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Amygdalectomie : indications, contre-indications, procédés, précautions

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L’amygdalectomie ou ton­sillec­to­mie est une opé­ra­tion chi­rur­gi­cale consis­tant à ôter les amyg­dales pala­tines. Celles-ci, situées dans la sphère ORL, sont les organes lym­pha­tiques de la gorge visibles en par­tie au fond de la bouche. Elles jouent usuel­le­ment un impor­tant rôle de défense de l’organisme contre les agres­sions exté­rieures. Cepen­dant, elles peuvent contrac­ter des patho­lo­gies qui requièrent leur ablation.

Ain­si, l’opération sert de solu­tion radi­cale pour éli­mi­ner les patho­lo­gies concer­nées. Évi­dem­ment, cette inter­ven­tion com­porte, à l’instar de toute opé­ra­tion chi­rur­gi­cale, quelques risques pour le patient. Les­quels ? Dans quels cas pré­cis doit-on recou­rir à cette option ? Voi­ci tout ce qu’il faut savoir sur le sujet.

Amygdalectomie : Indications

Il existe une mul­ti­tude de cas de figure dans les­quels l’ablation des amyg­dales est indi­quée. On peut citer notamment :

  • Les angines ou amyg­da­lites aiguës
  • Les pro­blèmes d’hypertrophie amygdalienne
  • L’amygdalite chro­nique
  • Un abcès périamygdalien
  • Une patho­lo­gie néoplasique
  • Un syn­drome de fièvre périodique, 
  • Un rhu­ma­tisme arti­cu­laire aigu, etc.

Les angines ou amygdalites aigües

Les angines réci­di­vantes sont une cause cou­rante de la pra­tique de l’amygdalectomie. Pour décla­rer la néces­si­té de l’intervention, le méde­cin doit minu­tieu­se­ment éva­luer les béné­fices et les risques pour le patient. Il s’agira déjà de s’assurer du carac­tère répé­ti­tif de l’angine c’est-à-dire 3 occur­rences par année, sur deux ans consé­cu­tifs avec dou­leurs et fièvre.

Les problèmes d’hypertrophie amygdalienne

Une hyper­tro­phie obs­truc­tive des amyg­dales va le plus sou­vent gêner la res­pi­ra­tion et la déglu­ti­tion, voire cau­ser un syn­drome d’apnée obs­truc­tive du som­meil (SAOS). Dans ces cas, l’amygdalectomie est recom­man­dée sans réserve, sauf contre-indi­ca­tion. Pré­ci­sons ici que les aller­gies ain­si que l’asthme ne sont plus consi­dé­rés comme une contre-indi­ca­tion à l’intervention. Au contraire, leur pré­sence impose une prise en charge rapide pour évi­ter les com­pli­ca­tions. Le méde­cin devra donc appré­cier au cas par cas (après un bilan com­plet), l’indispensabilité ou pas du traitement.

Même si les amyg­dales sont très res­pec­tées, car elles repré­sentent les pre­mières bar­rières immu­ni­taires des voies aériennes supé­rieures, elles devront le plus sou­vent se faire ôter dès le constat d’un SAOS (sur­tout chez l’enfant). En réa­li­té, lorsque le SAOS sur­vient chez les enfants, il peut affec­ter leur crois­sance, leur déve­lop­pe­ment cog­ni­tif et leur com­por­te­ment… On recense 1 et 3 % de cas d’occurrence chez les enfants dans la tranche d’âge entre 3 et 6 ans. L’obésité aug­mente les risques et place ce taux à plus de 13 %.

L’amygdalite chronique

L’amygdalite chro­nique désigne une inflam­ma­tion per­sis­tante des amyg­dales qui deviennent très sen­sibles. Au bout de 3 mois de trai­te­ment sans solu­tion, le méde­cin constate le carac­tère chro­nique du mal et recom­mande la tonsillectomie.

Un abcès périamygdalien

Un abcès péria­myg­da­lien est une com­pli­ca­tion de l’angine. Il se carac­té­rise par une infec­tion pro­pa­gée au-delà des amyg­dales dans le cou et la poi­trine. Des soins d’urgence sont ain­si requis notam­ment la chi­rur­gie pour empê­cher les tis­sus enflés de blo­quer les voies respiratoires. 

Une pathologie néoplasique

Il s’agit de pro­li­fé­ra­tion anor­male de nou­velles cel­lules qui engendrent une tumeur. Il peut s’agir ici d’un lym­phome ou d’un rhab­do­myo­sar­come de l’amygdale. Dans ces cas, la ton­sillec­to­mie est alors recom­man­dée.

