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LE TRAITEMENT HORMONAL DE LA MENOPAUSE

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Doc­teur Albert Ohayon - Gyné­co­logue-Obs­té­tri­cien « de ville ».

L’histoire natu­relle de la méno­pause, vous le savez, com­porte deux périodes prin­ci­pales : celle de la sur­ve­nue du dérè­gle­ment, plu­tôt capri­cieuse, dite péri­mé­no­pause et celle de la carence consti­tuée, défi­ni­tive, désa­gréable certes, mais des­ti­née à durer, la méno­pause confirmée.

Sché­ma­ti­que­ment, deux logiques se pro­posent à vos patientes : se faire soi­gner ou cour­ber le dos et lais­ser faire la nature.

Vous les conseille­rez dans un sens ou l’autre en fonc­tion de vos pré­fé­rences et expé­riences, mais au total, la déci­sion sou­vent vous échap­pe­ra et risque de dépendre des voi­sines, des cou­sines et des magazines.
Quand elles ont opté pour le trai­te­ment hor­mo­nal, le pra­ti­cien doit : choi­sir une stra­té­gie pour une patiente, suivre l’évolution et le génie propre de ses troubles, enfin s’adapter aux étapes qu’elle franchit.
Il faut les en aver­tir, leur faire com­prendre que la démarche res­semble à de la navi­ga­tion à vue, à de la confec­tion de dentelle.
Voir éga­le­ment : Méno­pause en Pratique


 

L’OPOTHERAPIE SUBSTITUTIVE – THS

Elle vise donc à rem­pla­cer les sécré­tions défaillantes.
Les ovaires pro­duisent donc en période d’activité géni­tale des stéroïdes.
Il y a trois familles prin­ci­pales : Les oes­tro­gènes, les pro­ges­ta­tifs et les andro­gènes, pro­duites en petite quantité.
—– Les oes­tro­gènes sont les hor­mones fon­da­men­tales du cycle féminin.
—– La pro­ges­té­rone fait contrepoids.
—– Quant aux andro­gènes, leur rôle n’est pas com­plè­te­ment élucidé.
Dans chaque famille hor­mo­nale, la struc­ture de base se décline en plu­sieurs sous varié­tés. Il n’a pas été pos­sible jusque là de recons­ti­tuer chi­mi­que­ment toute la gamme, ça n’est peut être même pas souhaitable.

LES PRODUITS.
Le mar­ché est trop neuf et trop impor­tant pour lais­ser indif­fé­rent. Pour se posi­tion­ner, cer­tains labo­ra­toires se contentent le plus sou­vent dans l’urgence, d’adapter des pro­duits anciens, de les reloo­ker « méno­pause ». La recherche a néan­moins déjà abou­ti à des pro­duits plus spé­cia­le­ment adap­tés, dont cer­tains sont prometteurs.

LES OESTROGENES.
L’é­thy­nil oes­tra­diol, pré­sent dans les pilules contra­cep­tives, n’est pas pro­po­sée pour le trai­te­ment de la méno­pause. A ce moment là de la vie de la femme, elle aurait des effets secon­daires trop impor­tants. Le risque de phlé­bite notam­ment serait réel.
L’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique pro­pose donc des molé­cules plus proches des hor­mones naturelles.

Celles recueillies dans l’urine des juments enceintes sont pres­crites depuis plu­sieurs années aux Etats-Unis. Elles ont fait la preuve de leur effi­ca­ci­té (PREMARIN ® O,625 et 1,25 mg ). Elles n’ont pas encore trou­vé en France de pro­mo­teur assez zélé.

Celles syn­thé­ti­sées en labo­ra­toire à l’i­den­tique de la frac­tion prin­ci­pale des oes­tro­gènes natu­rels consti­tuent l’es­sen­tiel de la pres­crip­tion chez nous ( 17 Bêta-oes­tra­diol ).

Voies d’ad­mi­nis­tra­tions.
On dis­pose de la voie orale avec les clas­siques com­pri­més et de la voie per­cu­ta­née avec les gels et les patchs.

