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Lichen plan : clinique, étiologies, diagnostic, traitement

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Le lichen plan (LP) est une der­ma­to­pa­tho­lo­gie chro­nique et inflam­ma­toire qui affecte la peau et les muqueuses. Il sur­vient fré­quem­ment chez les femmes et on lui asso­cie de nom­breuses patho­lo­gies, à savoir la thy­roï­dite de Hashi­mo­to, le lupus et le diabète.

Sur le plan cli­nique, la mala­die est res­pon­sable de plu­sieurs mani­fes­ta­tions cuta­néo-muqueuses et son diag­nos­tic repose sur dif­fé­rents tests. Les moyens de prise en charge dis­po­nibles dépendent de la gra­vi­té des symp­tômes et com­prennent essen­tiel­le­ment une médi­ca­tion et une pho­to­thé­ra­pie. Par­fois, les symp­tômes de la mala­die régressent même en l’absence d’un traitement.

Lichen plan : présentation

Le lichen plan cor­res­pond à une der­ma­tose sévère qui touche entre 1 et 2 % de la popu­la­tion mon­diale. Il sur­vient prin­ci­pa­le­ment chez les adultes moyens de 30 à 60 ans et semble affec­ter plus fré­quem­ment les femmes. On le diag­nos­tique rare­ment chez les enfants, les ado­les­cents ain­si que chez les per­sonnes très âgées.

Dans sa forme basique, le lichen plan prend l’aspect d’éle­vures vio­la­cées et squa­meuses affec­tant la peau, les muqueuses et par­fois les pha­nères. Il pro­voque une impor­tante inflam­ma­tion avec des modi­fi­ca­tions d’ordre bio­lo­gique et his­to­lo­gique. En géné­ral, on asso­cie sa sur­ve­nue à un cer­tain nombre de fac­teurs médi­caux et com­por­te­men­taux.

La mala­die n’est ni conta­gieuse ni héré­di­taire, cepen­dant, les anté­cé­dents fami­liaux sont res­pon­sables dans cer­tains cas d’une aug­men­ta­tion du risque de sa sur­ve­nue. Par ailleurs, le lichen plan peut per­sis­ter toute une vie ou à contra­rio régres­ser au bout de quelque temps. Dans l’un ou l’autre des cas, il pré­sente un carac­tère bénin et condi­tionne rare­ment le pro­nos­tic vital.

Lichen plan : localisations préférentielles

Les lésions du lichen plan peuvent sié­ger sur tout le corps. En géné­ral, elles ciblent préférentiellement :

  • La face interne des avant-bras et des poi­gnets (lombes, MIF) ;
  • Les organes géni­taux externes ;
  • Les plantes de pieds et les paumes de mains ;
  • La cein­ture ;
  • La bouche ;
  • Les glandes anales.

Il est éga­le­ment cou­rant de voir des lésions du lichen plan sur le cuir che­ve­lu et les ongles. Beau­coup plus rare­ment, elles vont affec­ter la face anté­rieure de la langue.

Lichen plan : clinique

Le tableau cli­nique du lichen plan est dense et dépend de sa loca­li­sa­tion : cuta­né, muqueuse et phanérienne.

Lichen plan cutané

Le lichen plan cuta­né affecte uni­que­ment la peau et se carac­té­rise par des mani­fes­ta­tions qui pour la plu­part sont d’ordre cuta­né. Au début de la mala­die, le patient pré­sente des papules, c’est-à-dire des éle­vures de peau de colo­ra­tion rose ou rouge puis violine.

Sur la face externe de ces der­niers, on retrouve de légères stries gri­sâtres. Elles sont très carac­té­ris­tiques du lichen plan cuta­né et on les désigne sur le plan médi­cal par l’appellation « stries de Wick­ham ». Au même titre que les papules, elles siègent majo­ri­tai­re­ment sur les faces internes des che­villes et des poi­gnets.

Par la suite, il appa­raît d’importants pru­rits ou déman­geai­sons. Le patient a alors une forte pro­pen­sion au grat­tage. De façon qua­si constante, il gratte le corps et sur­tout les régions où se trouvent les papules.

Outre les papules et les déman­geai­sons, un autre signe évo­ca­teur du lichen plan cuta­né est l’apparition de lésions linéaires. Il s’agit de lésions dis­po­sées en ligne qui se forment sur des cica­trices ou des marques de grat­tage. Elles repré­sentent un phé­no­mène spé­ci­fique : le « phé­no­mène Koeb­ner ».

