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Asthme du nourrisson : causes et traitements

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L’asthme est une mala­die chro­nique dont les cibles sont les voies res­pi­ra­toires. Tou­chant majo­ri­tai­re­ment les per­sonnes âgées, cette mala­die devient de plus en plus fré­quente chez les nour­ris­sons, sur­tout pen­dant les deux pre­mières années de la vie. L’asthme peut être la consé­quence de l’ex­po­si­tion du nour­ris­son a de nom­breux fac­teurs envi­ron­ne­men­taux ou aller­gènes. Le sys­tème immu­ni­taire du nour­ris­son étant encore faible, il vaut mieux consul­ter un méde­cin lorsque les pre­miers symp­tômes appa­raissent. Com­ment se mani­feste et évo­lue l’asthme chez le nour­ris­son ? Quels sont les fac­teurs res­pon­sables du déclen­che­ment de l’asthme chez les nour­ris­sons ? Focus

Définition de l’asthme du nourrisson

L’asthme est une mala­die chro­nique clas­sée dans la caté­go­rie des mala­dies res­pi­ra­toires. Il se mani­feste essen­tiel­le­ment par d’im­por­tantes dif­fi­cul­tés à res­pi­rer et une dys­pnée aiguë.

Chez les nour­ris­sons, cette mala­die cor­res­pond à tout épi­sode de gênes res­pi­ra­toires pen­dant les­quels, on remarque des sif­fle­ments. Lorsque ces épi­sodes de gènes res­pi­ra­toires se pro­duisent fré­quem­ment, on parle alors d’asthme chez le nourrisson.

Par ailleurs, il est très pro­bable qu’un enfant de moins de 36 mois souffre d’asthme s’il a déjà eu un épi­sode de bron­chite, de bron­chio­lite ou encore de rhi­no­pha­ryn­gite. La sur­ve­nue de l’un ou de plu­sieurs de ces mala­dies res­pi­ra­toires doit conduire à la recherche de la pré­sence d’un éven­tuel asthme.

Les crises d’asthme chez le nour­ris­son sont par­ti­cu­liè­re­ment inquié­tantes. Leur prin­ci­pale mani­fes­ta­tion sont les suivantes :

  • La toux sèche ;
  • La res­pi­ra­tion rapide et sif­flante ;
  • Un bat­te­ment rapide des narines ;
  • D’é­normes dif­fi­cul­tés à res­pi­rer lors de l’ins­pi­ra­tion ;
  • Le creu­se­ment de l’es­pace entre les côtes et au-des­sus des cla­vi­cules ;
  • Une dis­ten­sion du tho­rax même pen­dant l’expiration ;
  • La pâleur ;
  • Une colo­ra­tion bleue des doigts et des lèvres.

La liste n’est pas exhaus­tive, mais il vaut mieux consul­ter un méde­cin lorsque l’un de ces symp­tômes appa­raît chez le nour­ris­son. Il faut aus­si pré­ci­ser que les mani­fes­ta­tions d’une crise aiguë d’asthme chez le nour­ris­son sont très proches de celle d’une bron­chio­lite. Tou­te­fois, on peut conclure à l’hy­po­thèse de l’asthme, lorsque ces symp­tômes se répètent de manière régulière.

Il existe éga­le­ment cer­tains symp­tômes moins évo­ca­teurs de l’asthme, mais qui en sont carac­té­ris­tiques, qui peuvent appa­raître chez le nour­ris­son. Par­mi ceux-ci, on peut citer les sif­fle­ments sans toux, même en dehors des crises. On peut aus­si évo­quer la toux pen­dant la nuit ou pen­dant que le bébé marche ou s’a­gite. Si le nour­ris­son a vécu un épi­sode de bron­chio­lite, il est pos­sible que la toux per­dure et devienne chro­nique. Dans ce cas, on parle de bron­chite asth­ma­tique, de toux asth­ma­ti­forme ou encore de bron­chio­lite à répé­ti­tion.

Par ailleurs, si un membre de la famille du nour­ris­son a déjà souf­fert d’une rhi­nite, d’une aller­gie ali­men­taire, d’un eczé­ma ou de tout autre trouble res­pi­ra­toire, la pro­ba­bi­li­té de sur­ve­nue d’un asthme chez le nour­ris­son devient importante.

L’asthme chez le nourrisson : les causes majeures 

De plus en plus de nour­ris­sons déve­loppent un asthme avant leurs 3 ans. En France par exemple, envi­ron 20 % des nour­ris­sons de moins de 36 mois sont touchés.

