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CANCER DE LA PROSTATE

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Voir éga­le­ment : Conduite pra­tique – PSA – Trt

DEPISTAGE – GENETIQUE
92e congrès de l’As­so­cia­tion fran­çaise d’u­ro­lo­gie (AFU) Paris Novembre 1998
Des études géné­tiques por­tant sur des familles dont plu­sieurs membres souf­fraient d’un can­cer de la pros­tate ont per­mis de loca­li­ser sur les chro­mo­somes trois gènes de pré­dis­po­si­tion à la forme « fami­liale » de ce can­cer. La décou­verte, chez cer­tains hommes, de ces ano­ma­lies géné­tiques néces­site donc pour eux une sur­veillance pré­coce et régulière.

« Un homme dont deux ou trois membres de la famille sont atteints de can­cer de la pros­tate pré­sente 11 fois plus de risques de déve­lop­per une forme “fami­liale” de ce can­cer que la popu­la­tion géné­rale », a décla­ré mer­cre­di le Pr Pierre Teillac, uro­logue à l’hô­pi­tal Sant-Louis (Paris)

Pour savoir s’il pos­sède ces ano­ma­lies, un indi­vi­du dont deux ou trois membres de la famille sont atteints de can­cer de la pros­tate peut s’a­dres­ser à un conseil géné­tique. L’a­na­lyse de son génome lui don­ne­ra la réponse.
Si les ano­ma­lies géné­tiques sont retrou­vées, « il n’est pas ques­tion de lui pro­po­ser un trai­te­ment pré­ven­tif. En revanche, on peut lui pro­po­ser un dépis­tage plus pré­coce et plus rap­pro­ché que pour la popu­la­tion générale.
Selon lui, ce dépis­tage soit être effec­tué « tous les six mois à par­tir de 40 ans si les anté­cé­dents fami­liaux sont impor­tants, le can­cer de la pros­tate fami­lial appa­rais­sant plus tôt.
Dans la popu­la­tion géné­rale on ne recom­mande qu’un tou­cher rec­tal annuel à par­tir de 50–55 ans ».

Selon une enquête fran­çaise (Pro­Gène) conduite par l’A­FU auprès de plus de 1.000 familles ayant eu au moins deux à trois per­sonnes atteints d’un can­cer de la pros­tate, 20% des hommes tes­tés pré­sen­taient les gènes pré­dis­po­sant au can­cer de la pros­tate ; seuls 5% d’entre eux déve­lop­paient un cancer.

Ces gènes de pré­dis­po­si­tion étaient retrou­vés dans 43% des cas de can­cers diag­nos­ti­qués à 55 ans et dans 34% des can­cers diag­nos­ti­qués à 70 ans.

GENERALITES
Source : perdue.… 🙂

La décou­verte la plus consé­quente dans le domaine du can­cer de la pros­tate au cours des 50 der­nières années fut de mettre en évi­dence que la pros­tate humaine, de même que de nom­breux autres tis­sus péri­phé­riques, « syn­thé­tisent » eux-mêmes des andro­gènes à par­tir des pré­cur­seurs sur­ré­na­liens inac­tifs, essen­tiel­le­ment la déhy­droé­pian­dro­sté­rone (DHEA) et son sulfate(DHEA‑S).

Alors que les andro­gènes d’o­ri­gine tes­ti­cu­laire peuvent être faci­le­ment et com­plè­te­ment éli­mi­nés par cas­tra­tion chi­rur­gi­cale (orchi­dec­to­mie) ou médi­cale (ago­niste de la LH-RH), les andro­gènes pro­duits loca­le­ment au niveau de la pros­tate peuvent être blo­qués dans leur accès au récep­teur des andro­gènes par un anti­an­dro­gène pur de la classe du flutamide.

