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Comment prendre en charge l’urticaire chronique ?

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L’urticaire chro­nique est une affec­tion cuta­née qui pro­voque des déman­geai­sons.  Elle se recon­naît par des plaques de déman­geai­sons, qui se trans­forment à la longue en des zébrures enflées. Ces plaques n’ont géné­ra­le­ment pas les mêmes tailles. Bien que les causes réelles de l’urticaire chro­nique ne soient pas expli­cites, il existe cepen­dant des situa­tions qui pour­raient expo­ser à son déve­lop­pe­ment telles que la cha­leur, la lumière du soleil, les pres­sions sur la peau, etc. Pour sou­la­ger l’urticaire chro­nique, plu­sieurs per­sonnes font recours aux anti­his­ta­mi­niques. Quels sont les causes, symp­tômes et trai­te­ments de l’urticaire chronique ?

Urticaire chronique : qu’est-ce que c’est ?

L’urticaire ne sur­vient qu’à l’activation des mas­to­cytes. Ces der­niers sont des cel­lules pré­sentes au niveau de la couche super­fi­cielle de la peau. Ces cel­lules, une fois au repos, ne créent aucun pro­blème. Mais lorsque les mas­to­cytes sont acti­vés par cer­tains fac­teurs de la nature, ils libèrent plu­sieurs sub­stances dont la prin­ci­pale est l’histamine.

L’histamine à son tour, déclenche l’urticaire. Il faut recon­naître qu’il existe plu­sieurs types d’urticaire notam­ment l’urticaire aiguë, l’urticaire aller­gique ou l’ur­ti­caire chro­nique.

L’urticaire chro­nique est sou­vent consti­tuée d’une seule ou de plu­sieurs plaques sem­blables à celles que laisse une piqûre d’ortie. Les plaques lais­sées par l’urticaire chro­nique sont de cou­leur rouge ou rose.

En plus de ces carac­té­ris­tiques, l’urticaire chro­nique se recon­naît éga­le­ment par sa façon de déman­ger et de chan­ger de posi­tion avec le temps. En effet, l’ur­ti­caire chro­nique évo­lue géné­ra­le­ment sur quelques heures, et dis­pa­raît après 24 ou 48 heures. Dans ces cas, on par­le­ra d’urticaire chro­nique superficielle.

L’urticaire chro­nique peut tou­cher toutes les par­ties du corps (mains, pieds, ventre…), les organes géni­taux et même les muqueuses (pha­rynx, langue, lèvre…). Ici, on dit que nous sommes en pré­sence de l’ur­ti­caire chro­nique pro­fonde ou de l’angio-œdème. Par ailleurs, l’urticaire chro­nique peut tou­cher tout le monde.

Quels sont les symptômes de l’urticaire chronique ?

On recon­naît l’urticaire chro­nique par des érup­tions cuta­nées avec des papules ou des plaques. Ces papules (bou­tons) ont des tailles et des formes qui varient. Les papules en cas de l’urticaire chro­nique, ont la carac­té­ris­tique de beau­coup déman­ger et sont légè­re­ment sur­éle­vées. Géné­ra­le­ment, les érup­tions ne durent pas plus de 24h avant de dis­pa­raître de l’endroit ini­tial. Néan­moins, d’autres peuvent se for­mer sur une autre par­tie du corps.

Il faut recon­naître que l’urticaire chro­nique n’ap­pa­raît pas tou­jours sous forme de papules et de plaques. Elle peut se faire remar­quer par des taches minus­cules ou des lignes minces et surélevées.

D’autres symp­tômes pou­vant s’associer à l’urticaire chro­nique comprennent :

  • Fatigue ;
  • Maux de tête ;
  • Res­pi­ra­tion sifflante ;
  • Pal­pi­ta­tions ;
  • Déman­geai­sons ;
  • La colo­ra­tion de l’éruption peut s’estomper lorsqu’on appuie dessus ;
  • Etc.

Les causes de l’urticaire chronique

Les pro­fes­sion­nels de la san­té pensent qu’il n’existe pas for­cé­ment de rai­sons pré­cises qui pour­raient expo­ser à l’urticaire chro­nique. Plu­sieurs hypo­thèses ont été évo­quées pour expli­quer les causes de l’urticaire chro­nique. Selon celles-ci, le déve­lop­pe­ment de l’urticaire chro­nique varie en fonc­tion de son type.

