HomeSantéSténose du canal lombaire : causes, symptômes et traitements

Sténose du canal lombaire : causes, symptômes et traitements

Publié le

spot_img

La sté­nose du canal lom­baire est une patho­lo­gie qui peut très vite dégé­né­rer et créer des dou­leurs ain­si que des lom­bal­gies au niveau des membres infé­rieurs. La sté­nose lom­baire serait plus fré­quente chez les per­sonnes âgées, mais peut éga­le­ment appa­raître chez les jeunes. Quels sont les symp­tômes de la mala­die ? Qu’en est-il des causes et des fac­teurs à risque ? Com­ment faire le diag­nos­tic et le trai­te­ment de la sté­nose du canal lombaire ?

Sténose du canal lombaire : Définition

Encore appe­lée rachis, la colonne ver­té­brale est consti­tuée de 2 dou­zaines de ver­tèbres, trouées cha­cune à l’ar­rière. L’empilement de l’en­semble de ces ver­tèbres forme le canal rachi­dien, qui consti­tue le prin­ci­pal che­min de la moelle épi­nière.

On parle alors de sté­nose du canal lom­baire, lorsque cette cavi­té subit un rétré­cis­se­ment au niveau des ver­tèbres lom­baires, juste der­rière la ver­tèbre dor­sale et le sacrum. Les ver­tèbres qui subissent le rétré­cis­se­ment sont numé­ro­tées de L1 à L5, du haut vers le bas.

Par ailleurs, un pro­lon­ge­ment de la moelle épi­nière existe dans le canal lom­baire. C’est là que com­mence l’in­ner­va­tion du bas du corps. Lors­qu’une sté­nose du canal lom­baire sur­vient, ces racines ner­veuses sont sujettes à des com­pres­sions qui pro­voquent des dou­leurs ain­si que d’autres mani­fes­ta­tions neu­ro­lo­giques.

En termes d’a­na­to­mie, c’est l’ar­throse qui entraîne un amin­cis­se­ment des car­ti­lages et donc un affais­se­ment des disques inter­ver­té­braux. La consé­quence est que les arti­cu­la­tions com­mencent à dégé­né­rer et les liga­ments deviennent épais. Ce sont alors toutes ces alté­ra­tions mor­pho­lo­giques qui vont conduire à une com­pres­sion des élé­ments ner­veux. Elles vont ain­si induire des dou­leurs dans les par­ties basses du corps telles que le dos, les fesses et la majo­ri­té des membres infé­rieurs.

La sté­nose du canal lom­baire consti­tue la prin­ci­pale cause d’in­flam­ma­tion et de lom­bal­gie au niveau des nerfs rachi­diens, sur­tout chez les per­sonnes de plus de 50 ans. Il faut pré­ci­ser qu’a­près la soixan­taine, on estime qu’une per­sonne sur mille serait atteinte de sté­nose du canal lom­baire.

Les causes de la sténose du canal lombaire

Plus l’âge aug­mente, plus la colonne ver­té­brale s’use et devient le siège de nom­breux pro­ces­sus dégé­né­ra­tifs. La cause majeure de la sté­nose du canal lom­baire est l’ar­throse. Cette der­nière se mani­feste par une usure des car­ti­lages et un affais­se­ment des disques inter­ver­té­braux. On constate ensuite la for­ma­tion des « becs de per­ro­quet », qui sont de petites excrois­sances osseuses au niveau des arti­cu­la­tions.

Par ailleurs, on peut évo­quer d’autres causes de la sté­nose du canal lom­baire telles que :

  • La sté­nose congé­ni­tale : elle est pré­sente depuis la nais­sance et se révèle plus tard dans la vie, en cas d’ar­throse ou de patho­lo­gie grave ;
  • La Spon­dy­lo­lis­thé­sis qui cor­res­pond au glis­se­ment d’une ver­tèbre lom­baire sur une autre ;
  • Une her­nie dis­cale, des frac­tures et des tas­se­ments vertébraux ;
  • L’hy­per­tro­phie des liga­ments jaunes ;
  • Des quan­ti­tés éle­vées de graisse dans le canal lombaire ;
  • L’hy­per­lor­dose.

Aux causes de cette liste, on peut notam­ment ajou­ter les efforts incon­si­dé­rés au niveau du dos lors d’ac­ti­vi­tés telles que le jar­di­nage, le bri­co­lage, les ran­ge­ments ou des courses de déménagement.

D’autres fac­teurs peuvent aus­si conduire à une sté­nose cana­laire lom­baire. Ces der­niers sont très rares, mais peuvent être res­pon­sables de la mala­die. Par­mi ces fac­teurs, on peut évoquer :

  • Les abcès et les infec­tions ;
  • Une achon­dro­pla­sie ou le nanisme ;
  • Les tumeurs bénignes telles que les ménin­giomes et les neurinomes ;
  • Les infec­tions bac­té­riennes comme la brucellose ;
  • L’a­cro­mé­ga­lie qui est un trouble endo­cri­nien ;
  • Les héma­tomes et le SIDA ;
  • Des mal­for­ma­tions arté­rio-vei­neuses comme l’an­giome ;
  • La Spon­dy­lar­thrite anky­lo­sante ;
  • Les can­cers des os.

