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Otite externe : Causes, Symptômes et Traitements

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L’otite est une affec­tion qui entraîne des dou­leurs, au niveau de l’oreille. Elle existe sous diverses formes. Par­mi celles-ci, il y a l’otite externe. C’est l’une des formes les plus cou­rantes, et elle frappe plus par­ti­cu­liè­re­ment en été, en rai­son des bai­gnades. Ce type d’otite peut s’attaquer inva­ria­ble­ment aux per­sonnes adultes, ain­si qu’aux enfants. Tou­te­fois, la pré­va­lence de cette patho­lo­gie est beau­coup plus éle­vée chez les enfants. L’otite externe n’est pas à prendre à la légère, car elle peut occa­sion­ner une perte de l’audition. Qu’appelle-t-on otite externe ? Quelles sont les ori­gines de cette mala­die et quelles sont les formes de prise en charge dont peuvent béné­fi­cier les patients ? Réponses dans cet article.

Présentation de l’otite externe

L’otite externe se défi­nit comme étant une inflam­ma­tion du conduit audi­tif, situé entre le tym­pan et l’oreille externe. Elle est aus­si recon­nue sous l’appellation de « l’otite du bai­gneur ». Le plus sou­vent, cette inflam­ma­tion concerne une seule oreille. En d’autres termes, il est très rare qu’elle touche simul­ta­né­ment les deux oreilles.

Le risque de conta­gion de l’otite externe est faible. Néan­moins, elle peut être res­pon­sable d’importantes dou­leurs. Il est donc recom­man­dé de consul­ter un méde­cin dès l’apparition des signes cli­niques pri­maires, qui carac­té­risent la maladie.

Symptômes de l’otite externe

L’otite du bai­gneur se tra­duit en pre­mier lieu par des déman­geai­sons et des dou­leurs au niveau de l’oreille. Le plus sou­vent, les dou­leurs sont vives, lorsqu’on touche l’oreille de la per­sonne atteinte. Cette affec­tion déclenche éga­le­ment une perte de liquide, laquelle se mani­feste par un écou­le­ment au niveau de l’oreille affec­tée : on parle de l’otorrhée.

En outre, cer­tains symp­tômes, comme le gon­fle­ment de l’oreille externe ou encore une sen­sa­tion de rai­deur et de pres­sion dans l’oreille, peuvent se mani­fes­ter. Habi­tuel­le­ment, ces symp­tômes dis­pa­raissent d’eux-mêmes, en quelques jours. C’est la rai­son pour laquelle la consul­ta­tion chez le méde­cin n’est pas systématique.

Par ailleurs, en cas de per­sis­tance du pru­rit et des dou­leurs (au point d’occasionner des pro­blèmes d’audition), le patient doit immé­dia­te­ment se faire consul­ter par un méde­cin, afin que celui-ci puisse réa­li­ser un exa­men com­plet de ses oreilles et de son audi­tion. En cas de sur­ve­nue d’une fièvre et d’apparition de lésions dans l’oreille, cette recom­man­da­tion est éga­le­ment à suivre.

Causes de l’otite externe

L’oreille externe cor­res­pond à la zone visible de l’oreille. Elle est consti­tuée du :

  • Conduit audi­tif ;
  • Pavillon ;
  • Tym­pan (situé à l’intérieur de l’oreille).

L’oreille externe assure de nom­breuses fonc­tions, notam­ment la col­lecte, l’amplification et la trans­mis­sion du son dans le conduit audi­tif (qui a son tour le conduit jusqu’au niveau du tym­pan, sous forme de vibrations).

