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Comment dépister et traiter la dépression chez les personnes âgées ?

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La dépres­sion est un trouble psy­chia­trique qui peut sur­ve­nir à n’importe quelle étape de la vie. Cepen­dant, le poids de l’âge rend les seniors plus vul­né­rables au mal que les plus jeunes. Les troubles dépres­sifs sur­viennent chez les per­sonnes âgées dans cer­taines cir­cons­tances comme la soli­tude ou le décès d’un être cher. Elle peut éga­le­ment sur­ve­nir à la suite de cer­taines mala­dies. Les consé­quences du trouble sur la qua­li­té de vie de cette caté­go­rie de per­sonnes, sont sou­vent désas­treuses. Pour écar­ter tout risque de com­pli­ca­tion, il est néces­saire de vite repé­rer le trouble afin de pro­po­ser une prise en charge adéquate.

Qu’est-ce que la dépression chez les personnes âgées ?

La dépres­sion est l’une des causes de consul­ta­tion les plus fré­quentes. Elle se défi­nit comme un trouble men­tal qui se mani­feste par une perte totale ou par­tielle d’intérêt pour la plu­part des acti­vi­tés que le sujet accom­plis­sait habi­tuel­le­ment avec plai­sir. De même, on note une perte de confiance en soi chez le sujet, ain­si que des per­tur­ba­tions au niveau de son rythme de sommeil.

Les sta­tis­tiques de l’Organisation Mon­diale de la San­té révèlent que plus de 300 mil­lions de per­sonnes sont tou­chées par la mala­die chaque année. La pré­va­lence de ce trouble aug­mente en fonc­tion de l’âge. Ain­si, les per­sonnes âgées sont plus sus­cep­tibles de déve­lop­per ce trouble. En géné­ral, les pre­miers symp­tômes de la dépres­sion se remarquent chez le sujet âgé à par­tir de 65 ans, ce qui cor­res­pond à l’âge de la retraite. Les carac­té­ris­tiques de ces symp­tômes dépendent du type de dépres­sion dont souffre le patient.

Pre­miè­re­ment, il existe un trouble dépres­sif dit mélan­co­lique. Il se carac­té­rise par un dés­équi­libre émo­tion­nel et moral. Les per­sonnes atteintes de ce type de trouble sont très sou­vent por­tées vers les ten­ta­tives de sui­cide.

Deuxiè­me­ment, cer­taines per­sonnes âgées sont sou­vent atteintes d’une dépres­sion hypo­con­driaque. Ce type de dépres­sion se carac­té­rise par quelques symp­tômes phy­siques comme la fatigue et des épi­sodes de dou­leurs ou encore de trem­ble­ments mus­cu­laires. Ces mani­fes­ta­tions phy­siques sont à mettre sur le compte d’un trouble psy­cho­so­ma­tique. Cela se jus­ti­fie d’ailleurs par les inquié­tudes répé­tées du sujet sur son état de san­té. Pour se ras­su­rer, le sujet ini­tie plu­sieurs consul­ta­tions qui ne révèlent la pré­sence d’aucune patho­lo­gie physique.

Troi­siè­me­ment, le trouble dépres­sif pos­sède une forme déli­rante qui peut évo­luer vers une forme grave de la patho­lo­gie : la dépres­sion démen­tielle. La dépres­sion déli­rante se mani­feste par plu­sieurs formes de délire. Il s’agit notam­ment des délires sur ses ima­gi­na­tions qui se carac­té­risent par des hal­lu­ci­na­tions. Les délires se res­sentent éga­le­ment à tra­vers les pro­pos du sujet, qui sont soit inju­rieux soit en dépha­sage com­plet avec le contexte d’une situa­tion. En outre, on note éga­le­ment un grand pes­si­misme du patient sur son état de santé.

Quels sont les symptômes de la dépression chez les sujets âgés ?

Les symp­tômes de la dépres­sion chez les sujets âgés sont presque iden­tiques à ceux que l’on retrouve chez les jeunes. Ain­si, on note comme chez tous les sujets dépres­sifs un grand dés­in­té­rêt par rap­port à toutes les acti­vi­tés rou­ti­nières pra­ti­quées par le patient. Cette phase de dés­in­té­rêt conduit le patient à une iso­la­tion pro­gres­sive par rap­port à son entou­rage. Des troubles émo­tion­nels mar­qués par une grande tris­tesse, un pes­si­misme accru et le déve­lop­pe­ment d’un com­plexe d’infériorité sur cer­tains aspects de sa vie ou sur son physique.

