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Traitement de la migraine chez la femme enceinte

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Mise à jour : décembre 2006 – mai 2014

NB : Le plus sou­vent, la migraine s’améliore en cours de grossesse.

1- TRAITEMENT DE LA CRISE

L’u­ti­li­sa­tion ponc­tuelle ou chro­nique de tous les AINS
(y com­pris l’as­pi­rine = 500 mg/j et les inhi­bi­teurs de cox‑2)
est for­mel­le­ment contre-indi­quée à par­tir du début du 6ème mois de gros­sesse (24 SA).

NB : Pour La Revue Pres­crire (Numé­ro 281, mars 2007)
Les AINS sont à évi­ter dès le début de la gros­sesse, en rai­son d’un risque accru de fausse-couche, voire de malformation.
Le para­cé­ta­mol est à pri­vi­lé­gier tant que possible.
Voir : Les antal­giques pen­dant la grossesse


Les antal­giques de palier 1 :

On pré­fé­re­ra le para­cé­ta­mol, quel que soit le terme de la grossesse.

L’aspirine peut être uti­li­sée ponc­tuel­le­ment pen­dant les cinq pre­miers mois de gros­sesse (24 semaines d’aménorrhée). Au-delà de 24 SA, l’aspirine = 500 mg/j est for­mel­le­ment contre-indi­quée jusqu’à l’accouchement.

Tous les AINS sont for­mel­le­ment contre-indi­qués à par­tir de 24 SA (5 mois de gros­sesse révo­lus). Avant 24 SA, on les évi­te­ra si pos­sible, même en trai­te­ment ponctuel.

Les antal­giques de palier 2 :

En cas d’inefficacité des antal­giques de palier 1, on pour­ra avoir recours quel que soit le terme de la gros­sesse : aux antal­giques de palier 2 : codéine (Codo­li­prane ®), ou au suma­trip­tan (Imi­grane ®).

En cas d’inefficacité des options pré­cé­dentes, l’utilisation d’un autre trip­tan (cf infra) pour­ra être envi­sa­gée quel que soit le terme de la grossesse.
Si un trai­te­ment de la nau­sée et des vomis­se­ments est néces­saire, on pré­fé­re­ra la doxy­la­mine (Donor­myl®). Si la doxy­la­mine se montre peu effi­cace ou mal tolé­rée, consul­tez la fiche « Anti­émé­tiques chez la femme enceinte » ou sur Escu­lape Vomis­se­ment de la grossesse

2- TRAITEMENT DE FOND

On pré­fé­re­ra les molé­cules sui­vantes en cours de gros­sesse (consul­ter les fiches) :

  • l’amitriptyline (Laroxyl ®)
  • le pro­pra­no­lol (Avlo­car­dyl ®)
    Escu­lape : Il paraît sou­hai­table d’ar­rê­ter le pro­pa­no­lol au 3ème tri­mestre pour risque de retard de crois­sance, pre­ma­tu­ri­té voire mort in utéro.
  • En cas d’inefficacité ou d’intolérance de ces options, l’utilisation d’un autre trai­te­ment pour­ra être envi­sa­gée au cas par cas (consul­ter les fiches) : Pizo­ti­fène (San­mi­gran ®) , Oxé­to­rone (Nocer­tone ®) ‚Indo­ra­mine (Vido­ra ®)
  • On évi­te­ra la flu­na­ri­zine (Sibé­lium ®), le méthy­ser­gide (Déser­nil ®) et le Topi­ra­mate (Epi­to­max ®) (consul­ter les fiches). 

    CRAT – Centre de Réfé­rence sur les Agents Tératogènes
    Hôpi­tal Armand Trous­seau, 26 ave­nue du Doc­teur Arnold Net­ter, 75012 PARIS
    Tel/fax : ++33 (0)143412622

    nara­trip­tan (Nara­mig °), Zol­mi­trip­tan (Zomig °)

    Les trip­tans sont des ago­nistes sélec­tif des récep­teurs vas­cu­laires 5‑HT1.
    Ils induisent une vaso­cons­tric­tion, en par­ti­cu­lier au niveau des vais­seaux crâniens.
    Isl s’utilisent par voie orale dans le trai­te­ment de la crise de migraine.

