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RECOMMANDATIONS AUX FEMMES ENCEINTES QUI VOYAGENT.

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Source : Les Nou­velles du CRAT (Centre de Ren­sei­gne­ments sur les Agents Téra­to­gènes) – juin 2004
http://lecrat.monsite.wanadoo.fr

Les femmes enceintes ou dési­rant l’être doivent être infor­mées des risques spé­ci­fiques que repré­sente un voyage dans des zones où sévissent des endé­mies, des épi­dé­mies et lorsque que les condi­tions sani­taires et d’hygiène sont insuf­fi­santes. Le béné­fice du voyage doit être réexa­mi­né à la lumière de ces dif­fé­rents éléments.

Le palu­disme, du fait de sa fré­quence, de sa gra­vi­té et de l’existence d’une chi­mio­pro­phy­laxie, est sou­vent pré­sen­té comme le seul risque, ce qui est loin d’être le cas.

Il est sou­hai­table de décou­ra­ger une femme enceinte de voya­ger en zone d’endémie palustre, et par­ti­cu­liè­re­ment en zone de forte trans­mis­sion ou de mul­ti­ré­sis­tance, compte tenu de la gra­vi­té du palu­disme en cours de grossesse.
Escu­lape : Il est licite d’hos­pi­ta­li­ser toute femme enceinte sus­pecte de paludisme

La pré­ven­tion du palu­disme s’appuie sur deux moyens com­plé­men­taires et indis­so­ciables : les mesures de pro­tec­tions contre les piqûres de mous­tiques et la chi­mio­pro­phy­laxie. Aucune mesure pré­ven­tive, même bien conduite, n’assure une pro­tec­tion totale.

Si le voyage a tout de même lieu, la gros­sesse ne doit en aucun cas faire sur­seoir à la chi­mio­pro­phy­laxie du palu­disme.
Celle-ci sera adap­tée à la des­ti­na­tion (région pré­cise, agglo­mé­ra­tion, zone boi­sée ou proche d’un fleuve …), à la sai­son et aux condi­tions du voyage (durée du séjour, sor­ties la nuit …), comme chez tous les voya­geurs. Une fois que la ou les molé­cules adap­tées au pays de des­ti­na­tion sont connues*, le choix de la molé­cule, lorsque plu­sieurs sont pro­po­sées, sera orien­té du fait de la grossesse**.

La gros­sesse à elle seule ne jus­ti­fie jamais de choi­sir une pro­phy­laxie d’une zone infé­rieure : par exemple, une femme enceinte se ren­dant dans un pays du groupe 3, doit rece­voir une chi­mio­pro­phy­laxie cor­res­pon­dant au groupe 3 et non, du fait de sa gros­sesse, une chi­mio­pro­phy­laxie du groupe 2 même si celle-ci est mieux connue chez la femme enceinte.

La SAVARINE ° [Lire], asso­cia­tion chlo­ro­quine et pro­gua­nil peut être utilisée.
L’u­ti­li­sa­tion de la méflo­quine LARIAM °[Lire] à titre pro­phy­lac­tique peut être désor­mais envi­sa­gé chez la femme enceinte quelque soit l’âge de la gros­sesse. L’a­na­lyse d’un nombre éle­vé de gros­sesses expo­sées à du Lariam ° n’a révé­lé aucun effet mal­for­ma­tif ou foe­to­toxique par­ti­cu­lier. (IMPACT MEDECINE N° 49/ 26 sep­tembre 2003)

Les mesures de pro­tec­tion contre les piqûres de mous­tiques sont essen­tielles bien qu’insuffisantes à elles seules.
Elles doivent être ren­for­cées à par­tir du cou­cher du soleil et pen­dant la nuit. Il s’agit du port de vête­ments longs, de l’utilisation de mous­ti­quaires, d’insecticides et de répul­sifs. Pour ces deux der­niers, il existe un très grand nombre de pro­duits dans le com­merce, de pré­sen­ta­tions et de concen­tra­tions très variables**.

Pour ce qui est des autres risques liés aux piqûres d’arthropodes, et en par­ti­cu­lier la dengue [Lire], ces mesures de pré­ven­tion doivent être appli­quées éga­le­ment durant la journée.

Par ailleurs, il faut gar­der à l’esprit le risque de conta­mi­na­tion en cas de geste inva­sif (ne serait-ce qu’une injec­tion IV ou IM), sans par­ler des risques liés aux trans­fu­sions, dans les pays où les infra­struc­tures ne per­mettent pas d’assurer un niveau de sécu­ri­té sani­taire satisfaisant.

Les vac­cins inac­ti­vés et les ana­toxines peuvent être faits en cours de gros­sesse lorsque la femme enceinte va séjour­ner dans un pays où le risque de conta­mi­na­tion est impor­tant. En par­ti­cu­lier les vac­ci­na­tions contre le téta­nos, la polio­myé­lite et la diph­té­rie doivent être à jour en cas de voyage.

En ce qui concerne la fièvre jaune, si la femme enceinte ne peut repor­ter son séjour, ce qui est vive­ment recom­man­dé, la vac­ci­na­tion est indis­pen­sable, même en l’absence d’obligation admi­nis­tra­tive, en rai­son de l’extrême gra­vi­té de la mala­die et de l’absence de traitement.