La voie orale.
Lors­qu’il est ava­lé, le com­pri­mé est assi­mi­lé par la bar­rière intes­ti­nale. Le pre­mier pas­sage hépa­tique va déna­tu­rer et neu­tra­li­ser une par­tie du médi­ca­ment. Même si ça n’est pas for­cé­ment néfaste, cela sol­li­cite, plu­tôt bru­ta­le­ment, les fonc­tions de détoxi­ca­tions du foie.

La voie per­cu­ta­née, gels et patchs.
Elle pré­sente l’a­van­tage d’é­vi­ter ce pre­mier pas­sage hépa­tique. Leur incon­vé­nient, lui, résulte des varia­tions d’ab­sorp­tion selon le type de peau, le siège et le moment de l’application.

Le gel.
On l’on applique tous les jours à même la peau sans mas­ser. Il faut évi­ter la région des seins et le visage parce que c’est un com­po­sé hydro-alcoo­lique. Le pro­duit est absor­bé à tra­vers la peau et passe dans le sang pour ensuite se dis­tri­buer dans l’organisme. Pour cer­taines marques, l’u­ni­té de base est la réglette. En pres­sant le tube, on en extrait le pro­duit sur une cer­taine lon­gueur, du dia­mètre d’un sty­lo bille. Pour d’autres, la dose est déli­vrée par un sys­tème doseur sem­blable à celui des den­ti­frices. C’est plus précis.

Le patch pré­sente d’in­dé­niables avantages :
Ce sont des timbres imbi­bés de pro­duit, qu’on colle sur la peau. Ils délivrent, une fois en place, une dose constante. La quan­ti­té absor­bée dépend de la sur­face du dis­po­si­tif. Ceux dis­po­nibles actuel­le­ment doivent être renou­ve­lés deux fois par semaine. Ce sys­tème a l’a­van­tage de la sim­pli­ci­té d’u­ti­li­sa­tion et la régu­la­ri­té de l’ap­port hor­mo­nal. Les douches et les bains de mer ne décollent en prin­cipe pas le patch. Il est conseillé de ne prendre un bain chaud que les jours du chan­ge­ment des dispositifs.

LES PROGESTATIFS
Pour l’heure, on a le choix pour ce qui est des molé­cules, mais pas pour ce qui est du mode d’ad­mi­nis­tra­tion. Les gels ne passent pas assez bien la bar­rière de la peau, ils n’auront qu’un effet local. Pas de patch non plus.

En com­pri­més, on dis­pose de :

La pro­ges­té­rone natu­relle. Inté­rêt : sa struc­ture. Incon­vé­nients : elle est res­pon­sable de som­no­lence et de ver­tiges et elle ne pré­vient que moyen­ne­ment l’hyperplasie de l’en­do­mètre. (UTROGESTAN ®)

Les déri­vés syn­thé­tiques de la pro­ges­té­rone, d’une puis­sance supé­rieure à la molé­cule ori­gi­nelle. Inté­rêt : Ils sont une sécu­ri­té contre l’hy­per­sti­mu­la­tion de la muqueuse et nous sécu­rise ainsi.
Incon­vé­nients : ils sont par­fois trop puis­sants, à la demi-vie trop grande, trop atro­phiants et res­pon­sables de quelques effets androgéniques.

On dis­pose de l’a­cé­tate de cypro­té­rone, pro­ges­ta­tif puis­sant et anta­go­niste com­pé­ti­tif de la testostérone.Il s’oppose ain­si aux androgènes.
Inté­rêt : Il cor­rige les ter­rains andro­gé­niques, poils et peau grasse.
Incon­vé­nients : la molé­cule a été mise en cause, à beau­coup plus fortes doses que celles uti­li­sées en méno­pause, dans l’apparition d’une cer­taine tumeur du foie**.

Cer­taines études ont mon­tré que l’u­ti­li­sa­tion des pro­ges­ta­tifs dans le trai­te­ment de la méno­pause pou­vait favo­ri­ser la sur­ve­nue de can­cers du sein. Ces études ont beau­coup sur­pris au moment de leur publi­ca­tion. Cette hor­mone a plu­tôt la répu­ta­tion, avant la méno­pause, de pré­ser­ver le sein des ten­sions mam­maires et de trai­ter les mastoses.

