famille est impor­tant, plus le risque d’a­voir un can­cer de la pros­tate est éle­vé. Un can­cer de la pros­tate est consi­dé­ré comme héré­di­taire lorsque 3 cas au moins ont été iden­ti­fiés chez des parents au 1er ou au 2ème degré ou seule­ment 2 cas mais sur­ve­nu avant 55 ans.
Dans ce cas, le risque d’a­voir un can­cer de la pros­tate est mul­ti­plié par un fac­teur de l’ordre de 10. En cas de forme fami­liale ne répon­dant pas à ces cri­tères (forme dite non héré­di­taire) le risque d’a­voir un can­cer de la pros­tate est mul­ti­plié par 2 ou par 3,5. Les formes héré­di­taires repré­sentent de l’ordre de 5 à 10 % de la tota­li­té des can­cers de pros­tate, les formes fami­liales en repré­sen­tant en tout 5 à 25 %.

7. Le risque de can­cer de la pros­tate varie-t-il en fonc­tion des ori­gines ethniques ?
Oui.
L’in­ci­dence de can­cer de la pros­tate est plus éle­vée en Europe et aux États-Unis qu’en Asie. Aux États-Unis, les cher­cheurs ont mon­tré que les Afro-Amé­ri­cains avaient envi­ron 3 fois plus de risque que les autres popu­la­tions d’a­voir un can­cer de la prostate.

8. L’a­li­men­ta­tion influence-t-elle la sur­ve­nue du can­cer de la prostate ?
Le rôle pro­tec­teur de la tomate et de ses déri­vés dans l’ap­pa­ri­tion du can­cer de la pros­tate, n’a pas été démon­tré, pas plus d’ailleurs que le rôle aggra­vant des matières grasses, et notam­ment les acides gras insaturés.

9. Les rela­tions sexuelles influencent-elles la sur­ve­nue du can­cer de la pros­tate ? Non.
Le lien entre les rela­tions sexuelles et la sur­ve­nue du can­cer de la pros­tate n’est pas démon­tré. En revanche, il semble exis­ter un lien entre la sur­ve­nue du can­cer de la pros­tate et le fait d’a­voir eu anté­rieu­re­ment cer­taines infec­tions sexuel­le­ment trans­mis­sibles telles que la syphi­lis et la gonococcie.

Escu­lape : Des études auraient tou­te­fois mon­tré qu’une acti­vi­té sexuelle régu­lière dimi­nue­raient le risque de can­cer de la pros­tate (A suivre…)

10. Peut-on pré­ve­nir l’ap­pa­ri­tion du can­cer de la prostate ?
Aucune méthode et aucune plante médi­ci­nale n’ont fait preuve de leur effi­ca­ci­té dans la pré­ven­tion de l’ap­pa­ri­tion du can­cer de la pros­tate. Aucun médi­ca­ment n’a reçu le visa des auto­ri­tés sani­taires pour la pré­ven­tion du can­cer de la prostate.

11. En quoi consiste le dépis­tage individuel ?
Il s’a­git d’un dépis­tage pro­po­sé indi­vi­duel­le­ment sur la base de fac­teurs de risque per­son­nels, par exemple âge ou anté­cé­dents fami­liaux, ou réa­li­sé à la demande du patient.
Son objec­tif est d’a­bou­tir à un diag­nos­tic le plus pré­coce pos­sible, c’est-à-dire à des stades où le can­cer est encore curable.
Deux exa­mens peuvent être pro­po­sés : le tou­cher rec­tal et le dosage san­guin du PSA.

  • À l’exa­men cli­nique, le tou­cher rec­tal per­met en effet par­fois de sen­tir un nodule dur au niveau de la pros­tate. Cette per­cep­tion est néan­moins incons­tante. L’as­so­cia­tion des 2 exa­mens est la plus performante.
  • Si vous envi­sa­gez un dosage san­guin du PSA, il vous faut savoir que le diag­nos­tic du can­cer de la pros­tate ne sera confir­mé qu’a­près la réa­li­sa­tion de biop­sies pros­ta­tiques. Cet exa­men néces­site le pré­lè­ve­ment d’é­chan­tillons de pros­tate, le plus sou­vent sous anes­thé­sie locale. Ils sont ensuite exa­mi­nés au microscope.

