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Les vomissements du nourrisson : causes, typologie et traitement

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Les vomis­se­ments chez les nou­veau-nés sont en géné­ral des signes d’une affec­tion ou d’un dys­fonc­tion­ne­ment de leurs orga­nismes. Ne sachant pas dif­fé­ren­cier la régur­gi­ta­tion des vomis­se­ments, les parents sont en panique lorsqu’ils constatent un quel­conque rejet chez leurs nour­ris­sons. Pour appor­ter un éclair­cis­se­ment, nous avons éta­bli une dis­tinc­tion entre ces deux concepts, mis en exergue les causes, les symp­tômes et les gestes à adop­ter en cas de vomis­se­ment du nourrisson.

La distinction entre régurgitation et vomissement

De nom­breux parents en par­ti­cu­lier les novices n’arrivent pas à faire la dis­tinc­tion entre une régur­gi­ta­tion et un vomis­se­ment. Pour­tant, avoir des connais­sances spé­ci­fiques en la matière rédui­rait lar­ge­ment des crises de panique pour les cas normaux.

La régurgitation

Étant phy­sio­lo­gique c’est-à-dire sans dan­ger et nor­male, la régur­gi­ta­tion est un phé­no­mène qui est fré­quent chez les nour­ris­sons dès les pre­mières semaines. Cela inter­vient géné­ra­le­ment après les repas et se maté­ria­lise par un léger écou­le­ment de rési­du de lait non digé­ré. Le liquide est indo­lore et contient des petits gru­meaux. Au bout du troi­sième mois, la fré­quence de régur­gi­ta­tion dimi­nue consi­dé­ra­ble­ment et dis­pa­rait sou­vent avec la diver­si­fi­ca­tion de l’alimentation.

Les vomissements

Les vomis­se­ments sont des ren­vois éner­gé­tiques des ali­ments. Ils peuvent sur­ve­nir à tout moment et sont accom­pa­gnés de contrac­tion abdo­mi­nale très dou­lou­reuse qui pro­voque des pleurs chez les nour­ris­sons. Il s’agit d’un liquide qui peut avoir une cou­leur jau­nâtre se confon­dant sou­vent avec la bile.

Vomissements : causes et différents symptômes

Les vomis­se­ments sont des symp­tômes liés à la pré­sence d’une patho­lo­gie. Les causes peuvent être multiples :

  • La gas­tro-enté­rite ;
  • L’occlusion intes­ti­nale aiguë ;
  • La sté­nose du pylore ;
  • Les troubles neurologiques ;
  • Les mala­dies héré­di­taires du métabolisme.

L’identification de ces affec­tions est fonc­tion des dif­fé­rentes manifestations.

La gastro-entérite : vomissements accompagnés de la fièvre et des diarrhées

La gas­tro-enté­rite est l’une des causes prin­ci­pales des vomis­se­ments chez les nour­ris­sons. C’est une inflam­ma­tion du tube diges­tif (intes­tin grêle et esto­mac) pro­vo­quée par un virus, un para­site ou une bac­té­rie. Elle est très conta­gieuse et peut se contrac­ter à tra­vers la consom­ma­tion d’aliments souillés, la mani­pu­la­tion d’eaux sales, etc. Cette affec­tion est dans la plu­part des cas virale et bégnine. En plus des vomis­se­ments, la diar­rhée, les dou­leurs de l’abdomen et la fièvre sont les prin­ci­paux symptômes.

L’occlusion intestinale : transit interrompu

L’occlusion intes­ti­nale est une com­pres­sion des intes­tins qui empêchent le tran­sit nor­mal des ali­ments. Cette patho­lo­gie gas­tro-intes­ti­nale peut avoir plu­sieurs ori­gines. Par­mi les dif­fé­rentes affec­tions exis­tantes, l’invagination intes­ti­nale aiguë et le vol­vu­lus sont les plus fré­quentes chez les nourrissons.

L’invagination intes­ti­nale aiguë se mani­feste en géné­ral chez les enfants de moins de trois ans. Le nour­ris­son res­sent géné­ra­le­ment des dou­leurs accen­tuées au niveau de l’abdomen. Cela entraine un malaise géné­ral : son teint devient pâle et il émet tout le temps des cris. À un niveau avan­cé de la mala­die, on peut consta­ter la pré­sence de sang dans les matières fécales. C’est une affec­tion très dan­ge­reuse qui doit être prise en charge le plus tôt possible.

