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Lymphomes malins non hodgkiniens : classification, causes, traitement

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Les lym­phomes malins non hodg­ki­niens (LNH) dési­gnent un groupe de tumeurs malignes du sys­tème lym­pha­tique. D’après des études, ils repré­sentent envi­ron 3 % de tous les can­cers. Au cours des der­nières décen­nies, leur inci­dence a aug­men­té dans la plu­part des pays indus­tria­li­sés. Ils sont par consé­quent consi­dé­rés comme le cin­quième type de can­cer le plus cou­rant. Les causes des LNH sont encore incon­nues, mais les recherches ont per­mis de détec­ter quelques fac­teurs de risque et rai­sons pro­bables. Les­quels ? Quels sont les symp­tômes des LNH ? Com­ment poser un diag­nos­tic et quelles sont les options de trai­te­ment dis­po­nibles ? Le pro­nos­tic de sur­vie est-il favo­rable ? Voi­ci des réponses !

Lymphomes non hodgkiniens : description

Comme évo­qué plus haut, les lym­phomes non hodg­ki­niens (LNH) sont un groupe de tumeurs malignes qui affectent prin­ci­pa­le­ment le sys­tème lym­pha­tique. Tou­te­fois, ils peuvent se retrou­ver dans d’autres organes. Le sys­tème lym­pha­tique, fai­sant par­tie du sys­tème immu­ni­taire, a pour rôle prin­ci­pal de défendre l’organisme corps contre les mala­dies et d’assurer une bonne cir­cu­la­tion des liquides. De nom­breux experts estiment que la confor­ma­tion du sys­tème lym­pha­tique consti­tue l’une des prin­ci­pales causes. Voi­ci de quoi il est composé :

  • Les vais­seaux lymphatiques,
  • Les gan­glions lymphatiques,
  • La lymphe,
  • Les autres organes.

Les vaisseaux lymphatiques et la lymphe

Le sys­tème lym­pha­tique est com­po­sé d’un ensemble de vais­seaux lym­pha­tiques minces pré­sents dans tout le corps. À l’intérieur des canaux lym­pha­tiques (vais­seaux) cir­cule la lymphe qui trans­porte tous les com­po­sés aqueux en excès, les lym­pho­cytes (B et T) et les déchets. Les seconds sont des cel­lules du sang connues sous le terme glo­bules blancs. Leur prin­ci­pale fonc­tion est de pro­té­ger l’organisme contre les infections.

Les ganglions lymphatiques

Les gan­glions lym­pha­tiques sont des masses rondes de petite taille qui relient les canaux lym­pha­tiques. Ils sont éga­le­ment répar­tis dans tout le corps, mais essen­tiel­le­ment dans les zones telles que les ais­selles, l’aine, le cou, l’abdomen, la poi­trine. De plus, ils sont capables de sto­cker les lym­pho­cytes et sont comme des filtres. Autre­ment dit, ils piègent et éli­minent les dif­fé­rents corps étran­gers comme les sub­stances nocives et les bactéries.

Les autres organes

Le sys­tème lym­pha­tique com­prend dif­fé­rents organes, notam­ment la rate, le thy­mus et les amyg­dales. En dehors de ceux-ci, les tis­sus lym­pha­tiques se retrouvent éga­le­ment dans l’estomac, l’intestin grêle et le derme.

Les lym­phomes peuvent donc appa­raitre dans ces dif­fé­rents organes du corps. Dans les LNH, les lym­pho­cytes com­mencent à se mul­ti­plier de manière anor­male. En fait, ils se divisent et se répliquent, les nou­velles cel­lules se dupliquent à leur tour et en pro­duisent davan­tage. Les cel­lules nou­vel­le­ment créées s’accumulent pour for­mer des tumeurs, ne meurent pas et n’assurent plus la fonc­tion prin­ci­pale des lym­pho­cytes sains.

Lymphomes non hodgkiniens : classification et caractéristiques

La clas­si­fi­ca­tion des lym­phomes malins non hodg­ki­niens est en constante évo­lu­tion et repose sur de nom­breux cri­tères qui prennent en compte :

  • Le type de cel­lules impli­quées et leur aspect mor­pho­lo­gique,
  • Le mode de crois­sance : nodu­laire (ou fol­li­cu­laire) ou diffuse,
  • Le degré de mali­gni­té : degré faible, inter­mé­diaire ou éle­vé (du plus indo­lent à celui dont l’évolution cli­nique est la plus agres­sive et aiguë, qui néces­site un trai­te­ment rapide),
  • Les carac­té­ris­tiques moléculaires,
  • L’épidémiologie,
  • La pré­sen­ta­tion clinique,
  • La réponse au trai­te­ment.