LES ANDROGENES

Cer­tains articles récents pro­posent d’as­so­cier des hor­mones mâles au trai­te­ment sub­sti­tu­tif de la méno­pause. Les méde­cins tentent de pro­mou­voir cette idée avancent que les symp­tômes psy­chiques de cette période sont en par­tie dus à un manque en testostérone.
Asso­ciée au trai­te­ment, elle ralen­ti­rait l’os­téo­po­rose, pré­vien­drait le can­cer du sein et joue­rait le rôle d’un sti­mu­lant psy­chique et sexuel. Ça nous vient des Etats Unis, où l’on n’hé­site pas à écrire qu’un effet secon­daire comme une hyper­tro­phie du cli­to­ris est par­fois « wel­co­med », bien­ve­nu. Ici, on attend et on voit.
Les andro­gènes, en usage local, incor­po­rés à des crèmes, uti­li­sés en infimes quan­ti­tés, sont sans doute les seules sub­stances capables aujourd’­hui d’a­gir direc­te­ment sur l’é­pi­derme de la femme ménopausée.

Le trai­te­ment hormonal.

Le trai­te­ment a pour but de com­plé­men­ter ou de rem­pla­cer les hor­mones absentes. Comme l’état hor­mo­nal varie, depuis le dés­équi­libre de la péri­mé­no­pause à la carence de la méno­pause confir­mée, la pres­crip­tion va s’adapter.

PERIMENOPAUSE
Les oes­tro­gènes ne sont pas contre­ba­lan­cés par les pro­ges­ta­tifs. En prin­cipe, la pres­crip­tion devrait ten­ter de recons­ti­tuer la séquence natu­relle. Dans la pra­tique, la demande de contra­cep­tion vient com­pli­quer la démarche.
Cette contra­cep­tion est par­fois déjà en place sous la forme d’un sté­ri­let. D’autres fois, on ten­te­ra de faire coup double avec un pro­ges­ta­tif qui bloque l’ovulation.
Voir éga­le­ment : La Pré­mé­no­pause

Les moda­li­tés.
Bien que la solu­tion élé­gante veuille qu’on se pas­sât des oes­tro­gènes dans cette période par­ti­cu­lière, on est en pra­tique sou­vent contraint d’en pres­crire. Vous le savez, la contra­cep­tion néces­site des pro­duits anti­go­na­do­tropes pour­vus d’une puis­sance supé­rieure à la fois au défi­cit pro­pre­ment dit, et sou­vent à ce que la muqueuse peut sup­por­ter. De là pro­viennent les sai­gne­ments et les retards de règles aux­quels on s’expose.

Si le but est sim­ple­ment de com­plé­men­ter le dés­équi­libre hor­mo­nal, la prise de pro­ges­té­rone débu­te­ra le 10ième ou le 15ième jour du cycle et s’interrompra au 25ième jour. Les règles sur­viennent après le der­nier comprimé.
Si on recherche un effet contra­cep­tif, il fau­dra d’une part choi­sir un déri­vé syn­thé­tique de la pro­ges­té­rone, d’autre part débu­ter la prise au 5ième jour du cycle. Il fau­dra sou­vent pres­crire une période de cinq à dix jours d’oestrogènes, avant la sur­ve­nue des règles quand la régu­la­ri­té de celles-ci le réclame.
Une men­tion spé­ciale pour le gel de pro­ges­té­rone. A effet local, sans effet secon­daire, c’est un excellent trai­te­ment des ten­sions mam­maires. C’est dom­mage que les patientes pré­fèrent par­fois la faci­li­té des comprimés.

Les effets indésirables.
En théo­rie, c’est sédui­sant. En pra­tique, de nom­breux petits inci­dents émaillent cette prescription :

  • Som­no­lence de la pro­ges­té­rone naturelle.
  • Prise de poids, les trois pre­miers mois sur­tout, donc une bonne vigi­lance pon­dé­rale devrait évi­ter cela.
  • Petites métror­ra­gies, dues au fait que les déri­vés syn­thé­tiques sont un peu trop forts pour la muqueuse. Mieux vaut donc choi­sir une forme natu­relle, mais ça n’est pas contraceptif.
  • Absence de règles à l’arrêt au 25ième jour, tou­jours l’excès de puis­sance. Si on tient à l’effet contra­cep­tif, il fau­dra rajou­ter des oes­tro­gènes à par­tir du 20ième jour, par­fois même avant.
  • Lour­deurs de jambes. Quelques mesures d’économie vei­neuse sont à conseiller : évi­ter le chauf­fage diri­gé sur les jambes en voi­ture et au bureau (chauf­fage d’appoint). Prendre des douches plu­tôt que des bains et finir par un rin­çage des jambes à l’eau froide. Por­ter des bas de conten­tion, il en est de très seyants. Enfin, en der­nier lieu, pres­crire des veinotoniques.
    Le dan­ger existe, par ces inci­dents répé­tés, de décou­ra­ger pré­ma­tu­ré­ment la patiente, de la bra­quer contre un trai­te­ment qui lui sera béné­fique plus tard.

