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Le diabète de type II n’est pas une fatalité

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Dia­betes Pre­ven­tion Pro­gram Research Group : « reduc­tion of the inci­dence of type 2 dia­betes with life­style inter­ven­tion or met­for­min. » N Engl J Med 2002 ; 346 : 393–403

La pré­va­lence du dia­bète de type 2 aug­mente régu­liè­re­ment dans les popu­la­tions des pays déve­lop­pés, paral­lè­le­ment à celles de l’o­bé­si­té et de la sédentarité.
Pour mémoire, chez l’a­dulte la pré­va­lence du dia­bète est mul­ti­plié par 9 pour les obèses, et par 3,5 pour les per­sonnes en sur­poids. Aux Etats-Unis le nombre de dia­bète a plus que dou­blé dans les dix der­nières années.
Lire éga­le­ment Obé­si­té : Chro­nique d’une catas­trophe annoncée…
Voir en bas de page : L’acarbose pré­vient le dia­bète de type 2 
(MAJ juin 2002)

Le Dia­betes Pre­ven­tion Pro­gram Research Group a tes­té contre pla­ce­bo par une étude ran­do­mi­sée deux méthodes de « prévention »

  • un trai­te­ment médi­ca­men­teux par met­for­mine, bigua­nide uti­li­sé depuis des décen­nies dans le dia­bète de type 2,
  • un chan­ge­ment du style de vie.

3234 sujets à haut risque de dia­bète de type 2 ont été inclus dans l’es­sai qui a duré en moyenne 2,8 ans.
Il s’a­gis­sait de sujet d’âge moyen de 51 ans, ayant une gly­cé­mie à jeun entre 0,95 et 1,25 g par litre et une gly­cé­mie deux heures après une charge de 75 g de glu­cose situé entre 1,4 et 1,99 g par litre asso­ciées à un Indice de Masse Cor­po­relle (IMC) de plus de 24.

L’IMC se cal­cule en divi­sant le poids en kilos par la taille expri­mée en mètre mul­ti­pliée par elle-même.(exemple :92 Kg / (1,73)² = 30,7)
—- Sur­poids : IMC > 27 kg/m² pour l’homme et IMC > 24 kg/m² pour la femme
—- Obé­site : IMC > 30 kg/m²
—- Obé­si­té sevère IMC > 35 Kg/m²

Le chan­ge­ment de style de vie

Il était basé sur un pro­gramme inten­sif qui com­por­tait un régime ali­men­taire des­ti­né à faire perdre au moins 7 % du poids du corps et au moins 2 heures et demi d’ac­ti­vi­té phy­sique par semaine.

L’in­ci­dence du dia­bète a été signi­fi­ca­ti­ve­ment réduite dans les deux groupes de trai­te­ment pas­sant de 11 cas pour 100 per­sonnes- années sous pla­ce­bo à 7,8 sous met­for­mine et 4,8 grâce au pro­gramme de chan­ge­ment de style de vie (soit une inci­dence res­pec­tive à 3 ans de 28,9 %, 21,7 % et 14,4 %).

Cette dimi­nu­tion du risque était par­tiel­le­ment cor­ré­lée à une baisse du poids de 2,1 kg en moyenne sous met­for­mine et de 5,6 kg grâce au chan­ge­ment de style de vie contre 100 g sous placebo.

Le dia­bète est défi­ni par une gly­cé­mie à jeun supé­rieur à 1,26 g par litre ou une gly­cé­mie supé­rieure à 2g après charge en glu­cose en accord avec les cri­tères de l’A­me­ri­can Dia­betes Asso­cia­tion (ADA).

Tout se passe comme si, la met­for­mine et plus encore le chan­ge­ment de style de vie, sans doute essen­tiel­le­ment par l’in­ter­mé­diaire d’une baisse du poids, contri­buaient à ralen­tir l’é­vo­lu­tion vers l’é­lé­va­tion de la gly­cé­mie chez des sujets prédisposés.

Voir éga­le­ment
oo Reduc­tion in the Inci­dence of Type 2 Dia­betes with Life­style Inter­ven­tion or Metformin
oo Obé­si­té : Chro­nique d’une catas­trophe annoncée
oo Obé­si­té des enfants : la mau­vaise influence des  » pubs télé »
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MAJ Juin 2002

L’acarbose pré­vient le dia­bète de type 2
Chias­son J‑L et coll. : “ Acar­bose for pre­ven­tion of dia­betes mel­li­tus : the STOP-NIDDM ran­do­mi­sed trial.” Lan­cet 2002 ; 359 : 2072–77.

Le dia­bète de type 2 consti­tue aujourd’hui une véri­table épi­dé­mie avec une pré­vi­sion de dou­ble­ment de sa pré­va­lence d’ici 2030 dans le monde. Le déve­lop­pe­ment de ce trouble méta­bo­lique passe par une phase d’intolérance au glu­cose due à une baisse pro­gres­sive de la sécré­tion d’insuline et à une résis­tance crois­sante à l’insuline.
Il était donc logique d’intervenir dès cette phase d’intolérance au glu­cose en uti­li­sant un inhi­bi­teur de l’alpha-glucosidase, l’acarbose qui amé­liore la sen­si­bi­li­té à l’insuline, dimi­nue la gly­cé­mie post-pran­diale et pro­tège les cel­lules bêta du stress hyperglycémique.

