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RU 486 ( Mifégyne – mifépristone )

Publié le

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22/07/2004

Les IVG par médi­ca­ment pres­crits par un méde­cin de ville, hors hôpi­tal ou cli­nique sont autorisés

La molé­cule décou­verte en 1981, pré­sen­tée à l’A­ca­dé­mie des Sciences en 1982 par le Pr Bau­lieu, est une anti-hor­mone contre­car­rant l’ef­fet de la pro­ges­té­rone. Au cours de la gros­sesse, la pro­ges­té­rone favo­rise la nida­tion et le déve­lop­pe­ment de l’oeuf au niveau de la muqueuse uté­rine, et s’op­pose aux contrac­tions de l’u­té­rus, sus­cep­tibles d’a­bou­tir à l’ex­pul­sion de l’embryon.

L’ar­rê­té auto­ri­sant ces inter­rup­tions volon­taires de gros­sesse par un méde­cin de ville, hors hôpi­tal ou cli­nique a été signé ven­dre­di par le ministre de la San­té, Phi­lippe Douste-Blazy.

L’IVG médi­ca­men­teuse réa­li­sée jus­qu’à la fin de la 5ème semaine de gros­sesse, peut se pra­ti­quer en uti­li­sant du RU 486 (Mifé­gine) déli­vré par un méde­cin ayant pas­sé une conven­tion avec un hôpi­tal public ou privé.

Ce mode d’in­ter­rup­tion volon­taire de gros­sesse par pilule abor­tive de type RU 486 est pré­vue par la loi du 4 juillet 2001 qui réforme la loi Veil de 1975 sur l’IVG en allon­geant le délai de recours à l’a­vor­te­ment tra­di­tion­nel à l’hô­pi­tal ou en cli­nique (de la 10e à la 12e semaine de grossesse).

L’ar­rê­té signé ven­dre­di sera publié dans quelques jours au Jour­nal offi­ciel (JO), a pré­ci­sé le minis­tère de la Santé.

Selon des chiffres men­tion­nés ven­dre­di par Le Monde, envi­ron un tiers des 220.000 avor­te­ments pra­ti­qués chaque année en France le sont par voie médicamenteuse.

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Quelle est la dose de Mifé­pris­tone néces­saire pour une IVG avant 7 SA?,
Une revue de la lit­té­ra­ture de Phi­lippe Fau­cher parue dans Gyne­web Pro.

Le pro­to­cole ini­tial de l’IVG médi­ca­men­teux (dit « pro­to­cole fran­çais ») était le sui­vant : —- 600 mg de Mifé­pris­tone ( 3 com­pri­més) sui­vi de
—- 400 µg de Miso­pros­tol per os ( 2 com­pri­més) éven­tuel­le­ment renou­ve­lé au bout de 2–3 h dans le pro­to­cole de Brous­sais ( 4 com­pri­més en tout)
L’efficacité de ce pro­to­cole est bien éta­blie avant 49 j d’aménorrhée ( 7SA)

Un rap­port de l’ANAES de Mars 2001 ; c’est à la lec­ture de ces 4 études com­pa­ra­tives que les experts ont esti­més que la dose de Mifé­pris­tone pou­vait être réduite à 200 mg
Dans la lit­té­ra­ture le taux de gros­sesses évo­lu­tives per­sis­tantes après la prise de 200mg de Mifé­pris­tone (1cp) et 400µg de Miso­pros­tol (2 cp) per os, on constate que ce taux est de 1% ( 0,7 – 1,1 %) avant 49 jours d’aménorrhée et entre 1 et 2% jusqu’à 56 jours d’aménorrhée. Ces taux sont abso­lu­ment com­pa­rables avec ceux obser­vés avec 600 mg de Mifé­pris­tone (3cp) et 400µg de Miso­pros­tol (2 cp)per os.

