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Fausses couches à répétition : causes et traitements

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La gros­sesse est une période au cours de laquelle la femme se met plus à l’écoute de son corps. Mais, en cas d’interruption spon­ta­née et vio­lente de ce moment de bon­heur, il s’agit pro­ba­ble­ment d’une fausse couche. En effet, cette fausse couche, qua­li­fiée de fausse couche iso­lée, touche près de 20% des femmes, et elle ne doit pas être confon­due aux fausses couches à répé­ti­tion. Ces der­nières affectent envi­ron 1,5% des femmes et néces­sitent une prise en charge médi­cale et psy­cho­lo­gique dans cer­tains cas. Voi­ci les causes et trai­te­ments des fausses couches à répé­ti­tion dans ce billet.

Fausses couches à répétition : définition

Bien avant, notons que les fausses couches iso­lées peuvent être défi­nies comme un arrêt spon­ta­né de la gros­sesse avant la vingt-deuxième semaine d’aménorrhée (ce qui fait envi­ron cinq mois). Ce type de fausse couche n’empêche pas la femme de mettre au monde l’enfant qu’elle porte. En effet, les fausses couches iso­lées sont dif­fé­rentes des fausses couches à répé­ti­tion, qui se tra­duisent par au moins trois épi­sodes consé­cu­tifs d’avortement, entre le deuxième et le sixième mois de gros­sesse, ceci avec le même partenaire.

Il a été rap­por­té que ce phé­no­mène concerne près de 1,5% des femmes. Cette situa­tion est vécue comme une malé­dic­tion par ces por­teuses qui, trois voire cinq fois de suite, n’arrivent pas à don­ner nais­sance à leur enfant. Envi­ron un cas sur cinq des femmes concer­nées par les fausses couches estiment qu’il s’agit d’une mal­chance.  Et pour le reste, ce fléau serait pro­vo­qué par une patho­lo­gie que cer­tains méde­cins jugent d’ailleurs de mala­die abortive.

Fausses couches à répétition : quelles sont les causes ?

Dans près de la moi­tié des cas, un bilan com­plet est effec­tué pour iden­ti­fier l’origine des fausses couches spon­ta­nées. Les prin­ci­paux fac­teurs à l’origine sont :

Anomalie anatomique de l’utérus

Cette ano­ma­lie ne per­met pas une bonne implan­ta­tion de l’œuf. Elle peut être expli­quée par les situa­tions ou mala­dies suivantes :

  • Mal­for­ma­tion uté­rine congé­ni­tale (l’utérus est cloisonné) ;
  • Polypes :
  • Adé­no­myose ;
  • Fibromes uté­rins sous-muqueux ou intra-muraux ;
  • Endo­mé­trite.

On note aus­si comme mala­die, la syné­chie. Il s’agit de l’adhérence des parois de l’utérus, qui entraîne des cure­tages répétés.

Insuffisance ovarienne prématurée

Le Groupe d’Étude de la Mala­die Abor­tive a esti­mé le nombre de patientes res­sen­tant des FCSR et concer­nées par cette cause de fausses couches à répé­ti­tion, à hau­teur de 15%. Il res­sort que l’insuffisance ova­rienne serait à l’origine d’une hausse de l’aneuploïdie (nombre anor­mal de chro­mo­somes) ovocytaire.

Cause génétique

Si l’un des parents est por­teur d’une ano­ma­lie équi­li­brée (sans un effet chez le parent en ques­tion), il peut trans­mettre un patri­moine géné­tique anor­mal à l’embryon, ce qui sera à l’origine de fausses couches à répé­ti­tion. Il peut s’agir d’une trans­lo­ca­tion réci­proque (échange d’information entre deux chro­mo­somes) ou d’une trans­lo­ca­tion robert­so­nienne.

Anomalie auto-immune

Dans le cadre du lupus ou du syn­drome des anti-phos­pho­li­pides par exemple, les anti­corps se mettent en place pour faire face à un agent étran­ger, en par­ti­cu­lier contre l’embryon qui ne pos­sède pas le même ADN que la maman.

