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Lésions oculaires du psoriasis : typologie

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Le pso­ria­sis est une affec­tion sys­té­mique et non conta­gieuse qui se carac­té­rise par une inflam­ma­tion chro­nique des tis­sus cuta­nés. Il concerne 2 à 4 % de la popu­la­tion occi­den­tale et affecte aus­si bien les femmes que les hommes. Il sur­vient à tout âge et évo­lue sur des années par des pous­sées intenses entre­cou­pées de phases d’accalmie.

Les mani­fes­ta­tions du pso­ria­sis sont prin­ci­pa­le­ment cuta­nées, même s’il peut arri­ver éga­le­ment qu’on observe des mani­fes­ta­tions extra-cuta­nées. Dans la mala­die pso­ria­sique, l’œil est sou­vent affec­té et on estime que 10 % des patients ont des mani­fes­ta­tions oph­tal­mo­lo­giques. Voi­ci les six prin­ci­pales lésions ocu­laires dues au psoriasis.

1. La blépharite

La blé­pha­rite est l’une des lésions ocu­laires les plus cou­rantes obser­vées en cas de pso­ria­sis. Elle tra­duit une inflam­ma­tion des pau­pières et peut entraî­ner de graves com­pli­ca­tions. Voir plus d’informations à son pro­pos dans les sec­tions suivantes.

Blépharite : Symptômes

La blé­pha­rite se mani­feste par des symp­tômes variés. Au début de la mala­die, en géné­ral, le patient pré­sente des yeux lar­moyants et rouges. Par la suite, il res­sent une forte sen­sa­tion de gré­sille­ment, de pico­te­ment et de brû­lure dans les yeux. De même, ses pau­pières s’enflent, démangent et semblent grasses. En l’absence d’un trai­te­ment, d’autres signes peuvent appa­raître. Il s’agit entre autres :

  • de la chute des cils ;
  • de la déso­rien­ta­tion des cils ;
  • de la des­qua­ma­tion du contour de l’œil ;
  • de la sen­sa­tion de déman­geai­sons au niveau de l’œil ;
  • des cli­gno­te­ments fré­quents de l’œil ;
  • des com­mo­tions de la paupière.

Plus rare­ment, la blé­pha­rite pro­voque une forte sen­si­bi­li­té aux rayons lumi­neux. Le patient en pré­sence de lumières vives pré­sente alors une dou­leur ou une irri­ta­tion ocu­laire. Il convient de pré­ci­ser, par ailleurs, que le tableau cli­nique de la blé­pha­rite varie beau­coup d’un patient à l’autre. Il se peut donc que cer­tains patients ne pré­sentent que quelques-uns des signes susmentionnés.

Blépharite : Diagnostic

Le diag­nos­tic de la blé­pha­rite en cas de pso­ria­sis repose sur un exa­men phy­sique et un test réa­li­sé sur écou­villon. L’examen phy­sique consiste en une obser­va­tion minu­tieuse de l’œil et des pau­pières, en par­ti­cu­lier. Il per­met de rele­ver les modi­fi­ca­tions struc­tu­relles affé­rentes aux yeux.

Le test sur écou­villon quant à lui se tra­duit par un pré­lè­ve­ment et une ana­lyse de l’écouvillon. Il fait suite au tam­pon­ne­ment de l’huile de la pau­pière et met en évi­dence la pré­sence de cer­tains agents. Par exemple un cham­pi­gnon ou un aller­gène. Habi­tuel­le­ment, c’est un pro­fes­sion­nel de san­té, notam­ment un méde­cin géné­ra­liste ou un oph­tal­mo­logue qui se charge de réa­li­ser le test.

Blépharite : Traitement

Dans la mala­die pso­ria­sique, le trai­te­ment de la blé­pha­rite se base géné­ra­le­ment sur des autos-soins simples. Il s’agit du net­toyage des pau­pières à l’eau et de l’application de com­presses chaudes sur les yeux. Quel­que­fois, on peut accom­pa­gner les autos-soins sus­men­tion­nées d’une médi­ca­tion. Le patient est alors mis sous anti­bio­tiques et par­fois on lui pres­crit éga­le­ment des col­lyres sté­roï­diens.