Sur le long terme, les papules vio­lines carac­té­ris­tiques du lichen plan cuta­né s’affaissent. Ils évo­luent alors vers une pig­men­ta­tion rési­duelle de cou­leur variable entre le bleu et le noir. Dans ce cas, on parle de lichen plan pig­men­to­gène.

Lichen plan muqueux

Le lichen plan muqueux à l’opposé du lichen plan cuta­né concerne prin­ci­pa­le­ment les muqueuses. En fonc­tion des muqueuses affec­tées (buc­cales, géni­tales), il entraîne des mani­fes­ta­tions variées.

Lichen plan buccal

On dis­tingue trois formes cli­niques de lichen buc­cal. Il y a principalement :

  • Le lichen plan buc­cal réticulé ;
  • Le lichen plan buc­cal érosif ;
  • Le lichen plan buc­cal atrophique.

Voir la sémio­lo­gie de cha­cune de ces formes cli­niques de lichen plan buc­cal dans les sec­tions ci-après.

Lichen plan buccal réticulé

Pour le lichen plan buc­cal réti­cu­lé, les lésions cuta­nées sont bila­té­rales. Elles appa­raissent géné­ra­le­ment sur les faces internes jugales et sont géné­ra­le­ment asymp­to­ma­tiques. Le patient ne pré­sente alors ni brû­lure ni déman­geai­sons et n’a presque pas conscience de la pré­sence des lésions. Au long court, les lésions du lichen plan buc­cal réti­cu­lé se déve­loppent. Elles forment un réseau blan­châtre proche d’une « feuille de fou­gère ».

Lichen plan buccal érosif

Le lichen plan buc­cal éro­sif se tra­duit par l’apparition de zones muqueuses à la fois éro­dées et très dou­lou­reuses. Elles sont géné­ra­le­ment recou­vertes de pseu­do­mem­branes et prennent une colo­ra­tion rouge. Dans bien des cas, elles s’accompagnent d’un réseau liché­nien réti­cu­lé. D’ordinaire, les zones muqueuses du lichen plan buc­cal éro­sif siègent sur la par­tie interne de la joue, les gen­cives et la langue.

Lichen plan buccal atrophique

Le lichen plan buc­cal atro­phique entraîne un rétré­cis­se­ment impor­tant des muqueuses des zones affec­tées. Il cible prin­ci­pa­le­ment les gen­cives qui s’enflamment durant le bros­sage des dents. Tou­te­fois, il peut éga­le­ment cibler le dos de la langue et les dents. Dans ce cas, il appa­raît une dépo­pu­la­tion et la langue devient hyper­sen­sible aux épices.

Lichen plan génital

Le lichen plan géni­tal sur­vient beau­coup plus rare­ment que le lichen plan buc­cal. Il concerne les femmes comme les hommes et affecte habituellement :

  • La par­tie interne des petites lèvres de l’appareil géni­tal féminin ;
  • La par­tie interne des grandes lèvres de l’appareil géni­tal féminin ;
  • Le gland de l’appareil géni­tal masculin.

Les lésions géni­tales du lichen plan sont com­pa­rables aux lésions carac­té­ris­tiques du lichen plan buc­cal. Elles peuvent à l’image de ces der­nières prendre des formes réti­cu­lées, éro­sives et atrophiques.

Chez la femme, en par­ti­cu­lier, outre les mani­fes­ta­tions de ces dif­fé­rentes formes cli­niques, on peut aus­si obser­ver un syn­drome vul­vo-vagi­no-gin­gi­val. Celui-ci asso­cie essentiellement :

  • Une vul­vite éro­sive qui peut s’accompagner en péri­phé­rie de lésions d’un réseau réticulé ;
  • Une vagi­nite érosive ;
  • Une gin­gi­vite érosive.

La gin­gi­vite éro­sive prend géné­ra­le­ment l’aspect de nappes. On l’associe sou­vent à d’autres lésions buc­cales de lichen.

Lichen plan phanérien

Le lichen plan pha­né­rien, tra­duit une atteinte des pha­nères. Il pré­sente des mani­fes­ta­tions variables en fonc­tion du pha­nère (che­veux, ongles, poils) affecté.

Lichen plan pilaire

Le lichen plan pilaire ou le lichen plan des che­veux affecte géné­ra­le­ment le cuir che­ve­lu. Il se carac­té­rise essen­tiel­le­ment par la for­ma­tion de zones d’alopécie d’allure cica­tri­cielle. Le patient pré­sente alors sur le cuir che­ve­lu des régions blan­châtres, atro­phiques et dépour­vues de cheveux.

