HomeNon classéHelicobacter pylori - HP

Helicobacter pylori – HP

Publié le

spot_img

« Dans la plu­part des cas, l’in­fec­tion s’ac­quiert à l’en­fance et dans la très grande majo­ri­té des cas, elle devient chro­nique, s’ac­com­pagne d’une inflam­ma­tion de la muqueuse gas­trique et est la cause de 90 % de toutes les gas­trites chro­niques », a sou­li­gné le Dr Anne Cou­rillon-Mal­let, gas­tro-enté­ro­logue à l’hô­pi­tal de Villeneuve-Saint-Georges.
On estime que 40 % de la popu­la­tion fran­çaise est infectée

Heli­co­bac­ter Pylo­ri ( HP ) est l’in­fec­tion bac­té­rienne chro­nique la plus répan­due. A Glas­gow, chez des enfants hos­pi­ta­li­sés de 1995 à 2002, H.P a été recher­ché par test res­pi­ra­toire. Cette enquête montre qu’il y a une très forte asso­cia­tion entre pau­vre­té et colo­ni­sa­tion par HP. (http://www.stethonet.org/news/esculape/news2.php – Tra­duit de l’an­glais par le Dr André Figue­re­do – Source : the BMJ du 22/01/2005

Avec ou sans ulcère prou­vé à l’en­do­sco­pie, le risque de can­cer gas­trique (second can­cer diges­tif en France – 9000 cas par an) est mul­ti­plié par trente chez les por­teurs d’HP.
Le GEFH (Groupe d’é­tude fran­çais des héli­co­bac­ter) emet les recom­man­da­tions suivantes

  • L’é­ra­di­ca­tion d’HP est tou­jours sou­hai­table ++++ Trai­te­ment
  • Trai­te­ment pré­ven­tif pour les patients ayant eu une gas­trec­to­mie par­tielle pour cancer
  • Dépis­tage pour les parents du pre­mier degré
  • Dépis­tage pour les patients por­teurs de lésions his­to­lo­giques pré­néo­pla­siques (atro­phie, métaplasie

Envi­ron 40 % de la popu­la­tion fran­çaise est infec­tée par la bac­té­rie Heli­co­bac­ter. En Corée du sud, près de 90 % des plus de 8 ans en sont porteurs.
La pré­sence de la bac­té­rie entraîne une trans­for­ma­tion pro­gres­sive de la muqueuse de l’es­to­mac qui se pour­suit pen­dant près de 25 ans et débouche, dans 12 cas sur 100.000, sur un cancer.
(cf infra)


METHODES DE DEPISTAGE
Séro­lo­gie, test res­pi­ra­toire et biop­sie sont les 3 méthodes rete­nues actuellement
  • Biop­sies pour toute endoscopie
  • Dépis­tage par ana­lyse de l’air expiré
    Le dépis­tage par tests res­pi­ra­toires à l’u­rée mar­quée sont dis­po­nibles (Héli Kit ®). Le méde­cin pres­crit donc le kit que le patient achète en phar­ma­cie et l’ap­porte au labo­ra­toire d’a­na­lyses médi­cales de son choix qui effec­tue­ra l’a­na­lyse de l’air expi­ré. Le test peut éga­le­ment être uti­li­sé pour contro­ler l’ef­fi­ca­ci­té du traitement
  • La Séro­lo­gie peut être utile en dépistage
    Elle reste tou­te­fois posi­tive de nom­breux mois aprés l’éradition

Pour le Dr F. Mégraud (bac­té­rio­lo­giste, uni­ver­si­té de Bor­deaux), une stra­té­gie pour­rait être « séro­lo­gie puis test res­pi­ra­toire pour les cas fai­ble­ment positifs »

Dépis­tage par ana­lyse des sel­les­Source n’a pas été rete­nu par le GEFH :
Leh­mann et al, BMJ, 1999 ;319 :1409–1410
Le diag­nos­tic d’He­li­co­bac­ter pylo­ri est basée sur la mise en évi­dence dans les selles d’an­ti­gènes de ce germe par dosage immunologique.

Chez des sujets dont l’in­fec­tion était prou­vée par fibroscopie/biopsie, le dosage immu­no­lo­gique des anti­gènes dans les selles a révé­lé une sen­si­bi­li­té de 96 %, une spé­ci­fi­ci­té de 93 % et des valeurs pré­dic­tives posi­tive de 92 % et néga­tive de 96 %.

CANCER GASTRIQUE ET HELICOBACTER PYLORI
Le can­cer gas­trique est le deuxième can­cer diges­tif en France der­rière le can­cer du colon qui, lui, frappe 34.000 per­sonnes. Il touche plus fré­quem­ment les hommes que les femmes, autour de 70 ans, a rap­pe­lé le Dr Domi­nique Lamarque, de l’hô­pi­tal Bichat-Claude Ber­nard, à Paris.

Selon les experts de l’Ins­ti­tut Pas­teur de Paris et le Pr Jean-Charles Del­chier, gas­tro-enté­ro­logue à l’hô­pi­tal Hen­ri Mon­dor de Cré­teil et pré­sident du groupe d’é­tude fran­çais sur cette mala­die (GEFH).:
« Les études épi­dé­mio­lo­giques ont clai­re­ment mon­tré qu’au­cun can­cer gas­trique ne peut pas se déve­lop­per si cette bac­té­rie est absente de l’es­to­mac, et son dépis­tage per­met­trait de l’é­ra­di­quer chez toutes les per­sonnes infectées ».