Blépharite : Complications

Dans l’ordre nor­mal des choses, la blé­pha­rite régresse dès qu’on place le patient sous un trai­te­ment adé­quat. Cepen­dant, il peut arri­ver qu’elle per­siste long­temps et devienne sévère. Elle implique alors :

  • des pro­blèmes de cils ;
  • un ectro­pion ;
  • des affec­tions cuta­nées des paupières ;
  • un lar­moie­ment excessif ;
  • un orge­let chronique ;
  • un cha­la­zion.

La blé­pha­rite est une lésion ocu­laire du pso­ria­sis qui peut éga­le­ment se com­pli­quer de mala­dies sévères de la cor­née.

2. La conjonctivite

La conjonc­ti­vite

La conjonc­ti­vite cor­res­pond à une inflam­ma­tion du film de nature trans­pa­rente qui tapisse l’œil. On la retrouve dans envi­ron 5 % des cas de pso­ria­sis où elle pro­voque des mani­fes­ta­tions variées. Voir plus d’informations sur la conjonc­ti­vite dans les rubriques ci-dessous.

Conjonctivite : Symptômes

La conjonc­ti­vite se mani­feste prin­ci­pa­le­ment par un éry­thème, c’est-à-dire une rou­geur non dou­lou­reuse de l’œil. Celui-ci peut s’accompagner :

  • D’une forte irri­ta­tion oculaire ;
  • Des déman­geai­sons de l’œil ;
  • De la sen­sa­tion qu’une par­ti­cule étran­gère se trouve dans l’œil ;
  • D’un lar­moie­ment important ;
  • De l’écoulement d’un liquide de teinte verte ou jaune de l’œil ;
  • D’une vision floue ;
  • D’une pho­to­pho­bie.

Dans cer­taines cir­cons­tances excep­tion­nelles, la conjonc­ti­vite peut cau­ser une décharge noc­turne sévère. Le patient peine alors à ouvrir les yeux le matin au réveil.

Conjonctivite : Diagnostic

En pré­sence d’un pso­ria­sis, le diag­nos­tic de la conjonc­ti­vite repose sur un exa­men phy­sique et par­fois des tests de labo­ra­toire. L’examen phy­sique per­met d’apprécier la struc­ture interne et externe de l’œil. Il se fonde sur des méthodes basées sur le gros­sis­se­ment et l’utilisation de lumières vives. C’est le méde­cin trai­tant qui se charge géné­ra­le­ment de le réaliser.

Deux tests en par­ti­cu­lier com­plètent l’examen phy­sique en cas de diag­nos­tic de la conjonc­ti­vite. Il s’agit du test de culture des bac­té­ries et du test épi­cu­ta­né. Durant le test de culture bac­té­rienne, on cultive l’écoulement de l’œil infec­té en vue de voir s’il contient des bac­té­ries. Le test épi­cu­ta­né quant à lui per­met de voir si un aller­gène est à l’origine de la conjonc­ti­vite. En géné­ral, en cas de pso­ria­sis, ces deux tests sont négatifs.

Conjonctivite : Traitement

La conjonc­ti­vite est une lésion ocu­laire du pso­ria­sis qui peut régres­ser spon­ta­né­ment même en l’absence de trai­te­ment. Tou­te­fois, des autos-soins existent pour la sou­la­ger. Il y a le net­toyage de l’œil, l’application de larmes arti­fi­cielles et de com­presses froides. On peut asso­cier à ces autos-soins un trai­te­ment médi­ca­men­teux. Dans ce cas, en géné­ral, on admi­nistre des col­lyres anti­his­ta­mi­niques et anti­bio­tiques au patient.

