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DOULEURS et GROSSESSE

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Durant la gros­sesse, toute dou­leur est angois­sante pour la femme et pour le méde­cin qui craignent tous deux une patho­lo­gie pou­vant mettre en jeu le dérou­le­ment de la grossesse.
De plus, la palette thé­ra­peu­tique est limi­tée par le risque téra­to­gène, embryo­toxique et le manque d’in­for­ma­tion per­ti­nente sur des nom­breux médicaments.
Voir éga­le­ment Gros­sesse et Tératogènes
Voir éga­le­ment Antal­gie et grossesse

DOULEURS ABDOMINALES ou PELVIENNES

DOULEURS OBSTETRICALES
  • CONTRACTIONS UTERINES
    Sou­vent banales, elles peuvent aus­si annon­cer une FC, une MAP ou être symp­to­ma­tique d’une patho­lo­gie non obs­té­tri­cale (infec­tieuse, uri­naire, gynécologique..)
    Si elles sont fré­quentes, si le col est ano­ma­le­ment modi­fié et sui­vant le contexte médi­cal ou social, l’hos­pi­ta­li­sa­tion à visée diag­nos­tique et/ou thé­ra­peu­tique (toco­ly­tique) est nécessaire.
  • SYNDROME DE LACOMME
    Trés fré­quent, il résulte de la dis­ten­sion des arti­cu­la­tions sacro-iliaques et/ou de la sym­physe pubienne au cours de la gros­sesse mais en par­ti­cu­lier au cours des der­niers mois ==> Suite
  • RETROVERSION UTERINE
    15 à 20% des femmes ont un uté­rus rétro­ver­sé. La réduc­tion spon­ta­née de cette par­ti­cu­la­ri­té ana­to­mique – géné­ra­le­ment au cours du 3ème mois – est indo­lore mais peut par­fois s’ac­com­pa­gner de dou­leurs pel­viennes et de troubles uri­naires (réten­tion, dys­urie, pol­la­kiu­rie). Excep­tion­nel­le­ment, la symtp­ma­to­lo­gie est aiguë avec globe vési­cal, dou­leur sus-pubienne intense et incar­cé­ra­tion uté­rine néces­si­tant son­dage vési­cal et manoeuvre manuelle sous AG.
  • L’HEMATOME RETROPLACENTAIRE par déco­le­ment d’un pla­cen­ta nor­ma­le­ment inséré
    C’est une patho­lo­gie du 3ème tri­mestre (0,25% des gros­sesse) avec dou­leur abdo­mi­nale bru­tale, intense (avec cor­tège vagal). L’exa­men trouve un uté­rus contarc­té (de bois) et des métror­ra­gies. L’é­tat géné­ral confirme l’ur­gence de l’hos­piat­li­sa­tion en milieu obstétrique.
    Elle peut être asso­ciée à une HTA gra­vi­dique ou une pré-eclampsie
  • PRE-ECLAMPSIE
    Chez une femme enceinte atteinte d’H­TA trai­tée ou non, la symp­to­ma­lo­gie associe :
    .….…* Dou­leurs épi­gas­triques en barre
    .….…* Nau­sées, vomissements
    .….…* Cépha­lées, obnu­bi­la­tion, phos­phènes, accouphènes
    Voir pré-eclamp­sie
  • HELLP Syn­drome
    Patho­lo­gie grave asso­ciant HTA, oedème et pro­téi­nu­rie d’une pré-éclamp­sie. A l’é­vi­dence elle néces­site une hos­pi­ta­li­sa­tion immé­diate. Son seul trai­te­ment reste la déli­vrance en urgence.