On peut aus­si men­tion­ner les radio­gra­phies pour les can­cers diges­tifs et prostatiques.

Quels sont les symptômes de la sténose du canal lombaire ?

Les prin­ci­pales mani­fes­ta­tions de la sté­nose du canal lom­baire tournent autour de la com­pres­sion des racines ner­veux qui s’ir­ritent et s’en­flamment. Par­mi les symp­tômes les plus impo­sants de la sté­nose, on dis­tingue les dif­fi­cul­tés à mar­cher, consti­tuant une carac­té­ris­tique fon­da­men­tale de la maladie.

En effet, plus l’âge aug­mente, plus l’on res­sent des dou­leurs et de la fai­blesse dans les jambes après de courtes marches. C’est ce qui explique que les vielles per­sonnes com­mencent à boi­ter et qu’elles soient obli­gées de s’ar­rê­ter par moment pour s’as­seoir et reprendre leur souffle. Dans ces cas, le fait de se pen­cher en avant peut être indi­qué, puisque ce geste per­met une ouver­ture du canal lombaire.

En dehors des dif­fi­cul­tés à mar­cher, on peut aus­si évo­quer les dou­leurs radi­cu­laires et lom­baires.

Les dou­leurs radi­cu­laires sont loca­li­sées au niveau des nerfs ayant subi une com­pres­sion. Elles se pré­sentent géné­ra­le­ment sous deux types : le type scia­tique qui tra­verse la fesse, l’ar­rière de la cuisse et qui s’é­tend jus­qu’au mol­let et au pied, puis le type cru­ral­gie qui atteint uni­que­ment la par­tie avant de la cuisse et de la jambe.

Pour ce qui est des dou­leurs lom­baires, elles ne sont pas des carac­té­ris­tiques propres de la sté­nose du canal lom­baire, mais elles résultent de la dégé­né­res­cence du rachis.

Il existe d’autres symp­tômes plus ou moins fré­quents de la sté­nose du canal lom­baire. Il s’a­git de :

  • Des troubles sen­si­tifs dont les engour­dis­se­ments, les four­mille­ments et les pico­te­ments dans les jambes ;
  • La perte de sen­si­bi­li­té ou la para­ly­sie des membres infé­rieurs : ces symp­tômes sont obser­vés dans les cas les plus sévères ;
  • Un mau­vais fonc­tion­ne­ment de la ves­sie et du sphinc­ter anal, consé­quent à une com­pres­sion impor­tante de la queue de cheval ;
  • La fri­gi­di­té ;
  • Une dimi­nu­tion de volume de la cuisse ou du mol­let : on parle d’amyotrophie ;
  • Des érec­tions tran­si­toires à la marche ;
  • L’im­puis­sance et des troubles de l’é­ja­cu­la­tion ;
  • Des mic­tions et une dimi­nu­tion des sen­sa­tions de défé­ca­tion.

A un stade avan­cé, la sté­nose peut occa­sion­ner une anes­thé­sie de cer­tains membres et du péri­née : c’est le syn­drome de la queue-de-cheval. 

Le diagnostic de la sténose du canal lombaire

Les radio­gra­phies stan­dards ne sont pas effi­caces pour détec­ter le canal lom­baire étroit. Il existe d’autres exa­mens qui sont plus indi­qués pour diag­nos­ti­quer cette maladie.

Les per­sonnes à consul­ter pour ces exa­mens sont le méde­cin géné­ra­liste, le radio­logue, et le rhu­ma­to­logue si on est ame­né à réa­li­ser des infil­tra­tions. L’a­vis d’un chi­rur­gien peut éga­le­ment aider à éta­blir un bon diagnostic.

Les exa­mens cli­niques sont géné­ra­le­ment suf­fi­sants pour diag­nos­ti­quer la sté­nose du canal lom­baire. Les exa­mens d’i­ma­ge­rie, eux, sont réa­li­sés pour confir­mer le diag­nos­tic des exa­mens cli­niques et pour éli­mi­ner les hypo­thèses de cer­taines patho­lo­gies. Par ailleurs, les exa­mens d’i­ma­ge­rie servent aus­si à déter­mi­ner le type de rétré­cis­se­ment dont souffre le canal lom­baire. Il s’agit d’une infor­ma­tion capi­tale à par­tir de laquelle, le trai­te­ment à suivre sera déterminé.

Un des exa­mens d’i­ma­ge­rie réa­li­sés pour diag­nos­ti­quer la sté­nose du canal lom­baire est le myé­los­can­ner ou sac­co­ra­di­cu­lo­gra­phie. Cet exa­men est beau­coup plus inva­sif que les Ima­ge­ries par Réso­nance Magné­tique. Il consiste notam­ment à injec­ter un pro­duit de contraste dans le four­reau dural grâce à une ponc­tion lom­baire.