Conjonctivite : Complications

Dans la mala­die pso­ria­sique, la conjonc­ti­vite ne pro­voque géné­ra­le­ment aucune com­pli­ca­tion. Il peut arri­ver, tou­te­fois, qu’elle s’aggrave et évo­lue vers :

  • Une irri­ta­tion sévère de la cornée ;
  • Une blé­pha­rite ;
  • Des troubles de la vision.

Dès que l’un de ces troubles appa­raît en cas de conjonc­ti­vite, il est pri­mor­dial que le patient informe un pro­fes­sion­nel de san­té. Autre­ment, il s’expose à des patho­lo­gies ocu­laires plus graves pou­vant induire une perte de la vision.

3. La sécheresse oculaire

La séche­resse oculaire

Les phé­no­mènes de séche­resse ocu­laire sont assez fré­quents en cas de pso­ria­sis. Ils résultent géné­ra­le­ment d’un manque de lubri­fi­ca­tion de l’œil par défaut de sécré­tion ou une alté­ra­tion de la qua­li­té des larmes. Pour en savoir plus sur eux, consul­ter les sec­tions ci-après.

Sécheresse oculaire : Symptômes

La séche­resse ocu­laire pro­voque des mani­fes­ta­tions variées. Au début de la mala­die, le patient pré­sente une forte sen­si­bi­li­té au vent et à la lumière. Il res­sent une sen­sa­tion de pico­te­ments et a comme l’impression qu’un corps étran­ger se trouve dans son œil. Par la suite, ses yeux piquent et il res­sent une gêne impor­tante au relè­ve­ment des pau­pières. Outre ces symp­tômes qui sont les plus évo­ca­teurs d’une séche­resse ocu­laire, il peut éga­le­ment présenter :

  • Une sen­sa­tion impor­tante de pau­pières collées ;
  • Un besoin accru de cli­gner les paupières ;
  • Une absence totale ou par­tielle de larmes dans les condi­tions qui peuvent induire leurs sécré­tions (émo­tions fortes, décou­page d’oignons) ;
  • Une dif­fi­cul­té à bien voir ;
  • Une dif­fi­cul­té à sup­por­ter les len­tilles de contact.

La séche­resse ocu­laire peut pro­vo­quer un lar­moie­ment au froid, au vent et à la lec­ture. De même, dans cer­tains cas extrêmes, elle entraîne une vision floue et une fatigue visuelle importante.

Sécheresse oculaire : Diagnostic

Le diag­nos­tic de la séche­resse ocu­laire repose géné­ra­le­ment sur un exa­men phy­sique et des tests spé­ci­fiques. Le but de ces der­niers est d’évaluer la qua­li­té et la quan­ti­té de larmes pré­sentes sur l’œil.

L’examen phy­sique repose sur une obser­va­tion directe des yeux. Il per­met d’apprécier l’aspect du fond de l’œil afin de dire s’il est sec ou non. Les tests effec­tués quant à eux per­mettent d’analyser les pro­prié­tés des larmes issues de l’œil affecté.

Pour les réa­li­ser, l’ophtalmologiste ins­tille, au prime abord, quelques gouttes de col­lyre colo­ré. Ensuite, il observe à l’aide d’une lampe à fentes l’œil. Il pour­ra ain­si por­ter une appré­cia­tion sur la durée moyenne de sta­bi­li­té des films lacry­maux entre plu­sieurs cli­gno­te­ments. De plus, il pour­ra déter­mi­ner le temps que le film lacry­mal met à se déchi­rer en vue de por­ter un juge­ment objec­tif sur la qua­li­té des larmes.

