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Les troubles du goût : causes, signes, prévention, traitement

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Il n’est pas fré­quent, mais il arrive quand même que l’homme ren­contre des per­tur­ba­tions de ses sens élé­men­taires. Il arrive alors que l’odorat ou le goût fassent défaut chez l’être humain. Par­ti­cu­liè­re­ment, les troubles du goût peuvent s’observer sur une courte période ou plu­tôt une longue période.

Qu’est-ce qu’un trouble du goût ? Quelles sont les formes de troubles du goût ? Com­ment diag­nos­ti­quer un trouble du goût ? Com­ment les recon­naître ? Quelles sont les ori­gines des troubles du goût ? Quelles en sont les consé­quences ? Quels trai­te­ments pour les troubles de goût ? Com­ment les pré­ve­nir ? Voi­ci des réponses à ces questions !

Trouble du goût : présentation

Trop sou­vent, une confu­sion se fait entre les troubles du goût et les troubles de l’odorat. Il convient donc de pré­ci­ser la dif­fé­rence entre ces deux types de troubles. En effet, lorsque l’on ne sent pas la saveur des ali­ments que l’on mas­tique, c’est la per­cep­tion rétro-nasale donc l’odorat qui est en cause.

Par contre, lorsqu’on arrive plus à recon­naitre les sen­sa­tions des ali­ments mas­ti­qués avec les papilles gus­ta­tives situées sur la langue, c’est le goût qui est en cause. Avoir des troubles du goût implique donc ne plus pou­voir faire une dif­fé­rence entre le sucré, le salé, l’acide et l’amer. Le trouble peut signi­fier une dimi­nu­tion du sens du goût, une per­cep­tion gus­ta­tive erro­née ou une perte totale du goût.

Troubles du goût : formes

Les troubles du goût sont regrou­pés en trois caté­go­ries. Il est ques­tion de :

  • l’agueusie ;
  • la dys­gueu­sie ;
  • l’hypogueusie.

Cha­cune de ces formes tra­duit un degré d’atteinte des papilles gustatives.

L’agueusie

L’agueu­sie est un trouble du goût qui se tra­duit par la perte du sens du goût. Elle se carac­té­rise par la perte ou l’absence totale du goût. Elle peut éga­le­ment être tem­po­raire ou per­sis­tante. Ce trouble sur­vient suite à l’altération des récep­teurs sen­so­riels sur la paroi du pha­rynx ou sous la langue.

Par ailleurs, il est sou­vent remar­qué que l’agueusie s’accompagne d’une perte de l’odorat. Aus­si, cette patho­lo­gie peut prendre trois formes. Elle peut être com­plète, par­tielle ou spé­ci­fique. L’agueusie peut alors se tra­duire par l’incapacité à dis­tin­guer les sen­sa­tions en géné­ral, cer­taines saveurs ou une sub­stance spécifique.

La dysgueusie

La dys­gueu­sie est un autre trouble du goût qui se tra­duit par une sen­sa­tion gus­ta­tive erro­née. En effet, il s’agit de la dis­tor­sion de la per­cep­tion d’un goût due à l’absence de sti­mu­la­tion. Selon les causes, la dys­gueu­sie peut être de courte durée ou de longue durée. 

Très sou­vent, on remarque une modi­fi­ca­tion du sens du goût chez les per­sonnes souf­frant de ce trouble. Ain­si, leurs pré­fé­rences ali­men­taires peuvent chan­ger. Elles peuvent aus­si res­sen­tir des goûts bizarres ou désa­gréables comme un goût métal­lique dans la bouche.

L’hypogueusie

L’hypo­gueu­sie est la troi­sième forme de trouble du goût. Elle se carac­té­rise par la dimi­nu­tion de la per­cep­tion des sen­sa­tions. Elle peut être com­plète ou par­tielle. Lorsqu’elle est com­plète, on observe la dimi­nu­tion du goût. Par contre, lorsqu’elle est par­tielle, on observe plu­tôt la dimi­nu­tion de la sen­si­bi­li­té à quelques saveurs. Ain­si, une grippe ou un des­sè­che­ment de la cavi­té buc­cale peut faire sur­ve­nir une hypogueusie.

