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LEPTOSPIROSE

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Sources : ://www.invs.sante.fr – www.sante.gouv.fr – MAJ 2012

Mala­die infec­tieuse à décla­ra­tion obli­ga­toire pro­vo­quée par une bac­té­rie (spi­ro­chete) qui para­site de nom­breux ani­maux en par­ti­cu­lier des ron­geurs (rats) et en milieux aqueux plus par­ti­cu­liè­re­ment chaud
La conta­mi­na­tion se fait par mor­sure mais le plus sou­vent par voie per­cu­ta­née par simple contact hydrique (80%).
Le séro­groupe Lep­tos­pi­ra icte­ro­hae­mohr­ra­giae est le plus fré­quent (43 %)

Le risque est sur­tout pro­fes­sion­nels ( Tableau des mala­dies pro­fes­sion­nelles : agri­cul­teurs, éle­veurs, per­son­nels des abat­toirs, bou­chers, tan­neurs, égou­tiers, éboueurs, per­son­nel de voi­rie, vété­ri­naires, ani­ma­liers, per­son­nels des eaux et fôrets, plom­biers, agents de bas­sin d’é­pu­ra­tion, plon­geurs, per­son­nels d’in­ter­ven­tion d’ur­gence, agents du gaz et électricité )
Pêcheurs en eau douce, chas­seurs, spé­léo­logues et tous les spor­tifs en eau douce peuvent être contaminés.
L’in­cu­ba­tion dure 4 à 14 jours.


SEMIOLOGIE
Diag­nos­tic dif­fi­cile si la notion de risque n’est pas évoquée.
La forme typique : ictère infec­tieux fébrile sevère ( myal­gies, arh­tral­gies), syn­drome ménin­gé, oli­go-anu­rie avec dans 20 % des cas un $ hémor­ra­gique (nez, peau, digestif)
Les formes aty­piques sont fré­quentes : tableau de ménin­gite lym­pho­cy­taire voire même simple $ pseudo-grippal.
Les formes graves asso­cient : insuf­fi­sance rénale aiguë, atteintes neu­ro­lo­giques (convul­sions, coma) et des hémor­ra­gies sérieuses ou bénignes ( pul­mo­naires , digestives
Le tableau cli­nique pré­sente une phase inter­mé­diaire vers J10 avec apy­réxie et dimi­nu­tion de l’ic­tére et une réag­gra­va­tion fébrile vers J15.

BIOLOGIE
—- Nfs, ( hyper­leu­co­cy­tose), trans­ami­nases, bilirubinémie
—- Recherche de germe : hémo­cul­tures, LCR, urines
—- Séro­diag­nos­tic : ELISA ou Mar­tin et Petit, ( à par­tir de J12 voire J25)

—- Ampli­fi­ca­tion génique : Vu la lon­gueur des délais des cultures, l’ap­pa­ri­tion tar­dive des anti­corps spé­ci­fiques, l’in­té­rêt de la PCR est évident. Elle per­met un diag­nos­tic direct en 48 heures (plas­ma, LCR ou urines) dès le pre­mier jour de la mala­die. Elle se néga­tive rapi­de­ment, vers le 10ème jour

TRAITEMENT
Il néces­site une hos­pi­ta­li­sa­tion – voire un ser­vice de réani­ma­tion – en rai­son du risque rénal ( insuf­fi­sance rénale dans 25 % des cas )
L’an­ti­bio­thé­ra­pie ( péni­cil­line, amoxi­cil­line) n’est effi­cace que s’il est admi­nis­tré pré­co­cé­ment càd avant l’ap­pa­ri­tion des signes hémor­ra­giques. Elle dimi­nue le risque de com­pli­ca­tion mais modi­fie guère l’évolution.

EVOLUTION
La conva­les­cence est longue mais géné­ra­le­ment sans séquelles.
La mor­ta­li­té atteint tou­te­fois 3 à 5 %
Les com­pli­ca­tions ocu­laires ( uvéites, iri­do-cyclite…) sont tar­dives ( 1 à 5 mois ) et gué­rissent géné­ra­le­ment sans séquelles.