Sécheresse oculaire : Traitement

Le trai­te­ment de la séche­resse ocu­laire repose géné­ra­le­ment sur l’application de larmes arti­fi­cielles sur l’œil. D’habitude, il ne com­prend ni médi­ca­ment ni pho­to­thé­ra­pie. Il peut, tou­te­fois, arri­ver qu’on pres­crive en plus des larmes arti­fi­cielles quelques mesures au malade. Par exemple, il se peut que le méde­cin trai­tant lui demande :

  • D’humidifier l’air intérieur ;
  • De réduire l’exposition à la fumée du tabac ;
  • D’adopter une ali­men­ta­tion équi­li­brée et riche en sources de vita­mines A ;
  • De limi­ter l’exposition aux écrans.

Pour finir, pour pal­lier la séche­resse ocu­laire en cas de pso­ria­sis, on peut éga­le­ment avoir recours aux lunettes de pro­tec­tion. Elles pré­servent l’œil de l’air sec.

Sécheresse oculaire : Complications

La prin­ci­pale com­pli­ca­tion qui peut résul­ter de la séche­resse ocu­laire est l’apparition d’un éry­thème dou­lou­reux. Dans cer­tains cas extrêmes, cepen­dant, la séche­resse ocu­laire peut induire de sévères troubles de la vision. Par exemple, une vision floue et une perte de vision. Il devient alors urgent d’informer un pro­fes­sion­nel pour évi­ter que les com­pli­ca­tions n’entraînent des affec­tions irré­ver­sibles.

4. Les plaies cornéennes

Les plaies cornéennes

Les plaies cor­néennes tra­duisent une déchi­rure par­tielle des tis­sus de la cor­née de l’œil. Dans la mala­die pso­ria­sique, elles appa­raissent sui­vant un méca­nisme non entiè­re­ment élu­ci­dé. Voir de plus amples infor­ma­tions sur elles dans les rubriques ci-après.

Plaies cornéennes : Symptômes

Les plaies cor­néennes entraînent une forte inflam­ma­tion de l’œil et l’apparition de nom­breux symp­tômes. Il y a notamment :

  • Une dou­leur ocu­laire qui s’intensifie lorsque le patient ouvre, ou à contra­rio, ferme l’œil ;
  • Une sen­sa­tion de la pré­sence de corps étran­ger sur l’œil ;
  • L’impression d’avoir dans les yeux des grains de sable ;
  • L’apparition d’un spasme oculaire ;
  • Un lar­moie­ment qui sou­vent appa­raît sans que le patient puisse le contrôler ;
  • Un éry­thème qui se tra­duit par l’apparition d’une rou­geur sur l’œil.

Par­fois, les mani­fes­ta­tions des plaies cor­néennes com­prennent un gon­fle­ment des pau­pières et une forte pho­to­pho­bie. Plus rare­ment, il sur­vient des troubles légers de vision per­sis­tant de jour comme de nuit.

Plaies cornéennes : Diagnostic

En milieu cli­nique, le diag­nos­tic des plaies cor­néennes repose sur un exa­men phy­sique. Il s’agit d’une obser­va­tion simple qui per­met au méde­cin trai­tant d’apprécier l’intégrité de la cor­née. En plus de l’examen phy­sique, pour confir­mer le diag­nos­tic des plaies cor­néennes, on peut réa­li­ser un test oph­tal­mique. Ce der­nier repose sur l’application de gouttes de fluo­res­céine orange-jaune sur l’œil et per­met une éva­lua­tion plus opti­male de la cor­née. Il met en lumière les éven­tuelles ulcé­ra­tions, hémor­ra­gies ou éro­sions affé­rentes à la cornée.

En géné­ral, c’est un oph­tal­mo­logue qui se charge de le réa­li­ser. Dans le cadre du diag­nos­tic des plaies cor­néennes, il est rare qu’on réa­lise des dosages bio­chi­miques. La seule condi­tion qui puisse jus­ti­fier leurs réa­li­sa­tions est la sus­pi­cion d’une comor­bi­di­té autre que le pso­ria­sis. Par exemple, le dia­bète de type 2.

