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Maladie de Lyme : causes, signes, traitements

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La mala­die de Lyme est une affec­tion zoo­no­tique dont la pré­va­lence moyenne est de 14 % dans le monde. Elle fait suite à une infes­ta­tion de l’organisme par la bor­re­lia et se trans­met à l’homme par la tique. Géné­ra­le­ment, elle évo­lue sur trois phases et n’a aucun impact sur le pro­nos­tic vital. Il faut noter que le tableau cli­nique de la mala­die de Lyme est très dense.

D’ordinaire, il regroupe des signes extrê­me­ment variés rap­pe­lant divers troubles. Cela rend le diag­nos­tic de la mala­die de Lyme dif­fi­cile et expose le patient à de sévères com­pli­ca­tions. La prise en charge de la mala­die est symp­to­ma­tique et repose dans la plu­part des cas sur une médi­ca­tion.

Maladie de Lyme : Présentation

La mala­die de Lyme éga­le­ment appe­lée « bor­ré­liose de Lyme » désigne une infec­tion vec­to­rielle et non conta­gieuse qui affecte l’homme. Elle touche non pré­fé­ren­tiel­le­ment les per­sonnes de tout âge et pré­sente dans la majo­ri­té des cas une issue favo­rable. Au début, en géné­ral, elle n’entraîne aucun symp­tôme cli­nique. Cepen­dant, dans les phases avan­cées de la mala­die, elle peut être à l’origine d’une mul­ti­tude de mani­fes­ta­tions. Ces der­nières peuvent évo­luer vers des mala­dies plus graves en l’absence d’un trai­te­ment. Il est alors impé­ra­tif que le diag­nos­tic de la mala­die de Lyme se fasse le plus tôt possible.

Maladie de Lyme : causes

L’exposition à cer­taines espèces de bor­re­lia consti­tue la cause majeure de sur­ve­nue de la mala­die de Lyme. Voir ci-des­sous de plus amples infor­ma­tions sur les bor­re­lias et par­ti­cu­liè­re­ment les espèces res­pon­sables de la mala­die de Lyme.

Borrelia : caractéristiques générales

Les bor­re­lias sont des bac­té­ries appar­te­nant à la famille des agents spi­ro­chètes (spi­ro­chae­ta­ceae). Elles regroupent une cen­taine d’espèces de bac­té­ries de forme spi­rale ayant un Gram néga­tif. À l’opposé de plu­sieurs bac­té­ries, les bor­re­lias se meuvent à l’aide d’endo­fla­gelles. Elles se pro­pagent alors très rapi­de­ment d’un organe à l’autre dans l’organisme.

Par ailleurs, on retrouve sur leur mem­brane externe des pro­téines anor­males telles que les pro­téines OSP. Répu­tées pour être par­ti­cu­liè­re­ment viru­lentes, ces pro­téines exa­cerbent la capa­ci­té infec­tieuse des bor­re­lias. Elles les rendent éga­le­ment moins vul­né­rables face aux méca­nismes de défense de l’organisme.

Borrelia : espèces responsables de la maladie de Lyme

Seule­ment quelques espèces de Bor­re­lia sont à même de cau­ser la mala­die de Lyme. Il s’agit, principalement :

  • De la Bor­re­lia Afzelii ;
  • De la Bor­re­lia Garinii ;
  • De la Bor­re­lia Mayonii ;
  • De la bor­re­lia Burgdoferi.

En France, on retrouve l’ensemble de ces espèces de Bor­re­lia. Cepen­dant, dans cer­tains pays comme les États-Unis, on ne retrouve que les espèces Burg­dor­fe­ri et Mayo­nii. Les espèces de Bor­re­lia res­pon­sables de la mala­die de Lyme pré­sentent les mêmes pro­prié­tés que les autres spi­ro­chètes. Cepen­dant, elles ne sont pas trans­mises de la même façon.

Maladie de Lyme : vecteur et mode de transmission

Des don­nées affé­rentes au vec­teur et au mode de trans­mis­sion de la mala­die de Lyme sont dis­po­nibles ci-dessous.

