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Les intoxications

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par le Doc­teur Patrick Corcelle
Réani­ma­tion médi­cale – Hôpi­tal de l’Ar­chet – CHU de Nice

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Culpéo­toxisme : dû à l’in­ges­tion de harengs, anchois ou sar­dines et don­nant diar­rhée aiguë et pares­thé­sies des extrémités.

Mugi­li­toxisme : après inges­tion de mulet ou de sur­mu­let, pou­vant entraî­ner des hallucinations.

Il et bien évident qu’en com­pa­rai­son de la fré­quence avec laquelle l’homme mange du pois­son ou des coquillages, ces intoxi­ca­tions sont extrê­me­ment rares. Elles doivent néan­moins être connues, d’une part pour les limi­ter dans les régions d’endémie et d’autre part pour en sup­pri­mer autant que faire se peut les risques. Une prise en charge médi­cale pré­coce et adap­tée doit sup­pri­mer le risque vital.

Intoxi­ca­tion par les plantes

Par­mi les innom­brables plantes qui nous entourent, un petit nombre seule­ment sont véné­neuses et une mino­ri­té de ces der­nières peut entraî­ner une menace vitale.

Les intoxi­ca­tions dues aux végé­taux (cham­pi­gnons exclus) repré­sentent en France envi­ron 1 à 3 % des intoxi­ca­tions connues des centres anti-poi­son. Leur symp­to­ma­to­lo­gie débute en géné­ral dans les quatre heures qui suivent l’absorption, et les ¾ des signes cli­niques sont liés à des troubles diges­tifs. Le trai­te­ment est le plus sou­vent symp­to­ma­tique. Si un grand nombre de ces plantes poten­tiel­le­ment dan­ge­reuses sont sau­vages, un cer­tain nombre sont des plantes culti­vées, soit en tant qu’aliment, soit en tant que décoration.

Le risque majeur se trouve chez l’enfant (sur­tout en des­sous de 5 ans), mais peut se ren­con­trer chez l’adulte (ran­don­neur, cam­peur, amou­reux de la nature…) à la suite soit d’une simple curio­si­té, soit d’une confu­sion avec une plante comes­tible, soit de l’absorption d’une par­tie non comes­tible d’une plante nor­ma­le­ment man­geable, soit d’un sur­do­sage par absorp­tion au long cours (réglisse).

Le plus grand nombre d’intoxication se voit aux périodes de flo­rai­son, de fruc­ti­fi­ca­tions et à Noël (plantes ornementales).

Les pro­duits nor­ma­le­ment consommables

Cer­tains légumes peuvent être dan­ge­reux. Les fèves (en cas de défi­cit en G‑6-PD, sur­tout dans le pour­tour médi­ter­ra­néen), la pomme de terre (seul le tuber­cule mûr est comes­tible, le reste de la plante est toxique). Le manioc, s’il n’est pas pré­pa­ré conve­na­ble­ment, peut entraî­ner une intoxi­ca­tion cyan­hy­drique. Si la tige de rhu­barbe per­met d’obtenir de déli­cieux des­serts, ses feuilles peuvent don­ner une intoxi­ca­tion oxa­lique, avec anu­rie et hémor­ra­gies. La sève et la peau de la mangue donnent des troubles diges­tifs. La baie, ain­si que tige, sève et feuilles du mûrier peuvent pro­vo­quer hal­lu­ci­na­tions et hyper-exi­ta­bi­li­té du sys­tème ner­veux central.

Baies absor­bées par erreur

Les baies bleu-noir peuvent être prises pour du cas­sis, de la myr­tille ou de la pru­nelle, par des sujets non avertis.

Par­mi les plus fré­quentes en France, bour­daine, noir­prun, morelle noire, phy­to­laque, sceau de Salo­mon, troène, mais sur­tout bel­la­done. Cette der­nière peut être res­pon­sable d’une intoxi­ca­tion atro­pi­nique, et deux à trois baies peuvent entraî­ner la mort chez l’enfant.

Toutes ces baies se trouvent dans les haies, le long des che­mins ou des champs, en été et en automne.

Les baies oranges et rouges peuvent être prises pour des gro­seilles ou des cerises. Si les plus dan­ge­reuses sont la douce-amère et le chèvre­feuille, qui peuvent tuer, un grand nombre d’autres donnent des troubles diges­tifs, voire neu­ro­lo­giques et car­diaques, tels l’arum la bryone, le muguet, le fusain, le fra­gon épi­neux, l’if, le tamier et le viorne orbier.

Quant aux baies blanches ; il s’agit de la sym­pho­rine (émé­ti­sante) et du gui, lequel, outre des troubles diges­tifs, peut don­ner un arrêt cardiaque.

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