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Dépistage du cancer du col : le frottis ne doit pas être détrôné !

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Coste J et coll. :  » Cross sec­tio­nal stu­dy of conven­tio­nal cer­vi­cal smear, mono­layer cyto­lo­gy, and human papil­lo­ma­vi­rus DNA tes­ting for cer­vi­cal can­cer scree­ning. » Br Med J 2003 ; 326 : 733–6 et http://www.jim.fr
14 avril 2003

La cyto­lo­gie mono­couche asso­ciée si pos­sible à la recherche d’ADN du papil­lo­ma­vi­rus est en passe de rem­pla­cer l’examen conven­tion­nel du frot­tis dans le dépis­tage du can­cer du col de l’utérus dans plu­sieurs pays dont les USA et la Suisse.

Cette nou­velle tech­nique, cer­tai­ne­ment plus coû­teuse, est-elle cepen­dant plus sen­sible et plus spé­ci­fique que le frot­tis stan­dard ? C’est à cette ques­tion que cherche à répondre une étude fran­çaise conduite dans 2 labo­ra­toires uni­ver­si­taires et deux labo­ra­toires pri­vés d’anatomopathologie.

2585 femmes ont par­ti­ci­pé à ce tra­vail (828 femmes devant subir une col­po­sco­pie en rai­son d’anomalies cyto­lo­giques et 1757 femmes adres­sées pour frot­tis de dépis­tage). Pour toutes ces patientes les deux exa­mens cyto­lo­giques ont été réa­li­sés (frot­tis et cyto­lo­gie mono­couche) et la recherche d’ADN de papil­lo­ma­vi­rus a été pra­ti­quée chez 1785 d’entre elles. La sen­si­bi­li­té et la spé­ci­fi­ci­té des exa­mens ont été mesu­rées avec comme réfé­rence la col­po­sco­pie et l’histologie (ce qui est unique dans les études sur l’intérêt des dif­fé­rentes méthodes de dépistage).

La sen­si­bi­li­té, la spé­ci­fi­ci­té et la valeur pré­dic­tive du frot­tis stan­dard se sont révé­lées supé­rieures ou égales à celle de la cyto­lo­gie mono­couche pour le dépis­tage des néo­pla­sies intra-épi­thé­liales de grade I ou plus et pour les lésions de grade supé­rieur ou égal à II. La sen­si­bi­li­té de la recherche d’ADN de papil­lo­ma­vi­rus humain n’était pas supé­rieure à celle du frot­tis et sa spé­ci­fi­ci­té était infé­rieure. De plus, la concor­dance inter-obser­va­teur (qui est un élé­ment clef en cyto­lo­gie) était bonne pour le frot­tis et moyenne pour la cyto­lo­gie monocouche.

Pour les auteurs, ces résul­tats devraient avoir d’importantes consé­quences pra­tiques et éco­no­miques, puisque rien n’autorise désor­mais, selon eux, de pri­vi­lé­gier les nou­velles tech­no­lo­gies de dépis­tage moins per­for­mantes et plus coû­teuses que le frot­tis classique.

Dr Céline Dupin

ESCULAPE : QUI CROIRE ????
En effet, les recom­man­da­tions d’Eu­ro­gyn 2003 sont favo­rables au frot­tis en phase liquide avec recherche et typage des virus HPV [Lire]

Cross sec­tio­nal stu­dy of conven­tio­nal cer­vi­cal smear, mono­layer cyto­lo­gy, and human papil­lo­ma­vi­rus DNA tes­ting for cer­vi­cal can­cer screening
Joël Coste, pro­fes­sor of medi­cal sta­tis­tics a, Béa­trix Cochand-Priol­let, assis­tant pro­fes­sor of patho­lo­gy b, Patri­cia de Cre­moux, assis­tant pro­fes­sor of phar­ma­co­lo­gy c, Cathe­rine Le Galès, senior eco­no­mist d, Isa­belle Car­tier, patho­lo­gist e, Vincent Moli­nié, patho­lo­gist f, Syl­vain Lab­bé, patho­lo­gist g, Marie-Cécile Vacher-Lave­nu, pro­fes­sor of patho­lo­gy h, Phi­lippe Vielh, patho­lo­gist i, for the French Socie­ty of Cli­ni­cal Cyto­lo­gy Stu­dy Group a Dépar­te­ment de Bio­sta­tis­tique, Hôpi­tal Cochin, Assis­tance Publique-Hôpi­taux de Paris, Facul­té de Méde­cine Cochin-Port Royal, Uni­ver­si­té Paris V, Paris, France, b Ser­vice d’A­na­to­mie et Cyto­lo­gie Patho­lo­giques, Hopi­tal Lari­boi­sière, Assis­tance Publique-Hôpi­taux de Paris, Paris, France, c Labo­ra­toire de Phy­sio­pa­tho­lo­gie, Dépar­te­ment de Bio­lo­gie des Tumeurs, Ins­ti­tut Curie, Paris, France, d Centre for Health Eco­no­mics and Admi­nis­tra­tion Research (CREGAS), INSERM U537-CNRS UPRESA 8052, Le Krem­lin-Bicêtre, France, e Labo­ra­toire Car­tier, Paris, France, f Ser­vice d’A­na­to­mie et Cyto­lo­gie Patho­lo­giques, Hôpi­tal Foch, Sur­esnes, France, g Centre d’A­na­to­mie Patho­lo­gique, Besan­çon, France, h Ser­vice d’A­na­to­mie et Cyto­lo­gie Patho­lo­giques, Hôpi­tal Cochin, i Ser­vice de Cyto­pa­tho­lo­gie et Cyto­mé­trie cli­nique, Ins­ti­tut Curie, Paris, France