L’é­cho­gra­phie n’a d’u­ti­li­té que pour gui­der les biop­sies à l’in­té­rieur de la pros­tate. De plus aucune tech­nique d’i­ma­ge­rie médi­cale ne per­met le diag­nos­tic de can­cer de la prostate.

12. Que signi­fie « PSA » ? Qu’est-ce que le PSA ?
« PSA » cor­res­pond aux ini­tiales, en langue anglaise, de « Anti­gène spé­ci­fique de pros­tate ». Il s’a­git d’une pro­téine non toxique et qui n’est pro­duite que par la pros­tate. Elle est pré­sente dans le sperme, où elle joue un rôle dans la repro­duc­tion. Le PSA est aus­si pré­sent dans le sang (nor­ma­le­ment en quan­ti­té très faible) ce qui per­met son dosage.
Un PSA éle­vé peut éven­tuel­le­ment être évo­ca­teur de la pré­sence d’un can­cer de la prostate.
Ce test ne néces­site pas d’être à jeun.

13. À par­tir de quel seuil, un « PSA » est-il anormal ?
La valeur du PSA doit être inter­pré­tée par le méde­cin en fonc­tion du contexte cli­nique. Une valeur supé­rieure à 4 micro­grammes par litre (mg/l) [ou nano­grammes par mil­li­litre (ng/ml)] est géné­ra­le­ment consi­dé­rée comme anor­male. Ceci dépend néan­moins de l’âge de la per­sonne et de la taille de sa prostate.

14. Si un homme a un PSA supé­rieur à la nor­male, quel risque a‑t-il d’a­voir un can­cer de la prostate ?
Lorsque la valeur du PSA est supé­rieure à 4 ng/ml, un can­cer de la pros­tate est diag­nos­ti­qué envi­ron 3 fois sur 10 avec la biop­sie pros­ta­tique de confirmation.

15. Quelles sont les autres rai­sons qui peuvent conduire à une aug­men­ta­tion du PSA ?
Cer­tains évé­ne­ments phy­sio­lo­giques (l’é­ja­cu­la­tion par exemple) peuvent entraî­ner des varia­tions peu impor­tantes et qui ne gênent géné­ra­le­ment pas l’in­ter­pré­ta­tion du résultat.
Le tou­cher rec­tal n’en­traîne pas de modi­fi­ca­tion impor­tante du PSA.
Une élé­va­tion impor­tante du PSA peut avoir lieu à la suite de cer­taines mala­dies comme les infec­tions uri­naires ou la pros­ta­tite aiguë ou suite à cer­tains gestes chi­rur­gi­caux comme un exa­men endo­sco­pique de la ves­sie, une biop­sie de pros­tate ou encore une résec­tion endo­sco­pique de prostate.

16. Si le PSA est nor­mal, cela signi­fie-t-il que l’on n’a rien ?
Lorsque le PSA est nor­mal, cela signi­fie 9 fois sur 10 qu’il n’y a pas de cancer.
En revanche, il se peut qu’une ano­ma­lie soit quand même détec­table avec le tou­cher rectal.
Ceci explique l’in­té­rêt de com­bi­ner le tou­cher rec­tal et le PSA pour faire le diag­nos­tic du can­cer de la prostate.

17. Si le PSA est nor­mal, fau­dra-t-il reve­nir consul­ter et quand ?
Si le PSA et le tou­cher rec­tal sont nor­maux, il faut consi­dé­rer qu’il n’y a actuel­le­ment pas de can­cer de la pros­tate. Il est inutile de répé­ter les exa­mens dans l’immédiat.
Si le PSA est nor­mal, chez un homme âgé de 75 ans ou plus, il ne sera pas néces­saire de refaire un autre exa­men de ce type à l’avenir.
Si le PSA est nor­mal, chez un homme âgé de moins de 75 ans, le méde­cin lui indi­que­ra quand pré­ci­sé­ment il sera utile de reve­nir faire un test : ce peut être dans 1 an, dans 2 ans, 3 ans ou même plus, géné­ra­le­ment pas moins d’1 an.
Le délai per­ti­nent à res­pec­ter avant de réa­li­ser un nou­veau PSA varie en fait en fonc­tion de la valeur pré­cé­dente du PSA.

