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Hyperthyroïdie : causes, symptômes, traitement et prévention

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Bien que le corps humain soit une formidable machine dont les rouages sont parfaitement agencés, il reste cependant assez fragile. En effet, lorsqu’un des éléments affiche un dysfonctionnement, il peut en résulter des conséquences plus graves dans l’ensemble du système.

C’est exactement ce qui se passe avec les maladies. Elles sont nombreuses ; ce qui fait que certaines sont très peu connues en raison de leur fréquence plus ou moins faible. Dans cette catégorie, il y a l’hyperthyroïdie qui touche environ 5 à 20 personnes sur 1000 dans divers pays. Même si elle est peu répandue, elle reste un risque réel sur lequel il est opportun de s’informer. Que savoir sur ses causes et manifestations ? Comment peut-on en venir à bout ?

Hyperthyroïdie : causes

De manière simple, l’hyperthyroïdie peut être définie par un dérèglement hormonal. Elle n’est pas relative à un organe, mais plutôt à une glande : la thyroïde. Celle-ci est située dans le cou et est chargée de produire les hormones thyroïdiennes. C’est l’excès de cette production qui aboutit à l’hyperthyroïdie. Plusieurs éléments peuvent y contribuer.

La maladie de Basedow

La maladie de Basedow encore appelée maladie de Graves est une maladie auto-immune. Autrement dit, il résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire. Ce dernier n’arrive plus à faire la différence entre les composantes normales du corps et les éléments à éliminer. De fait, il s’y attaque dans l’optique de les détruire.

Dans ce cas précis, les anticorps défectueux ciblent directement la thyroïde. Excessivement stimulée, cette dernière produit une énorme quantité d’hormones thyroïdiennes. Plus spécifiquement, ce sont les hormones T3 et T4 qui sont en excès. Elles correspondent respectivement à la triiodothyronine et à la thyroxine.

La maladie de Graves fait partie des causes les plus courantes de l’hyperthyroïdie. Selon les chiffres, elle est à la base de près de 80 % des cas. Par ailleurs, elle est plus fréquente chez les femmes ; ce qui en fait les principales cibles de l’hyperthyroïdie. À cela s’ajoute le fait que dans 15 % des cas, un facteur familial est mis en évidence.

Les nodules thyroïdiens

Les nodules thyroïdiens sont des petites masses qui se forment dans la thyroïde pour des raisons qui demeurent encore mystérieuses. Heureusement, elles sont pour la plupart sans incidence. Ainsi, même si elles sont présentes chez une grande partie de la population, beaucoup n’en ont pas conscience ou vivent normalement avec. Dans les faits, 5 à 20 % de la population possède un nodule qu’il est possible de détecter grâce à la palpation (1 cm ou plus).

Lorsque les masses plus petites qui ne sont visibles qu’avec une échographie sont considérées, les statistiques sont plus impressionnantes. Dans ce cas, plus de 40 % de la population possède au moins un nodule. Même si la plupart des nodules thyroïdiens sont bénins, certains d’entre eux s’avèrent toxiques.

Ils produisent des hormones thyroïdiennes en excès ; ce qui aboutit inévitablement à une hyperthyroïdie. Cela peut arriver chez 5 à 10 % des personnes possédant un nodule thyroïdien. Il s’agit donc d’une cause assez fréquente.

La thyroïdite

L’hyperthyroïdie est souvent confondue avec une inflammation de la glande thyroïde. En réalité, c’est la thyroïdite qui correspond à cette description. Elle peut être de différents types et avoir des causes aussi bien inflammatoires qu’infectieuses. La thyroïdite de Hashimoto par exemple est d’origine auto-immune alors celle dite bactérienne est causée par staphylocoques.

De plus, les variations de cette maladie peuvent être aiguës, subaiguës et parfois chroniques. Même si les évolutions cliniques et biologiques d’une thyroïdite sont variées, elles ont toutes un point en commun. Il en résulte, quasiment toujours, un dérèglement des hormones thyroïdiennes et par extension, une hyperthyroïdie.

La particularité avec cette cause est que l’hyperthyroïdie causée peut être de courte durée. Dès que l’inflammation est soignée (quand c’est possible), la thyroïde retrouve son fonctionnement normal.

Hyperthyroïdie : symptômes et manifestations

Hyperthyroïdie : causes, symptômes, traitement et prévention

L’hyperthyroïdie est caractérisée par des symptômes très diversifiés. Leur nombre plus ou moins important rend la détection de ce mal encore plus difficile. Cela est accentué par le fait que dans certains cas, ils sont totalement absents. Toutefois, parmi les manifestations de l’hyperthyroïdie, certaines sont plus fréquentes que d’autres.