Voir éga­le­ment : Méde­cine Tropicale

VACCIN (www.sante.gouv.fr)
Le vac­cin dis­po­nible en France est le vac­cin SPIROLEPT ®. Cí est un vac­cin inac­ti­vé. Il contient 1 ml d’une sus­pen­sion de 200 mil­lions d’u­ni­tés de Lep­tos­pi­ra icte­ro­hae­mor­ra­giae inac­ti­vée et ne pro­tège que contre ce séro­type. Son effi­ca­ci­té est consi­dé­rée comme bonne.
Mode d’ad­mi­nis­tra­tion, sché­ma de vac­ci­na­tion, conservation
Le sché­ma vac­ci­nal com­porte 2 injec­tions à 15 jours d’in­ter­valle, un rap­pel 4 à 6 mois après puis tous les deux ans. Le vac­cin doit être admi­nis­tré len­te­ment, par voie sous-cutanée.
Le vac­cin doit être conser­vé entre + 2 .C et + 8 .C et ne doit pas être congelé

La vac­ci­na­tion contre la lep­to­spi­rose est recom­man­dée pour dif­fé­rentes pro­fes­sions : égou­tiers, employés de voi­rie, per­son­nel de trai­te­ment des eaux usées , per­son­nel des abat­toirs, employés de lai­te­ries, gardes pêche, tra­vailleurs agri­coles, en par­ti­cu­liers des rizières, mineurs, dockers. Elle peut être jus­ti­fiée pour toutes les per­sonnes expo­sées au risque des mala­dies pro­fes­sion­nelles : tra­vaux expo­sant au contact d’a­ni­maux por­teurs de lep­tos­pires, d’eaux ou de lieux humides sus­cep­tibles d’être souillés par leurs déjec­tions (urines, selles) ; tra­vaux effec­tués dans les mines, les car­rières, les tran­chées, les tun­nels, les gale­ries, les égouts, les caves les chais et les sou­ter­rains ; tra­vaux d’a­mé­na­ge­ment et d’en­tre­tien des cours d’eau et de drai­nage ; tra­vaux effec­tués dans les cimen­te­ries, les abat­toirs, les bou­che­ries, les chan­tiers d’é­quar­ris­sage, les usines de dé lai­nages, les cui­sines, les conser­ve­ries, les lai­te­ries, les bras­se­ries ; gar­dien­nage, entre­tien et réfec­tion des parcs aqua­tiques, pis­ci­cul­tures ; tra­vaux exé­cu­tés sur les bateaux et péniches. Elle est sou­hai­table éga­le­ment pour les vétérinaires
.
En dehors des cir­cons­tances pro­fes­sion­nelles elle peut être pro­po­sée aux voya­geurs se ren­dant dans des lieux éloi­gnés à haute pré­va­lence de la lep­to­spi­rose : ran­don­neurs en zones de rizières ou d’eaux mortes, raf­ters, spé­léo­logues, plon­geurs en eau douce, secou­ristes inter­ve­nant en zone d’i­non­da­tion ou de trem­ble­ment de terre.
Asso­cia­tions vac­ci­nales En l’ab­sence d’é­tude, il est recom­man­dé de res­pec­ter un délai de 3 semaines entre cette vac­ci­na­tion et toutes les autres

Les effets indé­si­rables ont été signa­lés sont des réac­tions locales, dou­leurs, indu­ra­tion sca­pu­lal­gies ; des réac­tions géné­rales fièvre, cépha­lées, malaises, ver­tiges, nau­sées, myal­gies, pares­thé­sie ain­si que des érup­tions cuta­nées, notam­ment des urticaires.

Contre-indi­ca­tion : Aller­gie vraie à l’un des consti­tuants du vaccin.

RÉFÉRENCES
BARANTON G, POSTIC D. Rap­port annuel díac­ti­vi­té 1996. Centre Natio­nal de Réfé­rence des Lep­tos­pires. Ins­ti­tut Pas­teur. Paris. 1997.
BARANTON G, POSTIC D. Rap­port annuel díac­ti­vi­té 1997. Centre Natio­nal de Réfé­rence des Lep­tos­pires. Ins­ti­tut Pas­teur. Paris. 1998.
BARANTON G, POSTIC D. La lep­to­spi­rose en France de 1998 à 2000. Sur­veillance natio­nale des mala­dies infec­tieuses, 1998–2000, Ins­ti­tut de veille sani­taire, St Mau­rice, 2003 ; pp 203–6. http://www.invs.sante.fr/publications/2003/snmi/
BENBRIK E, POULIQUEN P, BEYTOUT J. Vac­ci­na­tions contre la lep­to­spi­rose. Aspects pra­tiques et indi­ca­tions. Concours Med. 2001 ; 123 ; 29 : 1938–46.
Vac­ci­na­tions et milieu du tra­vail. Edi­tions Docis. 1998.

 

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