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JASMINELLE ® La contraception autrement

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Chris­tian Fos­sat, Poly­cli­nique de la Gua­de­loupe, Pointe à Pitre.
D’a­près les com­mu­ni­ca­tions des Dr Bri­gitte Letombe, Pr Jean-Michel Foi­dart et Pr Domi­nique Dallay.
News­let­ter Spéciale
XXèmes Jour­nées Pyré­néennes de Gyné­co­lo­gie Tarbes – 6 et 7 octobre 2006
Par aimable auto­ri­sa­tion de 

Revoir : Jas­mine ° (2002) [Lire]

Revoir les réserves lors de la com­mer­cia­li­sa­tion de Jas­mine ° [Lire]

Favo­ri­ser l’acceptation et l’observance de la pre­mière pilule en inven­tant la contra­cep­tion de demain

La contra­cep­tion de pré­di­lec­tion de l’adolescente est la pilule estro­pro­ges­ta­tive : effi­ca­ci­té, faci­li­té de prise, dis­cré­tion et inté­rêts thé­ra­peu­tiques au long cours ont fait de cette méthode la réfé­rence en France et en Europe. D’autre part les études épi­dé­mio­lo­giques à grande échelle ont mon­tré que les contra­cep­tifs oraux estro­pro­ges­ta­tifs appor­taient un cer­tain nombre de béné­fices thé­ra­peu­tiques : baisse de la fré­quence des kystes fonc­tion­nels ova­riens, des mas­to­pa­thies bénignes, des infec­tions uté­ro-annexielles, des gros­sesses extra­u­té­rines, des can­cers de l’ovaire, de l’endomètre, du colon. Il a par ailleurs été mon­tré que les estro­pro­ges­ta­tifs n’ont pas d’effets délé­tères au long cours sur la masse osseuse, ce qui reste d’ailleurs une incon­nue en ce qui concerne la contra­cep­tion orale par pro­ges­ta­tif seul.

Com­ment aller encore plus loin dans l’acceptation de cette contra­cep­tion, en par­ti­cu­lier chez les jeunes femmes, chez qui elle peut être par­fois bana­li­sée, voire pas­sée de mode ?

Les ado­les­centes d’aujourd’hui ont besoin de s’approprier ce qu’elles consomment en y trou­vant un ou plu­sieurs béné­fices concrets. La pilule contra­cep­tive n’échappe pas à ce phé­no­mène, et il importe de mon­trer aux jeunes femmes tout l’intérêt que peut repré­sen­ter pour elles une contra­cep­tion moderne. Bien enten­du toutes les pilules ne se res­semblent pas et n’apporteront pas les mêmes « services ».

Or, la plu­part des anciennes pilules sont des déri­vés de la 19 notes­to­sté­rones, des­quelles on attend sur­tout une bonne effi­ca­ci­té et une tolé­rance géné­rale accep­table. Plus récem­ment est appa­rue une nou­velle géné­ra­tion de molé­cule non pas déri­vée de la 19 nor­tés­to­sté­rone mais de la 17 alpha spi­ro­lac­tone, la drospirénone.

Cette nou­velle géné­ra­tion de pro­duit apporte les ser­vices « stan­dards » de tous les contra­cep­tifs au niveau effi­ca­ci­té, tolé­rance géné­rale et gyné­co­lo­gique, mais sur­tout amène des béné­fices addi­tion­nels sur la qua­li­té de vie, qui sont récla­més par les nou­velles géné­ra­tions de patientes.

Ces béné­fices sont appor­tés par les pro­prié­tés de la dros­pi­ré­none, qui pos­sède un pro­fil phar­ma­co­lo­gique proche de la pro­ges­té­rone natu­relle : elle est dépour­vue d’activité estro­gé­nique et glu­co­cor­ti­coïde, ou anti­glu­co­cor­ti­coïde, mais pos­sède une acti­vi­té pro­ges­to­mi­mé­tique et anti­go­na­do­trope, com­munes à tous les pro­ges­ta­tifs uti­li­sés en contra­cep­tion orale. Sur­tout, elle pos­sède des pro­prié­tés anti-andro­gé­niques et une légère acti­vi­té anti-miné­ra­lo­cor­ti­coïde, qui lui est spécifique.