Maladie de Lyme : vecteur de transmission

L’exposition à une mor­sure de tique est le prin­ci­pal vec­teur de trans­mis­sion de la mala­die de Lyme à l’homme. En effet, les Bor­re­lia res­pon­sables de la mala­die de Lyme sont presque exclu­si­ve­ment véhi­cu­lées par les tiques de type ixodes. Com­mu­né­ment appe­lées « tiques des cer­vi­dés », les tiques ixodes cor­res­pondent à des para­sites aca­riens. Ils vivent dans les régions tem­pé­rées et prin­ci­pa­le­ment dans les régions boi­sées et humides, comme :

  • les jar­dins ;
  • les forêts ;
  • les parcs urbains et forestiers ;
  • les herbes ;
  • les prai­ries ;
  • les brous­sailles.

Quelques fois, on les retrouve éga­le­ment à l’intérieur des tapis de végé­taux morts ou de bois humides. Les tiques ixodes pro­li­fèrent prin­ci­pa­le­ment à une alti­tude infé­rieure à 1500 m et durant l’été où les cas de conta­mi­na­tions sont impor­tants. En France, ils sont pré­sents sur toute l’éten­due du ter­ri­toire.

Maladie de Lyme : mode de transmission

La trans­mis­sion de la mala­die de Lyme à l’homme par la tique se fait sui­vant trois étapes. Il s’agit dans l’ordre :

  • de l’infection de la tique ;
  • de la régur­gi­ta­tion de la bor­re­lia dans le sang de l’hôte ;
  • du pas­sage de la bor­re­lia dans les tissus.

Voir dans les sec­tions sui­vantes la des­crip­tion de cha­cune des étapes du cycle de trans­mis­sion de la bor­re­lia à l’homme.

Infection de la tique

L’infec­tion de la tique marque le début du cycle de trans­mis­sion de la mala­die de Lyme à l’homme. C’est une étape impor­tante, car elle per­met aux tiques d’acquérir la capa­ci­té d’infecter leur hôte. En effet, durant leur vie, les tiques des cer­vi­dés se fixent aux poils de cer­tains ani­maux. Par exemple, les chiens, les lapins et les chats consti­tuent des vec­teurs majeurs de la borrelia.

Les tiques se sus­tentent géné­ra­le­ment du sang de ces ani­maux pour leur sur­vie. Le long de ce pro­ces­sus, lorsque les ani­maux sont infec­tés, elles peuvent éga­le­ment faire l’objet d’une infec­tion. Elles sont alors conta­mi­nées et deviennent à leur tour des vec­teurs de la bor­re­lia. À par­tir de ce moment et durant le reste de leur vie, elles peuvent trans­mettre la mala­die de Lyme à l’homme.

Régurgitation de la borrelia dans le sang de l’hôte

La tique infec­tée peut régur­gi­ter la bor­re­lia dans le sang de son hôte en cas de mor­sures. En effet, lorsqu’elle pique l’homme afin de se nour­rir de son sang, la tique infec­tée peut l’infecter rien qu’en régur­gi­tant. La bor­re­lia entre alors dans l’organisme de l’homme et le pré­dis­pose à faire la mala­die de Lyme.

Passage de la borrelia dans les tissus

Le cycle de trans­mis­sion de la mala­die n’est clos que lorsque la bor­re­lia passe dans les tis­sus. Cela implique qu’une per­sonne piquée par une tique infec­tée peut ne pas faire la mala­die de Lyme. Les prin­ci­paux tis­sus qu’il faut que la bor­re­lia atteigne sont les tis­sus ner­veux et arti­cu­laires. IL faut sou­li­gner que la mala­die de Lyme se déclenche rare­ment dans les cas où ces tis­sus ne sont pas infectés.

Maladie de Lyme : phases d’évolution

Mala­die de Lyme

La mala­die de Lyme évo­lue en trois phases, à savoir :

  • La phase primaire ;
  • La phase secondaire ;
  • La phase tertiaire.

Les symp­tômes de la mala­die de Lyme varient d’une phase à une autre. Pour en savoir plus à leur pro­pos, consul­ter les sec­tions suivantes.

Phase primaire

La phase pri­maire de la bor­ré­liose de Lyme est la moins grave de toutes. Elle com­mence géné­ra­le­ment entre trois et trente jours après la piqûre par une tique infec­tée. Dans près de 80 % des cas, elle entraîne la for­ma­tion d’un éry­thème chro­nique migrant. Il s’agit d’une plaque rouge inflam­ma­toire sem­blable à une conges­tion cuta­née qui dis­pa­raît en cas de vitro­pres­sion. En géné­ral, elle dis­pose d’un dia­mètre de moins de 30 %.