Ces divers signes sont révé­la­teurs d’un chan­ge­ment notable de per­son­na­li­té qui peut être repé­ré par les membres de l’entourage fami­lial. Cepen­dant, ces der­niers ne se rendent comptent de rien jus­qu’’ l’amplification du mal par l’avènement de nou­veaux symp­tômes. Ces nou­veaux symp­tômes sont :

  • Une fatigue récurrente ;
  • Des troubles du sommeil ;
  • Une ano­rexie ;
  • Des dou­leurs mus­cu­laires ou arti­cu­laires, etc.

Ces dif­fé­rentes mani­fes­ta­tions ont un effet néga­tif sur la qua­li­té de la vie de la per­sonne âgée. Chez les per­sonnes âgées encore actives intel­lec­tuel­le­ment, on note des pro­blèmes de concen­tra­tion et des trous de mémoire assez fré­quents. Sur le plan sexuel, on remarque une baisse de la libi­do et des troubles tels qu’une éja­cu­la­tion pré­coce. L’apparition de toutes ces mani­fes­ta­tions est consé­cu­tive à cer­taines situa­tions sociales ou sani­taires qui consti­tuent les fac­teurs de risques de la dépression.

Quels sont les facteurs de risques de la dépression chez les personnes âgées ?

Les causes de la dépres­sion indiquent la pré­sence de cer­taines ano­ma­lies au niveau des neu­ro­trans­met­teurs. Tou­te­fois, plus que les causes, les fac­teurs inter­ve­nant dans l’apparition de ce trouble men­tal sont indis­pen­sables à une prise en charge adé­quate. La sur­ve­nue de ce trouble est faci­li­tée par deux types de fac­teur. D’une part, les fac­teurs qui pré­dis­posent les indi­vi­dus à contrac­ter le mal. D’autre part, on note des fac­teurs déter­mi­nants qui pré­ci­pitent la sur­ve­nue du trouble chez le sujet âgé.

Les facteurs de risque prédisposant

Cette caté­go­rie de fac­teurs pré­des­tine le sujet à être atteint de la dépres­sion. En pre­mier lieu, on peut citer les anté­cé­dents de la dépres­sion. Que ces anté­cé­dents soient fami­liaux ou per­son­nels, ils exposent les per­sonnes âgées à un risque dépres­sif plus éle­vé. En dehors des anté­cé­dents dépres­sifs, d’autres anté­cé­dents de san­té sont éga­le­ment sus­cep­tibles d’entrainer cette mala­die. Au nombre de ces autres anté­cé­dents, on peut citer les mala­dies car­dio­vas­cu­laires et cer­taines mala­dies invalidantes.

Plu­sieurs études attestent d’ailleurs de ce que les per­sonnes âgées ayant subi un acci­dent vas­cu­laire céré­bral ont de fortes chances de finir avec un trouble dépres­sif. Quant à la dépres­sion sur­ve­nant à la suite d’une mala­die inva­li­dante, elle est pro­vo­quée par un trouble moral lié au refus de l’acceptation de cette nou­velle condition.

En second lieu, cer­taines situa­tions sociales favo­risent la sur­ve­nue du mal chez les per­sonnes âgées. Il s’agit notam­ment de cer­taines situa­tions défa­vo­ri­santes à l’égard des per­sonnes concer­nées. A titre illus­tra­tif, les per­sonnes âgées en situa­tion dif­fi­ciles pri­vées d’aides sociales pour des rai­sons dis­cri­mi­na­toires sont expo­sées à un risque dépressif.

En der­nier lieu, la prise de cer­tains médi­ca­ments ou encore hygiène de vie du sujet âgé peuvent avoir un impact dans la sur­ve­nue de ce trouble. Rela­ti­ve­ment aux fac­teurs médi­ca­men­teux, les médi­ca­ments ayant des effets secon­daires sur l’équilibre psy­cho­lo­gique sont notam­ment indexes. Concer­nant hygiène de vie, l’excès de consom­ma­tion de l’alcool ou des sub­stances dan­ge­reuses comme la nico­tine consti­tuent des élé­ments déclen­cheurs de la dépres­sion chez les patients âgés.