Plaies cornéennes : Traitement

Sur un ter­rain pso­ria­sique, les plaies cor­néennes requièrent une prise en charge hau­te­ment spé­cia­li­sée du fait de leurs com­pli­ca­tions. En géné­ral, le trai­te­ment à admi­nis­trer au patient dépend du degré de sévé­ri­té de la plaie. En pré­sence de plaies mineures, le trai­te­ment repose presque exclu­si­ve­ment sur l’administration de gouttes lubri­fiantes au patient. Il est impor­tant que les gouttes choi­sies ne contiennent aucun agent chi­mique de conservation.

Le trai­te­ment a pour but de gar­der l’œil humi­di­fié le temps qu’il faut pour que le pro­ces­sus natu­rel de cica­tri­sa­tion s’achève. En revanche, en pré­sence de plaies cor­néennes éten­dues et graves, on asso­cie les gouttes lubri­fiantes à d’autres trai­te­ments. Il y a prin­ci­pa­le­ment l’administration d’antibiotiques dans le but de pré­ve­nir une infes­ta­tion de la plaie.

Selon le cas consi­dé­ré, on peut éga­le­ment com­plé­ter l’antibiothérapie par un sté­roïde ou un antal­gique. Ces médi­ca­ments per­mettent de réduire les effets de l’inflammation d’une part et de dimi­nuer la pho­to­pho­bie ain­si que la dou­leur d’autre part. Beau­coup plus rare­ment, dans le cadre du trai­te­ment des plaies cor­néennes, on fait recours aux len­tilles de contact thé­ra­peu­tiques.

Atten­tion à ne pas les confondre aux len­tilles clas­siques, qui peuvent induire une aggra­va­tion de la plaie. La durée de cica­tri­sa­tion des plaies cor­néennes éten­dues peut aller jusqu’à deux semaines, contre trois jours en moyenne pour les plaies mineures.

Plaies cornéennes : Complications

Les plaies cor­néennes sont des lésions ocu­laires pso­ria­siques qui peuvent entraî­ner d’importantes com­pli­ca­tions. Il y a, par exemple, la perte de vision, la vision floue et l’incapacité à lire. Plus rare­ment, elles causent des affec­tions cor­néennes graves telles que la dys­tro­phie et la kéra­tite. En pré­sence d’une com­pli­ca­tion des plaies cor­néennes, le patient a l’obligation d’informer son méde­cin traitant.

5. L’uvéite

L’uvéite

L’uvéite est une lésion ocu­laire du pso­ria­sis qu’on ne pré­sente plus. Elle fait suite à un gon­fle­ment impor­tant de l’uvée qui repré­sente la zone colo­rée des yeux. Dans la mala­die pso­ria­sique, elle est soit aiguë ou chro­nique. Plus d’informations sur l’uvéite sont dis­po­nibles ci-dessous.

Uvéite : Symptômes

L’uvéite entraîne des réac­tions inflam­ma­toires impor­tantes ain­si qu’une série de mani­fes­ta­tions ocu­laires. Au stade ini­tial de la mala­die, le patient pré­sente un éry­thème impor­tant carac­té­ri­sé par une rou­geur des yeux. De même, il res­sent une dou­leur ocu­laire d’intensité variable avec des pics au lever et à l’ouverture de l’œil. Au stade avan­cé de la mala­die, en revanche, on observe des mani­fes­ta­tions plus graves. Il s’agit entre autres :

  • de l’apparition de bouées dans le champ de vision ;
  • de la baisse inex­pli­quée de la vision ;
  • de la vision floue ;
  • d’une modi­fi­ca­tion de la pupille.

Dans des cir­cons­tances quelque peu rares, l’uvéite affecte la cou­leur natu­relle de l’iris qui peut deve­nir rouge.

Uvéite : Diagnostic

Les moyens uti­li­sés pour poser le diag­nos­tic d’une uvéite sont nom­breux. Il y a prin­ci­pa­le­ment l’examen clas­sique des yeux, la tono­mé­trie, le test à la lampe à fentes et le test à un colo­rant spé­cial. L’examen clas­sique des yeux repose sur une simple obser­va­tion de l’œil. Il per­met d’apprécier l’aspect de l’œil et de rele­ver les modi­fi­ca­tions struc­tu­relles dont il fait objet.