Selon la clas­si­fi­ca­tion la plus récente, pro­po­sée par l’Organisation mon­diale de la san­té (OMS), les lym­phomes non hodg­ki­niens consti­tuent deux groupes. Cela s’est fait en fonc­tion de la cel­lule lym­pho­cy­taire dont ils sont issus, à savoir les lym­phomes à cel­lules B et les lym­phomes T. Ces der­niers sont à leur tour clas­sés, selon le degré de matu­ra­tion de la cel­lule impli­quée. On dis­tingue ain­si les lym­phomes pro­ve­nant de cel­lules pré­cur­seurs B ou T et lym­phomes pro­ve­nant de cel­lules B ou T péri­phé­riques. Sont incluses les cel­lules T tueuses naturelles.

Les lymphomes à cellules B

Les lym­phomes à cel­lules B sont plus fré­quents (envi­ron 90 % des cas). Par­mi les variantes les plus cou­rantes, on trouve les lym­phomes dif­fus à grandes cel­lules B et les lym­phomes fol­li­cu­laires. Il existe éga­le­ment des lym­phomes de la zone mar­gi­nale de type MALT, les lym­phomes à petites cel­lules B, les lym­phomes à cel­lules du man­teau et le lym­phome de Bur­kitt. Il convient de men­tion­ner qu’ils sont moins fréquents.

Les lymphomes à cellules T

Les lym­phomes à cel­lules T, en revanche, sont rares dans les régions occi­den­tales. Les types les plus cou­rants sont le lym­phome péri­phé­rique à cel­lules T, les lym­phomes cuta­nés (le myco­sis fon­goïde et le syn­drome de Séza­ry. Le lym­phome ana­pla­sique à grandes cel­lules et le lym­phome lym­pho­blas­tique sont éga­le­ment inclus par­mi les LCT les plus fré­quents. Enfin, les lym­phomes non hodg­ki­niens se dis­tinguent des lym­phomes d’Hodgkin par l’absence des cel­lules typiques dites de Reed-Stern­berg.

Lymphomes non hodgkiniens : causes et facteurs de risques

Lym­phomes malins non hodgkiniens

À ce jour, les causes prin­ci­pales des lym­phomes non hodg­ki­niens demeurent incon­nues, mais cer­tains fac­teurs de risque asso­ciés ont été identifiés.

L’âge, le sexe et la race

L’âge, le sexe et la race repré­sentent des fac­teurs de risque dans le déve­lop­pe­ment des LNH. En effet, les études ont per­mis de noter une aug­men­ta­tion du risque pro­por­tion­nelle à l’âge jusqu’à la hui­tième décen­nie de vie (80 ans). De plus, les hommes sont deux fois plus sus­cep­tibles de déve­lop­per la mala­die que les femmes. Tou­te­fois, il convient de noter que cer­tains types de lym­phomes non hodg­ki­niens soient plus fré­quents chez les femmes. Enfin, la popu­la­tion blanche pré­sente un risque plus éle­vé que celle noire.

Les facteurs génétiques

Cer­tains fac­teurs géné­tiques ont ensuite été iden­ti­fiés chez les per­sonnes qui reçoivent un diag­nos­tic de lym­phome non hodg­ki­nien. Par exemple, les spé­cia­listes ont pu obser­ver que ces vic­times avaient des parents qui ont souf­fert de mala­dies héma­to­lym­pho­pro­li­fé­ra­tives et de patho­lo­gies héré­di­taires.

On peut entre autres citer les syn­dromes de Kli­ne­fel­ter et de Ché­diak-Higa­shi. En outre, de nom­breuses muta­tions géné­tiques qui modi­fient le cycle de vie régu­lier des cel­lules ont été détec­tées. Par­mi les plus connues, on retient les muta­tions des gènes c‑Myc, Bcl‑2, Bcl‑1, Bcl‑6 et p53.

