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Tungose ou puce-chique

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Pro­fes­seur Pierre Aubry. Mise à jour le 03/04/2003
http://medecinetropicale.free.fr/cours/tungose.htm

1. Intro­duc­tion

Nui­sance tro­pi­cale de diag­nos­tic facile et de trai­te­ment simple, la tun­gose ou puce-chique est fré­quente et bien connue en zones tro­pi­cales : Amé­rique inter­tro­pi­cale, Afrique Noire, Océan Indien.
Des cas sont obser­vés en Europe et aux Etats-Unis chez des tou­ristes en pro­ve­nance des régions d’endémie.

2. Epi­dé­mio­lo­gie

Il s’a­git d’une ecto­pa­ra­si­tose, exclu­si­ve­ment tro­pi­cale, en rap­port avec l’in­crus­ta­tion dans la peau de la femelle gra­vide d’une petite puce d’un mm appe­lée Tun­ga penetrans.
La péné­tra­tion cuta­née passe le plus sou­vent inaper­çue et, en 4 à 5 jours, la puce se gorge de sang, son abdo­men rem­pli d’œufs se dis­tend, pro­dui­sant de ce fait une ten­sion, res­pon­sable d’une symp­to­ma­to­lo­gie douloureuse.
Les œufs sont ensuite expul­sés sur le sol et deviennent des larves, puis des puces en un cycle d’une quin­zaine de jours. L’homme, hôte habi­tuel, ain­si que des ani­maux, en par­ti­cu­lier les porcs, sont conta­mi­nés par contact direct de la peau avec le para­site. La marche pieds nus ou sans chaus­settes favo­rise la contamination.

3. Cli­nique

Deux formes cli­niques sont décrites :

  • la forme simple carac­té­ri­sée par une tumé­fac­tion enchâs­sée dans le derme, blan­châtre, arron­die, de la taille d’un pois et cen­trée sur un zone mar­ron sombre. Cette lésion est pru­ri­gi­neuse, modé­ré­ment dou­lou­reuse et siège dans la grande majo­ri­té des cas aux pieds (orteils, en par­ti­cu­lier sillon péri-unguéal ou sous-unguéal). Cette lésion a un aspect typique en boule de gui.
  • la forme com­pli­quée est ren­con­trée chez les sujets mar­chant habi­tuel­le­ment pieds nus et à hygiène pré­caire. Il s’a­git d’une forme pro­fuse avec coexis­tence de mul­tiples lésions, les unes nodu­laires, les autres ulcé­rées et sur­in­fec­tées avec sou­vent hyper­ké­ra­tose, œdèmes et lym­phan­gite. Des cas de téta­nos ou de gan­grène gazeuse ont été secon­dai­re­ment rapportés.

4. Diag­nos­tic

Le diag­nos­tic est exclu­si­ve­ment cli­nique. La puce-chique est bien connue des autoch­tones en zones d’en­dé­mie. Mais la tun­gose déroute tou­jours le tou­riste non aver­ti et son méde­cin en zone non endémique.

5. Trai­te­ment

Le trai­te­ment consiste dans la forme simple en l’ex­trac­tion de manière asep­tique du para­site avec un vac­ci­no­style ou une aiguille.

Après dés­in­fec­tion locale, on récline l’o­ri­fice cuta­né et on extrait de manière non san­glante le para­site dans son inté­gri­té sans le léser. Il sub­siste un cra­tère minime à bord net et à fond propre qui doit être pansé.

Le trai­te­ment est plus dif­fi­cile dans les formes com­pli­quées : extrac­tions mul­tiples, bains de pieds à l’AS­CA­BIOL® dilué, anti­sep­tiques locaux, anti­bio­thé­ra­pie en cas de surinfection.

Un trai­te­ment par thia­ben­da­zole (MINTEZOL®) à la poso­lo­gie de 25 mg/kg/j pen­dant 5 à 10 jours a été pro­po­sée dans les formes profuses.

6. Pro­phy­laxie

La pro­phy­laxie repose sur le port de chaus­sures fer­mées et de chaus­settes dans les zones expo­sées et sur une bonne hygiène cor­po­relle des pieds.

Réfé­rences
– Louis F.J., Gar­nier T., Morillon M. Poux, puces, tiques et four­mis : les arthro­podes aptères non veni­meux. Med. Trop., 1986, 56, 238–240.
– Aubry P., Alan­dry G. Tun­gose. Ency­cl. Med. Chir., Mala­dies infec­tieuses, 8120 D 10, 7–1987, 3p.

Ico­no­gra­phies : http://medecinetropicale.free.fr/cours/tungose.htm

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