En géné­ral, il dure moins de trente minutes. Le test à la lampe à fentes com­mence géné­ra­le­ment par l’application d’une goutte de solu­tion oph­tal­mo­lo­gique sur le fond de l’œil. Il per­met d’explorer plus en pro­fon­deur la struc­ture de l’œil et spé­cia­le­ment de la cornée.

La tono­mé­trie quant à elle se fait grâce à un dis­po­si­tif spé­ci­fique. Il per­met de cal­cu­ler la pres­sion totale dans l’œil. On l’utilise pour écar­ter les étio­lo­gies vas­cu­laires. Le test au colo­rant spé­cial, pour finir, per­met une ana­lyse des larmes ocu­laires. De même, il offre des pho­to­gra­phies ren­dant pos­sible l’évaluation du liquide ocu­laire et l’épaisseur des tis­sus rétiniens.

D’ordinaire, il revient à l’ophtalmologue de faire l’ensemble de ces tests. Le méde­cin géné­ra­liste et les autres pro­fes­sion­nelles n’ont pas for­cé­ment le back­ground qu’il faut pour les réa­li­ser objectivement.

Uvéite : Traitement

À l’instar des plaies cor­néennes, l’uvéite en pré­sence de pso­ria­sis requiert un trai­te­ment spé­cia­li­sé. En géné­ral, le trai­te­ment dépend du tableau cli­nique du patient. Il repose prin­ci­pa­le­ment sur l’administration de cor­ti­co­sté­roïdes. Le but de ces médi­ca­ments est de réduire les effets de l’inflammation sur l’uvée de l’œil. On peut en plus des cor­ti­co­sté­roïdes admi­nis­trer les médi­ca­ments ci-après au malade :

  • Les anti­bio­tiques qui per­mettent de lut­ter contre les bactéries ;
  • Les immu­no­sup­pres­seurs qui servent lorsque l’uvéite pré­sente une ori­gine immu­ni­taire ;
  • Les antal­giques pour sou­la­ger la dou­leur résul­tant de l’inflammation.

Enfin, en der­nier recours, on peut pra­ti­quer une vitrec­to­mie. L’objectif de cette der­nière est de pal­lier les flot­teurs per­sis­tants. Par ailleurs, il faut noter que pour opti­mi­ser l’effet de ces trai­te­ments, il est impé­ra­tif pour le patient de res­pec­ter cer­taines mesures nutri­tion­nelles. Il doit opti­mi­ser les apports en fruits et légumes et réduire la consom­ma­tion de gras.

Uvéite : Complications

L’uvéite est une lésion ocu­laire pso­ria­sique qui se com­plique rare­ment. Cepen­dant, il arrive par­fois qu’elle s’aggrave. Dans ces cir­cons­tances, les prin­ci­pales mala­dies vers les­quelles elle évo­lue sont le glau­come et les cata­ractes. En l’absence de trai­te­ment sur le long terme, il est éga­le­ment pos­sible qu’elle crée des lésions au nerf optique, un décol­le­ment de la rétine et une perte irré­ver­sible de vision.

6. La cataracte

La cata­racte

La cata­racte cor­res­pond à une opa­ci­fi­ca­tion évo­lu­tive du cris­tal­lin qui repré­sente la len­tille retrou­vée au sein de l’œil. Elle figure par­mi les lésions ocu­laires du pso­ria­sis les plus cou­rantes. On l’identifie comme la cause majeure de la céci­té dans le monde. Pour décou­vrir plus d’informations sur la cata­racte, consul­ter les infor­ma­tions ci-dessous.

