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Clairance de la créatinine chez sénior : importance, dosage, mode de calcul

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Issue de la dégra­da­tion de la créa­tine (une pro­téine inter­ve­nant dans la pro­duc­tion de l’énergie), la créa­ti­nine désigne un déchet nor­ma­le­ment pro­duit par l’organisme. Elle consti­tue l’un des moyens d’en savoir plus sur l’état des reins d’un indi­vi­du. En fonc­tion de sa valeur, le taux de créa­ti­nine peut en effet indi­quer ou non la pré­sence d’une ano­ma­lie rénale. Chez les seniors, ce dosage est géné­ra­le­ment en excès. Pour obte­nir alors des résul­tats plus fiables, le cal­cul de la clai­rance s’impose. Voi­ci tous les détails sur cette opération.

Clairance de la créatinine : Présentation

La clai­rance de la créa­ti­nine désigne le rap­port entre le taux de créa­ti­nine reje­tée à tra­vers les urines et celui pré­sent dans le sang. Déter­mi­ner cette mesure phy­sio­lo­gique sup­pose donc d’effectuer deux exa­mens dis­tincts. Il y a d’une part le test de la créa­ti­ni­nu­rie qui désigne le dosage de créa­ti­nine dans les urines. D’autre part, il est ques­tion de l’examen de la créa­ti­ni­né­mie qui fait réfé­rence à la quan­ti­té de ce méta­bo­lite dans le sang.

Nor­ma­le­ment, l’un ou l’autre de ces diag­nos­tics est adap­té pour éva­luer le bon fonc­tion­ne­ment des reins. Il s’avère qu’ils pos­sèdent un mode de cal­cul sus­cep­tible d’induire un faux diagnostic.

En effet, que ce soit dans le sang ou au sein des urines, divers élé­ments peuvent favo­ri­ser la baisse ou la hausse du taux de créa­ti­nine. C’est le cas de :

  • L’âge ;
  • La prise de cer­tains médi­ca­ments comme les contra­cep­tifs oraux ;
  • L’alimentation ;
  • L’existence de cer­taines pathologies ;
  • Le mode de vie ;
  • La pra­tique d’activités physiques.

Avec le cal­cul de la clai­rance de la créa­ti­nine, les risques d’erreurs de faux diag­nos­tics sont réduits même si cer­tains fac­teurs font aus­si varier la valeur de cette opération.

Calcul de la clairance de la créatinine : importance

Hor­mis le prin­ci­pal fait que la clai­rance de la créa­ti­nine garan­tisse des résul­tats plus fiables sur la vitesse de fil­tra­tion des reins, il faut ajou­ter que ce type de cal­cul est aus­si envi­sa­gé pour choi­sir les bons trai­te­ments. Il aide éga­le­ment à défi­nir les bons dosages de cer­tains médicaments.

Ce sont en réa­li­té des mesures qui per­mettent de pré­mu­nir les éven­tuels acci­dents toxiques, sur­tout lorsque le sujet est atteint de troubles de la fonc­tion rénale. Par­ti­cu­liè­re­ment chez les sujets âgés, le recours à la clai­rance de la créa­ti­nine per­met de déter­mi­ner la gra­vi­té d’une insuf­fi­sance rénale.

En réa­li­té, il faut com­prendre qu’avec l’âge, notam­ment à par­tir de 40 ans, l’organisme perd chaque année 1 % de sa capa­ci­té rénale. Ce qui signi­fie que les per­sonnes de plus de 75 ans sont toutes des indi­vi­dus souf­frant d’insuffisance rénale (géné­ra­le­ment modé­rée). À moins qu’elle soit à un niveau évo­lué, une telle patho­lo­gie est sou­vent asymptomatique.

La clai­rance de la créa­ti­nine consti­tue donc la solu­tion qui va per­mettre de diag­nos­ti­quer la mala­die. Mieux, elle va aider à en savoir plus sur son stade, car ce der­nier n’est pas tou­jours modé­ré chez tous les patients de plus de 75 ans.

