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Toxoplasmose pendant la grossesse : causes, symptômes, diagnostic, traitement

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La toxo­plas­mose est une mala­die infec­tieuse due à un para­site micro­sco­pique appe­lée toxo­plasme. Cette patho­lo­gie ordi­nai­re­ment bénigne peut être à l’origine de nom­breuses réper­cus­sions graves lorsqu’elle sur­vient chez la femme enceinte ou chez les per­sonnes immu­no­dé­pri­mées. Elle peut notam­ment affec­ter le déve­lop­pe­ment du fœtus (et plus tard de l’enfant) ain­si qu’entrainer des séquelles impor­tantes selon le pro­fil des patients.

Face aux dan­gers induits par cette patho­lo­gie ; sur­tout au cours de la gros­sesse, un dépis­tage régu­lier de la mère consti­tue une mesure incon­tour­nable. En cas d’infection, d’autres dis­po­si­tions appro­priées s’en sui­vront. Com­ment concrè­te­ment anti­ci­per les risques de toxo­plas­mose chez la femme enceinte ? Voi­ci quelques élé­ments de réponse.

Toxoplasmose pendant la grossesse : causes et mode de transmission

Le toxo­plasme ou Toxos­plas­ma gon­dii est le para­site res­pon­sable de cette mala­die. Il pro­vient des ani­maux notam­ment des chats voire des ani­maux de bou­che­rie chez les­quels il se repro­duit dans l’intestin. Ain­si, son mode de trans­mis­sion à l’homme est assez limi­té. Il pour­ra s’agir :

  • D’une infec­tion par contact direct
  • D’une infec­tion par inges­tion de viande mal cuite

Infection par contact direct

Dans ce pre­mier cas, diverses situa­tions peuvent créer le lien. Géné­ra­le­ment, il sera ques­tion de conta­mi­na­tion lors de contacts directs avec le chat même ou sa litière. Cepen­dant, les chats infec­tés peuvent éli­mi­ner les para­sites par leurs excré­ments puis l’individu sera conta­mi­né en mani­pu­lant des élé­ments souillés (terre, eau, légumes, cru­di­tés, etc.). 

En réa­li­té, les chats s’infestent de ces para­sites en man­geant les ron­geurs ou oiseaux qui contiennent des kystes (ayant jusqu’à 2500 toxo­plasmes). Pen­dant la diges­tion, les para­sites vont se mul­ti­plier dans l’intestin grêle du chat qui éli­mi­ne­ra jusqu’à 10 mil­lions d’oocytes (œufs enkys­tés) par jour sur deux semaines. 

La consé­quence directe s’avère la sur­vie puis le mûris­se­ment de ces œufs résis­tants dans le milieu exté­rieur. Ensuite, ils peuvent être ingé­rés par l’homme ou encore d’autres chats, ce qui entrai­ne­ra la reprise du cycle. À noter que les chats d’appartement ne sont le plus sou­vent pas un fac­teur de risques, car ils se nour­rissent de pro­duits indus­triels (ou faits mai­son) et ne chassent pas des proies à l’extérieur.

Infection par ingestion de viande mal cuite

Lorsque les chats éli­minent les para­sites par leurs excré­ments, les hommes ne sont pas for­cé­ment les pre­miers à être expo­sés à une conta­mi­na­tion. Les bœufs et les porcs peuvent faci­le­ment ingé­rer ces para­sites avant de les trans­mettre à l’homme par le biais de la viande. S’alimenter de viande conta­mi­née peu cuite (pour rap­pel, ces para­sites sont très résis­tants) suf­fit pour attra­per le mal.

Toxoplasmose pendant la grossesse : symptômes et complications

Les signes d’une toxo­plas­mose chez la femme enceinte varient selon le stade de la gros­sesse au moment de l’infection. Ain­si, une atteinte en début de gros­sesse est très sévère et se mani­feste par des ano­ma­lies impor­tantes de déve­lop­pe­ment du fœtus, voire une fausse couche. Par contre, quand l’infection se pro­duit plus tard, les risques se réduisent. On redou­te­ra l’apparition de troubles visuels chez le nour­ris­son, de jau­nisse, d’augmentation de la rate et du foie, de convul­sions, etc.

