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TOXOCAROSE

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La mala­die des bacs à sable

La toxo­ca­rose n’est pas une mala­die exo­tique mais l’hel­min­thiase (para­si­tose par un hel­minthe) la plus com­mune aus­si bien dans les pays indus­tria­li­sés que dans ceux en voie de déve­lop­pe­ment. Ce sont géné­ra­le­ment les enfants qui sont contaminés.
Un hel­minthe est un ver para­site dont il existe plu­sieurs varié­tés chez l’homme et les animaux.

L’en­fant se conta­mine géné­ra­le­ment part les mains au contact
—- d’un sol conta­mi­né par les déjec­tions ani­males, en par­ti­cu­lier en jouant dans les bacs à sable.
—- par contact avec les ani­maux domes­ti­quesc (gamelles, niche)
—- en tou­chant des plantes éga­le­ment contaminées.

Il s’a­git le plus sou­vent de Toxo­ca­ra canis (asca­ris du chien), par­fois de Toxo­ca­ra cati (asca­ris du chat). Cli­ni­que­ment, la toxo­ca­rose réa­lise un syn­drome de Lar­va migrans vis­cé­rale dont les mani­fes­ta­tions très poly­morphes sont d’une inten­si­té variable selon les indi­vi­dus et la charge para­si­taire. L’é­vo­lu­tion spon­ta­née se fait vers la mort de la larve et la gué­ri­son dans des délais dépas­sant un an dans plus de 50 % des cas.

En Europe et en milieu urbain, 7 à 15% des enfants ont des anti­corps dans le sang contre ce para­site, prou­vant donc qu’ils ont été en contact.
Le taux de pré­va­lence est en France métro­po­li­taine de 4,8% en milieu urbain, de 14,2% en milieu rural. Il est de 93% à La Réunion.
La conta­mi­na­tion ali­men­taire est éga­le­ment pos­sible (salades, abats crus ou peu cuits d’a­gneau ou de veau, de lapin ou de poulet).

SEMIOLOGIE

Cli­ni­que­ment, la toxo­ca­rose réa­lise un syn­drome de Lar­va migrans vis­cé­rale dont les mani­fes­ta­tions très poly­morphes sont d’une inten­si­té variable selon les indi­vi­dus et la charge parasitaire.

Elle peut se réve­ler par 3 tableaux cli­niques :

  1. la lar­va migrans vis­cé­rale (LMV), forme majeure liée à des infec­tions mas­sives (contexte de géo­pha­gie) : elle asso­cie des signes géné­raux (fièvre, asthé­nie, amai­gris­se­ment), des œdèmes de la face, des signes cuta­nés (urti­caire, pru­ri­go, …), une hépa­to­mé­ga­lie, des signes pul­mo­naires (la toxo­ca­rose est une des étio­lo­gies du syn­drome de Loef­fler), des troubles diges­tifs, des troubles neu­ro­lo­giques (encé­pha­lite);
  2. la toxo­ca­rose com­mune, sou­vent peu symp­to­ma­tique révé­lée alors par une hyper­éo­si­no­phi­lie san­guine avec une symp­to­ma­to­lo­gie dis­crète faite d’as­thé­nie, de pru­rit, de dou­leurs de l’hy­po­condre droit
    La forme de « toxo­ca­rose cachée  » doit être faci­le­ment évo­quée sur des dou­leurs abdo­mi­nales avec maux de tête et toux et en par­ti­cu­lier lors du diag­nos­tic dif­fé­ren­tiel de cer­tains symp­tômes (dou­leurs abdo­mi­nales chro­niques, gros foie, ano­rexie, nau­sées, troubles du com­por­te­ment ou du som­meil, toux, sibi­lances ou sif­fle­ments expi­ra­toires, pha­ryn­gites, adé­no­pa­thies cer­vi­cales, cépha­lées, fièvre inex­pli­quée) même lorsque l’hy­per­éo­si­no­phi­lie est absente.
    Les cas de toxo­ca­rose sans aucun signe cli­nique sont très fréquents.
  3. la toxo­ca­rose ocu­laire due à une seule larve, révé­lée par une baisse de l’a­cui­té visuelle. La séro­lo­gie est néga­tive, il faut recher­cher les anti­corps spé­ci­fiques dans les pré­lè­ve­ments ocu­laires (humeur aqueuse, vitré). http://www.snof.org/maladies/toxocarose.html

CLi­ni­que­ment

  • Rien.… la toxo­ca­rose peut être cli­ni­que­ment muette
  • Asthé­nie chronique
  • Amai­gris­se­ment
  • Fièvre modé­rée +/- récurente
  • Erup­tion pru­ri­gi­neuse (eczé­ma, urticaire)
  • Dou­leurs abdo­mi­nales aty­piques volon­tiers domi­nant dans l’hy­po­condre droit
  • Troubles du som­meil voire du comportement
  • Toux avec sibilants
  • Hépa­to-splé­no­mé­ga­lie possible
  • Adé­no­pa­thie, ery­thème noueux
  • Baisse bru­tale d’a­cui­té visuelle L’at­teinte, le plus sou­vent uni­la­té­rale, se tra­duit par une baisse bru­tale d’a­cui­té visuelle, dis­tor­sion des images, sco­tome etc. [Lien] (SNOF)

BIOLOGIE

  • Hyper­éo­si­no­phi­lie san­guine avec élé­va­tion des IgE totale ( Elle peut manquer)
  • Séro­dia­gno­tic : ELISA (spé­ci­fi­ci­té impar­faite, réac­tions croi­sées avec d’autres para­si­toses) et Western-Blot.
  • La para­si­to­lo­gie des selles éli­minent d’autres para­si­toses (larves d’an­guillules, d’œufs d’as­ca­ris ou d’ankylostomes

IMAGERIE

Echo­gra­phie abdo­mi­nale : zones hypo­écho­génes au niveau du foie, à contours flous.(inconstant)

TRAITEMENT

Le trai­te­ment cura­tif repose sur l’u­ti­li­sa­tion d’an­ti­hel­min­thiques et selon les formes cli­niques de corticoïdes :

  • - alben­da­zole (ZENTEL ®, ESKAZOLE ®) 10 mg/kg/j x 5 jours
  • - die­thy­car­ba­ma­zine [DEC] (NOTEZINE ®) 4 à 6 mg/j x 21 jours en admi­nis­tra­tion progressive

En cas de toxo­ca­rose sans atteinte ocu­laire ou neu­ro­lo­gique : alben­da­zole. Si toxo­ca­rose ocu­laire ou neu­ro­lo­gique : pred­ni­so­lone 1,5 mg/kg/j pen­dant 4 à 6 semaines avant tout trai­te­ment anti­pa­ra­si­taire. En effet, le trai­te­ment para­si­taire aggrave les lésions du fait de la lyse des para­sites. Un exa­men oph­tal­mo­lo­gique sys­té­ma­tique est donc néces­saire avant tout trai­te­ment d’une toxo­ca­rose (les lésions oph­tal­mo­lo­giques peuvent être infracliniques).

NB : les cor­ti­coïdes inhibent l’ef­fi­ca­ci­té de la DEC.

Pour en savoir plus
Méde­cine tropicale
snof.org (forme oculaire)

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