La pro­tec­tion de cette par­tie de l’oreille (oreille externe) est assu­rée par le céru­men. Ce der­nier empêche l’intrusion de germes (cham­pi­gnons ou encore bac­té­ries). De plus, le poten­tiel hydro­gène de l’oreille externe est esti­mé à 5 : elle est donc consi­dé­rée comme un milieu acide. Tous ces fac­teurs font qu’elle est peu favo­rable au déve­lop­pe­ment bac­té­rien. Tou­te­fois, lorsque la peau du conduit audi­tif est grat­tée ou en cas de retrait du céru­men, l’oreille externe n’est plus pré­ser­vée des agents patho­gènes. Elle devient ain­si une zone favo­rable au déve­lop­pe­ment des micro-orga­nismes.

Plus de 85 % des cas d’otite externe sont liés à une pré­sence bac­té­rienne. Le Pseu­do­mo­nas aeru­gi­no­sa et le sta­phy­lo­coc­cus aureus sont, dans la majo­ri­té de ces cas, les bac­té­ries en cause. En revanche, moins de 15 % des cas de cette mala­die sont dus à une infec­tion fon­gique, laquelle est pro­vo­quée par le cham­pi­gnon Asper­gil­lus. Les otites externes résultent ain­si, pour la plu­part du temps, de la pré­sence des bac­té­ries ou par­fois des cham­pi­gnons.

Otite externe : quels facteurs de risque ?

Plu­sieurs fac­teurs pré­dis­posent au déve­lop­pe­ment d’une otite externe. En pre­mier lieu, on peut par­ler des bai­gnades. Lorsque celles-ci sont trop fré­quentes, elles réduisent la bar­rière de céru­men et ampli­fient le poten­tiel hydro­gène de l’oreille externe. La consé­quence directe est la des­truc­tion de la bar­rière épi­thé­liale se trou­vant au niveau de la peau. Cette situa­tion faci­lite l’intrusion des bac­té­ries qui se situent dans l’eau.

Ensuite, on peut par­ler de cer­taines manœuvres dans le conduit audi­tif. On peut don­ner l’exemple de l’usage exces­sif de cotons-tiges, du lavage bru­tal de l’oreille ou encore du grat­tage avec des allu­mettes ou des pinces à che­veux. Ces dif­fé­rents faits expliquent la rai­son pour laquelle l’introduction de corps étran­gers dans l’oreille est inter­dite. Tou­te­fois, un net­toyage à l’eau, huit fois le mois (soit deux fois par semaine) est recommandé.

Enfin, l’utilisation de pro­duits poten­tiel­le­ment irri­tants, de même que cer­taines mala­dies de la peau comme l’eczéma peuvent être à l’origine de l’otite externe.

Évolution et complications de l’otite externe

Les com­pli­ca­tions de l’otite du bai­gneur sont rares, mais pas inexis­tantes. En effet, lorsque cette patho­lo­gie n’est pas trai­tée, elle peut occasionner :

  • Un abcès au niveau de l’oreille ;
  • Une otite externe maligne ;
  • Un rétré­cis­se­ment du canal auditif ;
  • Une cel­lu­lite ;
  • Un incon­fort dans l’oreille.

Elle peut aus­si se com­pli­quer par une inflam­ma­tion du tympan.

L’abcès au niveau de l’oreille

Habi­tuel­le­ment dou­lou­reux, l’abcès se carac­té­rise par une excrois­sance, pleine de pus. En cas d’otite externe non trai­tée, il se forme à l’intérieur de l’oreille et peut néces­si­ter, dans cer­tains cas, une inter­ven­tion médi­cale, voire chi­rur­gi­cale. Elle repose essen­tiel­le­ment sur le retrait du pus.

Le rétrécissement du canal auditif

Il se carac­té­rise par un épais­sis­se­ment de la peau et une séche­resse du conduit audi­tif. Celle-ci est due à l’inflammation conti­nue. Le rétré­cis­se­ment du canal audi­tif peut affec­ter l’audition de la per­sonne atteinte. Dans de rares cas, il peut pro­vo­quer la sur­di­té de cette der­nière, d’où l’importance de le trai­ter précocement.