Dans 70 % envi­ron des cas de mala­die de Lyme, l’érythème appa­raît sur le site de mor­sure. Elle s’étend en pre­nant l’apparence d’une cible. En revanche, dans envi­ron 30 % des cas, il appa­raît sur les membres infé­rieurs. Dans ce cas, le point de la mor­sure ne pré­sente aucune lésion appa­rente. La malade ne fait donc géné­ra­le­ment pas le lien entre la piqûre de tique et l’érythème.

Outre l’érythème, à la phase pri­maire, il peut appa­raître d’autres symp­tômes. Il s’agit notam­ment de la fatigue, des maux de tête, des fris­sons, de la fièvre, des dou­leurs arti­cu­laires et mus­cu­laires. Par­fois, le patient peut éga­le­ment pré­sen­ter des gan­glions lym­pha­tiques gon­flés.

L’érythème et les symp­tômes décrits peuvent s’estomper même en l’absence d’un trai­te­ment. Cela ne veut, cepen­dant, pas dire que le malade est gué­ri. En géné­ral, une période de latence est amor­cée. La mala­die conti­nue donc d’évoluer et la bor­re­lia va dif­fu­ser et entraî­ner l’activation des défenses de l’organisme.

Par ailleurs, dans cer­tains cas rares, la phase pri­maire peut être asymp­to­ma­tique. Le patient ne pré­sente alors presque aucun symp­tôme cli­nique. Dans ces cir­cons­tances aus­si, une période de latence est amor­cée. La mala­die évo­lue de façon insi­dieuse et les pre­miers signes n’apparaissent qu’à la phase secon­daire. Le patient se sou­vient à peine qu’il a fait l’objet d’une piqûre de tique. Il devient donc dif­fi­cile de poser le diag­nos­tic de la maladie.

Phase secondaire

La phase secon­daire de la mala­die de Lyme débute géné­ra­le­ment après quelques semaines ou mois de latence. Elle pro­voque des symp­tômes plus sévères que les symp­tômes de la phase pri­maire. Il se forme, pour com­men­cer, un lym­pho­cy­tome cuta­né. Bénin et indo­lore, il se pré­sente habi­tuel­le­ment sous forme de nodules de 2 cm de dia­mètre. Il prend ordi­nai­re­ment une colo­ra­tion bru­nâtre ou rouge vio­la­cé. Dans la majo­ri­té des cas, il cible les lobes auri­cu­laires, le scro­tum et les mamelons.

Par la suite, plu­sieurs fonc­tions phy­sio­lo­giques de l’organisme sont dété­rio­rées. Par consé­quent, il appa­raît des troubles d’ordre ocu­laire, car­diaque et mus­cu­laire. Le patient peut alors présenter :

  • Une insuf­fi­sance cardiaque ;
  • Une myo­car­dite ;
  • Des dou­leurs articulaires ;
  • Une baisse de la vision ;
  • Une inflam­ma­tion des racines nerveuses ;

Il sur­vient rare­ment à la phase secon­daire des troubles hépa­tiques ou des troubles affé­rents au sys­tème ORL.

À la phase secon­daire de la mala­die, les symp­tômes décrits peuvent aus­si régres­ser en l’absence d’un trai­te­ment. Comme pour la phase pré­cé­dente, cela n’implique, tou­te­fois, pas que le patient soit gué­ri. La mala­die conti­nue de pro­gres­ser et au bout de quelque temps la phase ter­tiaire commence.

La phase tertiaire

La phase ter­tiaire de la mala­die de Lyme est la plus redou­tée de toutes. Elle sur­vient des mois ou dans cer­tains cas des années après la phase pri­maire. En géné­ral, elle entraîne des symp­tômes sévères et non réver­sibles qui durent des années. Au début de la phase ter­tiaire, le patient pré­sente des arthrites chro­niques de types « séro­né­ga­tives ». Aucun signe immu­no­lo­gique de poly­ar­thrite n’est alors obser­vé et il arrive à se dépla­cer sans aucun problème.