Les médicaments et les thérapies

Les trai­te­ments de radio­thé­ra­pie et/ou chi­mio­thé­ra­pie sont recon­nus comme des fac­teurs de risque très faible dans le déve­lop­pe­ment de lym­phomes malins non hodg­ki­niens. Alors, il est recom­man­dé de tou­jours faire recours à ceux-ci seule­ment si néces­saire. De même, la prise de médi­ca­ments immu­no­sup­pres­seurs tels que la cyclo­phos­pha­mide, l’azathioprine et la cyclo­spo­rine favo­ri­se­rait des ano­ma­lies des lym­pho­cytes. C’est aus­si le cas de la phé­ny­toïne, ain­si que l’utilisation à long terme d’acide acé­tyl­sa­li­cy­lique, de péni­cil­line et de digi­ta­line. Le trai­te­ment avec des médi­ca­ments anti­re­jet après une greffe d’organe peuvent expo­ser à un risque non négli­geable de LNH.

Les maladies immunitaires

Les mala­dies immu­ni­taires ou affec­tions qui entrainent un dys­fonc­tion­ne­ment du sys­tème immu­ni­taire sont impli­quées dans les LNH. Il s’agit notam­ment du SIDA, des mala­dies héré­di­taires rares telles que l’ataxie-télangiectasie ou les syn­dromes de Louis-Bar et Wis­kott-Aldrich. Les autres patho­lo­gies com­prennent les infections :

  • À HTLV‑1 asso­cié à un risque accru de lym­phome et de leucémie,
  • Au virus d’Epstein-Barr lié à la mono­nu­cléose infec­tieuse et au lym­phome de Burkitt,
  • Au virus de l’hépatite C (VHC),
  • À Heli­co­bac­ter Pylo­ri : la bac­té­rie res­pon­sable de l’ulcère gas­trique et aus­si asso­ciée à un plus grand déve­lop­pe­ment de lym­phomes de l’estomac.

Enfin, la mala­die cœliaque est asso­ciée à un type de lym­phome à cel­lules T.

Les polluants

L’expo­si­tion aux pes­ti­cides phé­noxy­car­boxy­liques et chlo­ro­phé­no­liques est un fac­teur de risque pro­bable des LNH. Les per­sonnes les plus à risque sont cer­taines caté­go­ries de tra­vailleurs comme les agri­cul­teurs et les vété­ri­naires. Les sol­vants, tels que le ben­zène et le tri­chlor­éthy­lène ain­si que les tein­tures capil­laires sont sus­cep­tibles de pro­vo­quer des lymphomes.

En par­ti­cu­lier les tein­tures fon­cées et per­ma­nentes contiennent des sub­stances toxiques et poten­tiel­le­ment can­cé­ri­gènes (car­ci­no­gènes aro­ma­tiques et les nitro­sa­mines). Cela aug­men­te­rait le risque même chez ceux qui les mani­pulent habi­tuel­le­ment (coif­feurs et esthé­ti­ciennes). De plus, le risque, pour des rai­sons encore mal connues, serait plus impor­tant dans cer­taines pro­fes­sions étroi­te­ment liées à l’urbanisation. On peut citer les tra­vailleurs des indus­tries chi­miques, du caou­tchouc, des plas­tiques et du pétrole.

Lymphomes non hodgkiniens : symptômes et complications

Dans la plu­part des cas, le symp­tôme avant-cou­reur des lym­phomes non hodg­ki­niens est l’apparition sou­daine d’une lym­pha­dé­no­mé­ga­lie. C’est le gon­fle­ment d’un ou plu­sieurs gan­glions lym­pha­tiques dans le corps. Ces masses enflées ne sont pas dou­lou­reuses, s’accroissent et sont répar­ties dans plu­sieurs sta­tions gan­glion­naires. Tou­te­fois, le site le plus cou­rant se retrouve dans les gan­glions super­fi­ciels du cou, de l’aine ou des aisselles.

Par ailleurs, on note des symp­tômes et signes moins fré­quents que dans le cas du lym­phome d’Hodgkin. Ils comprennent :

  • Une perte d’appétit,
  • Des déman­geai­sons géné­ra­li­sées dans tout le corps,
  • Une fièvre d’origine incon­nue qui sur­vient géné­ra­le­ment le soir et dis­pa­raît spon­ta­né­ment le matin,
  • Une perte de poids injus­ti­fiée,
  • Des sueurs noc­turnes excessives,
  • Une fatigue géné­ra­li­sée.