En plus des zones d’alopécie, il appa­raît dans cer­tains cas, des symp­tômes évo­ca­teurs du syn­drome de Las­sueur-Gra­ham-Lit­tle. Excep­té l’atteinte du cuir che­ve­lu, on remarque alors une chute des poils pubiens et axil­laires ain­si qu’un lichen spinulosique.

Par ailleurs, on a indi­vi­dua­li­sé une forme spé­ci­fique de lichen plan pilaire dans les popu­la­tions de femmes méno­pau­sées d’âge supé­rieur à 60. Cette der­nière outre les mani­fes­ta­tions décrites se carac­té­rise par une alo­pé­cie fron­tale fibro­sante post­mé­no­pau­sique. À la lisière du cuir che­ve­lu, sur­vient alors une alo­pé­cie cica­tri­cielle fron­to­tem­po­rale en cou­ronne et le patient a les sour­cils épilés.

Lichen plan unguéal

Le lichen plan unguéal ou le lichen plan des ongles fait géné­ra­le­ment suite à un lichen cuta­né dif­fus ou sévère. Il se mani­feste par un amin­cis­se­ment de l’ongle affec­tant pré­fé­ren­tiel­le­ment le pouce et les gros orteils. Les lésions carac­té­ris­tiques du lichen plan unguéal mal­gré leur carac­tère bénin peuvent cau­ser des lésions des­truc­trices. Ces der­nières sont irré­ver­sibles et entraînent une dés­in­té­gra­tion totale de l’ongle qui est rem­pla­cé par des couches de peau.

Lichen plan folliculaire

Le lichen plan fol­li­cu­laire ou le lichen plan des poils consti­tue géné­ra­le­ment une com­pli­ca­tion du lichen plan cuta­né. Il prend l’aspect de fines pointes acu­mi­nées, croû­teuses et cadrées par les poils. Il n’est ni dou­lou­reux ni rugueux et ses lésions sont dans la majo­ri­té des cas asymp­to­ma­tiques (sans symptômes).

Lichen plan : histologie

Lichen plan

Pour le cas de lichen plan, l’histologie n’apporte que peu de don­nées. En effet, elle montre uni­que­ment un infil­trat lym­pho-mono­cy­taire dis­po­sé en bande sous-épi­der­mique. La pré­sence d’un infil­trat de cette nature est très carac­té­ris­tique de la mala­die. Pour ce fait, elle per­met de confir­mer son diag­nos­tic dans cer­tains cas.

Lichen plan : étiologies

Les causes pré­cises de sur­ve­nue d’un lichen plan sont incon­nues. On consi­dère, de plus en plus, qu’il ferait suite à un pro­ces­sus auto-immun. Néan­moins, aucune don­née scien­ti­fique ne démontre clai­re­ment cela.

Pour le moment, on sait juste que la mala­die est asso­ciée à un cer­tain nombre de patho­lo­gies. Il y a principalement :

  • L’hépatite C ;
  • La cir­rhose biliaire primitive ;
  • La mala­die de Castelman ;
  • Le dia­bète ;
  • La mala­die d’Addison ;
  • La colite ulcéreuse.

Beau­coup plus rare­ment, on l’associe à d’autres mala­dies rares telles que la pelade, la mala­die de Bier­mer et le thymome.

Hépatite C

L’hépa­tite C cor­res­pond à une infec­tion virale qui affecte le foie. Elle est cau­sée par le virus de l’hépatite C qui se trans­met prin­ci­pa­le­ment par voie san­guine, mais aus­si dans les condi­tions suivantes :

  • L’usage d’instruments d’injection contaminés ;
  • Les rap­ports sexuels non pro­té­gés avec une per­sonne infectée ;
  • L’usage d’accessoires de toi­lettes conta­mi­nés (brosses à dents, rasoirs) ;
  • La trans­fu­sion de sang contaminé ;
  • Les ins­tru­ments de tatouages ou pier­cing contaminés.

Par­fois, le virus peut être trans­mis de la mère à l’enfant durant la gros­sesse ou l’accouchement.