Troubles du goût : symptômes

Tout logi­que­ment, le prin­ci­pal symp­tôme des troubles du goût est la dif­fi­cul­té à recon­naitre les dif­fé­rentes saveurs. Les patients ont donc du mal à iden­ti­fier clai­re­ment le goût des oignons par exemple. Ils ont ten­dance alors à assai­son­ner leurs nour­ri­tures avec des épices fortes pour pou­voir goû­ter quelque chose.

Par ailleurs, cette dif­fi­cul­té à recon­naitre les saveurs s’accompagne de per­tur­ba­tions sen­so­rielles dans la bouche et sur la langue. Les per­sonnes souf­frant des troubles de goût se plaignent sou­vent de pico­te­ments dans la bouche. Si les symp­tômes sont sévères, on remarque une perte d’appétit chez les per­sonnes touchées.

Trouble du goût : diagnostic

Le diag­nos­tic d’un trouble du goût se fait en deux étapes majeures. La pre­mière étape a trait au ques­tion­ne­ment du patient par le méde­cin trai­tant. La seconde étape a rap­port aux dif­fé­rents exa­mens. Ain­si, pour faire son diag­nos­tic, le méde­cin pose quelques ques­tions au patient pour avoir des pré­ci­sions sur son cas. Voi­ci quelques ques­tions qu’il peut poser :

  • Arri­vez-vous tou­jours à sen­tir l’odeur des aliments ?
  • Souf­frez-vous d’une sinu­site ou d’un rhume allergique ?
  • À quand remontent vos pre­miers symptômes ?
  • Êtes-vous sous trai­te­ment médi­ca­men­teux ?

Les réponses du patient aux ques­tions du méde­cin lui per­met­tront de savoir iden­ti­fier les exa­mens adé­quats qu’il doit deman­der à faire. Tou­te­fois, dans la plu­part des cas, le méde­cin fait un exa­men ORL pour voir s’il n’y a pas un pro­blème infec­tieux. L’élec­tro­gus­to­mé­trie est aus­si un exa­men fré­quem­ment uti­li­sé par le spé­cia­liste pour confir­mer son diagnostic.

Troubles du goût : causes

Trouble du goût

Les troubles du goût ont des ori­gines variées. Tou­te­fois, les causes peuvent être situées au niveau des papilles gus­ta­tives, de la conduc­tion ner­veuse et des centres du goût loca­li­sés dans le cerveau.

Cas général

Géné­ra­le­ment, les troubles du goût peuvent trou­ver leur ori­gine dans des patho­lo­gies. Très sou­vent, il est remar­qué que la mala­die de Gou­ge­rot-Sjö­gren (taris­se­ment des sécré­tions sali­vaires et lacry­males) entraîne les troubles de goût. Aus­si, les mycoses peuvent entrai­ner des troubles du goût.

Par ailleurs, les troubles du goût peuvent être des effets indé­si­rables de cer­tains médi­ca­ments. Prin­ci­pa­le­ment, les hyper­ten­seurs, les anti­bio­tiques, cer­tains anti­dé­pres­seurs, cer­tains diu­ré­tiques et cer­tains anti­épi­lep­tiques engendrent ces troubles. La radio­thé­ra­pie et la chi­mio­thé­ra­pie pro­voquent une inter­rup­tion des cel­lules sen­so­rielles et gustatives.

Outre ces fac­teurs, il faut sou­li­gner que les troubles du goût peuvent être dus à une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale. Ain­si, une opé­ra­tion de l’oreille moyenne ou des extrac­tions den­taires mul­ti­pliées pro­voquent des bour­geons de goût chez les patients. Éga­le­ment, une mau­vaise hygiène den­taire peut pro­vo­quer un trouble du goût.

Le cas de l’agueusie

L’agueusie qui se tra­duit par la perte du sens du goût est sou­vent consta­tée après la perte de l’odorat chez la plu­part des patients. Elle peut s’expliquer par de nom­breuses causes. En voi­ci quelques-unes de ces causes :

  • La para­ly­sie faciale ;
  • La lésion ner­veuse au niveau du nerf glos­so-pha­ryn­gien ;
  • Les infec­tions de voies respiratoires ;
  • L’inhalation de cer­taines substances.