Il est éga­le­ment pos­sible de réa­li­ser un élec­tro­myo­gramme à par­tir duquel, on étu­die le fonc­tion­ne­ment élec­trique des racines nerveuses.

Comment traiter la sténose du canal lombaire ?

Le trai­te­ment à suivre pour trai­ter une sté­nose du canal lom­baire dépend du type de rétré­cis­se­ment identifié.

Le traitement médical

Le trai­te­ment médi­cal de la sté­nose du canal lom­baire regroupe un ensemble de médi­ca­ments qui vise à réduire les dou­leurs, pour don­ner plus d’au­to­no­mie au patient et aug­men­ter leur péri­mètre de marche.

Au nombre de ces médi­ca­ments, on peut citer les antal­giques et les anti-inflam­ma­toires. Ce trai­te­ment peut aus­si s’ap­puyer sur la réédu­ca­tion et le port de cor­set lom­baire, pour plus d’efficacité.

Pour ce qui est des dou­leurs inflam­ma­toires, des infil­tra­tions de cor­ti­coïdes peuvent être réa­li­sées pour les cal­mer de façon temporaire.

Le traitement chirurgical

Dans envi­ron 10% des cas de sté­nose du canal lom­baire, on pro­pose aux patients une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale peu inva­sive sur un ou plu­sieurs ver­tèbres. Il s’a­git d’une solu­tion qui est envi­sa­gée, lorsque les symp­tômes s’ag­gravent au fil du temps et que les dou­leurs ne dis­pa­raissent pas mal­gré le trai­te­ment médi­cal.

De nom­breuses options sont alors envi­sa­geables pour res­tau­rer la struc­ture des racines ner­veuses. Il est pos­sible d’a­gran­dir le canal lom­baire au moyen d’un rognage des lésions osseuses d’ar­throse ou du liga­ment épaissi.

Dans les cas graves d’ins­ta­bi­li­té ou de glis­se­ment des ver­tèbres, des inter­ven­tions plus com­plexes comme l’ar­thro­dèse sont réa­li­sées. Cette der­nière consiste notam­ment à sou­der deux ou plu­sieurs ver­tèbres entre elles.

La rééducation

La réédu­ca­tion est une étape fon­da­men­tale dans le trai­te­ment de la sté­nose cana­laire lom­baire. Son prin­ci­pal but est de ren­for­cer les muscles qui sta­bi­lisent la colonne ver­té­brale, et de per­mettre au patient de reprendre cer­taines acti­vi­tés phy­siques néces­saires pour l’au­to­no­mie. Il faut pré­ci­ser que les mas­sages ne sont pas effi­caces dans ce contexte. C’est éga­le­ment le cas des mani­pu­la­tions ver­té­brales qui peuvent s’a­vé­rer dan­ge­reuses, sur­tout lorsque le rachis est fragile.

Les séances de réédu­ca­tion vont donc tour­ner autour de l’ap­pren­tis­sage des pos­tures cor­rectes et des mou­ve­ments qui peuvent favo­ri­ser une ouver­ture du canal lom­baire. C’est d’ailleurs pour cette rai­son, que la réédu­ca­tion à l’ef­fort sur vélo est for­te­ment recommandée.

Quelques méthodes de méde­cine natu­relle sont aus­si effi­caces pour dimi­nuer les dou­leurs induites par une sté­nose cana­laire lom­baire. Il s’a­git essen­tiel­le­ment de la relaxa­tion, de la psy­cho­thé­ra­pie, des mas­sages et de l’a­cu­punc­ture, qui per­mettent de mieux sup­por­ter la dou­leur. On peut éga­le­ment évo­quer l’os­téo­pa­thie qui per­met de libé­rer la zone com­pri­mée du canal lom­baire. Cette der­nière sup­prime aus­si les contrac­tures mus­cu­laires res­pon­sables des lom­bal­gies.

Derniers articles

L’oxyurose : voies de transmissions, traitements, prévention

Les invasions helminthiques (helminthiases) sont des maladies dues à des vers parasites (helminthes) qui...

La psychose maniaco-dépressive : troubles bipolaires I et II

La psychose maniaco-dépressive est l’une des affections psychiatriques les plus répandues en Occident. Elle fut...

Le bâillement : mécanisme et significations

Commun à presque toutes les espèces vertébrées sur terre, le bâillement est l’un des...

La rage chez l’homme : causes, symptômes et traitements

La rage est une maladie mortelle dont la cause est le virus RABV. Ce...

Pour aller plus loin

L’oxyurose : voies de transmissions, traitements, prévention

Les invasions helminthiques (helminthiases) sont des maladies dues à des vers parasites (helminthes) qui...

La psychose maniaco-dépressive : troubles bipolaires I et II

La psychose maniaco-dépressive est l’une des affections psychiatriques les plus répandues en Occident. Elle fut...

Le bâillement : mécanisme et significations

Commun à presque toutes les espèces vertébrées sur terre, le bâillement est l’un des...