L’hépatite C à l’instar des autres formes d’hépatites évo­lue sur plu­sieurs années. Au début, elle pro­voque des symp­tômes géné­raux et légers comme les vomis­se­ments, la nau­sée, la fatigue et la déco­lo­ra­tion des urines. Sur le long terme, en revanche, elle entraîne des mani­fes­ta­tions plus spé­ci­fiques et en même temps plus graves. Il y a par exemple l’ictère, l’ascite, les ecchy­moses, les sai­gne­ments faciles et les dou­leurs abdominales.

En l’absence d’un trai­te­ment, ces mani­fes­ta­tions évo­luent et se com­pliquent en patho­lo­gies plus graves, notam­ment, le lichen plan, mais aus­si le can­cer du foie. Il y a éga­le­ment l’insuffisance hépa­tique et l’encéphalopathie hépa­tique. Ces com­pli­ca­tions de l’hépatite C peuvent condi­tion­ner le pro­nos­tic vital du patient en l’absence d’un sui­vi médical.

Cirrhose biliaire primitive

La cir­rhose biliaire pri­mi­tive qu’on appelle aus­si cho­lan­gite biliaire pri­mi­tive est une mala­die auto-immune. Elle sur­vient fré­quem­ment chez les adultes de plus de 50 ans et peut évo­luer sur des années, voire toute une vie. Au stade de début, elle entraîne des signes peu évo­ca­teurs comme la fatigue, les déman­geai­sons et la séche­resse buccale/oculaire.

Au stade avan­cé, par contre, il appa­raît des symp­tômes plus graves comme :

  • L’augmentation du volume de la rate ;
  • Le jau­nis­se­ment de la peau et des yeux ;
  • La sen­sa­tion de dou­leur dans la par­tie supé­rieure droite de l’abdomen ;
  • Les dou­leurs osseuses, arti­cu­laires ou musculaires ;
  • Le chan­ge­ment de la cou­leur de la peau ;
  • L’accumulation de fluides dans l’abdomen ;
  • La for­ma­tion d’œdèmes au niveau des che­villes et des pieds.

La mala­die entraîne éga­le­ment une élé­va­tion du taux de cho­les­té­rol et une perte impor­tante de poids.

En l’absence d’un trai­te­ment, la cir­rhose biliaire pri­mi­tive peut comme l’hépatite C engen­drer plu­sieurs autres patho­lo­gies. Il s’agit entre autres du lichen plan, des cica­trices hépa­tiques, de l’ostéoporose et dans cer­tain cas un dys­fonc­tion­ne­ment mental.

Par ailleurs, les causes pré­cises de sur­ve­nue d’une cir­rhose biliaire pri­mi­tive res­tent encore mécon­nues. Plu­sieurs études ont, néan­moins, démon­tré une asso­cia­tion entre elles et le taba­gisme d’une part et les mala­dies auto-immunes et les infec­tions d’autre part.

Maladie de Castelman

La mala­die de Cas­tel­man est une condi­tion patho­lo­gique qui se carac­té­rise par une hyper­pla­sie des gan­glions lym­pha­tiques. Il s’agit d’une affec­tion chro­nique qui touche non pré­fé­ren­tiel­le­ment les hommes et les femmes. Elle peut sur­ve­nir à tout âge.

Le prin­ci­pal symp­tôme évo­ca­teur de la mala­die de Cas­tel­man est l’hypertrophie des gan­glions lym­pha­tiques. Outre lui, néan­moins, il est pos­sible que la mala­die entraîne des symp­tômes géné­raux tels que :

  • La perte d’appétit et de poids ;
  • La fai­blesse mus­cu­laire et physique ;
  • La fièvre ;
  • La suda­tion nocturne ;
  • L’augmentation du volume du foie et de la rate ;
  • Les érup­tions cutanées ;
  • L’anémie hémo­ly­tique.

Sur le plan bio­lo­gique, la mala­die de Cas­tel­man peut cau­ser une hyper­gam­ma­glo­bu­li­né­mie.

Chez la plu­part des patients souf­frant de la mala­die de Cas­tel­man, il appa­raît sur le long terme plu­sieurs affec­tions. Il y a, notam­ment, le lichen plan, le lym­phome et le sar­come de Kaposi.

Pour ce qui concerne les causes de la mala­die, elles sont encore mécon­nues. On sait juste qu’elles pour­raient inclure des muta­tions géné­tiques, des infec­tions virales HHV8 et des niveaux impor­tants d’interleukines.

Diabète

Le dia­bète est une mala­die chro­nique qui se tra­duit par une élé­va­tion du taux de glu­cose dans le sang. Il résulte d’un défaut de pro­duc­tion de l’insuline et peut sur­ve­nir à tout âge. Il affecte non pré­fé­ren­tiel­le­ment les femmes et les hommes.