Dans d’autres cas, la tumeur peut se déve­lop­per dans les gan­glions lym­pha­tiques pro­fonds de la poi­trine ou du ventre. Elle peut alors pro­vo­quer, selon le site atteint une toux per­sis­tante, une sen­sa­tion de constric­tion dans la poi­trine et une dif­fi­cul­té à res­pi­rer. On peut éga­le­ment obser­ver un gon­fle­ment et/ou une dou­leur abdo­mi­nale, l’apparition d’une bosse ou d’une masse visible au niveau du ventre. Cer­taines vic­times déve­loppent une sen­sa­tion de plé­ni­tude post­pran­diale (esto­mac qui semble plein) même après un repas léger.

Manifestations rares

Plus rare­ment, les lym­phomes non hodg­ki­niens pro­voquent des maux de tête fré­quents et des signes neu­ro­lo­giques comme l’affaiblissement d’une par­tie du corps, les dif­fi­cul­tés à par­ler ou les troubles de la vision. Cela signi­fie géné­ra­le­ment que le sys­tème ner­veux cen­tral est atteint (lym­phome céré­bral). D’un autre côté, des nodules cuta­nés peuvent appa­raitre, prin­ci­pa­le­ment dans le cas d’un lym­phome cutané.

Pour finir, un élar­gis­se­ment sou­dain d’un ou plu­sieurs gan­glions lym­pha­tiques dans le cou, l’aine, l’aisselle ou une autre par­tie du corps néces­site une consul­ta­tion d’urgence. Cela est davan­tage essen­tiel si ce signe ne pro­voque pas de douleur.

Autres manifestations

Les lym­phomes qui impliquent la moelle osseuse entrainent le plus sou­vent des symp­tômes liés à une dimi­nu­tion des glo­bules rouges, des pla­quettes et des glo­bules blancs. Ce sont la fatigue, l’essoufflement (asso­ciés à une ané­mie), les sai­gne­ments fré­quents du nez, les mens­trua­tions abon­dantes, les taches de cou­leur rouge fon­cé sur la peau. Dans cer­tains cas, les per­sonnes atteintes sont alors plus expo­sées aux infec­tions en rai­son d’une dimi­nu­tion des glo­bules blancs.

Lymphomes non hodgkiniens : diagnostic

Lym­phomes malins non hodgkiniens

Le méde­cin spé­cia­liste pour le diag­nos­tic et le trai­te­ment des lym­phomes est l’hématologue. Il pro­cé­de­ra, dans un pre­mier temps, à la col­lecte des anté­cé­dents cli­niques et fami­liaux du patient. Ensuite, il pro­cé­de­ra à une iden­ti­fi­ca­tion du type de LNH qui repose sur la biop­sie. Enfin, d’autres tests com­plé­men­taires peuvent être nécessaires.

Anamnèse

À cette étape du diag­nos­tic, le pro­fes­sion­nel de san­té pose au patient quelques ques­tions simples telles que :

  • Depuis com­bien de temps remarque-t-il l’apparition du gan­glion lym­pha­tique hypertrophié ?
  • Cela lui fait-il mal ou a‑t-il remar­qué d’autres gan­glions lym­pha­tiques enflés dans d’autres par­ties du corps ou des masses sus­pectes dans le ventre par exemple ?
  • Souffre-t-il d’autres troubles comme les maux de ventre ou de tête fré­quents, les nau­sées, la toux et les dif­fi­cul­tés respiratoires ?
  • Se réveille-t-il la nuit en sueur, avec de la fièvre et des sen­sa­tions de déman­geai­son sur tout son corps ?
  • A‑t-il per­du du poids au cours des six der­niers mois, non jus­ti­fié par des régimes amaigrissants ?
  • Mange-t-il avec plaisir ?
  • Se sent-il sou­vent fatigué ?
  • Souffre-t-il de mala­dies auto-immunes ?
  • Prend-il habi­tuel­le­ment des médi­ca­ments ? Si oui, lesquels ?
  • Y a‑t-il des cas anté­rieurs de can­cer dans sa famille ?

Cet exa­men médi­cal géné­ral lui per­met de véri­fier les signes qui peuvent évo­quer un lym­phome non hodg­ki­nien.

Biopsie

Cepen­dant, pour être sûr, le diag­nos­tic néces­site tou­jours la réa­li­sa­tion d’une biop­sie des gan­glions lym­pha­tiques. Autre­ment dit, on pro­cède à l’ablation com­plète d’un ou plu­sieurs de ces masses de tis­sus sus­pectes. On les sou­met ensuite à une ana­lyse micro­sco­pique par le spécialiste.