Cor­res­pon­dence to : coste@cochin.univ-paris5.fr

Objec­tives : To com­pare the sen­si­ti­vi­ty, spe­ci­fi­ci­ty, and inter­ob­ser­ver relia­bi­li­ty of conven­tio­nal cer­vi­cal smear tests, mono­layer cyto­lo­gy, and human papil­lo­ma­vi­rus tes­ting for scree­ning for cer­vi­cal cancer.

Desi­gn : Cross sec­tio­nal stu­dy in which the three tech­niques were per­for­med simul­ta­neous­ly with a refe­rence stan­dard (col­po­sco­py and histology).

Set­ting : Public uni­ver­si­ty and pri­vate prac­tices in France, with com­plete inde­pen­dence from the suppliers.

Par­ti­ci­pants : 828 women refer­red for col­po­sco­py because of pre­vious­ly detec­ted cyto­lo­gi­cal abnor­ma­li­ties and 1757 women atten­ding for rou­tine smears.

Main out­come mea­sures : Cli­ni­cal rea­dings and opti­mi­sed inter­pre­ta­tion (two blind rea­dings fol­lo­wed, if neces­sa­ry, by consen­sus). Sen­si­ti­vi­ty, spe­ci­fi­ci­ty, and weigh­ted com­pu­ted for various thre­sholds of abnormalities.

Results : Conven­tio­nal cer­vi­cal smear tests were more often satis­fac­to­ry (91% v 87%) accor­ding to the Bethes­da sys­tem, more reliable (weigh­ted 0.70 v 0.57), and had consis­tent­ly bet­ter sen­si­ti­vi­ty and spe­ci­fi­ci­ty than mono­layer cyto­lo­gy. These fin­dings applied to cli­ni­cal rea­dings and opti­mi­sed inter­pre­ta­tions, low and high grade lesions, and popu­la­tions with low and high inci­dence of abnor­ma­li­ties. Human papil­lo­ma­vi­rus tes­ting asso­cia­ted with mono­layer cyto­lo­gy, whe­ther sys­te­ma­tic or for aty­pi­cal cells of unde­ter­mi­ned signi­fi­cance, per­for­med no bet­ter than conven­tio­nal smear tests.

Conclu­sions : Mono­layer cyto­lo­gy is less reliable and more like­ly to give false posi­tive and false nega­tive results than conven­tio­nal cer­vi­cal smear tests for scree­ning for cer­vi­cal cancer.

Au bout du compte, le bilan n’est guère brillant pour la Thin­Prep®. Au regard des cri­tères du sys­tème stan­dar­di­sé de Bethes­da le frot­tis conven­tion­nel était plus sou­vent satis­fai­sant (91 % contre 87 %) et plus fiable (? pon­dé­ré 0,70 contre 0,57). Il mon­trait aus­si de manière régu­lière une sen­si­bi­li­té et une spé­ci­fi­ci­té supé­rieures ou équi­va­lentes à la tech­nique mono­couche, que ce soit dans la recherche de néo­pla­sies intraé­pi­thé­liales de grade I ou plus ou de lésions de grade II ou plus. En outre, en rai­son d’un plus grand nombre d’anomalies détec­tées la Thin­Prep® abou­tis­sait à un diag­nos­tic des ASCUS/AGUS « par­ti­cu­liè­re­ment peu fiable ». Enfin l’ajout de dépis­tage d’HPV ne chan­geait rien à cette donne.

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