Grâce à ces pro­prié­tés, la dros­pi­ré­none, conte­nue dans Jas­mine et main­te­nant Jas­mi­nelle, per­met d’envisager la contra­cep­tion d’une nou­velle manière. Les femmes peuvent désor­mais béné­fi­cier de pilules qui, au-delà de l’effet contra­cep­tif et de l’intérêt thé­ra­peu­tique appor­tés par tous les contra­cep­tifs oraux, offrent des béné­fices addi­tion­nels sur le confort de vie en agis­sant sur la qua­li­té de peau et sur une moindre réten­tion hydrosodée.

Par ailleurs, l’effet anti­mi­né­ra­lo­cor­ti­coïde de la dros­pi­ré­none apporte de nou­velles pers­pec­tives dans la tolé­rance méta­bo­lique au long cours. De struc­ture molé­cu­laire proche de la spi­ro­no­lac­tone, la dros­pi­ré­none inhibe de façon com­pé­ti­tive les effets de l’aldostérone. Oel­kers a prou­vé que 2 mg de dros­pi­ré­none modi­fient de façon signi­fi­ca­tive les taux d’aldostérone plas­ma­tique et l’activité rénine plas­ma­tique, confir­mant son effet antiminéralocorticoïde.

Or, l’intérêt des anti-aldo­sté­rone (et notam­ment de la spi­ro­no­lac­tone) est bien connu dans la pré­ven­tion du risque car­dio-vas­cu­laire. Au cours d’une étude ran­do­mi­sée réa­li­sée en double aveugle, il a été d’ailleurs été mon­tré que la prise d’une asso­cia­tion estro­pro­ges­ta­tive à la dros­pi­ré­none s’accompagne d’une réduc­tion modé­rée mais signi­fi­ca­tive des chiffres ten­sion­nels, quels que soient les doses d’éthinylestradiol asso­ciées, à l’inverse de ce qui est obser­vé avec le com­pa­ra­teur au lévonorgestrel.

C’est dans ce contexte qu’est désor­mais com­mer­cia­li­sée Jasminelle ®.

Com­po­sée de 20 micro­grammes d’éthinylestradiol et 3 mg de dros­pi­ré­none, avec un sché­ma clas­sique de 21 jours de prise sui­vis de 7 jours d’arrêt. Elle a fait la preuve de son effi­ca­ci­té contra­cep­tive avec un indice de pearl cor­ri­gé de 0,12. Le contrôle du cycle est com­pa­rable à celui d’une pilule conte­nant 20 mcg d’éthinylestradiol et 150 mcg de deso­ges­trel. Après le suc­cès mon­dial de sa grande soeur Jas­mine, Jas­mi­nelle s’inscrit dans la baisse des doses vou­lues par le corps médi­cal, qui fait un large usage des pilules à 20 µg, en par­ti­cu­lier pour la pre­mière contra­cep­tion des jeunes femmes.

En pra­tique, il est désor­mais pos­sible de faire béné­fi­cier les patientes des béné­fices sup­plé­men­taires de la dros­pi­ré­none avec une dose modé­rée d’éthinylestradiol. Par ailleurs Jas­mi­nelle dis­pose d’une nou­velle forme de condi­tion­ne­ment, de type « por­te­feuille ». Moderne et dis­cret, avec repères jour­na­liers, il dis­pose en plus de conseils pra­tiques pour la prise de la pilule.

Nul doute que cette nou­velle pilule pos­sède toutes les carac­té­ris­tiques pour répondre aux exi­gences de plus en plus nom­breuses des ado­les­centes d’aujourd’hui.

Réfé­rences
1.DREES : Vilain : les inter­rup­tions volon­taires de gros­sesses en Etudes et résul­tats n° 431, octobre 2005.
2.Oelkers : effects of a new oral contra­cep­tive ; Clin. endo­cri­nol. metab.1995 ; 80 (6) : 1816–21.
3.Huber J et al. Effi­ca­cy and tole­ra­bi­li­ty of mono­pha­sic oral contra­cep­tive contai­ning ethi­ny­les­tra­diol and Dros­pi­re­none. Eur J Contra­cep Reprod Health care 2000 ; 5:25–34

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