L’inflammation du tympan

L’infection de l’oreille externe peut se pro­pa­ger jusqu’au tym­pan, au point d’entrainer une déchi­rure ou une per­fo­ra­tion de ce der­nier. Cette per­fo­ra­tion se tra­duit par des acou­phènes et une perte audi­tive tem­po­raire.

La cellulite

Infec­tion bac­té­rienne, la cel­lu­lite se carac­té­rise par l’intrusion des bac­té­ries à tra­vers les zones endom­ma­gées par l’otite externe. Cette com­pli­ca­tion de l’otite du bai­gneur se tra­duit par des dou­leurs res­sen­ties au niveau de la zone affec­tée et des rou­geurs de la peau. En outre, cer­tains symp­tômes comme la fièvre ou les fris­sons peuvent aus­si survenir.

Otite externe maligne

Elle repré­sente la com­pli­ca­tion la plus sévère de l’otite du bai­gneur. Tou­te­fois, il existe peu de cas où l’otite externe évo­lue vers une otite externe maligne. Celle-ci est donc rare. Lorsqu’elle se mani­feste, on constate que l’infection s’attaque à l’os entou­rant le canal audi­tif.

Lorsque le sys­tème immu­ni­taire du patient est affai­bli, la pro­ba­bi­li­té qu’il déve­loppe une otite externe maligne est plus éle­vée. Elle peut être fatale pour celui-ci, sur­tout lorsqu’elle n’est pas prise en charge. Elle se tra­duit par de fortes dou­leurs à l’oreille, une para­ly­sie du nerf facial ou encore des maux de tête.

Traitement de l’otite externe

L’acte pri­maire à poser en cas d’otite externe est l’élimination du fac­teur en cause. Ain­si, les troubles dimi­nue­ront et le méde­cin sera en mesure d’entamer le trai­te­ment, après avoir éta­bli le diag­nos­tic de la mala­die. Le trai­te­ment de l’otite du bai­gneur repose, en par­tie, sur la pres­crip­tion de gouttes auri­cu­laires, aux pro­prié­tés anti­sep­tiques, anti­bac­té­riennes ou anti­fon­giques. Dans la majo­ri­té des cas, ce trai­te­ment s’avère effi­cace, car il per­met l’apaisement des symp­tômes de la mala­die et la gué­ri­son des per­sonnes atteintes.

L’administration des gouttes dans l’oreille passe par cer­taines étapes pré­cises. En effet, dans un pre­mier temps, il fau­dra gar­der le fla­con de gouttes dans la main, durant quelques minutes, afin de le réchauf­fer. Le patient devra ensuite incli­ner sa tête vers le côté, de façon à ce que l’oreille à trai­ter se retrouve en haut. Lorsque celui-ci a plus de 3 ans, le haut de l’oreille doit être tiré vers le bas et l’arrière. Par contre, s’il a moins de 3 ans, la zone pré­cé­dem­ment indi­quée doit être tirée vers le haut et l’arrière. Le but de cette manœuvre est de par­ve­nir à main­te­nir droit le conduit audi­tif externe. Ain­si, le nombre de gouttes indi­qué par le méde­cin pour­ra être appliqué.

À ce moment pré­cis, il fau­dra s’assurer que les gouttes pénètrent effec­ti­ve­ment dans le conduit audi­tif. Enfin, pour empê­cher que les gouttes ne res­sortent de l’oreille, le patient devra main­te­nir sa tête, dans la pos­ture de départ, pen­dant 3 minutes environ.

Pour ren­for­cer l’efficacité des gouttes, le méde­cin doit pro­cé­der au préa­lable, au retrait du pus et de la cire, à tra­vers un net­toyage des oreilles du patient : il s’agit d’un lavage doux. Durant cette opé­ra­tion de net­toyage, il injecte dans le conduit audi­tif externe du patient un liquide de lavage. Pour y arri­ver, il se sert d’une seringue. Dans les cas où le patient pré­sente des signes de fièvre ou d’infection locale, un trai­te­ment anti­bio­tique par voie orale peut être envisagé.

