HomeNon classéLA VACCINATION CHEZ LA FEMME ENCEINTE

LA VACCINATION CHEZ LA FEMME ENCEINTE

Publié le

spot_img

Texte du Dr Nizar AJJAN de l’Ins­ti­tut Mérieux
Mise en Forme Html : Dr Jc Hild/ CHP20
  • La ques­tion de l’in­no­cui­té des vac­ci­na­tions, pour le foe­tus, chez la femme enceinte est fré­quem­ment posée.
  • L’i­déal serait de vac­ci­ner avant la ges­ta­tion car cer­tains vac­cins ne sont pas dénués de dan­ger au cours d’une grossesse.
  • Cepen­dant, on est sou­vent ame­né à vac­ci­ner des femmes enceintes 
    • soit à l’oc­ca­sion d’un voyage à l’étranger,
    • soit lors des épi­dé­mies qui sévissent dans le monde.
  •  En ce qui concerne les dan­gers des vac­ci­na­tions chez les femmes enceintes en France, on peut clas­ser sché­ma­ti­que­ment les indi­ca­tions vac­ci­nales en trois catégories.

 

Vac­ci­na­tions sans dan­ger chez la femme enceinte

  1. Les vac­ci­na­tions antitétanique,
  2. anti­grip­pale,
  3. anti­po­lio­myé­li­tique par le vac­cin inac­ti­vé Salk
  4. la vac­ci­na­tion anticholérique
  5. La vac­ci­na­tion contre l’hé­pa­tite B

 

 

Vac­ci­na­tions à évi­ter en cours de grossesse

 

 

 

Ce sont essen­tiel­le­ment les vac­cins à virus vivants qui sont léga­le­ment inter­dits pen­dant la gros­sesse, par pré­cau­tion sur­tout, car on pour­rait impu­ter à un vac­cin la res­pon­sa­bi­li­té d’une mal­for­ma­tion néonatale.
  1. La pri­mo-vac­ci­na­tion variolique
  2. Le vac­cin contre la rubéole
  3. La vac­ci­na­tion ama­rile ou contre la fièvre jaune
  4. Le Vac­cin polio­myé­li­tique buccal

 

 

Vac­ci­na­tions inutiles ou à pres­crire excep­tion­nel­le­ment pen­dant la grossesse

 

 

 
Aucun des vac­cins men­tion­nés ci-après n’est téra­to­gène.
  1. La vac­ci­na­tion coquelucheuse
  2. La vac­ci­na­tion diphtérique
  3. La vac­ci­na­tion rabique
  4. La vac­ci­na­tion par le B. C. G
  5. La vac­ci­na­tion anti­mé­nin­go­coc­cique A et C
  6. La vac­ci­na­tion pneumococcique
  7. Le vac­cin typhoparatyphoidique.

 

 

Vaccinations sans danger chez la femme enceinte

 
   

 
 

 

Les vaccinations antitétanique,

  • le vac­cin anti­té­ta­nique qui a été pré­co­ni­sé, dès 1927, par RAMON afin de pré­ve­nir le téta­nos du nouveau-né :
  • depuis lors, plu­sieurs tra­vaux ont confir­mé la trans­mis­sion de l’im­mu­ni­té de la mère vac­ci­née pen­dant sa gros­sesse à son nou­veau-né et l’in­no­cui­té totale de cette vaccination.

Menu

Antigrippale,

  • En rai­son du risque d’a­vor­te­ment que peut faire cou­rir la grippe chez la femme enceinte, la vac­ci­na­tion grip­pale peut être indi­quée à n’im­porte quel âge de la grossesse,
  • plu­sieurs tra­vaux ont confir­mé la trans­mis­sion de l’im­mu­ni­té de la mère vac­ci­née pen­dant sa gros­sesse à son nou­veau-né et l’in­no­cui­té totale de cette vaccination.

Menu

Antipoliomyélitique par le vaccin inactivé Salk

  • La vac­ci­na­tion anti­po­tio­myé­li­tique par le vac­cin inac­ti­vé Salk est effi­cace et bien tolé­rée chez la femme enceinte.
  • Aucune enquête, ne fait men­tion d’une aug­men­ta­tion du taux des mal­for­ma­tions foe­tales ou d’a­vor­te­ment après l’in­jec­tion d’un tel vaccin.

Menu

La vaccination anticholérique

  • Le vac­cin cho­lé­rique en France s’im­pose sur­tout lors d’un voyage dans cer­tains pays où le cho­lé­ra sévit à l’é­tat endé­mique ou lors des épidémies.
  •  Depuis 1974, cette vac­ci­na­tion n’est plus recom­man­dée par l’O.M.S.
    • Elle peut être faite aux femmes enceintes sans danger.
    • La légis­la­tion inter­na­tio­nale consi­dère que le cer­ti­fi­cat de vac­ci­na­tion devient valable 
      • six jours après vaccination :
      • sa durée de vali­di­té est de six mois.