Il faut noter que le vieillis­se­ment est aus­si une cause de l’agueusie, car il entraîne une alté­ra­tion des récep­teurs sensoriels.

Le cas de la dysgueusie

La dys­gueu­sie qui se tra­duit par une sen­sa­tion gus­ta­tive erro­née peut décou­ler de plu­sieurs causes. Tout d’abord, elle peut être pro­vo­quée par cer­taines mala­dies comme les infec­tions buc­cales, les infec­tions des voies res­pi­ra­toires et les can­cers. Le reflux gas­tro-œso­pha­gien, la para­ly­sie de Bell, le dia­bète et les carences nutri­tion­nelles sont éga­le­ment des causes de la dysgueusie.

Aus­si, la prise des médi­ca­ments comme cer­taines chi­mio­thé­ra­pies et cer­tains anti­par­kin­so­niens peuvent pro­vo­quer la dys­gueu­sie. Chez cer­taines femmes enceintes, il est par­fois remar­qué une alté­ra­tion des sen­sa­tions gus­ta­tives. On peut ain­si comp­ter la gros­sesse par­mi les causes de la dysgueusie.

Le cas de l’hypogueusie

Concer­nant l’hypogueusie, plu­sieurs fac­teurs sont éga­le­ment res­pon­sables de ce trouble du goût. Il s’agit prin­ci­pa­le­ment du des­sè­che­ment de la cavi­té buc­cale, de l’anxiété et de la dépres­sion. La consom­ma­tion du tabac et de l’alcool repré­sente aus­si des causes de l’hypogueusie.

Tout comme les autres formes de troubles du goût, l’hypogueusie peut être pro­vo­quée par la prise de cer­tains médi­ca­ments. La mau­vaise hygiène buc­cale est aus­si un fac­teur pou­vant pro­vo­quer l’hypogueusie.

Troubles du goût : conséquences

Les troubles du goût impactent énor­mé­ment la qua­li­té de vie des per­sonnes tou­chées. En effet, ne plus pou­voir res­sen­tir le plai­sir des sen­sa­tions entraîne une insa­tis­fac­tion per­ma­nente. Ain­si, la pre­mière consé­quence de ces troubles est la perte d’appétit. Se nour­rir deve­nant une cor­vée, le patient peut pré­sen­ter des carences ali­men­taires et par consé­quent une perte de poids.

Aus­si, les troubles du goût créent une sen­sa­tion de mal-être chez les patients. Cela entraîne une baisse de moral. Si le trouble n’est pas vite pris en charge, cela peut conduire à la dépres­sion. La sécu­ri­té per­son­nelle des per­sonnes tou­chées est éga­le­ment en jeu puisqu’elles n’arrivent plus à détec­ter cer­tains signaux d’alerte dans leur consommation.

Troubles du goût : traitement

Pour trai­ter un trouble du goût, il faut d’abord en déter­mi­ner la cause. Ain­si, tout trai­te­ment de troubles du goût n’est pos­sible qu’après diag­nos­tic du méde­cin. Si la cause située est une patho­lo­gie, un trai­te­ment est mis en place dans ce sens. Par contre, si le trouble est lié à la prise de médi­ca­ments, le méde­cin pro­cède à une sub­sti­tu­tion des médi­ca­ments res­pon­sables du trouble.

Cas de l’agueusie

Lorsque l’agueusie est liée à une mycose, un trai­te­ment anti­fon­gique est mis en place après pré­lè­ve­ment. Cela suf­fit très sou­vent pour que le patient retrouve ses sen­sa­tions gus­ta­tives. Si l’agueusie découle du taba­gisme, le méde­cin encou­rage le patient à arrê­ter de fumer.

Aus­si, si le fac­teur res­pon­sable de l’agueusie est une infec­tion, les trai­te­ments sont nom­breux. Par contre, lorsque l’agueusie est pro­vo­quée par un trau­ma­tisme ou est liée à la vieillesse, elle est incurable.

