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Les intoxications

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par le Doc­teur Patrick Corcelle
Réani­ma­tion médi­cale – Hôpi­tal de l’Ar­chet – CHU de Nice

Les plantes d’intérieur

Très recher­chées pour leur lon­gé­vi­té en inté­rieur et leurs magni­fiques pré­sen­ta­tions, cer­tains membres de la famille des arums (Dief­fen­bac­chia, cala­dium, phi­lo­den­drons…) sont dan­ge­reux. La toxi­ci­té est due à la pré­sence de cris­taux d’oxalate de cal­cium dans les feuilles et les tiges et à des enzymes. Ils sont res­pon­sables de brû­lures muqueuses avec œdème (bouche et pha­rynx) et de troubles digestifs.

Le ricin n’est dan­ge­reux que du fait de l’ingestion de graines après qu’elles ont été mâchées, sinon leur cap­sule empêche la libé­ra­tion de la toxine. Les troubles sont diges­tifs , muqueux, neu­ro­lo­giques et rénaux. Quelques grains mâchés peuvent entraî­ner la mort.

La lan­ta­na est res­pon­sable de pho­to­sen­si­bi­li­sa­tion et d’un tableau d’intoxication atro­pi­nique. Les cas graves peuvent entraî­ner la mort par trouble hémo­dy­na­mique majeur.

Autres plantes

Par­mi les autres plantes véné­neuses, cer­taines sont fré­quem­ment ren­con­trées dans nos régions, qu’il s’agisse de fleurs ou d’arbustes.

Deux de la famille des renon­cules sont uti­li­sées comme fleurs orne­men­tales. Tout d’abord l’aconit. Toute la plante est toxique, mais le risque est à la racine, qui de plus res­semble au navet (10 à 15g de racines sont suf­fi­sants pour tuer). Les symp­tômes de l’intoxication sont diges­tifs, mais aus­si neu­ro­lo­giques (pares­thé­sies et convul­sions) et car­dio-vas­cu­laires (hypo­ten­sion). Le del­phi­nium pré­sente la même symp­to­ma­to­lo­gie, la plante sau­vage étant par­fois res­pon­sable de mor­ta­li­té dans le bétail. La thé­ra­peu­tique symp­to­ma­tique sera com­plé­tée par l’atropine.

Un cer­tain nombre de plantes contiennent des hété­ro­sides car­dio­toxiques. Leur inges­tion est res­pon­sable, non seule­ment de troubles diges­tifs, mais aus­si de troubles du rythme car­diaque, de cépha­lées, trem­ble­ments et convul­sions. Les plus répan­dues sont la digi­tale pourpre, hôte des jar­dins, l’éllébore, fleur mon­ta­gnarde sem­blable à la gen­tiane et pous­sant à ses côtés, le muguet, dont la toxi­ci­té n’est pas limi­tée aux fruits mais s’étend aux feuilles et aux fleurs et le lau­rier rose, mer­veilleux arbuste des régions médi­ter­ra­néennes. Les feuilles de ce der­nier sont extrê­me­ment toxiques, une seule suf­fi­sant à tuer un adulte. Le simple fait de se ser­vir de ses baguettes comme bro­chette suf­fit à impré­gner la viande trans­per­cée d’une dose mor­telle de toxine.

Même le miel fabri­qué à par­tir de son pol­len est toxique ! Avec le trai­te­ment symp­to­ma­tique, une sur­veillance car­dio-vas­cu­laire est de mise pour pou­voir trai­ter le plus rapi­de­ment pos­sible les éven­tuels troubles du rythme car­diaque qui font toute la gra­vi­té de ces intoxications.

Les rho­do­den­drons et les aza­lées sont res­pon­sables d’hypersécrétion, de para­ly­sie, de convul­sions, de tachy­car­die et d’hypotension.

Le kal­mi, arbuste à fleurs roses pâles peut don­ner la même symp­to­ma­to­lo­gie, mais il est rare­ment en cause du fait de son extrême amertume.

Toxiques de par leurs bulbes, les nar­cisses et les jon­quilles sont res­pon­sables de troubles diges­tifs banals.

Quant au jas­min, il entraîne sueurs, dimi­nu­tion de la force mus­cu­laire, convul­sions et par­fois défaillance ventilatoire.

Enfin, plante célèbre depuis qu’elle eut rai­son de Socrate, la cigüe se trouve dans les champs. Toxique dans sa tota­li­té, elle est res­pon­sable de myas­thé­nie, para­ly­sie ven­ti­la­toire, convul­sions et décès. Bien qu’attirante car ses graines res­semblent à l’anis, elle est très rare­ment absor­bée du fait de sont très mau­vais goût.

Cer­taines plantes toxiques pour l’homme, ne le sont pas for­cé­ment pour les ani­maux. En man­geant l’animal qui s’en est nour­ri, l’homme peut s’intoxiquer. C’est ain­si que l’on peut voir des intoxi­ca­tions à la cigüe dont se seront nour­ries des cailles. Les escar­gots ne doivent être consom­més qu’après une longue période de jeûne pour évi­ter une éven­tuelle intoxi­ca­tion atro­pi­nique, car ils sont très friands de bel­la­done. Les abeilles buti­nant les lau­riers roses et le jas­min pro­duisent un miel toxique.

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