18. « Quels pour­raient être les avan­tages et les incon­vé­nients à faire un PSA ? »

Prin­ci­paux avantages

– Si le résul­tat est nor­mal, cela pour­ra ras­su­rer celui qui le fait.
– Il per­met de détec­ter le can­cer avant que les symp­tômes ne se développent.
– Il per­met de détec­ter le can­cer à un stade pré­coce, ce qui pour­rait per­mettre de démar­rer un trai­te­ment plus tôt.
– Si le trai­te­ment est effi­cace, il peut per­mettre d’é­vi­ter les consé­quences d’un can­cer méta­sta­tique ou une mort prématurée.
Prin­ci­paux inconvénients

– Le test peut être faus­se­ment néga­tif et ras­su­rer à tort celui qui le fait.
– Il peut rendre anxieux et induire des exa­mens médi­caux inutiles.
– Il peut détec­ter des can­cers d’é­vo­lu­tion lente ou des formes tar­dives pour les­quels, aucun soin n’au­rait été nécessaire.
– Les trai­te­ments du can­cer ont des effets secon­daires qui peuvent affec­ter la vie quotidienne.
– Le trai­te­ment peut, dans cer­tains cas, ne pas être efficace.

19. Qu’est-ce qu’une biop­sie ? Cela fait-il mal ?
Les biop­sies pros­ta­tiques sont le plus sou­vent pra­ti­quées en ambu­la­toire, sous anti­bio­pro­phy­laxie et sous anes­thé­sie locale.
Sous contrôle écho­gra­phique, plu­sieurs échan­tillons de tis­su pros­ta­tique sont pré­le­vés à l’ai­guille, dans dif­fé­rentes zones de la pros­tate (géné­ra­le­ment au moins 6 pré­lè­ve­ments sont pratiqués).
Il s’a­git d’un exa­men qui peut être dou­lou­reux et qui peut par­fois pro­vo­quer des sai­gne­ments (dans les urines, le sperme ou le rec­tum), et plus rare­ment des infec­tions ou une inflam­ma­tion (de l’ordre du pour-cent).

20. Si la biop­sie est nor­male, peut-on quand même avoir un can­cer de la prostate ?
Oui. Des biop­sies néga­tives n’é­cartent pas tota­le­ment le diag­nos­tic de can­cer de la pros­tate, et ne per­mettent pas d’é­li­mi­ner la sur­ve­nue ulté­rieure de cette maladie.
Cepen­dant, si les élé­ments cli­niques ou bio­lo­giques conti­nuent d’in­di­quer un risque de can­cer de la pros­tate, les biop­sies peuvent être refaites.
Si le dosage du PSA est res­té anor­mal alors que la biop­sie est néga­tive, il y a un risque maxi­mum de 1 sur 4 qu’une nou­velle biop­sie soit posi­tive et qu’on détecte un can­cer de la prostate.

21. En cas de diag­nos­tic d’un can­cer de la pros­tate, quels exa­mens fau­dra-t-il faire ?
Le stade de déve­lop­pe­ment du can­cer s’ap­pré­cie essen­tiel­le­ment sur les don­nées de l’exa­men cli­nique de la pros­tate, sur la valeur du PSA et sur les résul­tats des biop­sies pros­ta­tiques. Quelques exa­mens peu nom­breux sont cepen­dant néces­saires pour com­plé­ter le diag­nos­tic et peuvent être proposés.
Des exa­mens tels que le scan­ner abdo­mi­no­pel­vien ou l’i­ma­ge­rie par réso­nance magné­tique peuvent être réa­li­sés afin de juger de l’ex­ten­sion du can­cer en dehors de la prostate.
Ce bilan peut éga­le­ment être com­plé­té par une scin­ti­gra­phie osseuse. Cet exa­men per­met de véri­fier l’ab­sence de méta­stase osseuse.