Urticaire chronique spontanée

Les der­ma­to­logues sou­tiennent que l’urticaire chro­nique spon­ta­née est géné­ra­le­ment idio­pa­thique, c’est-à-dire sans cause pré­cise. Néan­moins, une cause auto-immune est bien pro­bable. L’urticaire chro­nique spon­ta­née peut éga­le­ment être associée :

  • Aux infec­tions bac­té­riennes (infec­tion des voies uri­naires et streptococciques…);
  • A une infec­tion virale (grippe, rhume, l’hépatite B…) ;
  • Aux mala­dies auto-immunes (dia­bète de type 1, poly­ar­thrite rhu­ma­toïde, mala­die cœliaque…) ;
  • Aux para­sites intestinaux ;
  • A l’hypothyroïdie auto-immune ;
  • A d’autres condi­tions pou­vant pro­vo­quer l’inflammation des vaisseaux.

L’urticaire chro­nique spon­ta­née pour­rait aus­si s’aggraver par la cha­leur, les vête­ments mou­lants, etc.

Urticaire chronique inductible

Ce type d’urticaire sur­vient géné­ra­le­ment, en réponse à un sti­mu­lus phy­sique : Ces sti­mu­li comprennent :

  • Le fait de frot­ter la peau ;
  • Expo­si­tion au soleil ;
  • Les pres­sions ;
  • Tem­pé­ra­tures extrêmes ;
  • Chan­ge­ments de températures ;
  • Lumières UV ;
  • L’a­dré­na­line libé­rée par le corps lors des exer­cices ou de l’exposition à la cha­leur ou au stress ;
  • Tem­pé­ra­ture cor­po­relle éle­vée qui sur­vient à cause de la trans­pi­ra­tion, de l’anxiété ou d’une douche chaude ;
  • Blocs de glace ;
  • La cryo­thé­ra­pie ;
  • Douches chaudes ;
  • Pres­sion exer­cée par la cein­ture de sécurité ;
  • Mar­teau piqueur ;
  • Etc.

Un allergène

En dehors de ce qui pré­cède, un indi­vi­du peut éga­le­ment s’exposer à l’urticaire chro­nique, lorsque son corps réagit à un aller­gène. Quand cette réac­tion aller­gique se pro­duit, le corps libère l’histamine. Il s’ensuit alors de minus­cules vais­seaux san­guins (capil­laires) qui laissent échap­per un liquide, qui s’accumule dans la peau. Ce liquide à son tour, pro­voque une inflam­ma­tion et par la suite une érup­tion cuta­née. Si un trai­te­ment n’est pas pro­po­sé, de petites bosses peuvent s’en suivre. On par­le­ra d’urticaire chronique.

L’allergène peut se pro­duire lorsqu’une per­sonne consomme ou touche quelque chose à laquelle elle est aller­gique. Si un sujet souffre de l’urticaire chro­nique qui résulte d’une réac­tion aller­gique, la cause pour­rait alors être :

  • Cer­tains anti-inflam­ma­toires non stéroïdiens ;
  • Quelques anti­bio­tiques ;
  • Des inhi­bi­teurs de l’enzyme de conver­sion de l’angiotensine (cer­tains médi­ca­ments uti­li­sés en cas d’hypertension artérielle) ;
  • Banane, kiwi, mangue, châ­taignes chez les per­sonnes qui sont aller­giques au latex ;
  • Cer­tains addi­tifs conte­nus dans des ali­ments, pro­duits cosmétiques.

On pour­rait éga­le­ment évo­quer cer­taines plantes comme l’ortie, les herbes à puce, etc.

Diagnostic et traitement de l’urticaire chronique

Diagnostic de l’urticaire chronique

Il est recom­man­dé aux per­sonnes ayant des plaques qui les démangent, de se faire diag­nos­ti­quer. Un exa­men phy­sique appro­fon­di sera entre­pris avant d’évaluer la cause de la condi­tion. Votre méde­cin peut aus­si faire recours à un exa­men de sang com­plet ou à un test thy­roï­dien, afin de com­prendre les réelles causes.

Si des troubles sous-jacents sont sus­pec­tés, d’autres inves­ti­ga­tions plus appro­fon­dies peuvent être entre­prises. Ces inves­ti­ga­tions com­pren­dront : dépis­tage auto-anti­corps, try­phase, test cuta­né sérique auto­logue et biopsie.

Traitements de l’urticaire chronique

Les anti­his­ta­mi­niques repré­sentent le trai­te­ment le plus uti­li­sé en cas de l’urticaire chro­nique. Ils agissent en limi­tant l’effet de l’histamine.

Parce qu’il existe plu­sieurs formes d’antihistaminiques, ceux qui ne vous rendent pas som­nolent sont plus recom­man­dés. Ils sont plus effi­caces et peuvent être pris une fois par jour. Aus­si, ont-ils moins d’effets secondaires.