Le trai­te­ment com­bi­né, asso­ciant la cas­tra­tion et un anti­an­dro­gène pur, a mon­tré qu’il était le pre­mier trai­te­ment à pro­lon­ger la vie des patients atteints d’un can­cer de la pros­tate au stade avan­cé (méta­sta­tique). La der­nière étude, celle de l’EORTC, a mon­tré une pro­lon­ga­tion de la sur­vie liée à l’évolution du can­cer de la pros­tate de 15,1 mois (soit 52 % de plus dans le groupe de patients qui ont reçu flu­ta­mide plus Zola­dex) com­pa­ré aux patients qui ont eu une orchi­dec­to­mie plus pla­ce­bo. Le même trai­te­ment com­bi­nant un ago­niste de la LH-RH et le flu­ta­mide, appli­qué de façon néoad­ju­vante pen­dant trois mois avant pros­ta­tec­to­mie radi­cale dans le can­cer « loca­li­sé« de la pros­tate, a mon­tré une dimi­nu­tion des marges posi­tives de 38,5 % à 13 %, ce qui sug­gère que l’approche com­bi­nant une thé­ra­pie anti­an­dro­gé­nique néoad­ju­vante et la chi­rur­gie pour­rait avoir un impact majeur sur la mor­ta­li­té dans le can­cer de la prostate.

Le suc­cès du trai­te­ment com­bi­nant la cas­tra­tion chi­rur­gi­cale ou médi­cale (ago­niste de la LH-RH) avec un anti­an­dro­gène pur de la classe du flu­ta­mide est main­te­nant bien recon­nu. Ain­si, à la suite de nos don­nées ori­gi­nales publiées en 1982 (9) et 1985 (10), les quatre études pros­pec­tives, ran­do­mi­sées et contrô­lées par pla­ce­bo, ont confir­mé une pro­lon­ga­tion de la réponse posi­tive et, fait encore plus impor­tant, ont démon­tré une pro­lon­ga­tion de la sur­vie (13, 14, 15, 16). De fait, l’étude la plus récente, celle de l’EORTC (14), a mon­tré une pro­lon­ga­tion de la durée de sur­vie reliée au can­cer de la pros­tate de 15,1 mois en faveur du groupe de patients qui ont reçu Zola­dex et flu­ta­mide com­pa­ré au groupe orchi­dec­to­mie et pla­ce­bo. Cet avan­tage de 52% de sur­vie est net­te­ment supé­rieur à l’effet obte­nu avec le tamoxi­fène sur la sur­vie dans le can­cer du sein.

TRAITEMENT COMBINÉ NÉOADJUVANT AU STADE PRÉCOCE

Une expli­ca­tion du suc­cès limi­té dans la lutte contre le can­cer de la pros­tate est que ce can­cer évo­lue pen­dant de nom­breuses années au niveau de la pros­tate et même à l’extérieur de cette glande sans signe ou symp­tôme. Ain­si, dans la majo­ri­té des cas, la pre­mière mise en évi­dence du can­cer se fait au moment où il a déjà migré à l’extérieur de la pros­tate, et la plu­part du temps dans les os. À ce stade très avan­cé de la mala­die, la pos­si­bi­li­té d’une gué­ri­son ne peut être offerte au patient et le seul trai­te­ment effi­cace dis­po­nible est le trai­te­ment com­bi­né qui pro­longe la vie (2, 3, 13–16).

Même s’il est admis que la seule pos­si­bi­li­té de gué­ri­son du can­cer de la pros­tate est le trai­te­ment au stade pré­coce, la pros­ta­tec­to­mie radi­cale est peu uti­li­sée. Cette hési­ta­tion est sur­tout liée au fait que, dans un très grand nombre de cas, même si les exa­mens cli­niques au moment du diag­nos­tic laissent sup­po­ser l’existence d’un can­cer limi­té à l’intérieur de la pros­tate, on réa­lise au moment de la chi­rur­gie que le can­cer est plus avan­cé et a déjà migré à l’extérieur de la glande. Ceci implique un risque éle­vé de reprise de la mala­die car une par­tie du can­cer n’a pu être enle­vée par chirurgie.

Nos études anté­rieures avaient indi­qué que le trai­te­ment com­bi­né asso­ciant le flu­ta­mide et un ago­niste de la LH-RH, admi­nis­tré pen­dant trois mois avant la chi­rur­gie, avait des effets béné­fiques sur les marges posi­tives pour le can­cer lors de la chi­rur­gie. Afin de quan­ti­fier cette obser­va­tion, nous avons effec­tué la pre­mière étude pros­pec­tive ran­do­mi­sée com­pa­rant le trai­te­ment néoad­ju­vant asso­ciant l’an­tian­dro­gène flu­ta­mide et un ago­niste de la LH-RH admi­nis­tré pen­dant 3 mois avant la pros­ta­tec­to­mie radi­cale com­pa­ra­ti­ve­ment à la pros­ta­tec­to­mie radi­cale sans thé­ra­pie hor­mo­nale pré­lable. Les para­mètres étu­diés ont été l’é­va­lua­tion du stade de la mala­die lors de l’exa­men his­to­pa­tho­lo­gique de la pièce opé­ra­toire com­pa­rée au stade cli­nique lors du diag­nos­tic, ain­si que le pour­cen­tage de patients por­teurs de marges de sec­tion posi­tives pour le can­cer dans les deux groupes.

