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Mononucléose infectieuse : description, causes, symptômes et traitements

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La mono­nu­cléose infec­tieuse (MNI) est une mala­die prin­ci­pa­le­ment due au virus d’Epstein-Barr. Tou­te­fois, il est pos­sible qu’elle sur­vienne dans cer­tains cas en rai­son d’un autre virus appe­lé Toxo­plas­ma gon­dii. Cette infec­tion bénigne se trans­met le plus sou­vent par la salive, bien que ce ne soit pas tou­jours le cas. C’est la rai­son pour laquelle elle est éga­le­ment appe­lée « The kis­sing disease » ou « mala­die du bai­ser ». Autre­ment dit, elle n’affecte que les per­sonnes âgées de 15 à 35 ans. Quelles sont les mani­fes­ta­tions de la mono­nu­cléose infec­tieuse ? Com­ment se trans­met-elle ? Com­ment la pré­ve­nir et la guérir ?

Mononucléose infectieuse : description

La mono­nu­cléose est une infec­tion aiguë due à un virus. Selon plu­sieurs inves­ti­ga­tions, elle appa­raît le plus chez les ado­les­cents, essen­tiel­le­ment chez les amou­reux à la suite d’un échange de salive. C’est pour­quoi on lui attri­bue les noms « mala­die des amou­reux » ou « mala­die du baiser ».

Pour­quoi parle-t-on alors de mono­nu­cléose ? En réa­li­té, cela explique com­ment l’organisme réagit face à l’infection pro­vo­quée par le virus d’Epstein Barr (EVB). Cet agent infec­tieux res­pon­sable active en effet la pro­duc­tion de glo­bules blancs, pré­ci­sé­ment des cel­lules mono­nu­cléées ou mono­cytes dans le sang. Elles ne pos­sèdent qu’un seul noyau et sont géné­ra­le­ment pré­sentes en nombre réduit.

Mononucléose infectieuse : prévalence et incidence

Le virus Epstein-Barr est très répan­du dans le monde. En effet, selon quelques esti­ma­tions, envi­ron 95 % des per­sonnes âgées de 35 à 40 ans en sont infec­tées. En ce qui concerne la mono­nu­cléose infec­tieuse, elle peut tou­cher n’importe quelle per­sonne, quel que soit son âge. Cepen­dant, la majo­ri­té des cas sont obser­vés chez les jeunes adultes et les adolescents.

Les enfants deviennent sen­sibles à cette infec­tion dès que les anti­corps mater­nels dis­pa­raissent. De nom­breux spé­cia­listes ont par la suite admis que la mono­nu­cléose infec­tieuse est une patho­lo­gie des jeunes. Tou­te­fois, il est vrai que dans les pays en déve­lop­pe­ment, un pour­cen­tage éle­vé de la popu­la­tion est infec­té avant l’adolescence. Par contre, dans les régions où les niveaux d’hygiène sont éle­vés, ain­si que dans les pays déve­lop­pés, l’infection est retar­dée. Ain­si, les pré­va­lences les plus éle­vées sont enre­gis­trées dans la popu­la­tion des jeunes adultes et ado­les­cents.

Par ailleurs, la mono­nu­cléose peut éga­le­ment sur­ve­nir plus d’une fois, mais ces épi­sodes sont très rare­ment dus à une résur­gence de l’activité virale. La réac­ti­va­tion de la mala­die n’a été signa­lée que chez des patients qui ont reçu une greffe. Quant à celle symp­to­ma­tique, elle n’a jamais été détec­tée chez des per­sonnes en bonne santé.

Mononucléose infectieuse : causes et facteurs de risque

L’agent res­pon­sable de la mono­nu­cléose infec­tieuse dans la plu­part des cas n’est nul autre que le virus d’Epstein-Barr.

Histoire et présentation de l’EBV

Ce virus a été décou­vert il y a plus de 40 ans par micro­sco­pie élec­tro­nique dans des cultures de cel­lules. Ces der­nières pro­viennent de tis­sus affec­tés par le lym­phome de Bur­kitt, un lym­phome non hodg­ki­nien (LNH). Par la suite, les spé­cia­listes ont détec­té l’ADN de cet agent dans les tis­sus de patients atteints de car­ci­nome du naso­pha­rynx.

