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Collège de Bactériologie-Virologie @ CHU de LYON et Université LYON1

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Yersinia pestis

Rédacteurs : D. Raynaud ; G. Pina

Anciens documents : xxx, exemple de lien, zzz

 Nom scientifique:

Yersinia pestis

 Nom commun

Bacille pesteux

 Mots clés

Peste, peste noire, peste bubonique, fièvre pestillentielle, bacille de Yersin, anthropozoonose, bioterrorisme, arme bactériologique.

 Caractéristiques

C’est une entérobactérie mais elle présente des caractères anormaux.

 Morphologie

Petit bacille à Gram négatif, ovoïde, parfois coccobacille, coloration bipolaire (aspect d’épingle de sûreté), immobile, non sporulé, intracellulaire facultatif.

 Culture

 Culture sur milieux de type gélose au sang

Oui, croissance lente.

 Milieux spéciaux

Croissance sur gélose Mac Conkey (lactose -), Hektoen (H2S -), sur SS.

 Particularités culturales identifiées

Aspect des colonies en tête d’épingle en 24 h sur GS, aspect en oeuf sur le plat à 48 h, 72 h.

 Température optimale de croissance

25°C – 28°C

 Atmosphère utilisée habituellement – exigences d’environnement gazeux

Aéro-anaérobie facultatif

 Caractères de base

Catalase+; Oxydase – ;

autres : Glucose + ; lactose ; HS – ; uréase – ;

 Ecologie

 Humain

Hôte accidentel

 Animal

Réservoir habituel : les rongeurs sauvages (rats) constituent le réservoir naturel ; lagomorphes (lapin, lièvre) et carnivores peuvent infecter l’humain.

 Environnement

Matières virulentes : sang (phase de bactériémie), cadavres (nécrophagie chez les rongeurs, cadavres virulents des ectoparasites), poussières virulentes (contamination des rongeurs fouisseurs), aérosols virulents (rejetés lors de la forme pulmonaire chez l’homme).

 Survie à l’extérieur de l’hôte

Demeure infectieux une heure sous forme d’aérosol.

Sang – 100 jours ; corps humain – jusqu’à 270 jours

 Pouvoir pathogène pour l’humain

 Déterminisme

Contamination humaine par morsure de puces ou plus rarement par injestion de viande d’animaux contaminés.

Contamination interhumaine par inhalation dans la forme pulmonaire.

 Colonisation-Invasion

Survie intracellulaire, résistance à la phagocytose YOPS : protéine de membrane externe encodée par des plasmides)et multiplication dans les macrophages.

Pour une contamination par morsure de puce : lymphadénite des ganglions satellites du point de morsure de la puce, touchant les ganglions lymphatiques et la région inguinale, taux de létalité de 50 % en l’absence de traitement ; évolution vers la forme septicémique par dissémination sanguine ; forme pulmonaire secondaire (ou primaire par inhalation) : pneumonie, médiastinite et épanchement pleural.

Les formes pulmonaires et septicémiques non traitées son fatales.

 Toxines

Endotoxine et exotoxine (cytotoxine)

 Clinique

Infections suppuratives Forme bubonique : après inoculation cutanée. Syndrome fébrile avec apparition d’une adénopathie dans le territoire de la morsure évoluant vers un bubon. Taux de létalité de 50% en l’absence de traitement. Evolution possible vers une forme septicémique ou pulmonaire secondaire. Pas de transmission interhumaine. Infections cutanées, sous-cutanées et muqueuses : inflammation au point de piqure. Infection de plaies : néant. Infections de la sphère ORL : néant. Infections oculaires : néant. Infections urinaires et rénales : néant. Infections ostéoarticulaires : néant. Septicémies (et endocardites) : oui. Forme septicémique primitive : rare et non contagieuse sauf si elle évolue vers une forme pulmonaire. Symptômes cérébraux importants et hémorragies diffuses. Infections pulmonaires : primitive lors d’une transmission aérienne : bronchopneumopathie fébrile (40-41°C) avec hémoptysie, parfois précédée d’un syndrome gastro-entérique et évoluant sans traitement vers un syndrome septicémique avec détresse respiratoire majeure. Secondaire à une dissémination bactériémique : Cette forme est très contagieuse avec transmission interhumaine aérienne via les gouttelettes de salive. Le patient reste contagieux jusqu’à 72 h après le début d’un traitement ATB adéquate. Infections neuro-méningées : néant. Infections des séreuses : néant. Infections intestinales : néant. Toxi-infections alimentaires : néant. Chocs : néant.