Aujourd’­hui encore, il reste assez com­pli­qué d’ex­pli­quer les ori­gines de l’asthme chez le nour­ris­son. Mais, les chances sont grandes pour que la mala­die pro­vienne d’une ano­ma­lie géné­tique. Cer­taines études révèlent aus­si que cer­tains fac­teurs envi­ron­ne­men­taux pour­raient être impli­qués dans le déclen­che­ment de cette mala­die : des agents infec­tieux, des infec­tions virales, les microbes, etc.

Par­mi les fac­teurs les plus cou­ram­ment iden­ti­fiés comme impli­qués dans l’asthme du nour­ris­son, on peut citer :

  • Une expo­si­tion fré­quente au tabac ;
  • Les réac­tions aller­giques
  • La pol­lu­tion aérienne, notam­ment par le die­sel ;
  • Le taba­gisme des parents ;
  • La consom­ma­tion d’al­cool par la mère allaitante ;
  • Le sur­poids de la mer pen­dant la gros­sesse ;
  • La consom­ma­tion de quan­ti­té impor­tante de sucre au cours de la grossesse ;
  • Des ano­ma­lies du micro­biote intes­ti­nal ;
  • Un accou­che­ment par césa­rienne ;
  • Cer­taines infec­tions virales.

Le pro­ces­sus de déclen­che­ment de l’asthme chez le nour­ris­son est simple : l’in­tro­duc­tion d’un virus, du tabac ou de tout autre élé­ment auquel le nour­ris­son est aller­gique pro­voque une irri­ta­tion des bronches, qui deviennent inflam­ma­toires et com­mencent à secré­ter des glaires. On parle d’hy­per­ac­ti­vi­té bron­chique. Dans ces condi­tions, le muscle bron­chique se res­serre et la cir­cu­la­tion de l’air vers les bronches devient de plus en plus difficile.

Quelques facteurs de risque de l’asthme chez le nourrisson 

Cer­tains évé­ne­ments ou patho­lo­gies dans l’en­tou­rage du nour­ris­son, peuvent être res­pon­sables du déclen­che­ment ou du déve­lop­pe­ment rapide de l’asthme chez ce der­nier. Par exemple, les anté­cé­dents fami­liaux de rhi­nite aller­gique, l’ec­zé­ma ou des aller­gies ali­men­taires, peuvent être impli­qués. Une pré­ma­tu­ri­té du nour­ris­son ain­si que la pra­tique d’une ven­ti­la­tion arti­fi­cielle pro­lon­gée, peuvent aus­si aug­men­ter le risque d’asthme. Les mal­for­ma­tions car­diaques congé­ni­tales consti­tuent éga­le­ment des fac­teurs de risque de la mala­die. On peut aus­si évo­quer d’autres fac­teurs tels que :

  • Les reflux gas­tro-œso­pha­giens du nour­ris­son ;
  • Les émo­tions trop fortes : rires et pleures ;
  • Les condi­tions de vie dif­fi­ciles : un loge­ment insa­lubre dans lequel on trouve des microbes et des moi­sis­sures.

Il faut pré­ci­ser que la cause ou les fac­teurs condui­sant au déclen­che­ment de l’asthme chez le nour­ris­son ne sont pas figés.

L’asthme chez le nourrisson : quels examens pour le diagnostic ?

Pour diag­nos­ti­quer l’asthme chez le nour­ris­son, le méde­cin com­mence géné­ra­le­ment par une ana­lyse cli­nique. Il essaie­ra donc de trou­ver des symp­tômes en rap­port avec la mala­die, ain­si que des fac­teurs de son envi­ron­ne­ment pou­vant être res­pon­sables du déclenchement.

Ensuite, une radio­gra­phie du tho­rax de face pour­ra être réa­li­sée. L’ob­jec­tif de cet exa­men est d’é­car­ter les hypo­thèses d’autres mala­dies telles que les mal­for­ma­tions ou les inha­la­tions de corps étran­ger. Il est aus­si fré­quent que le méde­cin trai­tant demande l’a­vis d’un pédiatre, afin d’être sûr de son diagnostic.

Chez de nom­breux nour­ris­sons, la radio­gra­phie du tho­rax peut être tout à fait nor­male. Dans ce cas, le méde­cin met en place un trai­te­ment anti-asth­ma­tique d’é­preuve. Si ce trai­te­ment s’a­vère effi­cace, le diag­nos­tic de l’asthme est ren­for­cé. Il faut aus­si pré­ci­ser que ce trai­te­ment peut être incons­tant ou incom­plet, mal­gré la pré­sence de l’asthme. D’autres exa­mens plus appro­fon­dis devront donc être réa­li­sés pour confir­mer le diag­nos­tic.