De même, votre der­ma­to­logue ou aller­go­logue peut vous pres­crire, en dehors des anti­his­ta­mi­niques, des baumes anti-déman­geai­sons ou des com­presses froides. Ces pro­duits peuvent vous aider à sou­la­ger les symp­tômes carac­té­ris­tiques de l’urticaire chronique.

Si l’urticaire chro­nique est accom­pa­gnée de gon­fle­ment de langue, des lèvres ou que vous avez des dif­fi­cul­tés à res­pi­rer, votre méde­cin peut vous pres­crire un auto-injec­teur d’adrénaline. Il peut s’agir des symp­tômes pré­coces d’anaphylaxie, une réac­tion aller­gique poten­tiel­le­ment mor­telle. Cette condi­tion altère faci­le­ment la res­pi­ra­tion, et peut même envoyer le corps dans un état de choc.

Si la cause exacte de l’urticaire est connue, il suf­fi­ra juste d’éviter cela ou de l’éliminer.

Pour limi­ter les symp­tômes de l’urticaire chro­nique, il est aus­si impor­tant d’opter pour des tenues en soie ou en coton. En effet, lorsque vous choi­sis­sez cette caté­go­rie de tis­sus doux et simples, vous per­met­tez à  votre peau de res­pi­rer. Les tis­sus syn­thé­tiques peuvent faci­le­ment irri­ter la peau.

Quand on a des déman­geai­sons, la pre­mière envie qui vient à l’esprit est de se grat­ter la peau. Bien que le grat­tage puisse offrir un sou­la­ge­ment tem­po­raire, il est impor­tant de résis­ter à cette envie. Dis­trayez-vous avec vos passe-temps préférés.

Por­ter des manches longues et des pan­ta­lons peut vous aider à avoir l’esprit loin de toute envie de vous grat­ter la peau. Vous pou­vez éga­le­ment tailler vos ongles et por­ter des gants, si l’envie de vous grat­ter devient incontrôlable.

Un régime riche en his­ta­mines peut accen­tuer les symp­tômes de l’urticaire chro­nique. Pour évi­ter une telle situa­tion, il faut évi­ter les ali­ments riches en his­ta­mine. Ces ali­ments com­prennent les viandes et pois­sons en conserve, les bois­sons alcoo­li­sées, le fro­mage, les ali­ments fer­men­tés, le yaourt, etc.

Urticaire chronique : les remèdes maison

Pour réduire les symp­tômes de l’urticaire chro­nique vous pouvez :

  • Uti­li­ser des com­presses froides ou une lotion apai­sante afin de sou­la­ger des démangeaisons ;
  • Opter pour des savons et des hydra­tants pour per­sonnes à peau sensible ;
  • Evi­ter de vous expo­ser au soleil ;
  • Prendre des douches froides ;
  • Evi­ter la surchauffe ;
  • Uti­li­ser un ventilateur ;
  • Por­ter des vête­ments amples, légers et faits en coton.

Les sup­plé­ments tels que les vita­mines D3, peuvent aus­si aider à trai­ter l’urticaire chro­nique. Néan­moins, il n’existe pas assez de preuves scien­ti­fiques qui confirment cela. Il est alors conseillé de dis­cu­ter avec votre méde­cin avant d’utiliser les sup­plé­ments car, ils peuvent tou­te­fois expo­ser à des effets indésirables.

Comment prévenir l’urticaire sous toutes ses formes ?

Pour évi­ter l’urticaire aiguë comme celle chro­nique, il est impor­tant de faire atten­tion à votre mode de vie. Pour ce faire, il faut :

  • Prendre des anti­his­ta­mi­niques en vente libre ;
  • Faire le choix des crèmes, savons et déter­gents doux ou sans parfum ;
  • Avoir un jour­nal ali­men­taire afin de mieux maî­tri­ser les déclen­cheurs possibles ;
  • Maî­tri­ser le stress grâce aux tech­niques de relaxation.

Plu­sieurs ali­ments peuvent pro­vo­quer une réac­tion aller­gique. Les plus cou­rants sont :

  • Noix ;
  • Fruits de mer ;
  • Soja ;
  • Œuf ;
  • Lait ;
  • Blé.

Il faut alors faire atten­tion à leur consom­ma­tion ou être atten­tif après leur consom­ma­tion. Ceci, afin d’identifier ceux par­mi eux qui peuvent déclen­cher une réac­tion allergique.

Parce que l’urticaire chro­nique peut affec­ter dras­ti­que­ment votre vie quo­ti­dienne, il est impor­tant de consul­ter votre méde­cin au cas, dès que les symp­tômes appa­raissent. Il sau­ra vous pro­po­ser le trai­te­ment adé­quat après un diagnostic.

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