 Circonstances

 Mode de transmission

– Par piqûre de puces infectées ou à la faveur d’excoriations cutanées, de morsures, de griffures ou en manipulant des animaux infectés.

– Par inhalation : transmission par voie aérienne de gouttelettes provenant d’humains ou d’animaux de compagnie atteints de peste pulmonaire ; négligence dans la manipulation des cultures de laboratoire..

– Transmission interhumaine par l’intermédiaire des puces de l’humain possible.

 Période d’incubation

Peste bubonique : 2 à 8 jours après inoculation.

Peste pulmonaire : 1 à 6 jours après inhalation.

 Facteurs favorisants ou aggravants

Facteurs de gravité : grossesse, anémie.

 Epidémiologie

 Répartition des cas

Disparue d’Europe depuis 1845, elle persiste dans des foyers naturels sur tous les continents : Asie ; Proche-Orient ; Afrique centrale, du sud, de l’est ; Madagascar, Amérique du nord, du sud.

 Hôtes hors humain et zoonoses

Rongeurs sauvages (rats) et domestiques.

Vecteurs vivants : puces de rongeurs vivants, particulièrement la puce du rat (Xenopsylla cheopsis) ; puce de l’homme (Pulex irritans, Pediculus humanis) ont un rôle mineur dans la transmission interhumaine.

Zoonose : oui, par morsure de puces d’un animal infecté ; contact avec un animal infecté ou morsure d’un animal infecté.

 Maladie à déclaration obligatoire

Oui

 Sensibilité attendue aux thérapeutiques

 Anti-infectieux et mécanismes de résistance

Sensible aux aminosides, tétracycline, chloramphénicol,, fluoroquinolone, kanamycine..

Résistance aux médicaments : rarement un problème – un plasmide transférable a été isolé portant des gènes de résistance multiple chez une souche.

Sensible à la chaleur humide (121°C pendant au moins 15 min) et à la chaleur sèche (160-170°C pendant au moins une heure).

 Antiseptiques et désinfectants

Sensible à de nombreux désinfectants : hypochlorite de sodium 1%, éthanol 70%, glutaraldéhyde 2%, iode, composés phénolés, formaldéhyde.

Sensible à la chaleur humide (121°C pendant au moins 15 minutes) et à la chaleur sèche (160°-170°C pendant au moins 1 heure).

 Diagnostic

 Direct

 Microscopie

Bacille gram négatif, immobile, coloration bipolaire, non sporulé.

 Culture

Incubation à 25-28°C en 48h : croissance sur milieux habituels (Trypticase-soja, McConkey). Milieu sélectif : CIN (cefsulodine, irgasan, novobiocine).

 Immunologique

ELISA : faux positifs par réaction croisée.

 Méthodes moléculaires

Amplification génique PCR pour un diagnostic rapide

 Pour la prévention des infections nosocomiales

 

 Sérologie

 Bases de la thérapeutique

 De l’infection déclarée

Recommandations du groupe Biotox de l’AFFSAPS : fluoroquinolone / doxycycline / gentamicine.

 Prophylaxie

Prophylaxie post-exposition : recommandations du groupe Biotox de l’AFFSAPS : fluoroquinolone / doxycycline ;

Prophylaxie vaccinale : vaccin américain produit jusqu’en 1999 utilisant la bactérie entière tuée. Protection contre la forme bubonique et non pulmonaire primaire. A ce jour, pas de vaccin efficace disponible.

Port de masque pour éviter les cas secondaires en milieu médical

 Risques professionnels

 Origine

Contact direct avec les cultures et le matériel infectieux, aérosols infectieux.

 Classe de risque

Bactérie de classe 3.

Notes

 

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