1429 sujets into­lé­rants au glu­cose (gly­cé­mie 2h après 75 g de glu­cose > 7,8 mmol/L et < à 11,1 mmol/L) ont donc été inclus dans une étude ran­do­mi­sée en double aveugle contre pla­ce­bo sur les effets de l’acarbose (100 mg 3 fois par jour) sur la sur­ve­nue d’un dia­bète de type 2.
Les effets secon­daires condui­sant à l’arrêt du trai­te­ment ont été beau­coup plus nom­breux dans le groupe acar­bose que sous pla­ce­bo (19 % contre 5 %) avec une pré­do­mi­nance des troubles gas­tro-intes­ti­naux (fla­tu­lence, diar­rhée, dou­leur). L’analyse a donc por­té sur les 1368 patients ayant pour­sui­vi leur trai­te­ment avec un sui­vi moyen de 3,3 ans.

32 % des patients sous acar­bose contre 42 % sous pla­ce­bo ont déve­lop­pé un dia­bète de type 2 (dimi­nu­tion du risque rela­tif de 25 % ; inter­valle de confiance à 95 % : 10 à 37 % ; p=0,0015). De plus, un plus grand nombre de patients sous acar­bose ont vu dis­pa­raître leur into­lé­rance au glu­cose (35 % contre 31 % ; p<0,0001).

Sous réserve d’être tolé­ré sur le plan diges­tif, l’acarbose peut donc être pres­crit comme trai­te­ment pré­ven­tif chez les sujets pré­sen­tant une into­lé­rance au glu­cose de façon iso­lée ou asso­ciée aux pro­gramme de chan­ge­ments de mode de vie (régime, acti­vi­té phy­sique) qui ont fait la preuve de leur effi­ca­ci­té dans d’autres études.

Dr Céline Dupin
Jim Online 2002.



Chan­ger les habi­tudes de vie freine l’apparition du dia­bète de type 2
Sang Throm­bose Vais­seaux. Vol. 13, Numé­ro 5, Mai 2001 Auteur(s) : Patrick Henry
Tuo­mi­leh­to J, Lind­strom J, Eriks­son JG, et al. Pre­ven­tion of type 2 dia­betes mel­li­tus by changes in life­style among sub­jects with impai­red glu­cose tole­rance. N Engl J Med 2001 ; 344 : 1343–50.
L’incidence du dia­bète de type 2 est en crois­sance expo­nen­tielle. Si une dérive géné­tique est un des argu­ments avan­cés pour expli­quer la future épi­dé­mie de dia­bètes de type 2, les fac­teurs envi­ron­ne­men­taux sont éga­le­ment lar­ge­ment incri­mi­nés : mode de vie séden­taire et ali­men­ta­tion excessive.

Tou­te­fois, aucune étude n’a pu mon­trer, jusqu’à main­te­nant, que la pro­gres­sion du dia­bète de type 2 pou­vait être réver­sible. Une équipe fin­lan­daise a inclus 522 patients d’âge moyen pré­sen­tant une into­lé­rance au glu­cose qui ont été pris en charge de deux façons différentes :

  • un groupe « inter­ven­tion­niste » dans lequel des conseils pré­cis et un sui­vi étaient réa­li­sés pour obte­nir une réduc­tion pon­dé­rale, une dimi­nu­tion de consom­ma­tion des graisses ali­men­taires, tout par­ti­cu­liè­re­ment des graisses satu­rées, et pour aug­men­ter l’activité physique ;
  • un groupe « contrôle », pris en charge de façon conventionnelle.

Le sui­vi moyen a été de 3,2 ans. Au départ de l’étude les groupes étaient com­pa­rables en tous points (y com­pris sur les para­mètres lipi­diques et bien enten­du gly­cé­miques ou insu­li­niques), mis à part une ten­sion arté­rielle sys­to­lique légè­re­ment plus éle­vée dans le groupe intervention.

Les conseils ont per­mis d’obtenir une réduc­tion pon­dé­rale moyenne de 4,2 kg au bout d’un an dans le groupe « inter­ven­tion » contre 0,8 kg dans le groupe contrôle, réduc­tion qui s’est ampli­fiée à 2 ans. L’incidence cumu­lée de dia­bète à 4 ans a été de 11 % dans le groupe inter­ven­tion contre 23 % dans le groupe contrôle, cor­res­pon­dant à une réduc­tion de 58 % de l’incidence de diabète.

Plus les conseils ont été sui­vis (score de suc­cès des objec­tifs), plus effi­cace a été l’intervention en termes de pré­ven­tion de l’apparition du diabète.

Cette étude apporte donc la preuve qu’il est pos­sible de frei­ner l’apparition du dia­bète de type 2 en chan­geant sim­ple­ment le mode de vie des patients.
Tou­te­fois, il n’est pas pos­sible de savoir si cette inter­ven­tion recule l’apparition du dia­bète dans le groupe « inter­ven­tion » ou si à long terme elle peut per­mettre d’éviter com­plè­te­ment l’apparition du dia­bète. Tou­te­fois, même s’il s’agit sim­ple­ment de frei­ner l’apparition du dia­bète, ce résul­tat est pas­sion­nant quand on connaît l’importance et la rapi­di­té des com­pli­ca­tions du dia­bète de type 2.

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