Un syndrome de fièvre périodique

Ce syn­drome peut avoir une mul­ti­tude de causes. Chez l’enfant, l’amygdalectomie sera requise en cas de diag­nos­tic sous-jacent d’adénite, de pha­ryn­gite, de FPAPA ou d’aphtose. L’intervention est aus­si habi­tuel­le­ment asso­ciée à une adé­noï­dec­to­mie (abla­tion des végétations).

Un rhumatisme articulaire aigu (RAA)

Un rhu­ma­tisme arti­cu­laire aigu (RAA) peut néces­si­ter l’ablation des amyg­dales. En effet, cette patho­lo­gie sur­vient en com­pli­ca­tion d’une angine pro­vo­quée par le strep­to­coque. Elle se carac­té­rise par une atteinte car­diaque, arti­cu­laire ain­si que des mem­branes d’organes qui se situent autour des pou­mons. Dès que le diag­nos­tic est confir­mé par bilan san­guin, radio­gra­phie, éco­gra­phie…, une prise en charge d’urgence est requise.

Amygdalectomie : Contre-Indications

Amyg­da­lec­to­mie

Géné­ra­le­ment, les méde­cins estiment qu’il n’y a pas de contre-indi­ca­tions spé­ci­fiques à cette opé­ra­tion. Tou­te­fois, une atten­tion par­ti­cu­lière est requise pour les patients présentant :

  • Des troubles de coa­gu­la­tion ou pre­nant régu­liè­re­ment un trai­te­ment d’anticoagulants (cette contre-indi­ca­tion est jugée insuf­fi­sante pour annu­ler l’intervention, mais reste un fac­teur de risque)
  • Un état fié­vreux supé­rieur à 38 °C
  • Une fente pala­tine ou « bec-de-lièvre » (cette contre-indi­ca­tion aus­si est esti­mée insuf­fi­sante, mais demeure un fac­teur de risque)

Dans ces cas, dis­cu­tez avec votre méde­cin pour mieux com­prendre les réper­cus­sions de la chi­rur­gie avant toute décision.

Amygdalectomie : déroulement de l’opération

L’amygdalectomie est réa­li­sée en pas­sant les ins­tru­ments par la bouche. Ain­si, une anes­thé­sie géné­rale avec intu­ba­tion tra­chéale appa­rait comme un préa­lable basique à l’opération. Ensuite, le chi­rur­gien choi­sit sa tech­nique pour ôter l’amygdale. Il peut s’agir d’une dis­sec­tion clas­sique ou d’une dia­ther­mie.

Lorsque la dis­sec­tion clas­sique est employée, l’amygdale se trouve retran­chée, et le sai­gne­ment est contrô­lé au moyen de liga­tures ou de points de suture. Si la tech­nique chi­rur­gi­cale de dia­ther­mie est uti­li­sée, un cou­rant élec­trique à haute fré­quence ser­vi­ra à cou­per le tis­su, enle­ver l’amygdale puis contrô­ler le saignement.

Aucune étude ne per­met d’affirmer la supé­rio­ri­té d’une méthode par rap­port à l’autre. Par ailleurs, une tech­nique d’ablation par­tielle des amyg­dales est par­fois pra­ti­quée de nos jours sui­vant les néces­si­tés consta­tées. Cette approche est encore en cours d’évaluation. Il existe aus­si la pos­si­bi­li­té de réa­li­ser pro­gres­si­ve­ment l’ablation par laser (sur plu­sieurs séances) chez l’adulte. Les tech­niques habi­tuelles res­tent néan­moins pri­sées. L’opération dure envi­ron une demi-heure et se montre effi­cace.

Amygdalectomie : risques

Deux caté­go­ries de risques concernent la réa­li­sa­tion de cette opé­ra­tion. Il s’agit notamment :

  • Des risques ordinaires
  • Des risques de complications

Les risques ordinaires

Bien qu’ils soient qua­li­fiés d’ordinaire, ces risques res­tent pénibles à vivre pour les patients lorsqu’ils sur­viennent. On dis­tingue entre autres :

  • Les dou­leurs sans gra­vi­té (dans l’oreille et la bouche notam­ment) sur­ve­nant le plus sou­vent quelques jours après l’intervention
  • De petites bles­sures de la langue et de la lèvre
  • Des teintes de sang dans le crachat
  • Des dif­fi­cul­tés ali­men­taires pou­vant gêner la prise d’antalgiques (il est recom­man­dé à cet effet de man­ger une glace pour sou­la­ger les douleurs)
  • Des modi­fi­ca­tions de la voix à cause d’une fuite d’air au niveau du voile du palais,
  • Des sai­gne­ments minimes dans les 8 à 15 jours après l’intervention, etc.