Par ailleurs, chez les per­sonnes dans un état nor­mal, la toxo­plas­mose affiche peu de symp­tômes. Il s’agit de :

  • Fièvre légère
  • Dou­leurs mus­cu­laires et articulaires
  • Cépha­lées
  • Fatigue
  • Érup­tion cutanée
  • Gan­glions enflés. 

Tous ces symp­tômes sont des­ti­nés à dis­pa­raitre d’eux-mêmes. La mala­die est bénigne et ses rares signes peuvent évo­quer une grippe. Tou­te­fois, le cas des per­sonnes immu­no­dé­pri­mées pré­sente un peu plus de dan­gers. Ceux-ci peuvent souf­frir de symp­tômes neu­ro­lo­giques sévères à l’instar de convul­sions ou même déve­lop­per une pneumonie. 

Complications

Les com­pli­ca­tions asso­ciées à la toxo­plas­mose sont d’une rare­té extrême. On n’observe presque jamais leur sur­ve­nance. Cepen­dant, si elles sur­viennent, elles touchent les enfants nées d’une mère ayant eu la mala­die pen­dant la gros­sesse. Ceux-ci étant sui­vis jusqu’à l’adolescence, on peut recen­ser dans quelques cas la perte de la vue ou de l’audition ain­si qu’un retard men­tal. Encore une fois, ces cas de figure sont extrê­me­ment rares.

Toxoplasmose pendant la grossesse : diagnostic

Toxo­plas­mose pen­dant la grossesse

Chez la femme enceinte, on pra­tique un diag­nos­tic séro­lo­gique de la toxo­plas­mose. Cet exa­men est d’ailleurs obli­ga­toire en début de gros­sesse. Il s’agit tout sim­ple­ment d’une recherche et d’un dosage d’anticorps spé­ci­fiques (immu­no­glo­bu­lines IgM et IgG) contre le toxo­plasme dans le sang. Les IgM appa­raissent pré­co­ce­ment après la conta­mi­na­tion et dis­pa­raissent en 3 à 6 mois. Les IgG quant à eux per­sistent toute la vie dans le sang afin de confé­rer une immu­ni­té vis-à-vis du parasite.

Ain­si, en cas d’examen séro­lo­gique néga­tif, c’est-à-dire une absence de ces immu­no­glo­bu­lines, il fau­dra réa­li­ser un sui­vi séro­lo­gique men­suel pen­dant toute la gros­sesse. Si le test se révèle posi­tif, un deuxième pré­lè­ve­ment sera effec­tué pour véri­fier l’ancienneté de l’affection (sou­vent la conta­mi­na­tion est anté­rieure à la gros­sesse). Une infec­tion anté­rieure à la date de concep­tion ne pré­sente aucun risque pour le bébé.

Cas de la séroconversion

La séro­con­ver­sion est l’apparition d’anticorps après une séro­lo­gie néga­tive. Cela révèle une conta­mi­na­tion ulté­rieure à la gros­sesse. Le diag­nos­tic devra alors inclure la recherche de la date de sur­ve­nance de l’infection afin de favo­ri­ser la prise de mesure adé­quate. En réa­li­té, le risque d’atteinte du fœtus aug­mente avec l’âge de la grossesse.

En d’autres termes, si la conta­mi­na­tion inter­vient tôt (avant la 16e semaine de gros­sesse), le risque de trans­mis­sion au bébé est faible (entre 1 % et 5 %). Néan­moins, si la trans­mis­sion se réa­lise, les consé­quences seront d’une grande sévé­ri­té (mal­for­ma­tions neu­ro-ocu­laires, mort in uté­ro…). Par contre, si l’infection sur­vient à un stade plus avan­cé de la gros­sesse (après la 16e semaine), le risque de trans­mis­sion au bébé devient plus impor­tant (entre 20 % et 90 %). Heu­reu­se­ment, la sévé­ri­té de l’atteinte fœtale est moindre dans ces cas.

D’autres diag­nos­tics sont pos­sibles notamment :

  • Un test d’avidité des IgG pour confir­mer l’infection et faci­li­ter sa datation,
  • Une détec­tion par bio­lo­gie moléculaire
  • Une amnio­cen­tèse pour déter­mi­ner si le fœtus est contaminé
  • Des éco­gra­phies (voire une IRM) pour recher­cher d’éventuelles lésions au niveau du cer­veau ou des yeux du fœtus 

Une fois la pré­sence du mal ain­si que les risques connus, la prise en charge consti­tue l’étape à suivre.