    ETAT DES CONNAISSANCES
    Les don­nées dis­po­nibles chez les femmes enceintes expo­sées au nara­trip­tan sont peu nom­breuses mais aucun élé­ment inquié­tant n’est retenu.
    Le nara­trip­tan (Nara­mig °) et Zol­mi­trip­tan (Zomig °) ne sont pas téra­to­gènes chez l’animal.

    EN PRATIQUE

    Décou­verte d’une gros­sesse pen­dant le traitement
    —- Ras­su­rer la patiente quant au risque mal­for­ma­tif du nara­trip­tan et du Zolmitriptan
    . —- Rééva­luer la prise en charge de la migraine.

    Trai­ter une femme enceinte
    —- Rap­pe­lons que tous les AINS sont contre-indi­qués à par­tir du début du 6ème mois (24 semaines d’aménorrhée).
    —- On uti­li­se­ra de pré­fé­rence les antal­giques de palier 1 :

    • Le para­cé­ta­mol peut être uti­li­sé quel que soit le terme de la grossesse.
    • L’aspirine = 500 mg/j peut être uti­li­sée ponc­tuel­le­ment avant 24 SA

    —- En cas d’inefficacité des antal­giques de palier 1, on pour­ra avoir recours quel que soit le terme de la grossesse :

    • Aux antal­giques de palier 2 codéine (Codo­li­prane ®),
    • Au suma­trip­tan (Imi­grane ®).

    En cas d’inefficacité des options pré­cé­dentes, l’utilisation du nara­trip­tan ou du Zol­mi­trip­tan pour­ra être envi­sa­gée quel que soit le terme de la grossesse. 

    L’opportunité d’un trai­te­ment de fond de la migraine pour­ra être discutée.

    MAJ mai 2014
    ©Pres­crire 1er mai 2014
    http://www.prescrire.org/Fr/3/31/49313/0/NewsDetails.aspx?page=1

    Chez les femmes enceintes migrai­neuses, cer­tains médi­ca­ments sont à pri­vi­lé­gier, d’autres à écar­ter réso­lu­ment. Pour la plu­part des femmes migrai­neuses, les crises de migraine sont moins fré­quentes au cours de la gros­sesse. Les crises n’ont pas d’ef­fet défa­vo­rable connu sur l’is­sue de la grossesse.
    Le main­tien d’un trai­te­ment médi­ca­men­teux pré­ven­tif est à remettre en ques­tion et sou­vent à interrompre.

    Cer­tains médi­ca­ments sont dan­ge­reux pen­dant la gros­sesse et sont à écarter :

    anti-inflam­ma­toires non sté­roï­diens, déri­vés de l’er­got de seigle, acide val­proïque, topi­ra­mate, flunarizine.

    Pen­dant la gros­sesse, le trai­te­ment de la crise de migraine repose d’a­bord sur des moyens non médi­ca­men­teux : repos au lit dans une atmo­sphère sombre et silen­cieuse, som­meil de quelques heures.

    Quand les symp­tômes motivent un trai­te­ment médi­ca­men­teux, le para­cé­ta­mol est l’an­tal­gique de pre­mier choix tout au long de la gros­sesse. La codéine a une effi­ca­ci­té incer­taine et expose notam­ment à des nau­sées. Elle est jus­ti­fiée en cas d’ef­fi­ca­ci­té insuf­fi­sante du paracétamol.

    En début de gros­sesse quand les crises sont fré­quentes ou gênantes, et quand les mesures non médi­ca­men­teuses ne per­mettent pas de pré­ve­nir les crises de migraine, le pro­pra­no­lol est un médi­ca­ment de choix. L’a­mi­trip­ty­line est une alternative.
    En rai­son de leurs risques d’ef­fets indé­si­rables, il est pré­fé­rable d’in­ter­rompre ces deux médi­ca­ments pré­ven­tifs à l’ap­proche de l’accouchement.

    L’u­ti­li­sa­tion ponc­tuelle et excep­tion­nelle d’as­pi­rine en début de gros­sesse, voire de suma­trip­tan, est envi­sa­geable quand aucune autre option antal­gique ne per­met de sou­la­ger une dou­leur migrai­neuse sévère, en infor­mant les femmes des incer­ti­tudes et des dan­gers de prises répétées.

    Pour sou­la­ger des nau­sées-vomis­se­ments, quand un médi­ca­ment est jugé sou­hai­table, le pre­mier choix est la doxylamine.

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