Il a éga­le­ment été asso­cié à la leu­co­pla­sie orale poi­lue chez les vic­times atteintes du SIDA. Après les résul­tats de quelques récentes études, ce virus a été pro­po­sé comme l’agent res­pon­sable du syn­drome de fatigue chro­nique. En outre, le virus d’Epstein-Barr est étroi­te­ment lié aux autres virus pré­sents chez les chim­pan­zés, les singes rhé­sus et les pri­mates en général.

Il appar­tient à la famille des Her­pes­vi­ri­dae ou Her­pès­vi­rus et est com­po­sé d’ADN double brin. De plus, son génome code envi­ron 80 pro­téines. La double hélice de cet ADN est entou­rée d’une cap­side (assem­blage pro­téique) à symé­trie ico­sa­édrique com­po­sée de 164 cap­so­mères. Sa par­tie la plus externe com­porte une enve­loppe glycoprotéique.

D’autre part, l’EBV est dit à tro­pisme pour les lym­pho­cytes B, les cel­lules épi­thé­liales cer­vi­cales uté­rines, cana­laires paro­tides et celles orales. Autre­ment dit, il a plus ten­dance à infec­ter ces cel­lules en ques­tion. L’une de ses prin­ci­pales carac­té­ris­tiques est aus­si sa capa­ci­té à pro­vo­quer une infec­tion latente et très per­sis­tante.

Infection par l’EBV

La réponse de l’hôte au virus d’Epstein-Barr est étroi­te­ment liée à l’intégrité de son sta­tut immu­ni­taire. Il a d’ailleurs été mon­tré que l’infection sur­vient de pré­fé­rence chez les per­sonnes immu­no­dé­pri­mées. En d’autres termes une pro­li­fé­ra­tion à grande échelle de lym­pho­cytes B infec­tés est possible.

Chez les humains, l’infection peut éga­le­ment se pro­duire, prin­ci­pa­le­ment par contact avec les sécré­tions orales, notam­ment la salive. Elle néces­site alors un contact direct et intime de per­sonne à per­sonne. Néan­moins, la MNI n’est pas consi­dé­rée comme une mala­die par­ti­cu­liè­re­ment contagieuse.

Chez les jeunes adultes et les ado­les­cents, l’infection se fait par la salive, en embras­sant une per­sonne infec­tée. Au contraire, chez les enfants, en par­ti­cu­lier ceux qui fré­quentent les crèches, elle sur­vient en rai­son du contact étroit entre eux. Cela arrive évi­dem­ment au cours de leurs dif­fé­rentes acti­vi­tés de rou­tine. L’infection peut éga­le­ment se pro­duire par échange d’objets infec­tés notam­ment les jeux que les enfants ont géné­ra­le­ment l’habitude de mettre dans leur bouche.

L’homme est le seul réser­voir natu­rel de ce virus. Du fait de la fra­gi­li­té de son enve­loppe, ce der­nier ne peut sur­vivre long­temps dans l’environnement. Par consé­quent, sa trans­mis­sion néces­site une expo­si­tion à un virus frais pré­sent dans les fluides cor­po­rels. Il s’agit notamment :

  • Des sécré­tions orales,
  • Des sécré­tions génitales,
  • Du sang (trans­fu­sions ou greffes d’organes),

De nom­breux cher­cheurs estiment que le virus EBV sur­vit sur un objet, tant qu’il reste humide.

Mécanisme de transmission

Comme déjà évo­qué, le virus peut être trans­mis par salive. Il atteint alors les cel­lules épi­thé­liales de l’oropharynx (par­tie du pha­rynx). Ensuite, un pro­ces­sus de répli­ca­tion a lieu, avec la pro­duc­tion de virions (forme du virus à l’extérieur) ain­si que la lyse cel­lu­laire. Les lym­pho­cytes B sont en fait infec­tés par contact avec ces cel­lules épithéliales.

Par la suite, la pro­pa­ga­tion du virus à tra­vers le sys­tème lym­pho­ré­ti­cu­laire se pro­duit. Les lym­pho­cytes B infec­tés fabriquent des anti­corps spé­ci­fiques contre la pro­téine gp350, qui fait par­tie de l’enveloppe du virus. Elle lui per­met de se lier au récep­teur des anti­corps CD21. Dans la phase aiguë de la mala­die, une hyper­tro­phie des gan­glions lym­pha­tiques et de la rate se pro­duit alors.