Les risques de complications

Il s’agit essen­tiel­le­ment de sai­gne­ments majeurs qui sur­viennent pen­dant l’intervention ou encore durant la phase de cica­tri­sa­tion. Leur sur­ve­nance post­opé­ra­toire est géné­ra­le­ment due à la « chute d’escarre » c’est-à-dire au décol­le­ment de la croûte. Il importe donc de res­ter au repos pen­dant un temps de récu­pé­ra­tion (6 à 15 jours après l’opération).

Cette com­pli­ca­tion peut enga­ger le pro­nos­tic vital du patient. Elle exige une inter­ven­tion rapide du chi­rur­gien pour mai­tri­ser l’hémorragie (une opé­ra­tion au niveau du cou peut être requise). Le risque de décès reste cepen­dant minime (envi­ron 1/50 000).

Par ailleurs, d’autres com­pli­ca­tions plus rares peuvent sur­ve­nir notam­ment des pha­ryn­gites infec­tieuses ou encore des pneumopathies.

Amygdalectomie : précautions

Amyg­da­lec­to­mie

Avec les risques que pré­sente cette opé­ra­tion, il semble judi­cieux de mettre toutes les chances de son côté afin qu’elle n’entraine aucune réper­cus­sion néga­tive. Dans ce cadre, il existe diverses formes de pré­cau­tions à prendre. On dis­tingue notamment :

  • Les mesures ali­men­taires après l’opération
  • les mesures d’hygiène postopératoire 

Les mesures alimentaires après l’opération

Après l’opération, il est évident que la déglu­ti­tion se montre dou­lou­reuse. Ceci crée sou­vent chez les patients un manque de volon­té de se nour­rir. Il s’agit là d’une erreur qui pour­rait se trans­for­mer en com­pli­ca­tions sani­taires. Ain­si, même si les dif­fi­cul­tés à déglu­tir sont pré­sentes, il est recom­man­dé de reprendre au plus vite un mode d’alimentation équi­li­brée afin de favo­ri­ser le réta­blis­se­ment. Pri­vi­lé­giez au tout début des repas mixé et froid. 

Il faut par contre évi­ter pen­dant les pre­miers jours après l’opération :

  • Les pro­duits lai­tiers, les bois­sons pétillantes ain­si que les jus de citron, de tomate ou d’orange
  • Les ali­ments sus­cep­tibles de pro­vo­quer une bles­sure de la muqueuse opé­rée à l’instar de frites, de croutes de pain…

Les mesures d’hygiène postopératoire

Les plaies lais­sées de chaque côté de la luette après l’opération prennent géné­ra­le­ment 15 jours pour se cica­tri­ser. Ces plaies vont se recou­vrir d’un enduit qui tend vers le blanc et se révèle nau­séa­bond. En outre, les jours après l’opération sont mar­qués par des dou­leurs aux inten­si­tés variées selon le patient.

Déjà, au réveil immé­diat à la suite de l’intervention, la dou­leur est res­sen­tie de manière intense à cause des plaies. Ensuite, une inflam­ma­tion au niveau des loges amyg­da­liennes main­tien­dra la dou­leur au len­de­main de l’opération et sur plu­sieurs jours. La pré­cau­tion à prio­ri­ser dans ce cadre s’avère un trai­te­ment antalgique. 

Cepen­dant, on peut accom­pa­gner cette mesure par des soins d’hygiène notamment :

  • les bains de douche au per­oxyde d’hydrogène,
  • l’utilisation de chewing-gum, 
  • la tétine pour l’enfant,
  • la pré­fé­rence d’un cadre froid (uti­li­ser un sac de glace en l’occurrence, à poser sur la gorge pen­dant un quart d’heure envi­ron pour limi­ter la douleur)
  • la réduc­tion des acti­vi­tés phy­siques importantes 
  • l’hydratation suf­fi­sante même s’il faut boire des cuillères d’eau en cas de dou­leurs, etc.

Il est en outre recom­man­dé de ne pas trop par­ler pen­dant 4 ou 5 jours suite à l’opération. L’objectif est de limi­ter les risques de réveil de la dou­leur des muscles de la gorge déjà endo­lo­ris. Pré­ci­sons que la mau­vaise haleine s’avère tout à fait nor­male durant les deux semaines qui suivent l’intervention. Il est donc inutile de cher­cher à éva­cuer cette mau­vaise odeur par un bavar­dage constant. Néan­moins, il reste très impor­tant de se bros­ser les dents de manière douce, mais régu­lière (évi­ter les pâtes den­ti­frices à la menthe pen­dant la convalescence).

 

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