Les mani­fes­ta­tions du dia­bète sont nom­breuses et com­prennent principalement :

  • Une soif accrue ;
  • Une poly­urie (fré­quence de mic­tions importantes) ;
  • Une poly­pha­gie (faim extrême) ;
  • Une perte sou­daine de poids ;
  • Les chan­ge­ments d’humeur et l’irritabilité ;
  • La fatigue phy­sique et la fai­blesse musculaire ;
  • Les troubles de la vision.

Sur le plan bio­lo­gique, la mala­die entraîne presque tou­jours une hyper­gly­cé­mie.

Outre le défaut de pro­duc­tion d’insuline, le dia­bète appa­raît éga­le­ment dans les condi­tions de résis­tance à l’insuline. De même, on asso­cie sa sur­ve­nue à des fac­teurs d’ordre géné­tique, com­por­te­men­tal et alimentaire.

Un dia­bète mal trai­té peut se com­pli­quer. Il peut évo­luer vers les mala­dies comme le lichen plan ou cau­ser des mala­dies rénales graves. Dans cer­tains cas, il peut entraî­ner d’importants désordres vas­cu­laires et car­diaques.

Maladie d’Addison

La mala­die d’Addison est un trouble endo­cri­nien qui évo­lue sur des années. Elle touche pré­fé­ren­tiel­le­ment les femmes et les adultes d’âge com­pris entre 35 et 50 ans. D’ordinaire, elle se carac­té­rise par une insuf­fi­sance sur­ré­na­lienne et fait suite à un dys­fonc­tion­ne­ment du sys­tème immunitaire.

Les symp­tômes de la mala­die d’Addison sont nom­breux. En géné­ral, ils appa­raissent gra­duel­le­ment et s’intensifient au fil du temps. Ils com­prennent, principalement :

  • Un état dépres­sif et une forte irritabilité ;
  • La perte de cheveux ;
  • L’envie accrue de man­ger du sel ;
  • Une hyper­pig­men­ta­tion (assom­bris­se­ment de la peau) ;
  • Des dou­leurs abdo­mi­nales, mus­cu­laires et articulaires ;
  • La fai­blesse mus­cu­laire et la fatigue extrême ;
  • La perte de poids et d’appétit.

Plus rare­ment, la mala­die entraîne des nau­sées, des vomis­se­ments, de la diar­rhée ain­si que des étour­dis­se­ments et des éva­nouis­se­ments. Sur le plan bio­lo­gique, elle est res­pon­sable d’une hypo­gly­cé­mie (baisse de la gly­cé­mie), d’une hypo­na­tré­mie et d’une hyperkaliémie.

Les com­pli­ca­tions de la mala­die d’Addison sont mul­tiples. Elles peuvent dans le meilleur des cas être un lichen plan ou une insuf­fi­sance sur­ré­na­lienne. Dans les cas extrêmes, en revanche, elles com­prennent un état de choc et une crise addi­so­nienne condi­tion­nant le pro­nos­tic vital.

Colite ulcéreuse

La colite ulcé­reuse qu’on appelle aus­si colite ulcé­ra­tive est une mala­die inflam­ma­toire. Elle sur­vient fré­quem­ment entre 18 et 35 ans et touche non pré­fé­ren­tiel­le­ment les femmes et les hommes. Elle se tra­duit par une ulcé­ra­tion et une inflam­ma­tion du côlon et du rec­tum.

Les symp­tômes de la colite ulcé­reuse sont mul­tiples et diver­si­fiés. Ils incluent, généralement :

  • Des dou­leurs et crampes gastriques ;
  • Des dou­leurs rec­tales et articulaires ;
  • Le chan­ge­ment de l’aspect des selles ;
  • La consti­pa­tion ;
  • Les sai­gne­ments rectaux ;
  • La perte brusque de poids ;
  • La fatigue et la fièvre.

Les causes pré­cises qui sous-tendent l’apparition d’une colite ulcé­reuse demeurent encore incon­nues. On sait, cepen­dant, que les méca­nismes à la base du déclen­che­ment de la mala­die font inter­ve­nir plu­sieurs fac­teurs comme, les fac­teurs com­por­te­men­taux, les fac­teurs géné­tiques et les fac­teurs alimentaires.