    LA MENOPAUSE CONFIRMEE.
    Il faut en pré­am­bule, énon­cer quelques véri­tés qui ne font pas tou­jours plai­sir aux soi­gnants que nous sommes.
    Quand une séquence ou un pro­duit ne satis­fait pas la patiente, on doit se poser ces questions :
  • Est-ce un bon produit ?
  • Est-il indi­qué dans cette situa­tion, chez cette patiente ?
  • Lui a‑t-on bien expli­qué com­ment le prendre (méde­cin et pharmacien) ?
  • A‑t-on pré­ci­sé ce que l’on en atten­dait ? Et ce qu’il est inutile d’en espérer ?
    On ne doit pas se décou­ra­ger trop vite et chan­ger sans arrêt de pro­duit. Cela épuise la gamme, la patiente et le médecin.

    Le but.
    La carence est là, ins­tal­lée. Le trai­te­ment est donc des­ti­né à com­bler le manque hormonal.
    On peut néan­moins assis­ter, à dis­tance de l’instauration, à des revi­vis­cences ova­riennes, c’est rare. Il en résulte la sur­ve­nue de règles chez les patientes sans trai­te­ment. Quand elles béné­fi­cient déjà d’une pres­crip­tion, le cycle est émaillé de petits sai­gne­ments « para­sites ». Cela inquiète plus sou­vent le méde­cin jeune, car­té­sien et anxieux que sa patiente.

    Doit-on ins­tau­rer le trai­te­ment sub­sti­tu­tif rapidement ?
    Mal­gré les dif­fi­cul­tés que l’on ren­contre pour l’ajuster, il semble pré­fé­rable de l’initier dès la sur­ve­nue des troubles. Il serait incom­pré­hen­sible que l’on retarde sa mise en place alors qu’il est en mesure de sou­la­ger la patiente de ses bouf­fées de cha­leur, déprime et autre. Cette période là sera dif­fi­cile à gérer, mais elle est celle ou la patiente demande une aide et en voit rapi­de­ment le béné­fice. Il fau­dra aver­tir la patiente du risque de devoir modi­fier les poso­lo­gies et par­fois les produits

    Doit-on ins­tau­rer un trai­te­ment chez une patiente méno­pau­sée depuis long­temps ? Doit-on le réta­blir chez celle qui l’aurait interrompu ?
    Oui, ces patientes peuvent en béné­fi­cier. Le ralen­tis­se­ment de la démi­né­ra­li­sa­tion osseuse le jus­ti­fie. On peut aus­si en attendre un léger mieux des fonc­tions cardio-vasculaires.

    Quelle doit être la durée du traitement ?
    Aus­si long­temps que pos­sible. Il peut être inter­rom­pu à tout moment, pour rai­son médi­cale, ou par caprice. Il n’y a pas de « bail  » par­ti­cu­lier à res­pec­ter. L’effet dure ce que dure la prise, et s’estompe len­te­ment à l’arrêt de celle-ci.

    Les moda­li­tés.
    Les Oes­tro­gènes.
    Ils semblent suf­fire à cor­ri­ger les troubles de sur­ve­nue de la méno­pause. Ils ont long­temps été uti­li­sés seuls. Jus­qu’à ce qu’on s’aperçoive que le nombre des can­cers de l’utérus avait net­te­ment aug­men­té chez les patientes sou­mises à ce trai­te­ment. En effet, sans contre­par­tie pro­ges­ta­tive, dans cer­tains cas extrêmes, les oes­tro­gènes pro­vo­quaient d’abord une hyper­pla­sie, puis le pro­ces­sus enclen­ché évo­luait vers un cancer.
    Cela se pas­sait aux Etats Unis dans les années 70. Les pro­ges­ta­tifs étaient délais­sés parce qu’ils étaient res­pon­sables de prise de poids et qu’ils avaient la fâcheuse ten­dance à se trans­for­mer en andro­gènes une fois dans l’organisme.