Cataracte : Symptômes

Les mani­fes­ta­tions cli­niques de la cata­racte ocu­laire com­prennent prin­ci­pa­le­ment des troubles de la vision. Le patient pré­sente une vision brouillée/trouble et double. De plus, autour des rayons lumi­neux, il voit le halo et per­çoit la plu­part des acces­soires de cou­leurs en jaunes. Outre ces troubles, il a une dif­fi­cul­té impor­tante à voir lorsqu’il fait nuit.

Les mani­fes­ta­tions secon­daires de la cata­racte ocu­laire comprennent :

  • Une hyper­sen­si­bi­li­té à la lumière ;
  • Une hyper­sen­si­bi­li­té à l’éblouissement ;
  • Un besoin accru d’éclairage pour voir des acces­soires ou lire des documents ;
  • Une dou­leur oculaire.

L’ensemble de ces symp­tômes cli­niques s’accompagne le plus sou­vent d’un mal de tête pro­ve­nant des modi­fi­ca­tions ocu­laires observées.

Cataracte : Diagnostic

Les moyens uti­li­sés pour le diag­nos­tic de la cata­racte sont proches de ceux uti­li­sés pour le diag­nos­tic de l’uvéite. Il s’agit, prin­ci­pa­le­ment de l’examen géné­ral de l’œil, du test à la lampe à fentes, de la tono­mé­trie et de l’examen réti­nien. L’examen géné­ral de l’œil per­met d’identifier les modi­fi­ca­tions super­fi­cielles de l’œil. À savoir les chan­ge­ments d’aspects, les chan­ge­ments de volume, les chan­ge­ments d’orientation, etc.

La tono­mé­trie per­met quant à elle d’estimer la pres­sion de l’œil et repose sur l’usage de maté­riaux spé­ci­fiques. Ensuite, l’examen à la lampe à fentes per­met d’entrevoir les modi­fi­ca­tions affé­rentes à la struc­ture interne de l’œil. Il se fait avec des liquides spéciaux.

Les deux exa­mens res­tants n’interviennent pas dans le diag­nos­tic de l’uvéite. Ils ne sont utiles que pour confir­mer le diag­nos­tic de la cata­racte. Le test d’acuité visuelle per­met de réa­li­ser une éva­lua­tion objec­tive de la capa­ci­té du patient à dif­fé­ren­cier clai­re­ment les détails les plus sub­tils de son champ de vision. Dans la pra­tique, pour le faire, on met le patient à dis­tance d’une image déter­mi­née et on lui demande de dire ce qu’il voit. L’exa­men réti­nien, pour finir, met en évi­dence les ano­ma­lies du cris­tal­lin et de la rétine.

Cataracte : Traitement

À l’opposé des autres lésions ocu­laires du pso­ria­sis, la cata­racte néces­site une prise en charge com­plexe. En géné­ral, on pré­co­nise d’opérer le patient. La chi­rur­gie de la cata­racte repose essen­tiel­le­ment sur la sub­sti­tu­tion de la len­tille natu­relle cou­vrant l’œil par une len­tille arti­fi­cielle. Il peut éga­le­ment arri­ver aus­si qu’on rem­place la len­tille natu­relle par une len­tille intrao­cu­laire (LIO).

Cataracte : Complications

Les cata­ractes ocu­laires sur­ve­nant sur un ter­rain pso­ria­sique sont très sus­cep­tibles de se com­pli­quer. Elles peuvent dans les cas graves entraî­ner une perte totale de vision rédui­sant l’autonomie du patient. Dans les cas peu sévères, les com­pli­ca­tions des cata­ractes vont de la for­ma­tion de glau­come et une inflam­ma­tion oculaire.

Dès qu’apparaissent les signes de com­pli­ca­tions d’une cata­racte, on recom­mande aux patients d’informer un pro­fes­sion­nel de san­té. De pré­fé­rence, le méde­cin fami­lial char­gé de les trai­ter. Il pour­ra anti­ci­per les com­pli­ca­tions graves et pro­po­ser des approches thé­ra­peu­tiques effi­caces pour le patient.

 

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