22. Quelles sont les pos­si­bi­li­tés thérapeutiques ?
Après en avoir dis­cu­té avec un spé­cia­liste, plu­sieurs options peuvent être pro­po­sées en fonc­tion des carac­té­ris­tiques du can­cer, de l’âge du patient et des éven­tuelles patho­lo­gies associées :

  • l’abs­ten­tion-sur­veillance avec un trai­te­ment différé ;
  • la chi­rur­gie (« pros­ta­tec­to­mie totale ») ;
  • la radio­thé­ra­pie externe ;
  • la curie­thé­ra­pie.
  • L’HIFU (ultra­sons foca­li­sés à haute inten­si­té, abla­therm ®) [Lien].
  • Les trai­te­ments hor­mo­naux iso­lés ne sont habi­tuel­le­ment pas uti­li­sés dans le trai­te­ment des formes localisées.

23. Quelle sur­veillance est pro­po­sée aux per­sonnes qui choi­sissent de ne pas se trai­ter ? Si on retarde le trai­te­ment peut-on encore les traiter ?
La sur­veillance repose sur un exa­men cli­nique et un dosage du PSA périodique.
Elle peut être appro­priée ou envi­sa­geable pour cer­tains types de tumeurs sans que l’on sache pour l’ins­tant dire si cette option vous fait réel­le­ment perdre des chances.
En cas d’é­vo­lu­tion, un trai­te­ment adap­té peut être pro­po­sé. Il est de toute façon tou­jours pos­sible, à n’im­porte quel moment, de chan­ger d’a­vis et de dis­cu­ter avec le méde­cin de l’op­por­tu­ni­té d’un traitement.

24. Si le can­cer de la pros­tate n’est pas trai­té, com­ment évo­lue-t-il ? Peut-on en mourir ?
S’il s’a­git d’une forme évo­lu­tive, le can­cer de la pros­tate risque d’en­traî­ner des dif­fi­cul­tés à uri­ner, éven­tuel­le­ment une réten­tion com­plète des urines, ou encore d’empêcher le fonc­tion­ne­ment rénal en ralen­tis­sant l’é­cou­le­ment des urines des reins vers la vessie.
Il risque éga­le­ment de s’é­tendre en dehors de la pros­tate par enva­his­se­ment direct des tis­sus et des organes situés près de la prostate.
Les méta­stases au niveau du foie et des pou­mons sont rares, alors que les méta­stases osseuses sont plus fré­quentes et douloureuses.
Le décès sur­vient en géné­ral au stade méta­sta­tique, c’est-à-dire en moyenne envi­ron 15 ans après le diag­nos­tic. Ce chiffre n’est cepen­dant qu’une moyenne, il existe en effet des formes plus ou moins agressives.

25. Quels sont les prin­cipes de chaque traitement ?
Le trai­te­ment chi­rur­gi­cal cura­tif consiste à enle­ver com­plè­te­ment la prostate.
La ves­sie, qui se trouve au-des­sus de la pros­tate est ensuite sutu­rée à l’u­rèthre qui se trouve au-des­sous de la pros­tate. Une sonde uri­naire est lais­sée en place le temps de la cicatrisation.
Cette inter­ven­tion se pra­tique le plus sou­vent au tra­vers d’une inci­sion abdo­mi­nale au-des­sus du pubis. Elle peut éga­le­ment être pra­ti­quée par coe­lio­sco­pie ou par inci­sion du périnée.
L’a­bla­tion de la pros­tate s’ac­com­pagne de l’a­bla­tion des vési­cules séminales.
L’hos­pi­ta­li­sa­tion en rap­port avec cette opé­ra­tion dure géné­ra­le­ment de 1 à 2 semaines.

La radio­thé­ra­pie externe consiste, après repé­rage préa­lable de la pros­tate par radio­gra­phie, à déli­vrer des rayon­ne­ments qui pro­voquent pré­fé­ren­tiel­le­ment la mort des cel­lules pros­ta­tiques anor­males. Cette tech­nique néces­site plu­sieurs séances de courte irra­dia­tion sur plu­sieurs semaines (6 à 8).

La curie­thé­ra­pie consiste, grâce à un gui­dage par écho­gra­phie réa­li­sée sous anes­thé­sie, en l’im­plan­ta­tion per­ma­nente de grains d’iode radio­ac­tifs ou en l’im­plan­ta­tion tem­po­raire de grains d’i­ri­dium 192 dans la pros­tate. Ces grains émettent des radia­tions qui détruisent les cel­lules avoi­si­nantes. La por­tée de ces radia­tions est très faible et reste confi­née à la pros­tate. L’im­plan­ta­tion dure envi­ron 2 ou 3 heures, l’hos­pi­ta­li­sa­tion envi­ron 2 jours.