Avec les tech­niques actuelles de biop­sie à l’aiguille sous-scan­ner, il est pos­sible d’intervenir dans cer­tains cas sous anes­thé­sie locale, expo­sant ain­si le patient à moins de risques. Le pro­fes­sion­nel observe les gan­glions lym­pha­tiques pris au micro­scope et effec­tue éga­le­ment des tests molé­cu­laires. Ain­si, il est donc en mesure de confir­mer la sus­pi­cion de tumeur et éga­le­ment d’indiquer pré­ci­sé­ment le type.

Par ailleurs, on pour­rait réa­li­ser une biop­sie de la moelle osseuse Jam­shi­di des épines iliaques posté­ro­su­pé­rieures. Elle n’est néces­saire qu’en cas de sus­pi­cion d’atteinte médul­laire de la tumeur (de la moelle osseuse). La pro­cé­dure consiste à intro­duire une aiguille à tra­vers la peau, après anes­thé­sie pour engour­dir la zone. Celle-ci devra atteindre l’os de la hanche. Ensuite, avec une seringue, le spé­cia­liste va pré­le­ver éga­le­ment un échan­tillon de sang qui se trouve à l’intérieur de l’os. Il l’envoie au labo­ra­toire pour ana­lyse. Cette biop­sie prend peu de temps et se fait géné­ra­le­ment sous anes­thé­sie locale.

Autres tests diagnostiques

Une fois la sus­pi­cion de lym­phome non hodg­ki­nien confir­mée, il devient néces­saire d’en éta­blir l’étendue et la pro­pa­ga­tion. Ces fac­teurs sont indis­pen­sables pour for­mu­ler le pro­nos­tic et choi­sir le meilleur trai­te­ment. Pour ce faire, les pro­fes­sion­nels de san­té uti­lisent des exa­mens de labo­ra­toire et d’imagerie qui com­prennent, selon les cas.

Les tests sanguins

Ces tests per­mettent de trou­ver des numé­ra­tions san­guines anor­males (glo­bules rouges, glo­bules blancs et pla­quettes). De plus, ils aident à éva­luer la fonc­tion hépa­tique et rénale, l’uricémie ou la bêta‑2 micro­glo­bu­line. On peut tou­te­fois pro­cé­der à la déter­mi­na­tion d’une aug­men­ta­tion pos­sible de la vitesse de sédi­men­ta­tion des éry­thro­cytes (VS) et du lac­tate déshy­dro­gé­nase (LDH). Cela va per­mettre d’exclure d’éventuelles causes infectieuses,

Les tests d’imagerie

Les tests d’imagerie pos­sibles com­prennent les radio­gra­phies pul­mo­naires, les écho­gra­phies, le scan­ner tho­ra­co ‑abdo­mi­no-pel­vien avec pro­duit de contraste et l’IRM.

Les procédures invasives

L’utilisation d’autres pro­cé­dures de diag­nos­tic inva­sives n’est néces­saire que dans des cas par­ti­cu­liers et hau­te­ment sélec­tifs. Elles com­prennent des exa­mens diag­nos­tiques tels que la ponc­tion lom­baire ou rachi­cen­tèse et la biop­sie de nodules hépatique.

Classification de Cotswolds

La clas­si­fi­ca­tion de Cots­wolds est une ver­sion plus à jour des cri­tères d’Ann Arbor uti­li­sés pour le lym­phome d’Hodgkin. Elle est éga­le­ment appli­cable aux lym­phomes non hodg­ki­niens. En effet, elle per­met de déter­mi­ner à quel stade se trouve la tumeur au moment du diag­nos­tic en fonc­tion de cer­tains para­mètres. Il s’agit du nombre de gan­glions lym­pha­tiques impli­qués et des sites de la mala­die.

Stadification

Selon cette clas­si­fi­ca­tion, les lym­phomes non hodg­ki­niens peuvent donc être divi­sés en 4 stades :

  • Stade I : un seul gan­glion lym­pha­tique est impliqué,
  • Stade II : deux ou plu­sieurs zones de gan­glions lym­pha­tiques du même côté du dia­phragme sont impli­quées (soit en des­sous de l’abdomen, du bas­sin ou de l’aine, soit au-des­sus de la poi­trine, des ais­selles ou du cou),
  • Stade III : les gan­glions lym­pha­tiques des deux côtés du dia­phragme sont impliqués,
  • Stade IV : la tumeur s’est pro­pa­gée au-delà des gan­glions lym­pha­tiques et a tou­ché d’autres organes tels que le foie, les os ou les poumons.