Une autre piste à exploi­ter dans le diag­nos­tic de l’asthme chez le nour­ris­son est la recherche aller­gique. Cette der­nière ne se fait pas de façon sys­té­ma­tique chez les nour­ris­sons. C’est lorsque les symp­tômes de la mala­die sont per­sis­tants ou qu’ils sont évo­ca­teurs du nom aller­gique ou d’un anté­cé­dent fami­lial, que le méde­cin y pense. On réa­li­se­ra alors des explo­ra­tions fonc­tion­nelles res­pi­ra­toires.

Les moyens de prévention des crises d’asthme chez le nourrisson

Pour évi­ter les crises d’asthme chez le nour­ris­son, il est impor­tant de prendre cer­taines dis­po­si­tions et de res­pec­ter cer­taines règles d’hy­giène. D’a­bord, il faut évi­ter d’ex­po­ser le bébé au tabac ou à d’autres irri­tants. En tant que parents, vous devriez arrê­ter le taba­gisme ou tout au moins ne pas fumer dans l’en­tou­rage du nour­ris­son.

Lorsque vous êtes atteint d’une infec­tion virale, vous devez ren­for­cer le plus pos­sible les mesures d’hy­giène. Pour évi­ter de conta­mi­ner le nour­ris­son, il vaut mieux uti­li­ser un mou­choir en papier pour tous­ser et le jeter par la suite. Après s’être mou­ché, il est impor­tant de se laver cor­rec­te­ment les mains à l’eau et au savon. Pour pro­té­ger le nour­ris­son, vous pou­vez por­ter un masque et évi­ter de l’embrasser sur le visage. En cas de rhi­no­pha­ryn­gite chez le bébé, il faut prendre le soin de lui laver fré­quem­ment le nez.

Pour le cas de nour­ris­son qui pré­sente des aller­gies, il fau­dra mettre en œuvre une pro­cé­dure stricte pour limi­ter leur expo­si­tion aux aller­gènes. Par exemple, la lite­rie devra être lavée de façon fré­quente. Quant aux moquettes et aux tapis, il vaut mieux les sup­pri­mer du cadre de vie du nour­ris­son. Il fau­dra éga­le­ment net­toyer les moi­sis­sures et inter­dire l’ac­cès des ani­maux à la chambre du bébé. Dans la mesure du pos­sible, il est recom­man­dé d’u­ti­li­ser un puri­fi­ca­teur d’air.

L’asthme chez le nourrisson : quels traitements ?

L’op­tion de trai­te­ment à uti­li­ser pour un asthme chez le nour­ris­son dépend du degré de sévé­ri­té de ce der­nier. Ce degré est déter­mi­né en fonc­tion de la fré­quence des crises.

Géné­ra­le­ment, c’est un trai­te­ment ponc­tuel qui est pres­crit pour sou­la­ger les symp­tômes d’une crise d’asthme chez le nour­ris­son. Avec ce trai­te­ment, les dif­fi­cul­tés de res­pi­ra­tion, la toux et les sif­fle­ments s’es­tompent. Le trai­te­ment consiste prin­ci­pa­le­ment à faire inha­ler au nour­ris­son des bron­cho­di­la­ta­teurs. L’administration de cor­ti­coïdes par voie interne est aus­si possible.

Lorsque l’asthme est per­sis­tant chez le nour­ris­son, il néces­site un trai­te­ment en pro­fon­deur. Dans la plu­part des cas, ce trai­te­ment repose sur la cor­ti­co­thé­ra­pie inha­lée. Pour l’ad­mi­nis­tra­tion de ce trai­te­ment, on uti­lise une chambre d’in­ha­la­tion ou un com­pres­seur nébu­leux. Il est très impor­tant que les doses pres­crites soient res­pec­tées pour une effi­ca­ci­té du trai­te­ment. Le trai­te­ment réduit en un temps record la fré­quence et la sévé­ri­té des crises d’asthme. Cepen­dant, il fau­dra le cou­pler avec un res­pect strict des règles d’hy­giène.

Par ailleurs, les méde­cins recom­mandent de faire vac­ci­ner les nour­ris­sons asth­ma­tiques le plus tôt pos­sible contre la grippe. Si la mala­die pro­voque une hyper­sé­cré­tion bron­chique, des séances de kiné­si­thé­ra­pie peuvent être indi­quées dans le traitement.

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