26. Quelles sont les chances de gué­ri­son sous traitement ?
Les chances de gué­ri­son dépendent sur­tout du degré d’a­van­ce­ment auquel est décou­vert le can­cer et des carac­té­ris­tiques de la tumeur. Quand le can­cer est loca­li­sé, 7 à 9 per­sonnes sur 10 sont encore vivantes 10 ans après le diag­nos­tic ou le traitement.
Chez une par­tie des patients, alors qu’il n’y a aucun symp­tôme cli­nique de réci­dive, la concen­tra­tion sérique en PSA remonte après trai­te­ment : c’est la réci­dive bio­lo­gique. Elle peut néces­si­ter de mettre en oeuvre un nou­veau traitement.

27. Le trai­te­ment peut-il avoir des consé­quences sexuelles ?
Tous les trai­te­ments du can­cer de la pros­tate risquent d’en­traî­ner des troubles sexuels et notam­ment des dif­fi­cul­tés d’é­rec­tion qui peuvent faire l’ob­jet d’un trai­te­ment médical.
Le trai­te­ment des dif­fi­cul­tés d’é­rec­tion n’est cepen­dant pas tou­jours efficace.
Par ailleurs, la pros­ta­tec­to­mie totale entraîne une absence d’é­ja­cu­la­tion définitive.

28. Peut-on encore avoir des enfants après le traitement ?
Si le patient a un pro­jet d’en­fant, il lui sera néces­saire de faire conge­ler du sperme avant le trai­te­ment et de recou­rir aux tech­niques de pro­créa­tion médi­cale assistée.

29. Le trai­te­ment peut-il avoir des consé­quences au niveau urinaire ?
Oui. La pros­ta­tec­to­mie totale entraîne un risque d’in­con­ti­nence uri­naire non négli­geable (cf. tableau sui­vant) mais le plus sou­vent transitoire.
L’in­con­ti­nence dis­pa­raît géné­ra­le­ment en quelques mois. Des fuites peuvent néan­moins sur­ve­nir au cours d’ef­forts plus ou moins importants.
La radio­thé­ra­pie externe et la curie­thé­ra­pie peuvent entraî­ner des envies d’u­ri­ner fré­quentes et/ou urgentes. Ces troubles peuvent appa­raître pen­dant ou à dis­tance du traitement.

30. Au final, quels sont les effets indé­si­rables des trai­te­ments qui sont pro­po­sés ? Les prin­ci­paux effets indé­si­rables pos­sibles de la pros­ta­tec­to­mie totale sont l’ab­sence d’é­ja­cu­la­tion, les dif­fi­cul­tés d’é­rec­tion et l’in­con­ti­nence uri­naire. Les consé­quences pos­sibles de la radio­thé­ra­pie ou de la curie­thé­ra­pie sont les troubles de l’é­rec­tion, les troubles de la ves­sie et les troubles digestifs.

Prin­ci­paux effets secon­daires des trai­te­ments cura­tifs des can­cers loca­li­sés de la pros­tate 1 an après traitement.

Trai­te­ment Incon­ti­nence uri­naire (1) Autres troubles uri­naires (2) Troubles de d’é­rec­tion (3) Absence d’é­ja­cu­la­tion Troubles diges­tifs (4)
Pros­ta­tec­to­mie totale 4 – 39 % 20 – 80 % 100 %
Radio­thé­ra­pie externe 0 – 13 % 3 – 36 % 4 – 55 % 1–36 %
Curie­thé­ra­pie 6 – 15 % 0 – 18 % 5 – 70 % 5–19 %

(1) : La défi­ni­tion dépend de l’âge. L’in­ten­si­té et les cir­cons­tances de sur­ve­nue (à l’ef­fort, régu­lière, occa­sion­nelle, totale) en sont variables.
(2) : Com­pli­ca­tions uri­naires tar­dives ou persistantes.
(3) : La défi­ni­tion dépend de l’âge au moment du traitement.
(4) : diar­rhées, sai­gne­ments rectaux.

Anaes / Ser­vice des recom­man­da­tions pro­fes­sion­nelles et ser­vice éva­lua­tion éco­no­mique / sep­tembre 2004

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