En outre, plu­sieurs autres mala­dies comme le syn­drome des ovaires poly­kys­tiques, les ano­ma­lies de la coa­gu­la­tion, le dia­bète mal équi­li­bré…peuvent pro­vo­quer des fausses couches à répé­ti­tion. La qua­li­té de sperme du par­te­naire de même que les fac­teurs envi­ron­ne­men­taux (taba­gisme, café, obé­si­té, expo­si­tion aux pol­luants, phta­lates) peuvent aus­si expli­quer ce phénomène.

Alors, dans près de la moi­tié des cas, aucune cause n’est rap­por­tée aux fausses couches à répé­ti­tion. Notons cepen­dant qu’une étude effec­tuée récem­ment a mis en cause la qua­li­té de l’endomètre, dans les cas de fausses couches où l’étiologie n’a pas été iden­ti­fiée. Une ana­lyse des échan­tillons des tis­sus de la muqueuse uté­rine d’environ 120 femmes tou­chées par les fausses couches à répé­ti­tion a révé­lé que, les cel­lules souches pou­vant per­mettre la bonne implan­ta­tion de l’œuf ne sont pas présentes.

Fausses couches à répétition : diagnostic ou bilan complet

À la suite de trois fausses couches consé­cu­tives, le méde­cin pro­pose à la femme de pro­cé­der à un bilan com­plet, et par­fois à son par­te­naire, dans l’optique de déter­mi­ner les causes. Ce bilan com­prend les exa­mens et tests suivants :

  • Exa­mens d’imagerie médi­cale : l’écho­gra­phie, l’hystérosalpingographie, l’hystéroscopie) afin de voir s’il y a une ano­ma­lie ana­to­mique de l’utérus ;
  • Dosages hor­mo­naux ;
  • Bilan infec­tieux à par­tir d’un pré­lè­ve­ment cer­vi­co-vagi­nal ;
  • Bilans san­guins à par­tir du dosage d’auto-anticorps, de la gly­cé­mie, des pro­téines de la coagulation ;
  • Bilan thy­roï­dien à par­tir du dosage de la TSH ;
  • Consul­ta­tion géné­tique pour la patiente et son par­te­naire à par­tir de l’établissement de leur caryotype.

Le par­te­naire doit éga­le­ment faire un spermogramme.

Traitements des fausses couches à répétition

La prise en charge des fausses couches répé­tées est fonc­tion de la cause iden­ti­fiée. On peut donc parler :

  • Des trai­te­ments à base de médi­ca­ments dans le cadre de dif­fé­rentes maladies ;
  • Une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale dans le cas d’une ano­ma­lie ana­to­mique de l’utérus ;
  • Le diag­nos­tic pré-implan­ta­toire et fécon­da­tion in vitro est pro­po­sé, s’il s’agit d’une ano­ma­lie génétique ;
  • Trai­te­ment à base d’hormones spé­ci­fiques dans le cadre d’un dés­équi­libre des hor­mones, peut être indi­qué aux patients à un stade don­né. Cela per­met de régler le pro­blème à l’origine des fausses couches.

Par ailleurs, si l’étiologie des fausses couches spon­ta­nées à répé­ti­tion n’est pas connue, le pro­fes­sion­nel de san­té peut indi­quer l’utilisation d’aspi­rine (75 mil­li­grammes par jour dès la pre­mière semaine d’aménorrhée), accom­pa­gnée de petites doses d’hépa­rine (flui­di­fiants san­guins). Tou­te­fois, l’efficacité de ce trai­te­ment est encore sujet de débat.

À l’instar de la prise en charge, un accom­pa­gne­ment psy­cho­lo­gique est essen­tiel pour les patientes, sur­tout à par­tir de la troi­sième fausse couche. Les femmes concer­nées ont ten­dance à croire qu’il s’agit d’une véri­table malé­dic­tion et qu’elles feront de nou­veau une fausse couche. Quant aux méde­cins et urgences qui constatent des fausses couches à répé­ti­tion, ils ont ten­dance à igno­rer le phé­no­mène et à consi­dé­rer cela comme un accident.

A cet effet, il est recom­man­dé à ces femmes de ne pas s’isoler, de se sen­tir libre pour par­ler de leur res­sen­tie, de la situa­tion qu’elles sont en train de vivre dans leur corps. Tout ceci avec les spé­cia­listes et avec leurs conjoints. De plus, il est recom­man­dé de pra­ti­quer des exa­mens néces­saires dans un centre médi­cal, dans l’optique de vite poser le diagnostic.

 

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