Menu

La vaccination contre l’hépatite B,

  • dont l’in­di­ca­tion chez la femme enceinte reste excep­tion­nelle, est de peu d’intérêt.
  • Elle peut se poser lors d’un voyage en zone d’en­dé­mie avec risque majeur de contamination.

Menu 

Vac­ci­na­tions à évi­ter en cours de grossesse

 

L’u­nique vac­ci­na­tion pré­sen­tant un risque réel est la pri­mo­vac­ci­na­tion variolique

  • qui n’a plus aucune rai­son d’être puisque la variole a été éra­di­quée dans le monde entier depuis 1977 et que la vac­ci­na­tion a été sus­pen­due en France depuis mai 1984.

Menu


Le vaccin contre la rubéole

  • est le pre­mier vac­cin dis­po­nible des­ti­né à pré­ve­nir l’in­fec­tion rubéo­leuse chez la mère et les ano­ma­lies consé­cu­tives chez son embryon.
  • Les femmes en âge de pro­créer ne pour­ront être vac­ci­nées que si les risques de gros­sesse sont nuls 
    • pen­dant les deux mois qui suivent l’in­jec­tion vaccinale.
      • Une telle recom­man­da­tion est jus­ti­fiée par deux faits : 
        1. d’une part, le risque foe­tal après vac­ci­na­tion et,
        2. d’autre part, la fré­quence des mal­for­ma­tions consta­tées à la nais­sance qui seront impu­tées sys­té­ma­ti­que­ment à la vac­ci­na­tion rubéo­lique si celle-ci avait eu lieu durant la grossesse.
  • Mal­gré toutes les recom­man­da­tions, il arrive que l’on vac­cine une femme en début de grossesse. 
    • Dans ce cas, on peut se deman­der si le virus vac­ci­nai atténué 
      • est capable ou non de tra­ver­ser le placenta
      • et, dans cer­tains cas, de conta­mi­ner le foetus.
  • Jus­qu’à ce jour, on n’a obser­vé aucune mal­for­ma­tion majeure par­mi les 346 nais­sances d’en­fants vivants issus de femmes connues pour être récep­tives visà-vis de la rubéole, au moment de la vac­ci­na­tion (C.D.C.).
  • Les infor­ma­tions dis­po­nibles montrent que le risque de mal­for­ma­tions est faible : 
    • Le taux obser­vé est com­pa­rable aux 3 % de risque de sur­ve­nue d’une mal­for­ma­tion majeure due au seul hasard et de loin infé­rieur au risque glo­bal de 20 % ou plus, asso­cié à une infec­tion mater­nelle par le virus rubéo­leux sau­vage, au cours du pre­mier tri­mestre de la grossesse.
    • La vac­ci­na­tion rubéo­lique, d’a­près les recom­man­da­tions de l’A­CIP et de Boué en France, ne devrait pas être une rai­son de pro­po­ser sys­té­ma­ti­que­ment l’in­ter­rup­tion de gros­sesse, bien que la déci­sion finale appar­tienne à la patiente et à son médecin.

Menu


La vaccination amarile ou contre la fièvre jaune

  • s’im­pose chez la femme enceinte sur­tout lors d’un voyage dans les régions d’en­dé­mie ou infec­tées de fièvre jaune.
  • Les enquêtes effec­tuées dans le monde montrent l’in­no­cui­té de cette vac­ci­na­tion, quel que soit l’âge de la grossesse.
  • Cepen­dant, le C.D.C. d’At­lan­ta ain­si que l’Ins­ti­tut Pas­teur décon­seillent cette vac­ci­na­tion chez les femmes enceintes, sauf si les cir­cons­tances épi­dé­mio­lo­giques l’imposent.
Vac­ci­na­tion anti­ama­rile (détail)  
 
  •  La vac­ci­na­tion anti­ama­rile s’im­pose lors d’un voyage dans les régions d’en­dé­mie ou infec­tées de fièvre jaune en Afrique et en Amé­rique intertropicale. 
    • Elle est éga­le­ment exi­gée chez les voya­geurs en pro­ve­nance de ces mêmes régions.
  •  NOTTER et coll. (37) ont obser­vé un cas de décol­le­ment pré­ma­tu­ré du pla­cen­ta après vac­ci­na­tion anti­ama­rile ayant entrei­né la mort du foe­tus et des acci­dents graves de néphrose-néphrite au 6emois de la gestation. 
    • Dans ce cas, la patho­gé­nie aller­gique est rete­nue, elle serait déter­mi­née par l’in­jec­tion des pro­téines de l’oeuf.
  •  Pour cer­tains auteurs (1 9, 28, 33, 52), la vac­ci­na­tion contre la fièvre jaune pen­dant la gros­sesse semble dénuée de danger.
  •  FALK et URPACH (10, 62) conseillent de l’é­vi­ter dans les pre­miers mois de la gros­sesse, tan­dis que d’autres (18, 22, 24) décon­seillent for­mel­le­ment cette vac­ci­na­tion chez la femme enceinte. 
    • L’Ins­ti­tut Pas­teur de Paris et le C.D.C. d’At­lan­ta recom­mandent de ne pas uti­li­ser le vac­cin ama­ril chez la femme enceinte, sauf si les cir­cons­tan­ce­sé­pi­dé­mio­lo­giques l’imposent.