Le dia­phragme est en fait un muscle en forme de dôme qui sépare la cavi­té tho­ra­cique de la cavi­té abdominale.

Autre méthode de stadification

La sta­di­fi­ca­tion prend éga­le­ment en compte la pré­sence (B) ou non (A) de symp­tômes sys­té­miques. Ce sont la fièvre, les sueurs noc­turnes, l’amaigrissement sévère supé­rieur au cours des six der­niers mois.

Les lettres E, S et X, quant à elles, indiquent respectivement :

  • E : l’atteinte d’un organe n’appartenant pas au sys­tème lym­pha­tique (comme le poumon),
  • S : l’atteinte de la rate,
  • X : la pré­sence d’une très grosse tumeur.

D’autres clas­si­fi­ca­tions sont éga­le­ment possibles.

Lymphomes non hodgkiniens : classification selon un index pronostique international (IPI)

Enfin, pour les LNH, il existe un index pro­nos­tique inter­na­tio­nal (IPI) qui per­met de clas­ser chaque patient en quatre caté­go­ries de risque. Celui-ci peut être de faible à éle­vé. Les fac­teurs pris en compte sont au nombre de 5 :

  1. L’âge du patient,
  2. La pro­pa­ga­tion de la tumeur en dehors du sys­tème lymphatique,
  3. Le stade tumoral,
  4. L’état de per­for­mance du patient (c’est-à-dire sa capa­ci­té à effec­tuer les acti­vi­tés de la vie quotidienne),
  5. Le taux sérique de lac­tate déshy­dro­gé­nase (LDH).

Les vic­times âgées de moins de 60 ans, stade Ann Arbor I et II, avec une absence de sites extra­gan­glion­naires impli­qués ont un meilleur pro­nos­tic. Il en est de même pour celles qui pré­sentent un bon indice fonc­tion­nel et concen­tra­tion nor­male de LDH. Il convient de noter que la sur­vie cinq ans après le diag­nos­tic de lym­phome non hodg­ki­nien est actuel­le­ment d’environ 72 %. Cela est pos­sible grâce aux pro­grès diag­nos­tiques et thé­ra­peu­tiques réa­li­sés.

Lymphomes non hodgkiniens : prise en charge

La prise en charge des lym­phomes non hodg­ki­niens implique une équipe médi­cale plu­ri­dis­ci­pli­naire, com­po­sée d’un onco­logue ou héma­to­logue, d’un radio­thé­ra­peute, d’un radio­logue. L’intervention d’un spé­cia­liste en méde­cine nucléaire et d’un ana­to­mo­pa­tho­lo­giste peut être néces­saire. Dans de nom­breux cas, il est pos­sible de se remettre de la mala­die pen­dant une longue période. Le trai­te­ment repose sur l’utilisation de :

  • La chi­mio­thé­ra­pie,
  • La radio­thé­ra­pie,
  • Les anti­corps mono­clo­naux,
  • Les greffes.

La chimiothérapie

Cette option implique l’admi­nis­tra­tion de plu­sieurs médi­ca­ments, en cycles, pen­dant quelques mois. Dans la plu­part des cas, la voie d’administration est intra­vei­neuse, avec du goutte-à-goutte et une inser­tion d’une aiguille dans le bras. Il est pos­sible, cepen­dant, qu’avec cette moda­li­té, cer­tains médi­ca­ments pro­voquent à la longue une irri­ta­tion des veines. On observe par consé­quent une inflam­ma­tion et/ou une obs­truc­tion du vais­seau san­guin lui-même. Pour remé­dier à cela, la chi­mio­thé­ra­pie est sou­vent réa­li­sée à l’aide de plu­sieurs appareils.

  • Le cathé­ter vei­neux cen­tral (CVC) : Une canule bio­com­pa­tible insé­rée dans une veine du tho­rax sous anes­thé­sie locale. On la fixe au tho­rax par quelques points de suture.
  • Le cathé­ter vei­neux cen­tral péri­phé­rique (CVCP) : Le spé­cia­liste uti­lise aus­si une canule simi­laire au CVC. Néan­moins, celle-ci est insé­rée sous anes­thé­sie locale au niveau du pli du coude.
  • Le cathé­ter vei­neux à chambre implan­table : c’est un cathé­ter relié à un petit dis­po­si­tif pla­cé sous la peau du tho­rax (appe­lé chambre implan­table), insé­ré sous anes­thé­sie locale ou générale.