Toxoplasmose pendant la grossesse : traitement

Pour prendre en charge la toxo­plas­mose chez la femme enceinte, les méde­cins mettent ordi­nai­re­ment en place un trai­te­ment anti­bio­tique et antiin­flam­ma­toire. Ces pro­duits per­met­tront non seule­ment de sou­la­ger la mère de tous les symp­tômes pos­sibles asso­ciés à la mala­die, mais aus­si, et sur­tout de limi­ter les pos­si­bi­li­tés d’infection du fœtus.

Dans les cas par­ti­cu­liers d’infection du fœtus à un stade pré­coce de la gros­sesse, le méde­cin éva­lue­ra les dom­mages obser­vés à l’échographie ou à l’IRM afin de conseiller les parents. Il peut être ques­tion d’interruption de gros­sesse selon la gra­vi­té des lésions infli­gées au fœtus. Au cas contraire, un sui­vi par­ti­cu­lier est mis en place pour assu­rer un mini­mum de sécu­ri­té de la ges­ta­tion jusqu’à l’accouchement.

Après la nais­sance, l’enfant demeure sui­vi de manière par­ti­cu­lière jusqu’à l’adolescence. Cette mesure per­met de dépis­ter les pro­bables com­pli­ca­tions au niveau de son sys­tème ner­veux ou de ses yeux. Dans la plu­part des cas, aucune séquelle ne sera consta­tée. Par ailleurs, il importe de bien enca­drer la mère, pour le dérou­le­ment sécu­ri­taire de la gros­sesse. La mala­die ne pré­sente d’ailleurs pas de risques pour les proches ou l’environnement de per­sonne contaminée.

Toxoplasmose pendant la grossesse : prévention

Toxo­plas­mose pen­dant la grossesse

La pré­ven­tion de la toxo­plas­mose pen­dant la gros­sesse passe a prio­ri par le dépis­tage (les tests san­guins) afin de déter­mi­ner si la mère est immu­ni­sée. Lorsque l’immunité est confir­mée par la séro­lo­gie, aucune mesure par­ti­cu­lière de pré­ven­tion n’est recom­man­dée. Par contre, si les tests san­guins ne révèlent pas la pré­sence d’immunoglobulines lut­tant contre le toxo­plasme, il fau­dra miser sur des mesures d’hygiène strictes.

Les mesures d’hygiène pendant la grossesse

Elles repré­sentent une néces­si­té pour la sécu­ri­té du bébé. À ce titre, aucune d’entre elles ne doit être occul­tée. Il s’agit de :

  • Por­ter des gants pour jar­di­ner et se laver les mains après
  • Évi­ter de cares­ser son chat ou de mani­pu­ler sa litière (cette mesure peut paraître cruelle pour cer­tains pro­fils sen­sibles, mais demeure néces­saire. Cepen­dant, à défaut d’éviter tout contact avec l’animal, lavez-vous cor­rec­te­ment les mains à chaque fois.).
  • Net­toyer la litière deux fois par jour et se laver les mains à chaque fois afin de réduire les risques de conta­mi­na­tion (les selles des chats infec­tés ne devien­dront fac­teurs de trans­mis­sion qu’après un cer­tain temps ; 5 jours notamment). 
  • Ne consom­mer que de la viande bien cuite, de pré­fé­rence mijo­tée ou grillée (les viandes séchées ou fumées ou mari­nées ne sont pas tou­jours bien cuites)
  • Bien laver les fruits et légumes prêtres à l’emploi
  • Laver régu­liè­re­ment ses usten­siles de cui­sine (cou­teaux, planches à décou­per…), son réfri­gé­ra­teur, etc. 
  • Se laver les mains après toute sorte de mani­pu­la­tions à risques (viande crue, légumes et fruits pous­sant du sol…). 

Aus­si, il est inti­tu­lé de son­ger à se débar­ras­ser de son chat quand on n’a pas l’immunité contre cette patho­lo­gie. En effet, on peut tou­jours sol­li­ci­ter l’aide de l’entourage pour net­toyer la litière et s’occuper de l’animal. En outre, seuls les chats habi­tués à res­ter au-dehors exposent leurs maitres à l’infection ; encore que même dans ces cas de risques, les mesures d’hygiène men­tion­nées per­met­tront de se pré­mu­nir efficacement. 

 

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