Cas de la dysgueusie

Pour trai­ter la dys­gueu­sie, il est recom­man­dé avant tout, d’adopter une bonne hygiène buc­co-den­taire et d’avoir une ali­men­ta­tion équi­li­brée. Ensuite, il est conseillé de varier son ali­men­ta­tion et de tes­ter de nou­veaux plats. Uti­li­sez éga­le­ment des épices comme le papri­ka ou le cumin pour amé­lio­rer le goût.

Aus­si, si le goût désa­gréable dans votre bouche est un goût métal­lique, évi­tez de man­ger dans des conte­nants métal­liques. Pré­fé­rez plu­tôt les usten­siles en bois. S’il s’agit d’un goût acide, il est conseillé de limi­ter la consom­ma­tion du vin, du fro­mage et des agrumes. 

Cas de l’hypogueusie

Pour trai­ter l’hypogueusie, il est impor­tant de s’assurer d’avoir une bonne hygiène de la bouche. Si néces­saire, consul­tez régu­liè­re­ment le den­tiste pour un contrôle. L’hypogueusie condui­sant à une dimi­nu­tion du sens du goût, il est conseillé de sti­mu­ler vos papilles gus­ta­tives en assai­son­nant vos aliments.

L’hydratation étant éga­le­ment impor­tante dans le trai­te­ment de l’hypogueusie, il est recom­man­dé de suf­fi­sam­ment boire. Pré­fé­rez les bois­sons gazeuses sucrées, acides ou amères.

Troubles du goût : prévention

Trouble du goût

Les troubles du goût étant pour la plu­part pro­vo­qués par des fac­teurs dépen­dant de nos actions, il est pos­sible de les pré­ve­nir en adop­tant les bons comportements.

Se diagnostiquer par un médecin

Les mala­dies infec­tieuses et fon­giques peuvent être à l’origine des troubles du goût. Pour pré­ve­nir l’apparition de ces troubles, une bonne démarche serait de pen­ser à un assai­nis­se­ment com­plet de la cavi­té buc­cale, et ce, de façon pério­dique. Les visites fré­quentes chez le den­tiste s’imposent donc.

Aus­si, lorsque vous pre­nez l’habitude de vous rendre chez le den­tiste, celui-ci pour­ra vous ins­truire sur le néces­saire pour avoir une ali­men­ta­tion saine et équi­li­brée. Très sou­vent, le méde­cin recom­mande de prendre des ali­ments riches en zinc et fer.

Limiter la prise de certains médicaments

Pour évi­ter les troubles du goût, il est recom­man­dé de limi­ter au maxi­mum la prise de cer­tains médi­ca­ments qui pro­voquent ces troubles. Ain­si, il est conseillé de limi­ter la consom­ma­tion des antiul­cé­reux, des com­po­sants hyp­no­tiques et des anti­dé­pres­seurs. En réa­li­té, ces médi­ca­ments per­turbent les cap­teurs res­pon­sables de la dis­tinc­tion de la saveur.

Ain­si, si la prise de ces médi­ca­ments est essen­tielle dans le cadre du trai­te­ment d’une mala­die, n’hésitez pas à consul­ter votre méde­cin. En effet, le spé­cia­liste sau­ra vous pres­crire d’autres médi­ca­ments qui sub­sti­tue­ront par­fai­te­ment les anciens dans leur rôle. Vous pour­riez donc conti­nuer votre trai­te­ment sans craindre d’être expo­sé aux troubles du goût.

Éviter certaines mauvaises pratiques

Par­fois trop pres­sé de dégus­ter un repas, il arrive qu’on ne soit pas assez patient pour attendre que le repas se refroi­disse légè­re­ment. Il n’est donc pas rare que des bru­lures ou inci­sions sur la langue en découlent or ils ont ten­dance à trou­bler le sens du goût. Évi­tez donc de consom­mer des ali­ments bouillants. Même s’il est ten­tant de goû­ter à une piz­za sor­tie du four toute chaude, patien­tez qu’elle tiédisse.

Par ailleurs, le tabac est un agent nocif qui repré­sente un grand fac­teur res­pon­sable des troubles du goût. En effet, fumer entraîne la perte de sen­si­bi­li­té de cer­taines zones de la langue. Il est donc recom­man­dé de pros­crire cette mau­vaise pra­tique qui est de fumer.

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