Grâce aux trois appa­reils, il est pos­sible d’administrer des médi­ca­ments de chi­mio­thé­ra­pie et de pré­le­ver des échan­tillons de sang. Géné­ra­le­ment, le dis­po­si­tif reste implan­té pen­dant toute la durée de la thé­ra­pie et n’est reti­ré qu’à la fin com­plète de celle-ci. Dans cer­tains cas, ceux-ci sont admi­nis­trés sous forme de com­pri­més ou direc­te­ment dans le liquide cépha­lo-rachi­dien. Ici, la pré­sence de la tumeur a alors été consta­tée par une ponc­tion lombaire.

La radiothérapie

La radio­thé­ra­pie est uti­li­sée dans les cas de lym­phomes non hodg­ki­niens au stade pré­coce. Elle consiste à déli­vrer des doses mas­sives de rayon­ne­ment de haute inten­si­té sur les gan­glions impli­qués dans la tumeur. Le pro­fes­sion­nel prend le soin de pré­ser­ver au maxi­mum les organes sains situés à proximité.

Préparation

Pour ce type de thé­ra­pie, une pré­pa­ra­tion préa­lable est néces­saire. En d’autres termes, on doit avant tout pro­cé­der à la réa­li­sa­tion d’un scan­ner appe­lé scan­ner de cen­trage. À l’issue de celui-ci le méde­cin des­sine de petits tatouages ​​de points d’alignement sur la peau du patient, à l’aide d’encre et d’une petite aiguille.

Ensuite, en accord avec le phy­si­cien médi­cal, il éla­bore le plan de trai­te­ment à l’aide des images CT. Ces der­nières per­mettent de visua­li­ser les gan­glions lym­pha­tiques tou­chés par la tumeur, et le trai­te­ment pro­pre­ment dit peut être effectué.

Thérapie proprement dite

La radio­thé­ra­pie pro­pre­ment dite est réa­li­sée à l’intérieur d’un bun­ker. Un tech­ni­cien en radio­thé­ra­pie place le patient sur un lit rigide. En obser­vant les tatouages ​​​​des­si­nés sur la peau du patient et à l’aide d’un sys­tème laser, il le posi­tionne. Il suit ain­si les images du CT scan et laisse le patient seul pen­dant la durée de l’unique séance (géné­ra­le­ment quelques minutes). La machine peut alors émettre des radia­tions appe­lées accé­lé­ra­teur linéaire qui tournent autour du lit.

Il faut géné­ra­le­ment pra­ti­quer la radio­thé­ra­pie pen­dant 3 à 4 semaines, les jours non ouvrés excep­tés. Par ailleurs, le rayon­ne­ment ne se voit pas et ne pro­voque pas de dou­leur, ni ne quitte le patient radio­ac­tif. Ain­si à la fin de chaque séance, il pour­ra ren­trer chez lui et avoir des contacts avec sa famille y com­pris les enfants et les femmes enceintes.

Les anticorps monoclonaux

Ils sont capables de recon­naître et de détruire les cel­lules can­cé­reuses en se liant à des com­po­sants spé­ci­fiques. Ceux-ci sont pré­sents à la sur­face des cel­lules can­cé­reuses elles-mêmes. Le rituxi­mab est l’anticorps mono­clo­nal lar­ge­ment uti­li­sé dans le trai­te­ment des lym­phomes. Prin­ci­pa­le­ment, il est effi­cace en pré­sence du lym­phome fol­li­cu­laire et des lym­phomes non hodg­ki­niens dif­fus à grandes cel­lules B. Il agit en se liant au com­po­sant CD20 pré­sent à la sur­face de tous les lym­pho­cytes B en pro­vo­quant leur mort.

Le rituxi­mab n’est pas seule­ment uti­li­sé dans la prise en charge des can­cers du sang, mais éga­le­ment pour :

  • La leu­cé­mie lym­phoïde chronique,
  • Les formes sévères de la poly­ar­thrite rhumatoïde,
  • Dans deux mala­dies inflam­ma­toires des vais­seaux san­guins : gra­nu­lo­ma­tose de Wege­ner et poly­an­géite microscopique.