Une colite ulcé­reuse non trai­tée est sus­cep­tible de se com­pli­quer. Dans ce cas, elle peut cau­ser un lichen plan, mais aus­si une per­fo­ra­tion du côlon et des sai­gne­ments extrêmes. Dans les cir­cons­tances extrêmes, il peut appa­raître un can­cer du côlon et des caillots sanguins.

Lichen plan : diagnostic

Lichen plan

Le diag­nos­tic du lichen plan repose sur un exa­men cli­nique et des exa­mens com­plé­men­taires. L’examen cli­nique consiste en une obser­va­tion directe des lésions par le méde­cin trai­tant. Il per­met de voir si les signes cli­niques pré­sen­tés par le patient sont ceux qui carac­té­risent un lichen plan.

Deux prin­ci­paux exa­mens com­plé­men­taires per­mettent de poser le diag­nos­tic d’un lichen plan. Il s’agit de la biop­sie et d’un test de culture de bac­té­ries. Ces exa­mens sont réa­li­sés par des pro­fes­sion­nels des ana­lyses bio­mé­di­cales. Ils per­mettent d’identifier des don­nées bio­lo­giques et his­to­lo­giques en faveur du diag­nos­tic d’un lichen plan.

Lichen plan : traitement

Dans plus du deux tiers des cas, le lichen plan régresse spon­ta­né­ment au bout d’une année. Les trai­te­ments dis­po­nibles sont pour la plu­part symp­to­ma­tiques. Ils per­mettent, en effet, de réduire les symp­tômes de la mala­die et de favo­ri­ser sa régres­sion totale avant un an. On les répar­tit en deux groupes, à savoir les trai­te­ments médi­ca­men­teux et les trai­te­ments non médicamenteux.

Traitements médicamenteux

Les trai­te­ments médi­ca­men­teux du lichen plan consistent en l’administration de pro­duits phar­ma­ceu­tiques au patient. Il peut s’agir de cor­ti­co­sté­roïdes, de réti­noïdes et d’antihistaminiques. Les cor­ti­co­sté­roïdes pré­sentent des pro­prié­tés anti-inflam­ma­toires. Ils consti­tuent le trai­te­ment de pre­mière inten­tion d’un lichen plan. On les retrouve sous forme de com­pri­més, de crèmes et de gels. En rai­son des effets secon­daires qu’ils pré­sentent (l’ostéoporose, amin­cis­se­ment de la peau), on recom­mande de les uti­li­ser uni­que­ment sous pres­crip­tion médicale.

Les réti­noïdes cor­res­pondent à des formes de syn­thèse de la vita­mine A. Ils consti­tuent le trai­te­ment de deuxième inten­tion du lichen plan et se déclinent éga­le­ment sous forme de com­pri­més et de crèmes.

Ils pré­sentent moins d’effets secon­daires que les cor­ti­co­sté­roïdes et ont démon­tré une effi­ca­ci­té proche de la leur. Cepen­dant, ils sont contre-indi­qués chez la femme enceinte et la femme pré­voyant d’avoir un enfant dans un futur proche. Pour cause, ils peuvent induire d’importantes ano­ma­lies fœtales.

Les anti­his­ta­mi­niques cor­res­pondent quant à eux à des molé­cules capables d’inhiber l’activité de l’histamine. Ils per­mettent de cal­mer les pru­rits ain­si que les déman­geai­sons obser­vées en cas de lichen plan. On les uti­lise sou­vent en asso­cia­tion avec un réti­noïde ou un cor­ti­co­sté­roïde. Seuls, ils n’ont pas démon­tré une grande effi­ca­ci­té sur la régres­sion des symp­tômes du lichen plan.

Traitements non médicamenteux

Les trai­te­ments non médi­ca­men­teux per­mettent géné­ra­le­ment d’optimiser les effets des trai­te­ments médi­ca­men­teux. Ils reposent prin­ci­pa­le­ment sur la pho­to­thé­ra­pie. Il s’agit d’une thé­ra­pie basée sur l’application de rayons lumi­neux sur la peau. En géné­ral, on uti­lise les rayons ultra­vio­lets A et B et rare­ment les rayons laser.

Dans l’ordre nor­mal des choses, c’est un pro­fes­sion­nel qui se charge de l’application des rayons lumi­neux. Outre la pho­to­thé­ra­pie, d’autres pro­duits ont mon­tré une effi­ca­ci­té sur la régres­sion des lésions du lichen plan. Il s’agit du pour­pier et de l’aloe vera.

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