DOULEURS GYNECOLOGIQUES

  • KYSTES OVARIENS
    Banaux en début de gros­sesse, ils sont géné­ra­le­ment fonc­tion­nels et indo­lores. Ils peuvent créer une pesan­teur pel­vienne. L’e­cho­gra­phie est l’exa­men de réfé­rence et de sur­veillance. Ils dis­pa­raissent spon­ta­né­ment au cours du 2ème trimestre.
    L’ap­pa­ri­tion d’un syn­drome dou­lou­reux évoque une com­pli­ca­tion clas­sique : hémor­ra­gie, rup­ture, torsion…
  • FIBROMES
    Ils sont géné­ra­le­ment indo­lore mais peuvent être le siège des com­pli­ca­tions habi­tuelles : nécro­biose asep­tique essen­tiel­le­ment. Elle cor­res­pond à une isché­mie pro­gres­sive qui entraine hyper­tro­phie pro­gres­sive et ramol­lis­se­ment du tis­sus fibro­ma­teux. L’é­cho­gra­phie confirme géné­ra­le­ment le diag­nos­tic. Le trai­te­ment asso­cie : repos, antal­giques, antibiothérapie
  • SALPINGITES
    Toute la patho­lo­gie infec­tieuse clas­sique doit être évo­quée mais néces­site des adap­ta­tions thé­ra­peu­tiques (CI des téra­cy­clines, fluo­ro­qui­no­lones, etc..).
    L’hos­pi­ta­li­sa­tion est judi­cieuse.… Voir Sal­pin­gites
  • VAGINITES
    Fré­quentes, géné­ra­le­ment banales avec une nette récru­des­cence des can­di­doses. L’her­pès reste une pré­coc­cu­pa­tion majeure.

DOULEURS DIGESTIVES
Vaste pro­gramme… Toute la patho­lo­gie diges­tive reste pos­sible mais cer­tains troubles sont favo­ri­sés par l’é­tat de grossesse.
L’embolie pul­mo­naire avec sa symp­to­ma­to­lo­gie basse du tho­rax doit éga­le­ment être évoquée

  • REFLUX GASTRO-OESOPHAGIEN
    Typique, il est signa­lé par au moins une femme sur deux .…
  • COLITE SPASMODIQUE
    Sou­vent anté­rieure à la gros­sesse, la consti­pa­tion de la femme enceinte.… notre pain quo­ti­dien… si j’ose dire :-))
  • ULCERE GASTRO-DUODENAL
    Plus rare et pro­ba­ble­ment amé­lio­ré par l’é­tat de gros­sesse. Si la symp­to­ma­to­lo­gie – plus ou moins typique – le néces­site : fibro­sco­pie- biopsie.
    Le trai­te­ment uti­lise anti­acides et du sucra­late. Les inhi­bi­teurs de la pompe a pro­tons est décon­seillée (pas d’é­tude). Les anti-H2 sont pos­sibles (sur­veillance hépa­tique de la mère et du NNE si le trai­te­ment a été fait à l’ap­proche du terme)
  • APPENDICITE
    Pas de par­ti­cu­la­ri­té si ne n’est quelques dif­fi­cul­tés sup­plé­men­taires de diagnostic…
  • LITHIASE VESICULAIRE
    Elle favo­ri­sée par la gros­sesse mais la symp­to­ma­tol­gie reste clas­sique et le trai­te­ment médi­cal asso­cie antal­giques, anti­spa­mo­diques, anti­bio­tiques +/- tocolytiques.
    En cas de lithiase cana­laire ou de cho­lé­cys­tite la chi­rur­gie est nécessaire
  • PANCREATITE AIGUE
    Symp­to­ma­to­lo­gie tra­di­tion­nelle (dou­leur épi­gas­trique intense avec son cor­tège vagal), elle peut en impo­ser pour une pré-éclamp­sie. Le bilan bio­lo­gique, le contexte et l’é­cho­gra­phie font la différence.
    Elle est dans la majo­ri­té des cas liée à une lithiase biliaire et sur­vient huit fois sur dix au cours du 3ème tri­mestre (ou en post-partum)
  • OCCLUSION INTESTINALE
    Symp­to­ma­to­lo­gie clas­sique mais pou­vant évo­quer un pro­blème obs­té­tri­cal et retar­der le diagnostic.
    Des ATCD chi­rur­gi­caux (pré­sences de brides) et un météo­risme abdo­mi­nal sont évo­ca­teurs. Les signes radio­lo­giques sont habi­tuels et le trai­te­ment chi­ru­gi­cal : la gros­sesse ne doit pas modi­fier la conduite à tenir vis-à-vis d’une occlu­sion mais l’ex­trac­tion pre­mière est réa­li­sée si le terme le permet.
    NB : un bon lave­ment éva­cua­teur reste tou­te­fois la pre­mière « grande manoeuvre » médicale…