    Les pro­ges­ta­tifs
    Ils entrent désor­mais qua­si sys­té­ma­ti­que­ment dans la séquence du trai­te­ment substitutif.

    Les andro­gènes
    En pra­tique cou­rante, ces hor­mones mâles ne sont pas asso­ciées au trai­te­ment. Il y a vingt ans de cela, un pro­duit exis­tait, qui asso­ciait un déri­vé de la tes­to­sté­rone à ce qui res­sem­blait à une pilule, le pau­sé­ryl. Il a été reti­ré du mar­ché. Les men­ta­li­tés vont peut-être évo­luer de vers leur réin­tro­duc­tion. On peut encore en douter.

    Aujourd’­hui, la com­bi­nai­son oes­tro-pro­ges­ta­tive est la plus fré­quem­ment pres­crite. La prise d’oes­tro­gènes seuls est réser­vée aux patientes hystérectomisées.

    L’assemblage.
    Faut-il pres­crire les deux hor­mones sépa­ré­ment et déci­der d’une séquence par­ti­cu­lière, ce que cer­tains appellent le « sur mesure » ou bien uti­li­ser les spé­cia­li­tés toutes prêtes, le « prêt à porter » ?
    Nous ne savons pas, aujourd’­hui, offrir du « sur mesure » à nos patientes. Il fau­drait pour cela dis­po­ser en pre­mier lieu des mesures. Or les dosages ne reflètent que très gros­siè­re­ment le sta­tus hor­mo­nal de nos patientes. Pour ajus­ter les doses, il fau­drait pou­voir tailler nos pro­duits. Essayez de tailler un com­pri­mé ou même une réglette de gel. Quoique…on peut tailler cer­tains patchs et dimi­nuer la dose d’autant.
    La pres­crip­tion.
    La méno­pause est d’ins­tal­la­tion récente.
    Il faut adop­ter une séquence qui ménage un arrêt de la prise, de façon à déclen­cher des règles. Les bouf­fées de cha­leur et les troubles de l’hu­meur sont les symp­tômes les plus sou­vent ren­con­trés. Ces symp­tômes, rapi­de­ment cal­més par des doses modé­rées d’œs­tro­gènes, infé­rieures à celles pré­co­ni­sées pour la sub­sti­tu­tion totale, resur­gissent par­fois dans l’in­ter­valle ména­gé pour les règles. Un com­pro­mis consiste à n’ar­rê­ter la prise que cinq jours par mois, au lieu d’une semaine ou dix jours.
    Autre écueil, des revi­vis­cences ova­riennes sont tou­jours pos­sibles. C’est pour cette rai­son que l’on choi­si­ra un pro­ges­ta­tif de type syn­thé­tique, capable de les contrer éven­tuel­le­ment. Atten­tion, le risque de prendre du poids est réel. C’est pour­quoi on pré­co­nise une petite vigi­lance ali­men­taire les trois pre­miers mois.
    Pour une telle séquence, on fera appel de pré­fé­rence aux com­pri­més qu’aux patchs. En règle géné­rale, la pro­ges­té­rone est pres­crite pour accom­pa­gner la seconde par­tie de la prise des oes­tro­gènes. Dans le cas pré­sent, on débute le mois avec uni­que­ment l’œs­tro­gène et ce n’est que le 11 du mois que l’on ajoute la pro­ges­té­rone. Enfin le 25 on prend les der­niers comprimés.
    Si on désire pre­crire des patchs, ce sera en conti­nu avec tou­jours le pro­ge­ta­tif du 11 au 25. Il sur­vien­dra des règles. Les pro­duits com­bi­nés oes­tro-pro­ges­ta­tifs ne conviennent géné­ra­le­ment pas à cette phase où ils occa­sionnent par­fois incon­fort et ten­sions mammaires.