Cette bac­té­rie – dont l’exis­tence n’a offi­ciel­le­ment été recon­nue par les méde­cins qu’au début des années 80 – est la cause de la qua­si-tota­li­té des gas­trites chro­niques et de 9.000 can­cers de l’es­to­mac par an. Par com­pa­rai­son, chez les per­sonnes non-por­teuses de la bac­té­rie, le risque de can­cer de l’es­to­mac est 30 fois moindre
Selon ce spé­cia­liste, envi­ron 40 % de la popu­la­tion fran­çaise est infec­tée par la bac­té­rie Heli­co­bac­ter. En Corée du sud, près de 90 % des plus de 8 ans en sont porteurs.
La pré­sence de la bac­té­rie entraîne une trans­for­ma­tion pro­gres­sive de la muqueuse de l’es­to­mac qui se pour­suit pen­dant près de 25 ans et débouche, dans 12 cas sur 100.000, sur un cancer.

Dépis­tage élargi

. « Dans la plu­part des cas, l’in­fec­tion s’ac­quiert à l’en­fance et dans la très grande majo­ri­té des cas, elle devient chro­nique, s’ac­com­pagne d’une inflam­ma­tion de la muqueuse gas­trique et est la cause de 90 % de toutes les gas­trites chro­niques », a sou­li­gné le Dr Anne Cou­rillon-Mal­let, gas­tro-enté­ro­logue à l’hô­pi­tal de Villeneuve-Saint-Georges.

Liée à la pro­mis­cui­té et aux mau­vaises condi­tions de vie, elle est extrê­me­ment pré­sente en Asie et en Afrique mais en forte dimi­nu­tion dans les pays occidentaux.

Le trai­te­ment exis­tant, une tri­thé­ra­pie de sept jours asso­ciant un inhi­bi­teur de la pompe à pro­tons à deux anti­bio­tiques, per­met de s’en débar­ras­ser dans 70 % des cas. (Voir MAJ 2012) Pour les malades résis­tants, un second trai­te­ment, plus puis­sant et plus long, fait dis­pa­raître la bac­té­rie dans 63 % des cas, soit au total, un taux d’é­ra­di­ca­tion de 90 %.

L’in­flam­ma­tion per­siste pen­dant 6 à 24 mois et la muqueuse rede­vient nor­male. Si celle-ci était déjà atteinte, les lésions per­sistent, mais leur exten­sion et leur aggra­va­tion sont défi­ni­ti­ve­ment stoppées.

Le dépis­tage – faci­li­té par l’exis­tence de plu­sieurs tests – était jus­qu’à pré­sent seule­ment recom­man­dé aux malades ayant subi une abla­tion par­tielle de l’es­to­mac à la suite d’un can­cer, à leurs proches parents ain­si qu’aux patients souf­frant de gas­trite atrophique.

Au vu des résul­tats d’é­tudes récentes, les experts estiment main­te­nant – sans aller jus­qu’au dépis­tage géné­ra­li­sé – que la pré­sence de la bac­té­rie devrait être recher­chée chez les per­sonnes ne pré­sen­tant pas de fac­teur de risque iden­ti­fié et qu’un trai­te­ment devrait être pro­po­sé à toutes les per­sonnes infec­tées qui se pré­sentent dans un éta­blis­se­ment de soin.

====================================

H.Pylori CagA posi­tif : une mul­ti­pli­ca­tion par 2 du risque d´ischémie céré­brale ou cardiaque ?
V.Pasceri. Am Heart J 2006 ; 151 : 1215–1222. – Dr Charles Hagège (egora.fr)

Une méta ana­lyse incluant 14 études cas-contrôles rétros­pec­tives et 3 études pros­pec­tives de cohorte, repré­sen­tant un total de plus de 6 000 patients, a recher­ché l´existence d´une éven­tuelle asso­cia­tion entre infec­tion à H.Pylori CagA posi­tif et mala­dies isché­miques car­diaque ou céré­brales. Sur 10 études cas-contrôles, on retrouve une asso­cia­tion posi­tive entre H.Pylori CagA posi­tif et mala­dies isché­miques car­diaques, avec un Risque Rela­tif de 1,87.
Les quatre autres études cas-contrôles montrent la même asso­cia­tion de cette infec­tion avec les acci­dents isché­miques céré­braux (RR=2,43). Ces résul­tats ne sont pas retrou­vés lors d´infection à souches CagA néga­tives (RR=1,15).
Dans les trois études pros­pec­tives, le Risque Rela­tif d´ischémie car­diaque, en cas de souches CagA posi­tives, est de 1,26.

Derniers articles

Pasteurellose pasteurella multocida : symptômes, diagnostic et traitement

La pasteurellose est une maladie infectieuse assez fréquente qui se retrouve chez les animaux...

Paludisme : agent infectieux, clinique, personnes à risque

Le paludisme, maladie humaine évitable, mais potentiellement mortelle, est un mal fréquent. Dans le...

Phimosis : causes, symptômes, complications et traitements

Le phimosis est une pathologie qui touche particulièrement le sexe masculin à la naissance...

Le pied douloureux de l’adulte : causes, symptômes, diagnostic, traitements

De multiples facteurs peuvent causer des douleurs au niveau du pied. Celles-ci peuvent invalider...

Pour aller plus loin

Pasteurellose pasteurella multocida : symptômes, diagnostic et traitement

La pasteurellose est une maladie infectieuse assez fréquente qui se retrouve chez les animaux...

Paludisme : agent infectieux, clinique, personnes à risque

Le paludisme, maladie humaine évitable, mais potentiellement mortelle, est un mal fréquent. Dans le...

Phimosis : causes, symptômes, complications et traitements

Le phimosis est une pathologie qui touche particulièrement le sexe masculin à la naissance...