DOULEURS URINAIRES

  • CYSTITE
    Fré­quente, banale , volon­tiers pau­ci-symp­to­ma­tique voire symp­to­matque car sou­vent le signe clas­sique de dys­urie intense en fin de mic­tion est absent. L’ECBU est nécessaire.
    L’ut­li­sa­tion par les patientes des ban­de­lettes de dépis­tage méri­te­rait d’être généralisée.
  • PYELONEPHRITE
    L’hos­pi­ta­li­sa­tion pour une bi-anti­bio­thé­ra­pie paren­té­rale est la règle
  • COLIQUE NEPHRETIQUE
    La symp­to­ma­lo­gie peut être dérou­tante. L’é­cho­gra­phie donne géné­ra­le­mebt le diag­nos­tic et per­met d’é­vi­ter l’UIV. l’EC­BU de prin­cipe confirme géné­ra­le­ment le pro­blème uri­naire par une héma­tu­rie stérile
    Le trai­te­ment est clas­sique : antal­giques, anti­spas­mo­diques mais opia­cés et AINS peuvent être uti­li­sés sur une courte période (3 jours) essen­tiel­le­ment au cours du second tri­mestre. L’in­fec­tion demeure la com­pli­ca­tion majeure (pyé­lo­né­phrite sur lithiase)

DOULEURS OSTEO-ARTICULAIRES FAVORISEES PAR LA GROSSESSE

  • LOMBALGIES
    Trés fré­quentes, elles sont favo­ri­sées par l’hy­per­lor­dose, l’hy­per­laxi­té liga­men­taire et la prise de poids.
    Les scia­tiques ne paraissent pas plus fré­quentes mais des lom­bal­gies basses et des ten­di­nites du moyen fes­sier peuvent faus­ser le diagnostic
  • Le CANAL CARPIEN
    Il appa­rait géné­ra­le­ment aprés le 6ème mois et dis­pa­rait avec l’ac­cou­che­ment… pour lais­ser la place à des ten­dites des poi­gnets crée par le port du bébé.….
    Le repos avec main sur­éle­vée suf­fit généralement
  • L’OSTENECROSE ASEPTIQUE DE LA TETE FEMORALE
    Favo­ri­sée par une prise de poids exces­sive (gros­sesse mul­tiple), elle sur­vient aprés le 4ème mois, plus sou­vent à gauche. La cli­nique est évo­ca­trice. Le trai­te­ment com­prend essen­tiel­le­ment une mise en décharge totale (cannes anglaises), des antalgiques
  • ALGODYSTROPHIE DE LA HANCHE
    C’est une patho­lo­hie du 3ème tri­mestre (trouble vas­cu­lo-sym­pa­thique réflexe). Elle appa­rait plus sou­vent sur la hanche gauche.

CEPHALEES ET MIGRAINES

    • Toute cépha­lée accom­pa­gnée de troubles diges­tifs doit faire éli­mi­ner une pré-éclampsie
     voire une autre pathologie
  • MIGRAINE
    La patiente est sou­vent une migrai­neuse connue et l’ef­fet sus­pen­sif de la gros­sesse est « assez réel » mais peut se faire attendre…
    Toutes les formes de migraines peuvent se ren­con­trer. La DHE et les tri­pans sont contre-indi­qués ; l’as­pi­rine et les AINS peuvent être uti­li­sés pour une durée brève (< 3 jours). Le para­cé­ta­mol, mal­gré une effi­ca­ci­té trés modé­rée reste le médi­ca­ment de pre­mière inten­tion. Le trai­te­ment de fond par les bêta-blo­quants (AVLOCARDYL ) est possible

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