Hyperthyroïdie : pouls élevé

Lorsque vous ne faites aucun effort, votre pouls doit se situer, normalement, entre 60 et 80 fois par minute. Il s’agit là du rythme cardiaque admis comme étant normal dans des conditions précises. Il peut arriver qu’il change légèrement d’une personne à l’autre. Avec l’hyperthyroïdie, il peut facilement atteindre des sommets, même en cas d’inactivité. Dans ce cas, des palpitations et de l’essoufflement sont ressentis. Le pouls peut atteindre et dépasser largement les 100 battements par minute.

Hyperthyroïdie : température anormale du corps

Un autre symptôme très fréquent de l’hyperthyroïdie est une sensation de chaleur quasiment constante. Elle peut même être assimilée à des bouffées de chaleur. C’est la raison pour laquelle, chez les femmes, cette manifestation est souvent associée à la ménopause. Cette impression d’avoir toujours chaud est suivie d’une transpiration excessive et de mains moites. De plus, la soif est amplifiée.

Hyperthyroïdie : troubles du système nerveux

Étant donné que les hormones thyroïdiennes interviennent dans le métabolisme de base, leur dérèglement à des conséquences à presque tous les niveaux. De fait, une des manifestations de l’hyperthyroïdie concerne le système nerveux qui se retrouve troublé. Cela est visible notamment par des tremblements plus ou moins fréquents, surtout au niveau des mains. Il y a aussi l’irritabilité, la nervosité et les sautes d’humeur qui sont présentes.

Avec un système nerveux aussi perturbé, les troubles du sommeil ne tardent pas à se manifester. À la longue, cela agit sur le moral et l’énergie de la personne atteinte. Dans certains cas, cela atteint la dépression.

Hyperthyroïdie : troubles du système digestif

L’hyperthyroïdie affecte aussi le système digestif. Toutefois, la manière dont cela est fait rend ce symptôme presque indétectable. Dans les faits, la maladie accélère le transit. Elle améliore la digestion et diminue la fréquence des selles.

Pour les personnes souffrant déjà de troubles de la digestion, cela peut passer pour un bon signe alors qu’il n’en est rien. Pour rendre la détection encore plus difficile, les diarrhées sont rares ou inexistantes. Cependant, chez certaines personnes, elles peuvent être plus ou moins dominantes.

À tous ces symptômes, il est important d’ajouter un trouble de l’état général. Autrement dit, une fois atteint, vous vous sentez rarement en bon état. Vous ressentirez :

  • de la fatigue constante ;
  • des faiblesses musculaires ;
  • et même des nausées.

Vous vous éloignez de votre forme habituelle. Aussi, il est possible de remarquer un amaigrissement relativement rapide contrastant avec un appétit augmenté.

Hyperthyroïdie : traitements envisageables

Hyperthyroïdie : causes, symptômes, traitement et prévention

Le traitement de l’hyperthyroïdie est principalement médicamenteux et se fait en quelque sorte sur deux fronts. D’une part, il vise à réduire l’excès hormonal. D’autre part, il a pour objectif de réduire un à un les symptômes afin de favoriser un retour à la normale. Il faut préciser que pour qu’il soit vraiment efficace, il faut avoir une idée claire de l’origine du mal. Autrement dit, la cause doit être connue avant le début du traitement.

Avec la maladie de Basedow

Lorsque l’hyperthyroïdie est due à la maladie de Basedow, il faudra une prescription d’antithyroïdiens de synthèse. Le traitement peut s’étendre sur une période relativement longue qui peut aller jusqu’à plus d’un an. Même si le suivre à la lettre est éprouvant, cela n’en demeure pas moins nécessaire. Si le traitement est administré à une femme enceinte, les doses d’antithyroïdiens seront plus faibles afin de ne pas causer des complications.

Avec la thyroïdite et les nodules

Dans le cas d’une thyroïdite, le traitement consiste simplement à soulager l’inflammation. En l’absence de complication, ce résultat est atteint au bout de quelques semaines au plus. Lorsque la cause de l’hyperthyroïdie fait intervenir des nodules, les médicaments ne constituent qu’une partie de la solution. Ils sont administrés pour baisser les taux des hormones dans le sang.