    Méno­pause ins­tal­lée, confirmée.
    Quand la méno­pause est bien ins­tal­lée, le trai­te­ment doit se faire à doses « pleines « , pour palier tota­le­ment au manque.
    La solu­tion de faci­li­té, c’est de faire appel aux com­bi­nés oes­tro-pro­ges­ta­tifs. Le sché­ma de prise est copié sur celui de la pilule avec une semaine d’arrêt pen­dant laquelle sur­viennent les règles. La démarche qui a géné­ré ces pro­duits visent à séduire ces patientes « géné­ra­tion pilule  » accou­tu­mées à ce genre de prise, qui arrivent de plus en plus nom­breuses à l’âge de la ménopause.
    Ce pro­to­cole déclenche des mens­trua­tions dans la semaine d’ar­rêt. Au bout de quelques temps, le volume du sai­gne­ment a ten­dance à s’es­tom­per jus­qu’à dis­pa­raître prés une fois sur deux.
    Ces sché­mas, avec règles, sont aus­si obte­nus en asso­ciant la pres­crip­tion sépa­rée des deux hor­mones, en adap­tant les quan­ti­tés et la séquence à la patiente. Pour sim­pli­fier la prise, on a choi­si le plus sou­vent de la ryth­mer sur les jours du mois. Ain­si les oes­tro­gènes sont pres­crit du 1ier au 20 ou 25 du mois et le pro­ges­ta­tif à par­tir du 10.
    Lors­qu’on a choi­si de faire du sur mesure, ou pour être plus pré­cis, du coor­don­né, il est pos­sible de pro­po­ser un sché­ma dit sans règle.
    En effet, la prise en conti­nu offre la pos­si­bi­li­té de ne pas déclen­cher de mue de l’en­do­mètre. Il ne sur­vient donc pas de règles.
    Cela mérite quelques pré­ci­sions. Quand on inter­rompt la prise d’une hor­mone, la muqueuse, dont le main­tien dépend jus­te­ment de cette hor­mone, va s’af­fais­ser et s’é­li­mi­ner. On a déclen­ché des règles artificielles.
    Déci­der d’une séquence où on se ména­ge­rait une période d’ar­rêt, c’est opter pour la sur­ve­nue d’hé­mor­ra­gies pério­diques. Ces règles, qui ne sont là que des hémor­ra­gies cau­sées par l’arrêt momen­ta­né, sept à dix jours par mois, du trai­te­ment, sont le résul­tat de la « mue » de la muqueuse uté­rine. Cela ne signi­fie pas que le cycle a repris. Notam­ment, les gros­sesses ne sont pas ren­dues pos­sibles par ce système.
    Cette mue pré­sente quelques avan­tages, en début de méno­pause, sur­tout. Une muqueuse qui ne se renou­velle pas, résul­tat d’une prise hor­mo­nale conti­nue, saigne plus facilement.
    La plu­part des femmes pré­fèrent ne pas avoir de sai­gne­ments men­suels. Pour d’autres, le cycle est lié à l’idée de jeunesse.

    En résu­mé, inter­rompre la prise d’hor­mone pen­dant cinq à dix jours par mois, c’est per­mettre à la muqueuse de se renou­ve­ler, et obte­nir la sur­ve­nue de règles, du moins les pre­mières années. En effet, au fil du temps, la pro­por­tion de patientes sans règles aug­mente, même quand elles inter­rompent le trai­te­ment cinq ou dix jours.
    Les sché­mas dits sans règles pro­posent de prendre les hor­mones en conti­nu, afin de main­te­nir la muqueuse constam­ment au même niveau.

    Les contre-indi­ca­tions.
    Sur le prin­cipe, toutes les femmes ont inté­rêt à l’opothérapie substitutive.
    Le trai­te­ment est contre-indi­qué chez cer­taines patientes. La liste ne com­porte plus guère que l’antécédent de can­cer du sein. Cela est même remis en ques­tion par cer­tains. Les anté­cé­dents d’accidents vas­cu­laires, les hyper­ten­sions arté­rielles, otos­pon­giose et autres can­cers gyné­co­lo­giques ne sont plus consi­dé­rées comme des inter­dic­tions à ce trai­te­ment. Elles font cepen­dant par­tie des cir­cons­tances où l’on doit bien peser le pour et le contre. Un volu­mi­neux fibrome consti­tue plus une gêne pré­vi­sible à la bonne marche du trai­te­ment qu’une contre-indi­ca­tion à celui-ci.