Cent qua­rante-deux patients entre 46 et 72 ans, pré­sen­tant un can­cer de la pros­tate loca­li­sé prou­vé his­to­lo­gi­que­ment, ont fait par­tie de cette étude après avoir don­né leur consen­te­ment. Ces patients ont été diag­nos­ti­qués comme por­teurs du can­cer de la pros­tate dans le cadre de l’é­tude de dépis­tage pros­pec­tive et ran­do­mi­sée effec­tuée par le pro­gramme de détec­tion du can­cer de la pros­tate de l’u­ni­ver­si­té Laval, tel que décrit par Labrie et coll. (17, 18).

Les patients ont été répar­tis au hasard entre les deux groupes. Le pre­mier a reçu le trai­te­ment com­bi­né asso­ciant l’a­go­niste de la LH-RH, admi­nis­tré par injec­tion, et l’an­tian­dro­gène flu­ta­mide (Eulexine) admi­nis­tré par voie orale, à la dose de 250 mg trois fois par jour pen­dant une période de 3 mois avant la pros­ta­tec­to­mie radi­cale. Le second groupe de patients a eu la pros­ta­tec­to­mie radi­cale, immé­dia­te­ment après le diag­nos­tic, sans trai­te­ment hor­mo­nal préalable.

Comme le montre le tableau I, les marges posi­tives pour la pré­sence de can­cer sont pas­sées de 38,5% (25/65) chez les patients ayant eu la pros­ta­tec­to­mie seule à 13% (10/77) (p = 0,006) chez les patients ayant reçu le trai­te­ment hor­mo­nal com­bi­né pen­dant trois mois avant la prostatectomie.

Tableau I. Effet de 3 mois de trai­te­ment com­bi­né néoad­ju­vant avec flu­ta­mide et le super­a­go­niste de la LH-RH avant la pros­ta­tec­to­mie radi­cale aux stages B et C du can­cer de la pros­tate com­pa­ra­ti­ve­ment à la pros­ta­tec­to­mie radi­cale sans trai­te­ment endo­cri­nien préa­lable (1).

L’a­za­ty­ro­sine inhibe la crois­sance des cel­lules prostatiques
L’a­za­ty­ro­si­neest un anti­bio­tique qui a démon­tré une acti­vi­té anti­tu­mo­rale sur des lignées cel­lu­laires de can­cer du pancréas.
Son effet sur des lignées cel­lu­laires de can­cer de pros­tate hor­mo­no-résis­tant a été étu­dié. Les résul­tats sug­gèrent que l’a­za­ty­ro­sine a un effet inhi­bi­teur signi­fi­ca­tif sur des lignées cel­lu­laires, par un effet direct sur la struc­ture géné­tique des cellules.
En par­ti­cu­lier, l’ex­pres­sion de bcl-2a, un gène sup­pres­seur de l’a­pop­tose (mort cel­lu­laire pro­gram­mée), a été dimi­nuée de 89 % dans cer­tains clones.
Source : L’a­za­ty­ro­sine inhibe la crois­sance des cel­lules pros­ta­tiques L’a­za­ty­ro­si­nees­tun anti­bio­tique qui a démon­tré une acti­vi­té anti­tu­mo­rale sur des lignées cel­lu­laires de can­cer du pan­créas. Son effet sur des lignées cel­lu­laires de can­cer de pros­tate hor­mo­no-résis­tant a été étu­dié. Les résul­tats sug­gèrent que l’a­za­ty­ro­sine a un effet inhi­bi­teur signi­fi­ca­tif sur des lignées cel­lu­laires, par un effet direct sur la struc­ture géné­tique des cel­lules. En par­ti­cu­lier, l’ex­pres­sion de bcl-2a, un gène sup­pres­seur de l’a­pop­tose (mort cel­lu­laire pro­gram­mée), a été dimi­nuée de 89 % dans cer­tains clones.
Aza­ty­ro­sine causes rever­sion and growth inhi­bi­tion of human pros­tate can­cer cells. R.M. Benoit et al. Abs­tract Ndeg.151

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