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Le virus Chikungunya

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Sources : sante.gouv.fr – chikungunya.net – odmreunion.net

Le Chi­kun­gu­nya est une mala­die due à un virus (arbo­vi­rus) trans­mis par les mous­tiques. Le nom de cette zoo­nose (mala­die ani­male trans­mis­sible à l’homme) signi­fie en Sou­haé­li « mar­cher cour­bé », décri­vant l’at­ti­tude des per­sonnes atteintes par le virus. Les pri­mates consti­tuent le prin­ci­pal réser­voir habi­tuel du virus au même titre que le bétail domes­tique notam­ment. La mala­die a été décrite prin­ci­pa­le­ment en Afrique, en Asie du sud-est, au sud de l’Inde et au Pakis­tan. Elle se mani­feste sur­tout pen­dant la sai­son des pluies quand la concen­tra­tion de mous­tiques est la plus forte.

Voir éga­le­ment : Appa­ri­tion du chi­kun­gu­nya à la Réunion en 2005 [Lien]
Voir éga­le­ment Infec­tion à virus Chi­kun­gu­nya. B‑A Gaü­zère. mise à jour le 6 sep­tembre 2006 [Lien]++++

SEMIOLOGIE

La mala­die peut pas­ser inaper­çue, être pau­ci­symp­to­ma­tique ou au contraire explo­sive et inva­li­dante. Elle se mani­feste en moyenne 4 à 7 jours après la piqûre infectante,

  • appa­ri­tion sou­daine d’une fièvre élevée
  • asso­ciée à des maux de tête
  • d’im­por­tantes dou­leurs mus­cu­laires et arti­cu­laires tou­chant les extré­mi­tés des membres (poi­gnets che­villes, pha­langes) qui peuvent per­sis­ter plu­sieurs semaines.
  • Des troubles diges­tifs peuvent être associés
  • une érup­tion cuta­né peut éga­le­ment apparaître.
  • Des hémor­ra­gies bénignes à type de gin­gi­vor­ra­gies (sai­gne­ments des gen­cives) et d’é­pis­taxis (sai­gne­ments de nez) sont éga­le­ment pos­sibles, sur­tout chez l’enfant.

La mala­die, d’é­vo­lu­tion spon­ta­née lgé­né­ra­le­ment favo­rable , peut dans cer­tains cas entraî­ner une fatigue pro­lon­gée et des dou­leurs arti­cu­laires réci­di­vantes par­fois invalidantes.
Quelques cas à type de ménin­go-encé­pha­lites ont été signa­lés, dont l’é­vo­lu­tion a été favorable.
Tou­te­fois, l’in­fec­tion peut comme tout phé­no­mène fébrile aigue entrai­ner le décès de patient à l’é­tat de san­té déjà pré­caire sans que pour le moment une mor­ta­li­té directe ait été démontrée.

La pos­si­bi­li­té de trans­mis­sion mater­no-fœtale a été évo­quée dans un petit nombre de cas à la Réunion. Une telle trans­mis­sion n’avait jusqu’ici jamais été rap­por­tée dans la littérature.

NB
Le diag­nos­tic dif­fé­ren­tiel avec la dengue (autre arbo­vi­rose) et sur­tout le palu­disme reste d’ac­tua­li­té pour cette mala­die qui – pour le moment ‑n’existe qu’en zones tro­pi­caces avec en 2006 une trés impor­tante épi­dé­mie sur l’île de la Réunion, épi­dé­mie qui en févier 2006 semble éga­le­ment se deve­lop­per sur les autres îles de l’O­céan Indien (Mau­rice, Maillote, Sey­chelles, Madagascar)
Il repose sur la cli­nique mais éga­le­ment sur les séro­lo­gies sanguines.

L’in­fec­tion semble foru­nir une immu­ni­té durable mais des « fausses réci­dives » à type de dou­leurs arti­cu­laires semblent être possibles

La confir­ma­tion bio­lo­gique d’une infec­tion à virus chi­kun­gu­nya s’ef­fec­tue par ana­lyse séro­lo­gique (recherche dans le sang d’an­ti­corps spé­ci­fiques au virus), cet exa­men ne s’im­pose pas en zone épi­dé­mique, mais peut être utile pour faire un diag­nos­tic dif­fé­ren­tiel. Les méthodes micro­bio­lo­giques (iso­le­ment du virus, PCR) ne sont pas réa­li­sées en rou­tine et sont effec­tuées dans des labo­ra­toires spécialisés

TRANSMISSION

La mala­die se trans­met à l’homme par l’intermédiaire de mous­tiques du genre Aedes notamment.
A la Réunion, le mous­tique sus­pec­té d’être le vec­teur est Aedes albo­pic­tus. C’est un mous­tique diurne ayant un pic d’activité en début et en fin de jour­née ; celui-ci pré­lève le virus en piquant une per­sonne atteinte de la mala­die pen­dant la phase de viré­mie et se conta­mine à son tour. Lors d’une autre piqûre, il peut trans­mettre le virus à une per­sonne saine.

La trans­mis­sion du virus d’homme à homme n’a jamais été rencontrée.
Les per­sonnes atteintes du Chi­kun­gu­nya ne sont donc conta­gieuses ni par contact, ni par le biais des pos­tillons. Néan­moins, la trans­mis­sion arti­fi­cielle par la trans­fu­sion san­guine et la greffe est théo­ri­que­ment pos­sible, d’où les mesures de pré­cau­tion prises pour écar­ter notam­ment du don de sang les per­sonnes atteintes de la maladie.

TRAITEMENT

Il n’existe pas de thé­ra­peu­tique spé­ci­fique contre le Chi­kun­gu­nya. Le trai­te­ment est symp­to­ma­tique et repose avant tout sur la prise d’an­tal­giques, anti­py­ré­tiques (Para­cé­ta­mol) et anti-inflam­ma­toires non sté­roï­diens et le repos. L’as­pi­rine n’est pas conseillé.
En cas de patho­lo­gies asso­ciées et dans tous les cas pour les enfants, le trai­te­ment doit être adap­té par le médecin.

. Il n’existe pas de vac­cin contre le Chi­kun­gu­nya ni de trai­te­ment pré­ven­tif de la maladie.

PREVENTION

Actuel­le­ment, la seule pré­ven­tion pos­sible est la lutte contre le moustique.
Outre les mesures de pro­tec­tion indi­vi­duelles, la lutte contre la mala­die passe par la pré­ven­tion de la pro­li­fé­ra­tion des mous­tiques, c’est à dire par la réduc­tion de toutes les sources poten­tielles de gîtes lar­vaires consti­tuées par les eaux stag­nantes et tout réci­pient sus­cep­tible de rete­nir les eaux de pluie (pots de fleurs, pneus usa­gers, gout­tières de toit, etc…) et par l’ap­pli­ca­tion de trai­te­ments lar­vi­cides lorsque la sup­pres­sion de ces sources n’est pas pos­sible. Par ailleurs, cette lutte est éga­le­ment axée contre le mous­tique adulte au moyen de pul­vé­ri­sa­tion d’in­sec­ti­cide en zone infec­tée. La pré­ven­tion dans l’ha­bi­tat local repose sur l’u­ti­li­sa­tion d’in­sec­ti­cides autour des ouver­tures des portes et des fenêtres, ain­si que l’u­ti­li­sa­tion de moustiquaires

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