Les facteurs de risque déterminants

Les fac­teurs de risque déter­mi­nants concernent des évè­ne­ments qui ont eu comme impact direct de plon­ger le sujet âgé dans une dépres­sion. Les cas de figure les fré­quents sont le veu­vage et le divorce. Ces situa­tions pro­voquent sou­vent un chic émo­tion­nel qui per­turbe l’équilibre psy­cho­lo­gique du sujet et le plonge dans une tris­tesse pro­fonde. La sur­ve­nue d’un acci­dent vas­cu­laire céré­bral pour­rait être un fac­teur de risque aggravant.

D’autres situa­tions dif­fi­ciles comme les situa­tions finan­cières cri­tiques, l’isolement social, les troubles du som­meil ou encore un stress chro­nique sont aus­si sus­cep­tibles de pré­ci­pi­ter le sujet dans une dépres­sion profonde.

Comment diagnostiquer la dépression chez les sujets âgés ?

Le diag­nos­tic de la dépres­sion est sou­vent dif­fi­cile à poser en rai­son de ces traits de res­sem­blances avec les symp­tômes de cer­taines patho­lo­gies phy­siques. De plus, les sujets âgés sont très réti­cents à l’idée d’une consul­ta­tion et refuse de recon­naitre qu’ils sont dépres­sifs. Cepen­dant, diverses stra­té­gies diag­nos­tiques sont dis­po­nibles. Elles consistent en l’utilisation de cer­tains outils de diag­nos­tics comme la GDS qui est connue en fran­çais sous la déno­mi­na­tion d’Echelle de dépres­sion gériatrique.

Il s’agit en réa­li­té d’un outil qui per­met de détec­ter la pré­sence de sen­ti­ments dépres­sif et de volon­té sui­ci­daires chez une per­sonne. C’est un outil qui per­met aus­si bien de savoir si le sujet âgé est atteint de dépres­sion, que de déter­mi­ner le grade de la mala­die. Il consiste notam­ment à sou­mettre le sujet âgé à un inter­ro­ga­toire. La GDS est com­po­sée de 30 ques­tions. A chaque ques­tion, la per­sonne éva­luée répond par oui ou non. Cet inter­ro­ga­toire peut être mené par un géné­ra­liste, un gériatre ou encore un psychiatre.

D’un point de vue glo­bal, le méde­cin en charge de l’évaluation doit éga­le­ment réa­li­ser un exa­men cli­nique com­plet et au besoin, réa­li­ser un exa­men para-cli­nique. Le but de ces exa­mens cli­niques est d’envisager la pos­si­bi­li­té d’un diag­nos­tic dif­fé­ren­tiel. Par la suite, l’examinateur doit éva­luer le risque sui­ci­daire. Pour cela, il est recom­man­dé d’être atten­tif aux plaintes du patient. En cas d’intention sui­ci­daire, il est pos­sible que le patient le laisse entendre direc­te­ment ou indi­rec­te­ment au cours de l’entretien avec le médecin.

Il revien­dra donc au méde­cin d’évaluer ce risque en pre­nant en compte le type de dépres­sion, son stade ain­si que les fac­teurs de risques éven­tuels d’un sui­cide. Par ailleurs, il doit être en mesure d’identifier une urgence sui­ci­daire et agir en conséquence.

Quelle prise en charge pour une personne âgée souffrant de dépression ?

Il existe plu­sieurs options de trai­te­ments pour les per­sonnes âgées atteintes de dépres­sion. La prise en charge peut être médi­ca­men­teuse ou psy­cho­thé­ra­peu­tique. Le trai­te­ment médi­ca­men­teux repose sur la prise d’antidépresseurs. Ces médi­ca­ments sont tou­te­fois pres­crits en fonc­tion de la situa­tion cli­nique géné­rale du patient. De plus, les anti­dé­pres­seurs doivent être pris à dose pro­gres­sive, en fonc­tion de l’amélioration de l’état du senior.

En ce qui concerne la psy­cho­thé­ra­pie, il en existe sous diverses formes. Il est pos­sible pour le patient de faire sa thé­ra­pie seul ou en groupe. Tou­te­fois, peu importe le type de thé­ra­pie choi­sie, l’objectif est de pou­voir dis­cu­ter de son pro­blème, de par­ta­ger ses craintes et ses doutes et de rece­voir un sou­tien professionnel.

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