 

 

Menu

Vaccin poliomyélitique buccal

  • Les études menées par 
    • JUST et BURGIN-WOLF en Suisse et au Dane­mark par TULINIUS et ZACHAU-CHRISTIANSEN,
    • ain­si que les résul­tats des études épi­dé­mio­lo­giques et cliniques
  • ont mon­tré l’ab­sence de patho­gé­ni­ci­té foe­tale du vac­cin polio­myé­li­tique buccal
  • Actuel­le­ment, on ne connait aucun acci­dent, à type d’embryopathies ou de foe­to­pa­thies pou­vant lui être rat­ta­ché, sur des mil­lions de sujets vac­ci­nés dans le monde.

Menu

Vac­ci­na­tions inutiles ou à pres­crire excep­tion­nel­le­ment pen­dant la grossesse  
   

.

La vaccination coquelucheuse

  • pro­voque fré­quem­ment de fortes réac­tions et l’hy­per­ther­mie qui accom­pagne des réac­tions vac­ci­nales peut déclen­cher un avor­te­ment ou un accou­che­ment prématuré ; 
    • il semble donc impru­dent de vac­ci­ner les femmes enceintes,
    • sur­tout que l’in­di­ca­tion de cette vac­ci­na­tion ne se pose que très rarement.

Menu


La vaccination diphtérique

  • est rela­ti­ve­ment mal sup­por­tée par les adultes ; elle sera limi­tée aux cas d’ur­gence assez rares aujourd’hui.

Menu


La vaccination rabique

  • est uni­que­ment recom­man­dée pour les cas de conta­mi­na­tion certaine.
  • Les vac­cins culti­vés sur broyats de cer­veaux ani­maux, du fait des très fortes réac­tions qu’ils occasionnent, 
    • ont été délais­sés ces der­nières années au pro­fit de vac­cins inac­ti­vés obte­nus sur culture cel­lu­laire, tota­le­ment dépour­vus de cel­lules nerveuses.
    • Le vac­cin rabique, culti­vé sur cel­lules dipl­dides humaines, est d’une effi­ca­ci­té et d’une inno­cui­té totale.
    • En rai­son de la gra­vi­té de la rage, cette vac­ci­na­tion s’im­pose chez la femme enceinte en cas de mor­sure par un ani­mal enra­gé ou sus­pec­té de rage.

Menu


La vaccination par le B. C. G.,

  • quoique sans dan­ger, est à décon­seiller pen­dant la grossesse.
  • En cas de conta­mi­na­tion, on pour­ra avoir recours à la chi­mio­thé­ra­pie antituberculeuse.

Menu


La vaccination antiméningococcique A et C

  • ne se jus­ti­fie pas encore en France ; la ménin­gite a ménin­go­coque de type B étant la plus fré­quente. Mais cette vac­ci­na­tion peut se jus­ti­fier lors d’un voyage à l’é­tran­ger dans une zone d’en­dé­mi­ci­té. Ces vac­cins sont d’une inno­cui­té totale et peuvent être admi­nis­trés à la femme enceinte.

Menu


La vaccination pneumococcique

  • est inutile chez la femme enceinte ain­si que le vac­cin typho­pa­ra­ty­ph­di­dique.

Menu

Derniers articles

Pasteurellose pasteurella multocida : symptômes, diagnostic et traitement

La pasteurellose est une maladie infectieuse assez fréquente qui se retrouve chez les animaux...

Paludisme : agent infectieux, clinique, personnes à risque

Le paludisme, maladie humaine évitable, mais potentiellement mortelle, est un mal fréquent. Dans le...

Phimosis : causes, symptômes, complications et traitements

Le phimosis est une pathologie qui touche particulièrement le sexe masculin à la naissance...

Le pied douloureux de l’adulte : causes, symptômes, diagnostic, traitements

De multiples facteurs peuvent causer des douleurs au niveau du pied. Celles-ci peuvent invalider...

Pour aller plus loin

Pasteurellose pasteurella multocida : symptômes, diagnostic et traitement

La pasteurellose est une maladie infectieuse assez fréquente qui se retrouve chez les animaux...

Paludisme : agent infectieux, clinique, personnes à risque

Le paludisme, maladie humaine évitable, mais potentiellement mortelle, est un mal fréquent. Dans le...

Phimosis : causes, symptômes, complications et traitements

Le phimosis est une pathologie qui touche particulièrement le sexe masculin à la naissance...