Clairance de la créatinine : Mode de calcul

Clai­rance de la créatinine

Pour rap­pel, la clai­rance de la créa­ti­nine consti­tue le rap­port entre la créa­ti­ni­nu­rie et la créa­ti­ni­né­mie. Ain­si, la for­mule de cal­cul de cette mesure phy­sio­lo­gique est :

Clai­rance de la créa­ti­nine (en ml/min) = [Créa­ti­nine uri­naire (en µmol/L) x débit uri­naire (en ml/min)]/Créatinine plas­ma­tique (en µmol/L)

Une telle for­mule n’est valable que lorsque le sujet pos­sède une sur­face cor­po­relle égale ou avoi­si­nant 1,73 m2. Cer­taines per­sonnes âgées de plus de 75 ans peuvent cepen­dant avoir une forme obèse ou une taille moyenne. Ce sont des condi­tions phy­sio­lo­giques qui empêchent l’usage de cette for­mule, car elles peuvent faire varier son résultat.

C’est à ce niveau que l’existence de cer­taines variantes de for­mules de la clai­rance de la créa­ti­nine se révèle indis­pen­sable. Ces der­nières mini­misent en effet les risques d’erreurs.

Les autres formules de la clairance de la créatinine

Il existe en réa­li­té trois dif­fé­rentes autres for­mules pour déter­mi­ner la clai­rance de la créa­ti­nine. Ce sont deux d’entre elles qui sont géné­ra­le­ment employées lorsqu’il est ques­tion d’effectuer ce cal­cul chez les seniors.

La formule de Cockcroft & Gault

Pro­po­sée en 1976 par Hen­ry Gault et Donald W. Cock­croft, cette for­mule de la clai­rance de créa­ti­nine se déter­mine de la manière suivante :

Clai­rance de la créa­ti­nine (en ml/min) = [(140 — âge)/Créatininémie (en µmol/L] X Poids [en kg] X k

S’il s’agit d’une femme, le coef­fi­cient k est 1,04. Avec les hommes, il cor­res­pond à 1,23.

Une variante de la for­mule est :

Clai­rance de la créa­ti­nine [en ml/min] = [[140 — âge]/[7,2 x Créa­ti­ni­né­mie (en mg/L)]] x Poids [en kg] x k

Ici, la valeur du coef­fi­cient chez la femme est 0,85. Chez l’homme, elle est égale à 1.

La formule MDRD

Ayant vu le jour en 1999, la for­mule de Modi­fi­ca­tion of Diet in Renal Disease [MDRD] s’utilise lors des situa­tions durant les­quelles l’application de la for­mule de Cock­croft & Gault se révèle impos­sible. Il s’agit notam­ment des cas où le sujet :

  • Est une femme enceinte, une per­sonne obèse ou maigre ;
  • Pos­sède un gaba­rit hors norme, une moyenne d’âge de 65 ans ;
  • Souffre d’une patho­lo­gie aiguë ou d’une dénu­tri­tion majeure ;
  • A une amyo­tro­phie impor­tante ou une cir­rho­tique avec ascite.

Ain­si, lorsque l’une ou l’autre de ces condi­tions est exis­tante, la for­mule de cal­cul de la clai­rance de la créa­ti­nine est :

Clai­rance de la créa­ti­nine [en ml/min/1,73 m2] = 186,3 x [Créa­ti­ni­né­mie [en µmol/L] x 0,011 3) – 1 154 x âge – 0,203

Lorsque le sujet est une femme, il faut com­plé­ter [x 0,742] à cette formule.

Que faire après le calcul de la clairance de la créatinine ?

Une fois que la clai­rance de la créa­ti­nine du patient est connue, il faut à pré­sent pro­cé­der à l’interprétation des résul­tats. Pour cela, il fau­drait en amont com­pa­rer les réponses trou­vées aux valeurs nor­males de la clai­rance de la créa­ti­nine. De manière géné­rale, ces der­nières sont situées entre 80 et 120 ml/min.

Cepen­dant, lorsqu’il s’agit d’un homme, la valeur de réfé­rence de la clai­rance de la créa­ti­nine va de 90 à 140 ml/min. Chez les femmes, elle doit nor­ma­le­ment être com­prise entre 80 et 130 ml/min.

Clairance en dessous de 30 ml/min

Si suite aux com­pa­rai­sons le méde­cin constate que la valeur de la clai­rance de la créa­ti­nine de son patient est en des­sous de 30 ml/min, alors il doit conclure que ce der­nier est atteint d’une insuf­fi­sance rénale sévère. La patho­lo­gie est cepen­dant au stade ter­mi­nal lorsque la clai­rance est infé­rieure à 15 ml/min.