Le vol­vu­lus est une patho­lo­gie très rare. C’est une obs­truc­tion du sys­tème diges­tif cau­sé par la pré­sence d’un nœud intes­ti­nal. Dans la majo­ri­té des cas, cette ano­ma­lie est congé­ni­tale et se déve­loppe au cours de la crois­sance du fœtus.

La sténose du pylore : vomissements en jet

La sté­nose du pylore est une mal­for­ma­tion congé­ni­tale qui se carac­té­rise par des vomis­se­ments en jet du nour­ris­son après les repas. Elle se mani­feste chez les nou­veau-nés de moins de trois mois. Le pylore est un petit muscle qui se trouve à la sor­tie de l’estomac. Une gros­seur anor­male de ce muscle est la prin­ci­pale cause de cette pathologie.

Les troubles neurologiques

Bien qu’étant rares, les troubles neu­ro­lo­giques peuvent éga­le­ment être à l’origine des vomis­se­ments chez les nour­ris­sons. Dans le cadre des causes neu­ro­lo­giques, il peut s’agir de la ménin­gite ou d’une hémor­ra­gie sous-durale.

La ménin­gite se tra­duit par des vomis­se­ments, une forte fièvre et la migraine. Elle peut pro­ve­nir d’une infec­tion par un virus du liquide cépha­lo­ra­chi­dien. D’autre part, des bac­té­ries, para­sites ou cham­pi­gnons peuvent éga­le­ment être à l’origine de cette affection.

Quant à l’hémorragie sous-durale, les causes peuvent être multiples :

  • Trau­ma­tisme crânien ;
  • Trau­ma­tisme post natal suite à un accou­che­ment difficile ;

La coa­gu­lo­pa­thie est une affec­tion rela­tive à un défaut de coa­gu­la­tion san­guine qui peut entrai­ner un héma­tome lorsqu’elle n’est pas vite soignée.

Les maladies héréditaires du métabolisme

Les mala­dies héré­di­taires du méta­bo­lisme sont des patho­lo­gies géné­tiques rares. Elles sont cau­sées par un dys­fonc­tion­ne­ment de l’enzyme méta­bo­lique. Bien qu’étant très rares, ces troubles peuvent être à l’origine des ano­ma­lies dans le méta­bo­lisme des lipides, des glu­cides et des pro­téines. Par­mi les affec­tions les plus connues, on peut citer la phé­nyl­cé­to­nu­rie.

C’est une ano­ma­lie qui empêche l’évacuation d’une quan­ti­té suf­fi­sante de la phé­ny­la­la­nine, une sub­stance qui peut intoxi­quer le sys­tème ner­veux cen­tral et entrai­ner des pro­blèmes céré­braux. Les nour­ris­sons souf­frant de cette affec­tion peuvent déve­lop­per les symp­tômes ci-après :

  • Vomis­se­ments ;
  • Érup­tion cutanée ;
  • Irri­ta­bi­li­té.

On peut aus­si remar­quer une ten­sion mus­cu­laire accrue et des réflexes plus ins­tan­ta­nés au niveau des tendons.

Vomissements : signes alarmants

Le constat de vomis­se­ment régu­lier chez un nour­ris­son de moins de trois mois doit être immé­dia­te­ment pris en charge. En plus d’établir un diag­nos­tic afin de déce­ler le mal, le méde­cin vous pro­digue les conseils néces­saires pour évi­ter la déshy­dra­ta­tion du nou­veau-né. Ayant un orga­nisme fra­gile, la moindre négli­gence peut entrai­ner des dom­mages importants.

Après trois mois, la sur­veillance peut se faire selon les cas et les consul­ta­tions en fonc­tion des symp­tômes asso­ciés au vomis­se­ment notam­ment la fièvre, la diar­rhée, les dou­leurs abdo­mi­nales, etc. Par ailleurs, le refus de s’alimenter ou de boire est éga­le­ment un signe alar­mant qui néces­site une consultation.

Vomissements : déroulement de la consultation

Le méde­cin observe les dif­fé­rents symp­tômes appa­rents et s’intéresse aux anté­cé­dents médi­caux du nour­ris­son. Ce der­nier pro­cède à un inter­ro­ga­toire afin de col­lec­ter un maxi­mum d’informations utiles. Les ques­tions tournent sou­vent au tour des élé­ments suivants :

  • La période à laquelle les vomis­se­ments se sont déclenchés ;
  • La fré­quence ;
  • La des­crip­tion du liquide ;
  • La quan­ti­té et l’intensité du vomi.