Pen­dant la phase ini­tiale, le contrôle de l’infection est assu­ré par les lym­pho­cytes NKT (Natu­ral Killer T‑cells) et cer­tains lym­pho­cytes T cyto­toxiques non spé­ci­fiques. Dans la phase ulté­rieure en revanche, quelques cel­lules cyto­toxiques spé­ci­fiques sont for­mées. Elles ont pour but de recon­naître les anti­gènes nucléaires du virus d’Epstein-Barr, ain­si que d’autres pro­téines membranaires.

Ces cel­lules cyto­toxiques sont géné­ra­le­ment res­pon­sables de la des­truc­tion de celles infec­tées. Si l’immunité médiée par les lym­pho­cytes T est com­pro­mise, une pro­li­fé­ra­tion des lym­pho­cytes B peut se pro­duire. Cela conduit à la pro­gres­sion de la mono­nu­cléose infec­tieuse au lym­phome. Tou­te­fois, ce type d’évolution est extrê­me­ment rare.

Mononucléose infectieuse : symptômes et complications

La période d’incubation de l’infection est assez longue et varie de 30 à 50 jours (soit envi­ron quatre à six semaines) chez l’adulte et l’adolescent. Ce délai avant la pré­sen­ta­tion des symp­tômes est géné­ra­le­ment plus court chez les enfants, approxi­ma­ti­ve­ment 10 à 15 jours. Ceux-ci déve­loppent une mono­nu­cléose sous une forme presque asymp­to­ma­tique ; c’est-à-dire sans signes ou par­fois appa­rents, mais légers.

Symptômes de l’infection

Les symp­tômes pré­do­mi­nants de l’infection sont :

  • Une asthé­nie (fai­blesse et sen­sa­tion d’épuisement),
  • Une forte fièvre (jusqu’à 39–40 °C, avec trans­pi­ra­tion pen­dant la nuit),
  • Un gon­fle­ment des gan­glions lym­pha­tiques ou adé­no­pa­thie (en par­ti­cu­lier ceux du cou, des ais­selles et du bas-ventre ; ils sont douloureux),
  • Une pha­ryn­gite (elle a ten­dance à s’intensifier en une semaine).

Les mani­fes­ta­tions cli­niques de la mono­nu­cléose ont ten­dance à dis­pa­raître com­plè­te­ment en quelques semaines. Il est donc pos­sible, après un court laps de temps, de reprendre les acti­vi­tés quo­ti­diennes nor­males. Le seul symp­tôme pou­vant per­sis­ter pen­dant plu­sieurs mois est la sen­sa­tion de fatigue géné­ra­li­sée.

Autres symptômes

Les autres symp­tômes et signes qui peuvent éga­le­ment appa­raître sont les maux de tête, les dou­leurs abdo­mi­nales, les nau­sées et vomis­se­ments. Une érup­tion cuta­née et jau­nisse (ictère) sont aus­si sus­cep­tibles d’apparaître. Lorsque la mono­nu­cléose infec­tieuse appa­raît à l’âge adulte, elle pré­sente ses propres carac­té­ris­tiques, dont la fièvre (symp­tôme le plus cou­rant). Les adé­no­pa­thies et les pha­ryn­gites n’apparaissent que dans 50 % des cas. L’ictère appa­raît plus fré­quem­ment chez les patients adultes.

En ce qui concerne le début du pro­ces­sus, il peut com­men­cer brus­que­ment, bien que des fris­sons et un malaise géné­ra­li­sé soient les pre­miers symp­tômes. Pen­dant la période pro­dro­mique (avec les signes avant-cou­reurs), la fièvre s’aggrave géné­ra­le­ment pen­dant les 2 à 3 semaines qui suivent. Au cours de cette période, l’infection peut être très conta­gieuse. En géné­ral, la capa­ci­té de trans­mis­sion de la mala­die est pré­sente jusqu’à 18 mois après que le patient a subi la pri­mo-infec­tion. Il convient de noter qu’il est éga­le­ment pos­sible que le patient excrète le virus par inter­mit­tence tout au long de sa vie.