Une fois qu’ils font effet, il est opportun de passer à la seconde phase qui n’est autre qu’une intervention chirurgicale. Elle est réalisée avec pour objectif le retrait de l’ensemble des nodules. En d’autres termes, une partie de la thyroïde est ôtée. Il est possible que cette solution soit considérée comme trop radicale par certains patients, car elle implique la prise d’hormone de substitution à vie.

En suivant le même principe, mais en évitant l’ablation, il est possible de neutraliser la glande par l’iode radioactif. Elle est également privilégiée en cas d’échec des traitements médicamenteux. Pour les cas particuliers d’hyperthyroïdie sans symptômes, le traitement n’est pas toujours obligatoire. Il s’impose toutefois lorsque les risques de complication cardiaque sont réels. Si tel est le cas, il faut que des mesures soient prises afin de les réduire au maximum.

Pour faire simple, il faudra renforcer le cœur et neutraliser l’excès hormonal en parallèle. Il faut préciser que la solution chirurgicale est recommandée dans une certaine limite d’âge. Au-delà de 40 ans, il n’est pas conseillé de recourir à cette méthode de traitement. Vous l’aurez compris, dans la plupart des cas, il est possible de guérir de l’hyperthyroïdie. L’essentiel reste de détecter la maladie très tôt pour augmenter le taux de réussite et réduire les risques.

Hyperthyroïdie : prévention

La principale raison pour laquelle les problèmes de thyroïde et principalement l’hyperthyroïdie sont préoccupants est qu’il n’existe aucun moyen de les prévenir réellement. Cela s’explique par le fait qu’il s’agisse d’un mal souvent héréditaire et dont les causes varient d’une personne à une autre.

Ces facteurs réduisent la possibilité d’un système préventif universel et applicable à tous. Toutefois, il existe la possibilité de réduire les effets de cette affection. Il s’agira alors de prendre soin de votre thyroïde grâce à plusieurs éléments du quotidien et un suivi médical.

Faire régulièrement un bilan de santé

La première chose qu’il est recommandé de faire dans le cadre de la prévention de l’hyperthyroïdie est un bilan de santé fréquent. En effet, c’est l’aggravation des symptômes de ce mal qui le rend aussi dangereux. Lorsqu’elle est diagnostiquée et prise en charge assez tôt, l’hyperthyroïdie peut être contrôlée.

Le médecin traitant sera alors en mesure de vous proposer un traitement efficace qui vous convient. Vous réduirez les risques de développer des complications qui peuvent constituer un véritable danger pour votre santé.

La fréquence conseillée pour effectuer un bilan de santé est une fois par an. Vous pouvez néanmoins vous rendre chez votre médecin dès que vous sentez une anomalie. Il pourra ainsi vous examiner afin de poser un diagnostic dans les meilleurs délais.

Changer votre alimentation

L’alimentation a une place très importante dans la gestion de la santé de votre thyroïde. En effet, il faut rappeler que l’une des causes les plus souvent indexées est liée aux habitudes alimentaires. Dans un premier temps, il y a votre niveau de consommation d’iode.

En pratique, lorsque vous êtes en carence ou en excès d’iode, vous pouvez développer de l’hyperthyroïdie sous plusieurs formes. Il faudra donc suivre les indications d’un spécialiste ou au moins ne pas dépasser les 5 g par jour recommandés.

Une autre méthode est de varier votre alimentation. Vous devrez éviter de consommer les mêmes produits et même espacer certains. De plus, misez sur un régime avec un bon apport en calcium pour améliorer vos réserves de minéraux. Par contre, vous devrez éviter les stimulants tels que le café, les boissons gazeuses ou énergisantes.

Adopter la bonne routine sportive

Lorsque vous faites de l’hyperthyroïdie ou quand vous êtes une personne à risque, vous devrez prendre soin de votre corps. Il faut préciser que cela dépend fortement de la période dans laquelle vous êtes. De manière pratique, quand vous êtes dans une période sensible, vous devrez éviter les sports d’endurance.

Ils constituent un problème puisqu’ils stimulent votre activité cardiovasculaire. Comme votre organisme est en hyperactivité, une activité de ce genre ne lui sera que néfaste. Par contre, vous pouvez faire :

  • de la marche ;
  • de la natation ;
  • ou encore du vélo à condition d’en modérer l’intensité.

Cela vous permet de réduire les accumulations d’éléments nocifs dans votre organisme. En dehors de cela, il est conseillé de faire du sport d’entretien. Vous veillerez alors à préserver vos os qui sont mis à rude épreuve lorsque vous êtes atteint. À tous ces éléments s’ajoutent une bonne hydratation et de bonnes habitudes de sommeil. Vous pourrez ainsi avoir un corps sain.

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