    Les effets indésirables.

  • Les règles.
    Cer­taines patientes ne dési­rent pas avoir de nou­veau des mens­trua­tions. On peut donc opter dans ce cas là pour une prise en continu.
  • Les sai­gne­ments indésirables.
    S’ils doivent rete­nir l’at­ten­tion du pres­crip­teur pour lui faire éli­mi­ner une cause orga­nique, ils résultent le plus sou­vent d’un trai­te­ment inadap­té. Il suf­fit de modi­fier la pres­crip­tion pour les voir s’es­tom­per. Par­fois ils ne sont que l’ex­pres­sion, le pro­lon­ge­ment d’a­no­ma­lies, fibrome, polype ou adé­no­myose, pré­exis­tantes à la ménopause.
  • Les seins tendus.
    Ce symp­tôme, fré­quent, sou­vent en début de trai­te­ment, semble être dû à un sur­do­sage en oes­tro­gènes. Un gel à la pro­ges­té­rone, appli­qué régu­liè­re­ment, calme les ten­sions, et ras­sure la patiente qui voit sou­vent là les pré­mices du can­cer du sein.
  • Les nau­sées.
  • Les bouf­fées de chaleur.
    Elles tra­duisent moins l’in­suf­fi­sance des doses admi­nis­trées que la néces­si­té de rac­cour­cir la fenêtre thé­ra­peu­tique. Quatre à cinq jours suf­fisent au renou­vel­le­ment de la muqueuse.
  • Le can­cer du sein.
    Les études abondent sur le sujet et le risque semble à pré­sent clai­re­ment iden­ti­fié. Le risque semble lié à l’u­ti­li­sa­tion des pro­ges­ta­tifs. La prise sur une courte période, de cinq ans et moins, n’oc­ca­sionne aucune modi­fi­ca­tion quand à la fré­quence de la sur­ve­nue du can­cer du sein. Pour des prises plus longues, on note une aug­men­ta­tion de cette patho­lo­gie d’un tiers envi­ron. Il faut nuan­cer cette infor­ma­tion de trois remarques. D’une part, il ne faut pas com­prendre qu’un tiers des patientes vont avoir un can­cer mais que le pour­cen­tage, de l’ordre de 4% à 50 ans s’ac­croît d’un tiers, pour culmi­ner à 5,5%. D’autre part ces can­cers sont détec­tés plus tôt dans leur évo­lu­tion. Ils sont donc plus facile à trai­ter. Preuve en est que la mor­ta­li­té due au can­cer, elle, n’aug­mente pas et qu’elle dimi­nue même. En der­nier lieu, les études, por­tant sur de très nom­breuses patientes, nous pro­viennent des pays anglo-saxons, pré­cur­seurs du trai­te­ment, uti­li­sa­teurs de pro­duits dif­fé­rents de ceux pres­crits en France.
    Néan­moins, on recom­mande, pour limi­ter les risques, chez les patientes qui ont subi une hys­té­rec­to­mie totale, de res­treindre la pres­crip­tion aux seuls oestrogènes.
  • Le can­cer de l’utérus.
    Il s’a­git du can­cer de l’en­do­mètre. La rela­tion est faite entre ce can­cer et un état pré­li­mi­naire, inter­mé­diaire, qu’est l’hy­per­pla­sie de l’en­do­mètre. La pro­li­fé­ra­tion des cel­lules y est net­te­ment aug­men­tée en com­pa­rai­son avec l’é­tat nor­mal mais l’ar­chi­tec­ture glo­bale est encore conser­vée. Les oes­tro­gènes sont res­pon­sables de cette sti­mu­la­tion. Il est donc recom­man­dé, afin de ne pas s’ex­po­ser à ce risque, d’une part de contrô­ler régu­liè­re­ment l’é­pais­seur de la muqueuse, témoin de la sti­mu­la­tion, d’autre part, d’as­so­cier sys­té­ma­ti­que­ment un pro­ges­ta­tif qui s’op­pose à l’hyperplasie.

    Le site de l’au­teur :Dr Ohayon. Gyné­co­logue-Obs­té­tri­cien « de ville ».

    wbm@esculape.com
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