Complications

La mono­nu­cléose infec­tieuse (MNI) est une mala­die bénigne qui peut spon­ta­né­ment se gué­rir dans la plu­part des cas. Cepen­dant, cette patho­lo­gie n’est pas exempte de com­pli­ca­tions, bien qu’heureusement celles-ci soient assez rares et dis­pa­raissent géné­ra­le­ment. Il s’agit prin­ci­pa­le­ment de :

  • L’épi­glot­tite bac­té­rienne sévère,
  • L’anémie hémo­ly­tique,
  • La throm­bo­cy­to­pé­nie,
  • La rup­ture splénique,
  • Les ano­ma­lies neu­ro­lo­giques (encé­pha­lite, syn­drome de Guillain-Bar­ré, ménin­gite virale, la para­ly­sie de Bell),
  • L’hépa­tite légère,
  • La micro­hé­ma­tu­rie,
  • La pro­téi­nu­rie,
  • La sclé­rose en plaques.
  • Les ano­ma­lies car­diaques.

Dans des cas extrê­me­ment rares, la mono­nu­cléose infec­tieuse peut entraî­ner le décès de la per­sonne atteinte. Cette com­pli­ca­tion serait étroi­te­ment liée à la rup­ture de la rate, à une atteinte neu­ro­lo­gique ou à l’obstruction des voies res­pi­ra­toires supérieures.

Mononucléose infectieuse : diagnostic

Les spé­cia­listes peuvent sus­pec­ter une mono­nu­cléose après exa­men, obser­va­tion et his­to­rique des symp­tômes. Lors de la visite, ils véri­fient géné­ra­le­ment si les amyg­dales, le foie, les gan­glions lym­pha­tiques et la rate sont gon­flés. Ils doivent ensuite faire le lien éven­tuel avec les symp­tômes décrits par le patient.

La symp­to­ma­to­lo­gie de la MNI peut éga­le­ment être asso­ciée à d’autres mala­dies infec­tieuses aux virus de la même espèce que l’EBV. Par consé­quent, il est pos­sible d’établir un diag­nos­tic pré­cis qu’en consta­tant la pré­sence de lym­pho­cytes carac­té­ris­tiques dans le sang. Aus­si fau­drait-il pro­cé­der à des tests de recherche d’anticorps hété­ro­philes cir­cu­lants ou diri­gés contre des pro­téines spé­ci­fiques d’EBV.

Tests sanguins

Les ana­lyses de sang peuvent aider à déter­mi­ner si une per­sonne est sen­sible à l’infection par l’EBV. Elles sont aus­si capables de révé­ler si elle en a été infec­tée récem­ment ou dans le pas­sé. En pré­sence de mono­nu­cléose, le nombre de glo­bules blancs est rela­ti­ve­ment éle­vé. L’analyse micro­sco­pique du frot­tis san­guin montre la pré­sence de cel­lules mono­nu­cléaires caractéristiques.

Recherche d’anticorps EBV

Le spé­cia­liste peut pro­cé­der à la recherche de plu­sieurs anti­gènes asso­ciés au virus d’Epstein-Barr.

Antigène de capside ou Viral Capside Antigen (VCA)

Les anti­corps IgM anti-VCA appa­raissent tôt et dis­pa­raissent géné­ra­le­ment en 4 à 6 semaines.

L’IgG anti-VCA appa­raît dans la phase aiguë de l’infection, culmine 2 à 4 semaines après le début. Il dimi­nue légè­re­ment puis per­siste tout au long de la vie.

Antigène précoce ou Early Antigen (EA)

Les IgG anti-EA appa­raissent géné­ra­le­ment dans la phase aiguë de la mala­die et deviennent indé­tec­tables après 3 à 6 mois. Chez de nom­breuses per­sonnes, leur pré­sence est un signe d’infection active. Or, 20 % des per­sonnes saines peuvent avoir des anti­corps anti-EA pen­dant des années.

Antigène nucléaire ou Epstein-Barr Nuclear Antigen (EBNA)

Les anti­corps diri­gés contre l’antigène EBNA ne sont pas détec­tables dans la phase aiguë de l’infection. Cepen­dant, ils se déve­loppent pro­gres­si­ve­ment 2 à 4 mois après le début des symp­tômes et res­tent dans l’organisme à vie. De plus, d’autres dosages immu­no­lo­giques enzy­ma­tiques de l’EBNA peuvent don­ner de faux résul­tats positifs.

Monotest

Les anti­corps détec­tés grâce à ce test peuvent être pro­duits en réponse à des mala­dies autres que la mono­nu­cléose. En plus, il a été démon­tré qu’il donne à la fois des résul­tats faux posi­tifs et faux néga­tifs. Par exemple, les anti­corps hété­ro­philes détec­tés avec le mono­test ne sont sou­vent pas détec­tés chez les enfants atteints de mono­nu­cléose. Autre­ment dit, ce test peut indi­quer qu’une per­sonne a contrac­té une mono­nu­cléose infec­tieuse, mais ne confirme pas la pré­sence d’EBV.