On admi­nistre le trai­te­ment par anti­corps mono­clo­naux par per­fu­sion dans une veine, seul ou en asso­cia­tion avec une chi­mio­thé­ra­pie. De même, cer­tains des anti­corps (ibri­tu­mo­mab et tixue­tan) sont liés à un com­po­sant radio­ac­tif. Par consé­quent, ils délivrent direc­te­ment une dose de rayon­ne­ment une fois qu’ils entrent en contact avec les cel­lules cancéreuses.

Les greffes

Dans les cas où la mala­die ne répond pas au trai­te­ment ou rechute après un cer­tain temps, il est pos­sible de faire recours aux greffes. Plus pré­ci­sé­ment, on recom­mande une greffe auto­logue de cel­lules souches héma­to­poïé­tiques ou une greffe allogénique.

La greffe autologue de cellules souches hématopoïétiques

Elle est pré­cé­dée d’une thé­ra­pie appe­lée condi­tion­ne­ment avec une chi­mio­thé­ra­pie à haute dose par­fois en asso­cia­tion avec la radio­thé­ra­pie. La greffe auto­logue implique la réin­fu­sion des propres cel­lules souches héma­to­poïé­tiques du patient après un trai­te­ment par chi­mio­thé­ra­pie à haute dose.

La chi­mio­thé­ra­pie à haute dose (éven­tuel­le­ment asso­ciée à la radio­thé­ra­pie) est géné­ra­le­ment capable de détruire les cel­lules can­cé­reuses qui ont résis­té aux trai­te­ments anté­rieurs. Il en est de même pour celles qui sont reve­nues après une pre­mière cure. Cepen­dant, des doses éle­vées com­portent un risque accru de lésions graves de la moelle osseuse. Le spé­cia­liste doit alors réa­li­ser un pré­lè­ve­ment des cel­lules souches héma­to­poïé­tiques du patient.

À la fin de la chi­mio­thé­ra­pie à haute dose, les cel­lules souches récol­tées peuvent être décon­ge­lées et réin­fu­sées au patient. Lors de la réin­fu­sion, le patient peut res­sen­tir de la cha­leur, des nau­sées, de la séche­resse ou un mau­vais goût dans la bouche. La greffe auto­logue est actuel­le­ment une pro­cé­dure sûre, asso­ciée à une très faible mortalité.

La greffe allogénique

En ce qui concerne la greffe allo­gé­nique, elle consiste en la réin­fu­sion de cel­lules souches héma­to­poïé­tiques de la moelle osseuse. Il est pos­sible que celles-ci pro­viennent du sang vei­neux péri­phé­rique d’un don­neur sain com­pa­tible avec le sujet atteint de tumeur. Elle est éga­le­ment pré­cé­dée d’une chi­mio­thé­ra­pie à haute dose et d’une radiothérapie).

La com­pa­ti­bi­li­té entre don­neur et rece­veur est un préa­lable indis­pen­sable à la réa­li­sa­tion de la greffe. Géné­ra­le­ment, les frères ou les sœurs ont une pro­ba­bi­li­té plus éle­vée d’être com­pa­tibles avec le patient. En revanche, un parent ou un enfant du patient a une com­pa­ti­bi­li­té infé­rieure. En l’absence de membres com­pa­tibles dans la famille, il est pos­sible de recou­rir à des don­neurs volontaires.

Ceux-ci sont dûment ins­crits dans les registres inter­na­tio­naux des don­neurs de cel­lules souches héma­to­poïé­tiques. On peut tou­te­fois recueillir un échan­tillon de sang de cor­don ombi­li­cal (cas d’enfants malades). Celui-ci est le plus sou­vent conser­vé dans des banques spé­cia­li­sées. Ce pré­lè­ve­ment doit avoir été fait sur un don­neur au moment de l’accouchement.

Pour éta­blir la com­pa­ti­bi­li­té, il faut que les anti­gènes pré­sents à la sur­face des cel­lules souches du don­neur et du rece­veur soient les mêmes. Cela peut être obte­nu avec un test de bio­lo­gie molé­cu­laire. Si les cel­lules souches du don­neur ne sont pas com­pa­tibles, une fois réin­fu­sées, elles seront recon­nues comme étran­gères. Il y aurait donc un risque éle­vé de rejet de greffe, un évé­ne­ment grave. D’autres com­pli­ca­tions pos­sibles de la trans­plan­ta­tion allo­gé­nique sont le déve­lop­pe­ment d’infections ou de dom­mages aux vais­seaux san­guins.

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