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SUPPLEMENTATIONS AU COURS DE LA GROSSESSE

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(Dr I. Lacroix)

Au cours de la gros­sesse, les pres­crip­tions sys­té­ma­tiques de sup­plé­ments tels que le fer, le fluor ou cer­taines vita­mines deviennent de plus en plus fré­quentes. Ces pra­tiques ont donc fait l’objet d’évaluations abou­tis­sant ‡ l’élaboration de recom­man­da­tions (du Col­lège Natio­nal des Gyné­co­logues et Obs­té­tri­ciens de France en 1997).

Pour le fer, une sup­plé­men­ta­tion sys­té­ma­tique au cours de la gros­sesse ne se jus­ti­fie pas. En effet, une impor­tante aug­men­ta­tion des capa­ci­tés d’absorption intes­ti­nale du fer au cours de la gros­sesse per­met le plus sou­vent, de faire face aux besoins sup­plé­men­taires. En cas d’anémie fer­ri­prive, il existe un risque accru d’accouchement pré­ma­tu­ré et d’hypotrophie fœtale jus­ti­fiant une sup­plé­men­ta­tion en fer de 30 ‡ 60 mg/jour.

Lors d’anémie par carence en folates (plus fré­quentes chez les fumeuses, alcoo­liques ou lors de gros­sesse mul­tiple), on recom­mande une sup­plé­men­ta­tion en folates de 1 mg/jour.
Une sup­plé­men­ta­tion en folates de 4 à 5 mg/jour est éga­le­ment pré­co­ni­sée en cas d’antécédents d’anomalie de fer­me­ture du tube neu­ral. En effet, plu­sieurs études cli­niques montrent qu’un trai­te­ment par acide folique (1 mois avant la concep­tion et durant le pre­mier tri­mestre de gros­sesse) pré­vient la sur­ve­nue d’anomalie du tube neu­ral chez les femmes enceintes ayant déj‡ eu un enfant por­teur de ce type de mal­for­ma­tion. En France, la consom­ma­tion moyenne de folates des femmes enceintes (300 µg/jour) se trouve infé­rieure ‡ l’apport quo­ti­dien recom­man­dé (400 µg/jour).
Une carence en folates au cours de la gros­sesse pour­rait expli­quer un cer­tain nombre de nais­sances pré­ma­tu­rées et d’hypotrophies fœtales.
En consé­quence, il est recom­man­dé d’augmenter, de façon sys­té­ma­tique au cours de la gros­sesse, les apports en folates par une ali­men­ta­tion plus riche en céréales, légumes verts ou à défaut par une sup­plé­men­ta­tion de 100 à 200 µg/jour.

Les femmes enceintes pré­sentent un défi­cit en vita­mine D en fin de gros­sesse, sur­tout quand celle-ci se situe en hiver ou au début du printemps.
Or, des études ont mon­tré qu’il existe une rela­tion entre ce défi­cit et la sur­ve­nue d’hypocalcémie néo­na­tale. Une sup­plé­men­ta­tion en vita­mine D (une dose unique de 100 000 UI au début du sixième ou sep­tième mois de gros­sesse) réduit la fré­quence des hypo­cal­cé­mies de 5.1 à 1.9%.

En cas de défi­cience en iode, une aug­men­ta­tion des apports dès le début de la gros­sesse pré­vient la sur­ve­nue d’anomalies thy­roÔ­diennes chez la mère et le nou­veau-né. Cette cor­rec­tion doit résul­ter d’une aug­men­ta­tion des sources ali­men­taires d’iode (lait, pois­sons, œufs, sel enri­chi en iode).

Concer­nant les hémor­ra­gies céré­brales du pré­ma­tu­ré, une pré­ven­tion par trai­te­ment par la vita­mine K1 (10 mg IM au mini­mum 4 heures avant la nais­sance ou 20 mg par jour jusqu’à la nais­sance) ne dimi­nue pas le nombre total d’hémorragie mais semble active sur la pré­ven­tion des hémor­ra­gies sévères de stade III et IV.
Cette pré­ven­tion pour­rait donc Ítre pra­ti­quée en cas de pré­ma­tu­ri­té infé­rieure à 34 semaines d’aménorrhées en com­plé­ment de la cor­ti­co­thé­ra­pie. On dis­pose éga­le­ment d’études mon­trant l’intérÍt d’un trai­te­ment par Vita­mine K1 (10 mg/jour au mini­mum dans les 15 jours pré­cé­dant l’accouchement) dans la pré­ven­tion des hémor­ra­gies néo­na­tales lors de trai­te­ment mater­nel par cer­tains médi­ca­ments (anti­con­vul­si­vants, antituberculeux).

Conclu­sion
En France, la consom­ma­tion moyenne ali­men­taire suf­fit ‡ cou­vrir les besoins en pro­téines, cal­cium ou magné­sium au cours de la gros­sesse. Une sup­plé­men­ta­tion sys­té­ma­tique ne se jus­ti­fie donc pas.

Au total, une sup­plé­men­ta­tion en vita­mine D et une aug­men­ta­tion des apports en folates et iode par l’alimentation doivent Ítre recom­man­dées de façon sys­té­ma­tique. Des situa­tions par­ti­cu­lières peuvent jus­ti­fier une sup­plé­men­ta­tion en pré­ven­tion de patho­lo­gies mater­nelles ou fœtales.

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