Interprétation des résultats

L’inter­pré­ta­tion des résul­tats des dosages d’anticorps EBV néces­site une bonne connais­sance des tests cli­niques et des don­nées du patient. Voi­ci quelques diag­nos­tics possibles.

Sensibilité à l’infection

Les cher­cheurs sup­posent qu’un patient est sen­sible à l’infection par l’EBV s’il n’a pas d’anticorps anti-VCA.

Infection primaire (récente ou nouvelle)

Une per­sonne est atteinte d’une infec­tion pri­maire à EBV si elle a des IgM anti-VCA, mais pas d’anticorps anti-EBNA. D’autres résul­tats for­te­ment évo­ca­teurs d’une pri­mo-infec­tion sont des taux éle­vés ou crois­sants d’IgG anti-VCA sans anti­corps anti-EBNA après au moins 4 semaines. En fait, la mala­die peut dis­pa­raître avant l’apparition des taux d’anticorps. Rare­ment, une per­sonne atteinte d’une infec­tion active par l’EBV peut man­quer d’avoir des taux mesu­rables d’anticorps spé­ci­fiques à l’EBV.

Infection antérieure

La pré­sence simul­ta­née d’anticorps anti-VCA et anti-EBNA révèle une infec­tion anté­rieure ; c’est-à-dire contrac­tée plu­sieurs mois ou années plus tôt. Étant don­né qu’environ 95 % des adultes sont infec­tés par l’EBV, les anti­corps anti-EBV dus à des infec­tions anté­rieures seront détec­tables chez la plu­part des per­sonnes. Des taux d’anticorps éle­vés sont pré­sents pen­dant des années et peuvent ne pas consti­tuer un diag­nos­tic d’infection récente.

Diagnostic différentiel

La mono­nu­cléose infec­tieuse peut s’apparenter à plu­sieurs autres infec­tions. On peut alors envi­sa­ger un diag­nos­tic dif­fé­ren­tiel. Celui-ci doit être éta­bli vis-à-vis d’autres agents capables de géné­rer une mono­nu­cléose. Dans ce cas, les tests de détec­tion de l’infection par le virus d’Epstein-Barr sont néga­tifs. Ain­si, il fau­dra poser le diag­nos­tic dif­fé­ren­tiel sur la base des infec­tions ou patho­lo­gies ci-après :

  • Toxo­plas­mose,
  • Diph­té­rie,
  • Rubéole, 
  • Néo­plasmes,
  • Hépa­tite A,
  • Virus de l’immunodéficience humaine.

Pro­cé­der à une éli­mi­na­tion va per­mettre de se concen­trer sur la mono­nu­cléose de l’EBV.

Mononucléose infectieuse : options de traitement

Il n’existe actuel­le­ment aucun trai­te­ment médi­ca­men­teux spé­ci­fique et effi­cace contre les mala­dies virales. Celui de la mono­nu­cléose infec­tieuse est donc symp­to­ma­tique, basé sur l’utilisation de médi­ca­ments qui sou­lagent l’inconfort de la maladie.

Les antalgiques et les antipyrétiques

Ce sont les médi­ca­ments de choix lorsqu’il s’agit de trai­ter les prin­ci­paux symp­tômes de la mono­nu­cléose à savoir : dou­leur ou fièvre. Par­mi les antal­giques et anti­py­ré­tiques, les plus uti­li­sés figurent les anti-inflam­ma­toires non sté­roï­diens (AINS) et le para­cé­ta­mol. Les cher­cheurs décon­seillent l’administration de l’aspi­rine (acide acé­tyl­sa­li­cy­lique), car ce médi­ca­ment peut aug­men­ter le risque de déve­lop­per un syn­drome de Reye. C’est aus­si une mala­die d’origine virale.

Les antiseptiques, anti-inflammatoires et anesthésiques

Ces médi­ca­ments dis­po­nibles pour une uti­li­sa­tion topique sont effi­caces pour sou­la­ger l’inconfort dans l’oropharynx. Par exemple, on peut citer les cor­ti­coïdes qui rac­cour­cissent la durée de la fièvre, des symp­tômes dans la région de l’oropharynx et de la lym­pha­dé­no­pa­thie. Il est décon­seillé de les uti­li­ser sur des formes légères de l’infection. Leur uti­li­té se concentre sur les cas où les symp­tômes comme l’obs­truc­tion des voies res­pi­ra­toires, l’anémie hémo­ly­tique aiguë, l’atteinte car­diaque grave ou la mala­die neu­ro­lo­gique apparaissent.