En éla­bo­rant un sché­ma pré­cis, le spé­cia­liste peut aisé­ment iden­ti­fier les causes pro­bables. En outre, des don­nées rela­tives à d’autres mani­fes­ta­tions comme la diar­rhée, la fièvre ou les dou­leurs abdo­mi­nales sont éga­le­ment impor­tantes dans l’établissement du diag­nos­tic. Pour être fixé sur les causes de la mala­die, le pédiatre pres­crit des exa­mens cliniques.

Vomissements : examens cliniques

Après avoir effec­tué un diag­nos­tic pen­dant la consul­ta­tion du bébé, le méde­cin pres­crit des ana­lyses cli­niques lorsqu’il sus­pecte une affec­tion congé­ni­tale. La majo­ri­té des cas ne requiert pas un exa­men. Cepen­dant, en cas de dou­leurs abdo­mi­nales aiguës, un exa­men d’imagerie est effec­tué. De même, dans le cas d’une mala­die héré­di­taire du méta­bo­lisme, une ana­lyse du sang est pra­ti­quée. Après avoir déce­lé la nature de la patho­lo­gie, le méde­cin peut pas­ser à la phase du trai­te­ment.

Vomissements : Traitements

Bien qu’il soit recom­man­dé de consul­ter un pédiatre, l’adoption de quelques gestes peut réduire les consé­quences des vomis­se­ments chez les nourrissons.

Cas d’une gastro-entérite

Lorsque les vomis­se­ments sont des symp­tômes d’une gas­tro-enté­rite, il est recom­man­dé de mettre tran­si­toi­re­ment l’enfant à jeun et de lui admi­nis­trer par la suite une solu­tion de réhy­dra­ta­tion orale, riche en sels miné­raux et en sucre. Cela per­met d’éviter la déshy­dra­ta­tion du nour­ris­son. Le parent doit admi­nis­trer une dose maxi­male de 5 ml toutes les 10 minutes au nour­ris­son. Un dosage au-des­sus pour­rait sur­char­ger l’estomac et cau­ser d’autres problèmes.

S’il n’y a aucune amé­lio­ra­tion au bout de quelques heures, une consul­ta­tion médi­cale est requise. La consom­ma­tion d’eau pure n’est pas suf­fi­sante, car en plus d’une déplé­tion hydrique, les vomis­se­ments engendrent la perte d’ions (les molé­cules res­pon­sables de la réten­tion d’eau dans les tissus).

Cas des pathologies digestives

Lorsque les causes des vomis­se­ments sont liées à un vol­vu­lus, une inva­gi­na­tion intes­ti­nale ou une sté­nose du pylore, une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale s’impose. Il est donc cru­cial que l’anomalie soit détec­tée rapi­de­ment pour mini­mi­ser les séquelles telles que la nécrose d’une par­tie des cel­lules de l’intestin ou une péritonite.

Cas d’une méningite bactérienne

Lorsque le diag­nos­tic et les exa­mens ont confir­mé une ménin­gite bac­té­rienne, le pédiatre pres­crit immé­dia­te­ment des anti­bio­tiques qui sont admi­nis­trés par voie vénale. Une hos­pi­ta­li­sa­tion est donc requise. La durée du trai­te­ment dépend du stade de l’affection. Lorsqu’elle est prise en charge à temps, les séquelles sont minimes. Par contre, si elle est diag­nos­ti­quée à un stade avan­cé, les réper­cus­sions peuvent être lourdes.

Cas d’une phénylcétonurie

La phé­nyl­cé­to­nu­rie est dépis­tée grâce à des exa­mens san­guins. C’est d’ailleurs un test qui est recom­man­dé chez les nou­veau-nés d’au moins trois jours. Pour limi­ter les effets de cette patho­lo­gie, les ali­ments à fortes teneurs en phé­ny­la­la­nine tels que les œufs et le lait sont à évi­ter. Recou­rir au ser­vice d’un dié­té­ti­cien peut s’avérer indis­pen­sable pour assu­rer un bon sui­vi ali­men­taire du bébé lorsqu’il est atteint de cette affection.

Les rejets chez les nour­ris­sons ne tra­duisent pas tou­jours la pré­sence d’une patho­lo­gie. En effet, il est impor­tant d’avoir la capa­ci­té d’effectuer une dif­fé­rence entre la régur­gi­ta­tion et les vomis­se­ments. Pour les nou­veau-nés et les bébés de moins de trois mois, le moindre symp­tôme requiert une consul­ta­tion immé­diate. De plus, l’hydratation du nour­ris­son à tra­vers des solu­tions sucrées et riches en sels miné­raux peut contri­buer à limi­ter les consé­quences de la patho­lo­gie sur sa san­té générale.

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