Quelque temps après, des signes neu­ro­lo­giques témoi­gnant d’une ménin­go-encé­pha­lite chro­nique peuvent sur­ve­nir. Le patient a alors mal à la tête, res­sent des étour­dis­se­ments et fait par­fois l’objet d’une para­ly­sie. En l’absence d’un trai­te­ment, ces symp­tômes évo­luent vers des signes plus graves. Par exemple :

  • Les signes de démence comme la perte de mémoire, les dif­fi­cul­tés à inter­agir avec d’autres per­sonnes, la confu­sion et la désorientation ;
  • Les signes de pseu­do-sclé­rose en plaques ;
  • Les signes de dépres­sion sévère tels que la tris­tesse, la perte de joie et l’abattement.

Plus rare­ment, à la phase ter­tiaire de la mala­die de Lyme, le patient peut pré­sen­ter une acro­der­ma­tite chro­nique atro­phiante. Dans ce cas, la peau des membres infé­rieurs s’affine lais­sant appa­raître un réseau vei­neux visible et éga­le­ment très fin. À ce stade de la mala­die, une inter­ven­tion médi­cale est requise dans un bref délai. Autre­ment, des com­pli­ca­tions plus graves et inva­li­dantes peuvent apparaître.

Maladie de Lyme : autres symptômes

Mala­die de Lyme

Aux phases secon­daires et ter­tiaires, la mala­die de Lyme peut entraî­ner outre les symp­tômes sus décrits, beau­coup d’autres symp­tômes. Ces der­niers sont variés et évoquent diverses mala­dies, ce qui rend la mala­die de Lyme véri­ta­ble­ment imi­ta­trice. Il s’agit, par exemple :

  • Du lupus ;
  • De la fibromyalgie ;
  • De la mala­die de Parkinson ;
  • De la mala­die d’Alzheimer ;
  • De l’arthrite chronique ;
  • Des mala­dies auto-immunes ;
  • Des sclé­roses (sclé­rose laté­rale amyo­tro­phique, sclé­rose en plaques).

Dans cer­tains cas rares, la mala­die de Lyme peut même entraî­ner des symp­tômes évo­ca­teurs d’un syn­drome de fatigue géné­rale.

L’ensemble de ces symp­tômes peuvent être répar­tis, indé­pen­dam­ment de la mala­die qu’ils évoquent en trois groupes. Ain­si, on dis­tingue les symp­tômes cou­rants, les symp­tômes peu cou­rants et les symp­tômes rares.

Symptômes courants

Les autres symp­tômes cou­rants de la mala­die de Lyme regroupent :

  • Les dou­leurs aux chevilles ;
  • Les crampes au pied ;
  • Les accès de fièvre ;
  • Les dif­fi­cul­tés à marcher ;
  • La perte de cheveux.

Ils s’accompagnent quel­que­fois d’un manque d’endurance et d’une inflam­ma­tion des glandes.

Symptômes peu courants

Les autres symp­tômes peu cou­rants de la mala­die de Lyme comprennent :

  • Un mal à la gorge ;
  • Des dou­leurs au pelvis ;
  • Des dys­mé­nor­rhées ;
  • Une lac­ta­tion anormale ;
  • Des troubles urinaires ;
  • Une baisse de la libido.

Quel­que­fois, ils s’accompagnent de seins dou­lou­reux et d’une irri­ta­tion de l’estomac.

Symptômes rares

Les autres symp­tômes rares de la mala­die de Lyme rassemblent :

  • des pal­pi­ta­tions ;
  • des pico­te­ments ;
  • des engour­dis­se­ments ;
  • une rai­deur du dos et du cou.

Dans quelques cas rares, la mala­die de Lyme peut éga­le­ment entraî­ner des dou­leurs lan­ci­nantes à l’intérieur des muscles.

Maladie de Lyme : traitement

Le trai­te­ment de la mala­die de Lyme repose sur l’administration d’anti­bio­tiques. Le choix des anti­bio­tiques à uti­li­ser et la durée du trai­te­ment dépendent des phases de la mala­die. À la phase pri­maire, on recom­mande géné­ra­le­ment d’utiliser les anti­bio­tiques oraux sur une durée de trois semaines au plus.

En revanche, pour les phases secon­daire et ter­tiaire de la mala­die, le trai­te­ment peut s’étendre sur quatre semaines. En plus des anti­bio­tiques, d’autres médi­ca­ments sont uti­li­sés selon le tableau cli­nique du patient. Il y a par exemple, le para­cé­ta­mol et les anti-inflammatoires.

 

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