Qu’il s’agisse de l’un ou l’autre de ces niveaux de gra­vi­té de l’affection, le cli­ni­cien doit face à de tels résul­tats envi­sa­ger une méthode de dia­lyse. Celle-ci s’avère davan­tage indis­pen­sable lorsque la clai­rance est située en des­sous de 15 voire 10 ml/min. Outre cette mesure, le pro­fes­sion­nel de san­té doit au plus vite recher­cher la pré­sence de désordres méta­bo­liques comme :

  • L’oligoanurie ;
  • La sur­charge hydrosodée ;
  • L’hyperkaliémie ;
  • L’acidose.

Pour iden­ti­fier ces menaces, un bilan s’avère néces­saire. Même lorsque ces der­nières semblent inexis­tantes, un néphro­logue doit très rapi­de­ment prendre en charge le sujet.

Clairance entre 30 et 50 ml/min

Lorsque la clai­rance de la créa­ti­nine de l’individu donne une réponse com­prise entre 30 et 50 ml/min, il n’y a pas à s’affoler sauf s’il existe des signes inquié­tants comme des inflammations.

Un tel résul­tat n’induit en réa­li­té pas une situa­tion d’urgence, car chez les per­sonnes âgées de plus de 75 ans, leur rap­port créa­ti­ni­nu­rie – créa­ti­ni­né­mie est géné­ra­le­ment de valeur plus ou moins basse. Cela n’empêche pas la mise en place de tech­niques de soin. Face à une telle valeur de la clai­rance, le méde­cin doit en effet :

  • Mettre fin à tout trai­te­ment néphrotoxique ;
  • Évi­ter de recom­man­der un régime hypo­pro­ti­dique sur­tout si le sujet est âgé de plus de 70 voire 75 ans ;
  • Remettre en ques­tion les soins déjà exis­tants ;
  • Opti­mi­ser le trai­te­ment dia­bé­tique ;
  • Ajus­ter le dosage des médi­ca­ments à l’état de la fonc­tion rénale ;
  • Prendre contact avec un néphro­logue.

Diverses inves­ti­ga­tions étio­lo­giques peuvent être aus­si envisagées.

Le dosage de la créatinine

Clai­rance de la créatinine

Pour être en mesure de déter­mi­ner la clai­rance de la créa­ti­nine, il est indis­pen­sable de pos­sé­der le taux de ce déchet dans les urines et dans le sang. C’est pour cette rai­son qu’il est éga­le­ment néces­saire de savoir com­ment éva­luer le dosage de ce méta­bo­lite dans cha­cun de ces environnements.

Concentration dans les urines

Pour cal­cu­ler la créa­ti­ni­nu­rie, la pro­cé­dure consiste au prime abord à remettre au patient un réci­pient spé­ci­fique. Au sein de celui-ci, il devra recueillir toutes ses urines durant une période de 24 heures tout en veillant à les conser­ver au réfri­gé­ra­teur.

Dès que le délai de recueille­ment est pas­sé, il fau­dra ensuite trans­mettre l’urine au méde­cin afin que ce der­nier pro­cède aux ana­lyses néces­saires. Au cours de ces der­nières, l’usage de la ban­de­lette uri­naire consti­tue le moyen le plus sou­vent envi­sa­gé pour atteindre l’objectif.

Une fois que les résul­tats sont dis­po­nibles, il faut nor­ma­le­ment s’attendre à une quan­ti­té de 7 à 14 mmol/24 heures ou de 107 à 139 mL/min de taux de créa­ti­nine chez un homme. Au niveau des sujets de sexe fémi­nin, cette concen­tra­tion de réfé­rence est com­prise entre 87 et 107 ml/min ou va de 6 à 13 mmol/24 heures.

Interprétations

Une valeur de créa­ti­ni­nu­rie supé­rieure à la nor­male est une situa­tion qui se pré­sente le plus sou­vent lorsque le sujet est atteint de :

  • Dia­bète sucré ;
  • Hypo­thy­roï­die ;
  • Acro­mé­ga­lie.

Quand c’est le taux de créa­ti­nine dans les urines qui est en des­sous de la moyenne, les don­nées médi­cales laissent com­prendre que c’est un type de cas qui sur­vient lorsque le patient se retrouve :

  • En situa­tion d’obstruction du trac­tus urinaire ;
  • Atteint d’une insuf­fi­sance rénale, de poly­kys­tose rénale ou de glomérulonéphrite ;
  • En état de choc toxi-infectieux.

La pré­sence d’une ou plu­sieurs de ces affec­tions pour­rait donc être à la base de la hausse ou la baisse du taux de créa­ti­nine dans les urines.