* La liste des pays pour les­quels il est néces­saire de prendre une chi­mio­pro­phy­laxie anti­pa­lu­dique et la nature de celle-ci figure dans le BEH n°26–27/2003 dis­po­nible sur http://www.invs.sante.fr„ ou auprès d’un centre d’information et de conseil aux voyageurs

** Le CRAT est à votre dis­po­si­tion pour toutes pré­ci­sions complémentaires
dans le choix d’une chi­mio­pro­phy­laxie du palu­disme et des divers insec­ti­cides et répul­sifs en cours de grossesse.
Le CRAT informe sur les risques de divers agents en cours de grossesse
(médi­ca­ments, radia­tions, virus, expo­si­tions pro­fes­sion­nelles et environnementales …)
et conseille lors de l’ex­po­si­tion à un agent téra­to­gène ou foetotoxique.
Ce ser­vice est gra­tuit et réser­vé au corps médical
http://lecrat.monsite.wanadoo.fr

Voir éga­le­ment http://www.astrium.com/ (Bien docu­men­té, par pays)

PALUDISME ET GROSSESSE
http://www.rbm.who.int/docs/AMD/pregnancy(fr).htm

Les femmes enceintes consti­tuent un des groupes les plus expo­sés au palu­disme parce qu’a­vec la gros­sesse, l’im­mu­ni­té de la femme dimi­nue, la ren­dant plus vul­né­rable à la mala­die, avec ce que cela implique pour la mère et l’en­fant. 24 mil­lions de gros­sesses au moins sont trai­tées chaque année en Afrique alors que le palu­disme est res­pon­sable d’en­vi­ron 15% des ané­mies mater­nelles et de 35% d’in­suf­fi­sances pon­dé­rales à la nais­sance qui pour­raient être évitées.

Des solu­tions simples, effi­caces et peu oné­reuses existent, notam­ment une thé­ra­pie appe­lée trai­te­ment pré­ven­tif inter­mit­tent (TPI) qui consiste à admi­nis­trer des doses com­plètes à régime cura­tif d’un médi­ca­ment anti­pa­lu­dique effi­cace à inter­valles pré­dé­ter­mi­nés pen­dant la gros­sesse. Une autre consiste à uti­li­ser des mous­ti­quaires impré­gnées d’in­sec­ti­cide. A l’heure actuelle, seuls deux pays d’A­frique appliquent sys­té­ma­ti­que­ment le TPI, le Kenya et le Mala­wi. D’autres, comme le Nige­ria, la Tan­za­nie, l’Ou­gan­da et la Zam­bie, ont abais­sé les taxes sur les mous­ti­quaires pour les rendre plus abor­dables et sont main­te­nant au stade de l’é­la­bo­ra­tion des poli­tiques qui régi­ront les TPI.

D’a­près des études réa­li­sées au Kenya et au Mala­wi, les taux de palu­disme intra-uté­rin, d’a­né­mie aiguë et d’in­suf­fi­sance du poids de nais­sance peuvent être sen­si­ble­ment abais­sés en admi­nis­trant, dans le cadre des soins pré­na­taux, des TPI aux mères en cours de leurs pre­mières et de deuxièmes gros­sesses. Au Mala­wi, où cette thé­ra­pie figure dans la poli­tique natio­nale de san­té depuis 1993, les femmes rece­vant un TPI pen­dant leur gros­sesse pré­sentent des taux d’in­fec­tion pla­cen­taire net­te­ment infé­rieurs – 23% contre 32% – tan­dis que les insuf­fi­sances de poids de nais­sance passent de 23% à 10%.

Le TPI devrait démar­rer à par­tir du second tri­mestre et être admi­nis­tré à inter­valle maxi­mum d’un mois. Dans les régions d’A­frique de l’Est où la résis­tance à la chlo­ro­quine est en pro­gres­sion, des tests à grande échelle ont mon­tré qu’un trai­te­ment inter­mit­tent à mono­prise de sulfadoxine/pyréthamine (SP) au début des deuxièmes et troi­sièmes tri­mestres réduit sen­si­ble­ment la pré­va­lence de l’a­né­mie et de l’in­suf­fi­sance du poids de nais­sance, cette der­nière étant le pre­mier fac­teur de risque de décès du bébé au cours du pre­mier mois.

Outre l’a­né­mie, l’in­fec­tion palu­dique du pla­cen­ta est une cause majeure d’in­suf­fi­sance de poids et d’ac­cou­che­ment avant terme, res­pon­sables pour une grande part des mala­dies et de la mor­ta­li­té infan­tiles. L’in­suf­fi­sance de poids à la nais­sance est aus­si cause de nom­breux pro­blèmes pour le déve­lop­pe­ment ulté­rieur de l’en­fant. Dans les régions de trans­mis­sion instable, les femmes adultes sont insuf­fi­sam­ment pré­mu­nies et, en cas d’in­fec­tion palu­dique pen­dant la gros­sesse, elles risquent une atteinte grave, voire une issue fatale.

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