Les antibiotiques

L’utilisation d’antibiotiques est limi­tée aux cas où il existe une infec­tion bac­té­rienne pré­ci­sé­ment diag­nos­ti­quée. En ce sens, la pha­ryn­go-amyg­da­lite exsu­da­tive qui accom­pagne la mono­nu­cléose infec­tieuse conduit fré­quem­ment à une sur­in­fec­tion bac­té­rienne. Le strep­to­coque bêta hémo­ly­tique du groupe A est impli­qué dans ladite sur­in­fec­tion dans quelques cas.

Un trai­te­ment par péni­cil­line ou éry­thro­my­cine pen­dant dix jours peut donc être néces­saire pour pré­ve­nir les séquelles dues à cet agent patho­gène. Cepen­dant, il convient de rap­pe­ler que l’utilisation de la péni­cil­line dans une mono­nu­cléose avec amyg­da­lite strep­to­coc­cique aiguë peut pro­vo­quer une érup­tion cuta­née.

Les antiviraux

En ce qui concerne le trai­te­ment anti­vi­ral, les experts ont expé­ri­men­té les médi­ca­ments tels que le gan­ci­clo­vir, l’acyclovir, la zido­vu­dine ou le fos­car­net. Le plus étu­dié est l’acyclovir, et selon les don­nées dis­po­nibles, son uti­li­sa­tion est décon­seillée dans le trai­te­ment de la mono­nu­cléose infec­tieuse. Il est tou­te­fois vrai qu’il réduit la pré­sence du virus dans l’oropharynx.

Les autres options de traitement

Le trai­te­ment doit inclure des mesures non médi­ca­men­teuses, notam­ment un apport hydrique abon­dant et un repos rela­tif pour réduire le risque de rup­ture splé­nique. Le repos est sou­vent sous-esti­mé, bien qu’il soit un élé­ment essen­tiel du pro­ces­sus de gué­ri­son de la mono­nu­cléose lors de l’apparition des pre­miers symp­tômes. Le patient peut ensuite reprendre pro­gres­si­ve­ment ses acti­vi­tés quo­ti­diennes dès les pre­miers signes de récu­pé­ra­tion. Cela per­met aus­si de réduire le risque de fatigue et d’épuisement pen­dant les mois à venir.

Par exemple, il fau­dra évi­ter les sports de contact ou les acti­vi­tés qui exposent au risque de chute. Un gon­fle­ment de la rate peut sur­ve­nir ce qui expose davan­tage à la rup­ture de l’organe. En outre, pour évi­ter la pro­pa­ga­tion de l’infection, il fau­dra obser­ver des règles d’hygiène simples :

  • Évi­ter les échanges de fluides cor­po­rels,
  • Ne pas uti­li­ser les mêmes cou­verts ou assiettes.

Il faut rigou­reu­se­ment suivre cela pen­dant plu­sieurs jours et même aus­si long­temps qu’il le faut, car le virus peut se réac­ti­ver à n’importe quel moment.

Mononucléose infectieuse : recommandations pour la prévention

En termes de pré­ven­tion, les mesures à prendre concernent essen­tiel­le­ment l’adoption d’une bonne hygiène. Par exemple, avant toute acti­vi­té, il est impor­tant de se laver fré­quem­ment les mains (man­ger, tou­cher un objet, etc.). De plus, il fau­drait évi­ter tout contact avec des réci­pients ou des usten­siles (verres, four­chettes ou cou­teaux). Cette pré­cau­tion est impor­tante sur­tout si ce sont des per­sonnes infec­tées qui les ont utilisés.

Il est éga­le­ment recom­man­dé de main­te­nir une dis­tance pré­ven­tive avec les per­sonnes qui pré­sentent un épi­sode d’amygdalite pha­ryn­gée. Enfin, des vac­cins pour pré­ve­nir l’infection par le virus d’Epstein-Barr sont en cours d’études et d’approbation. Néan­moins, jusque-là, aucun n’est approu­vé. On peut donc dire qu’il n’y a pas encore de vac­cin effi­cace pour pré­ve­nir la mono­nu­cléose infectieuse.

 

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