Quantité de créatinine dans le sang

Com­pa­ra­ti­ve­ment au pro­ces­sus de dosage de la créa­ti­ni­nu­rie, celui de la créa­ti­ni­né­mie exige d’être dans cer­taines condi­tions. En effet, le senior doit :

  • La veille et le jour du test évi­ter la consom­ma­tion de pro­duits diu­ré­tiques et de boissons ;
  • Dans un délai de 24 heures, avant le diag­nos­tic réduire sa quan­ti­té de consom­ma­tion de viande rouge à 200 g ;
  • Arrê­ter toute intense acti­vi­té phy­sique deux jours avant l’examen.

Il est éga­le­ment pos­sible que le méde­cin pros­crive la prise de cer­tains médi­ca­ments sus­cep­tibles d’agir sur le niveau san­guin de créa­ti­nine. En ce qui concerne par ailleurs le dérou­le­ment pro­pre­ment dit du test, il faut révé­ler que le méde­cin en charge de l’opération va pro­cé­der à une prise de sang. Celle-ci s’effectue au niveau du pli de coude.

Après quoi, il pour­ra recher­cher la quan­ti­té plas­ma­tique de créa­ti­nine. Une fois les résul­tats obte­nus, il faut nor­ma­le­ment s’attendre à 88 – 150 μmol/L ou 6 – 12 mg/L de créa­ti­nine san­guine chez l’homme. Du côté de la femme, cette valeur va de 4 à 10 mg/L ou de 53 à 115 μmol/L.

Quelles sont les interprétations possibles ?

Lorsque la créa­ti­ni­né­mie d’un indi­vi­du est supé­rieure aux valeurs nor­males, alors sa clai­rance uri­naire baisse. Ces deux types de varia­tions pos­sèdent donc les mêmes fac­teurs déclen­cheurs. Il s’agit notam­ment de :

  • La déshy­dra­ta­tion ;
  • La pré­sence d’une infection ;
  • L’épuisement phy­sique ;
  • L’insuffisante conduc­tion du sang vers le rein ;
  • L’existence de cal­culs rénaux, d’une bles­sure mus­cu­laire ou d’un can­cer du sein ;
  • La des­truc­tion des tis­sus des muscles striés ;
  • L’insuffisance car­diaque ;
  • L’anomalie au niveau des fonc­tions rénales ;
  • La rhab­do­myo­lyse.

Il faut ajou­ter que dans le sang, un taux éle­vé de créa­ti­nine ne peut s’observer que lorsque l’individu est :

  • Une femme enceinte atteinte de prééclampsie ;
  • Une per­sonne pré­ma­tu­rée ;
  • Un hyper­ten­du.

Il en est de même lorsque le sujet souffre d’acromégalie ou de leucémie.

Les causes de la baisse de la créatininémie

Quatre situa­tions favo­risent géné­ra­le­ment une baisse du taux de créa­ti­nine dans le sang. Il s’agit de :

  • La gros­sesse ;
  • L’âge évo­lué ;
  • L’atteinte du foie ;
  • La pré­sence d’une dys­tro­phie musculaire.

De ce fait, une telle baisse ne peut s’observer que lorsque le sujet pos­sède une mala­die du foie, souffre d’une myo­pa­thie ou porte une gros­sesse.

Maintenir ses reins en bonne santé : les gestes recommandés

Clai­rance de la créatinine

Lorsqu’une per­sonne âgée pos­sède un taux de créa­ti­nine trop éle­vé ou bas, il se doit d’obser­ver quelques pré­cau­tions afin d’éviter de dégra­der davan­tage ses fonc­tions rénales. Ain­si, il est décon­seillé d’adopter les régimes consti­tués uni­que­ment de pro­duits pro­téi­nés. Ces der­niers exigent en réa­li­té une forte acti­vi­té de la part des reins.

Une moyenne de consom­ma­tion de 1,5 L d’eau au quo­ti­dien est éga­le­ment recom­man­dée. C’est un bon geste pour contri­buer à l’élimination des déchets pré­sents dans l’organisme ou emma­ga­si­nés au niveau des reins. Aus­si faut-il évi­ter la consom­ma­tion du tabac et des bois­sons alcoo­li­sées.

Ce sont des pro­duits qui affectent les fonc­tions rénales et bien d’autres organes. De plus, ils ampli­fient l’évolution des patho­lo­gies rénales.

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