Par ailleurs, l’otite externe peut être dan­ge­reuse, lorsqu’elle est asso­ciée à d’autres patho­lo­gies. À titre illus­tra­tif, lorsqu’elle est asso­ciée au dia­bète, le patient res­sent moins les dou­leurs (en rai­son d’une atteinte des nerfs). Celui-ci, ne se ren­dant compte de rien, consulte au der­nier moment, lorsque la mala­die est à un stade avan­cé. De plus, lorsqu’on souffre du dia­bète, les petits vais­seaux san­guins sont atteints. Ain­si, l’os ne par­vient plus à se défendre contre les attaques bac­té­riennes, res­pon­sables de l’otite externe. Les patients dia­bé­tiques sont donc plus sus­cep­tibles de déve­lop­per une otite externe maligne.

Conseils pratiques à suivre en cas d’otite externe

Pour gué­rir de l’otite du bai­gneur, il existe cer­taines mesures que le patient doit obli­ga­toi­re­ment res­pec­ter. En pre­mier lieu, il s’agira du res­pect du trai­te­ment. En effet, lorsque le trai­te­ment anti­bio­tique est admi­nis­tré par le méde­cin, le patient doit le pour­suivre jusqu’à sa fin, car son inter­rup­tion aug­mente le risque de déve­lop­pe­ment d’une résis­tance aux antibiotiques.

Aus­si, au cours de la période de trai­te­ment, le patient doit uni­que­ment uti­li­ser les gouttes pres­crites par le méde­cin. Tou­te­fois, en cas de per­sis­tance des dou­leurs, il peut appli­quer des com­presses tièdes sur l’oreille, afin de les sou­la­ger. Cer­tains médi­ca­ments peuvent éga­le­ment être uti­li­sés pour obte­nir cet effet. On peut citer l’ibuprofène ou encore l’acétaminophène. L’usage de ces médi­ca­ments néces­site le res­pect des poso­lo­gies, des dif­fé­rentes indi­ca­tions et contre-indi­ca­tions figu­rant sur l’emballage.

Pour finir, le patient doit s’assurer qu’aucune goutte d’eau n’entre dans son oreille, durant toute la période de trai­te­ment. Il doit donc évi­ter les dif­fé­rentes acti­vi­tés qui pour­raient faci­li­ter l’entrée de l’eau dans les oreilles.

Prévention de l’otite externe

Il est tout à fait pos­sible de pré­ve­nir l’otite externe. Cela passe par l’application et le res­pect de quelques conseils. En effet, après un bain, il est recom­man­dé de net­toyer cor­rec­te­ment l’intérieur du pavillon des oreilles. De plus, pen­cher la tête de chaque côté pour­rait faci­li­ter la sor­tie de l’eau res­tée dans les oreilles.

L’introduction de coton tige, d’une allu­mette, du sham­poing, du doigt ou encore du savon, dans l’oreille, est for­te­ment inter­dite. Ces dif­fé­rents objets peuvent être à l’origine de l’irritation ou d’une bles­sure au niveau du conduit audi­tif externe. Aus­si, les bai­gnades dans les pis­cines mal entre­te­nues sont for­mel­le­ment inter­dites, car elles pour­raient faci­li­ter l’intrusion des micro-orga­nismes.

Il est pos­sible d’introduire quelques gouttes d’huile d’olive dans cha­cune des oreilles. Ain­si, l’eau pour­ra glis­ser dans les conduits et faci­li­te­ra le ramol­lis­se­ment des bou­chons de cire.

L’utilisation de cer­taines gouttes (Buro-sol par exemple) pour assé­cher les oreilles à la suite d’une bai­gnade est envi­sa­geable. À défaut de ce pro­duit, il est pos­sible de réa­li­ser ses propres gouttes. Pour ce faire, il fau­dra mélan­ger du vinaigre à de l’alcool à fric­tion. 04 gouttes de la solu­tion obte­nue doivent être intro­duites dans l’oreille après la bai­gnade.

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