L’équipe de Brous­sais a rajou­té une seconde dose de Miso­pros­tol por­tant la dose totale reçue à 800 µg pour un nombre non négli­geable de femmes . Les résul­tats des études uti­li­sant 200 mg de Mifé­pris­tone avec 4 com­pri­més de Miso­pros­tol par voie vagi­nale sont en effet excel­lents. Ain­si les recom­man­da­tions du Col­lège des gyné­co­logues anglais sont d’utiliser 200mg de Mifé­pris­tone asso­cié à 800 µg de Miso­pros­tol en vaginal.

Pour le confort phy­sique et psy­cho­lo­gique des femmes, il vau­drait mieux réduire l’intervalle entre la prise de Mifé­pris­tone et de Miso­pros­tol . Comme l’a mon­tré Crei­nin ° un inter­valle de 6 à 8 heures entre la prise de 1 com­pri­mé de Mifé­pris­tone et 4 com­pri­més de Miso­pros­tol par voie vagi­nale main­tient une grande effi­ca­ci­té jusqu’à 63 jours : 95,8%.
Ain­si la patiente pour­rait prendre le com­pri­mé de Mifé­gyne le soir et les com­pri­més de Miso­pros­tol le len­de­main matin ou peut être mieux (Escu­lape) : Le com­pri­mé de Mifé­gyne vers midi et les com­pri­més de Miso­pros­tol intra­va­gi­naux le soir… au coucher.

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Par ailleurs, La mifé­pris­tone repré­sente aus­si de nou­velles pistes thérapeutiques.

  • Dépres­sion, mala­dies dégé­né­ra­tives », dont l’Alz­hei­mer et le Par­kin­son sont les pro­to­types, en font par­tie, selon le pro­fes­seur Etienne-Emile Bau­lieu (Inserm), spé­cia­liste des hor­mones de renom­mée internationale.
  • Les études sur les fibromes (tumeurs bénignes) de l’u­té­rus sont « pro­met­teuses », ajoute-t-il dans un entre­tien avec l’AFP. En can­cé­ro­lo­gie, il évoque le cas de femmes atteintes de « leio­myo­sar­comes uté­rins (can­cers) avec méta­stases osseuses, condam­nées, qui sur­vivent depuis huit ans envi­ron après avoir reçu de la mifépristone ».
  • « le RU 486 sert à faci­li­ter les accou­che­ments dif­fi­ciles en per­met­tant la dila­ta­tion du col de l’utérus ».
  • « Elle a éga­le­ment des pro­prié­tés anti-cor­ti­sol. Or le cor­ti­sol est impli­qué dans la dépression ».
    Le RU 486 a don­né des « résul­tats encou­ra­geants » dans une forme par­ti­cu­lière de dépres­sion majeure avec risque de sui­cide, dite dépres­sion psy­cho­tique, selon une étude parue dans le Jour­nal of Bio­lo­gi­cal Psy­chia­try, menée avec le dépar­te­ment de psy­chia­trie de l’u­ni­ver­si­té amé­ri­caine de Stanford.
  • On a éga­le­ment démon­tré in vitro l’ef­fet anti-apop­tose (mort cel­lu­laire) du RU 486 dans le cer­veau, plus pré­ci­sé­ment dans une par­tie du sys­tème ner­veux cen­tral, le cer­ve­let. Et nous pré­voyons de faire en sep­tembre des expé­riences sur des modèles ani­maux d’une mala­die neu­ro­dé­gé­né­ra­tive appe­lée ataxie céré­bel­leuse, en asso­cia­tion avec des neu­ro­logues de l’hô­pi­tal de la Pitié-Sal­pê­trière. Ce qui per­met­trait ulté­rieu­re­ment d’en­vi­sa­ger des tests humains », indique M. Baulieu.
  • Des tra­vaux espa­gnols ont retrou­vé cet effet pro­tec­teur de l’an­ti-hor­mone dans d’autres par­ties du cer­veau, sans qu’on puisse encore par­ler, selon lui, de recherches menées plus pré­ci­sé­ment sur d’autres mala­dies dégé­né­ra­tives comme l’Alz­hei­mer ou le Parkinson.

Le Pr Bau­lieu déplore encore « les pré­ju­gés qui ont ralen­ti la recherche des­ti­née à explo­rer le poten­tiel du RU 486 ».

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