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PRESCRIPTION DES ANTIBIOTIQUES PAR VOIE LOCALE DANS LES INFECTIONS CUTANEES BACTERIENNES PRIMITIVES ET SECONDAIRES

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RECOMMANDATIONS AFSSAPS Juillet 2004

INTRODUCTION

Ce docu­ment sur la prise en charge des infec­tions cuta­nées par les anti­bio­tiques locaux, ne concerne que les infec­tions bac­té­riennes super­fi­cielles pri­mi­tives et secon­daires. Les brû­lures, l’acné et la rosa­cée sont exclues du champ de ces recommandations.

Il est rap­pe­lé que pour trai­ter des infec­tions cuta­nées, il n’est recom­man­dé d’utiliser, y com­pris en pré­pa­ra­tion magis­trale, ni la néo­my­cine, ni la fra­my­cé­tine, ni des asso­cia­tions d’antibiotiques.

L’intérêt de l’utilisation des anti­sep­tiques dans le trai­te­ment des infec­tions cuta­nées super­fi­cielles pri­mi­tives ou secon­daires est une ques­tion sou­vent évo­quée. Leur effi­ca­ci­té cli­nique n’a jamais été réel­le­ment éva­luée com­pa­ra­ti­ve­ment à l’antibiothérapie locale, en adjonc­tion à celle-ci, en adjonc­tion à l’antibiothérapie par voie géné­rale, ni même par com­pa­rai­son au lavage seul.
Par contre, les effets indé­si­rables des anti­sep­tiques sont connus et doivent être mis en balance avec le manque d’é­va­lua­tion de leur effi­ca­ci­té : les effets locaux à type de der­mite irri­ta­tive ou aller­gique sont tou­jours pos­sibles et des effets géné­raux liés à un pas­sage sys­té­mique ont été décrits pour beau­coup d’antiseptiques.
Ain­si, l’utilité réelle des anti­sep­tiques dans le trai­te­ment des infec­tions cuta­nées super­fi­cielles demeure lar­ge­ment inconnue.

Voir éga­le­ment : Lésions cuta­nées élémentaires
Voir éga­le­ment : Fol­li­cu­lites
Voir éga­le­ment : Furoncle
Voir éga­le­ment : Ery­thras­ma
Voir éga­le­ment : Ery­si­pèle
Voir éga­le­ment : antibioclic.com/

SOINS D’HYGIENE

Quelle que soit l’é­ten­due de l’in­fec­tion cuta­née bac­té­rienne, les soins de toi­lette quo­ti­diens à l’eau et au savon ordi­naire s’im­posent en préa­lable aux trai­te­ments recom­man­dés dans ce docu­ment (le savon­nage décolle les bac­té­ries et le rin­çage les élimine).

IMPETIGO PRIMITIF ET SECONDAIRE (DERMATOSES OU PLAIES SURINFECTEES)

Dans une forme peu sévère défi­nie par accord pro­fes­sion­nel comme étant un impé­ti­go croû­teux, com­por­tant à la fois :

  • une sur­face cuta­née atteinte <2% de la sur­face cor­po­relle totale (1% = sur­face d’une paume de la main),
  • au plus 5 sites lésion­nels actifs,
  • et une absence d’ex­ten­sion rapide,

    une anti­bio­thé­ra­pie exclu­si­ve­ment locale est recom­man­dée (Grade A), selon les moda­li­tés suivantes :

  • acide fusi­dique (crème ou pommade)
  • ou mupi­ro­cine (pom­made dermique)
  • idéa­le­ment 3 fois par jour (Grade A), mais en rai­son de pro­blèmes d’observance atten­dus, il paraît accep­table de l’administrer 2 fois par jour (Accord professionnel),
  • pen­dant 5 à 10 jours.
  • L’in­té­rêt d’y asso­cier une anti­sep­sie n’a pas été étudié.

Dans les autres formes :

  • impé­ti­go bul­leux ou ecthy­ma (forme nécro­tique creu­sante) ou
  • sur­face cuta­née atteinte >2% de la sur­face cor­po­relle totale ou
  • plus d’une dizaine de lésions actives ou
  • exten­sion rapide

Une anti­bio­thé­ra­pie par voie géné­rale à visée anti-sta­phy­lo­coc­cique et anti-strep­to­coc­cique est néces­saire, de même que les soins d’hy­giène (Accord professionnel).
L’ap­pli­ca­tion d’une pom­made (exemple : vase­line) est utile pour faci­li­ter l’é­li­mi­na­tion des croûtes. L’in­té­rêt de l’adjonction d’une anti­bio­thé­ra­pie locale ou d’un anti­sep­tique n’a pas été étudié.

FOLLICULITE SUPERFICIELLE (ostio-fol­li­cu­lite), FURONCLE (sauf formes réci­di­vantes : furonculose)

Des soins d’hy­giène tels que pré­ci­sés ci-des­sus sont nécessaires.
L’in­té­rêt d’une anti­bio­thé­ra­pie locale dans ces situa­tions n’a pas été démontré.

ERADICATION DU PORTAGE DE STAPHYLOCOCCUS AUREUS DANS LE CADRE DE LA PREVENTION DES INFECTIONS STAPHYLOCOCCIQUES RECIDIVANTES ( furon­cu­lose, impétigo)

Chez les malades pré­sen­tant des pré­lè­ve­ments posi­tifs au niveau des narines et plus rare­ment d’autres sites cuta­nés cli­ni­que­ment sus­pects, l’ap­pli­ca­tion locale d’an­ti­bio­tique contri­bue à la gué­ri­son des infec­tions sta­phy­lo­coc­ciques récidivantes.
Dans les cas les plus réfrac­taires, cette appli­ca­tion peut être éten­due au proche entou­rage, dont les pré­lè­ve­ments nari­naires seraient éga­le­ment posi­tifs pour Sta­phy­lo­coc­cus aureus (Accord professionnel).

La mupi­ro­cine en pom­made nasale est réser­vée à la décon­ta­mi­na­tion nari­naire (Grade B). L’a­cide fusi­dique et la chlor­té­tra­cy­cline peuvent être uti­li­sés dans les narines et sur les autres gites cuta­néo-muqueux. (ex : inter­tri­go inter­fes­sier) (Accord professionnel).

L’an­ti­bio­thé­ra­pie locale doit être uti­li­sée dans ce cadre de façon séquen­tielle, par cure de 5 à 7 jours tous les mois, à rai­son de 2 appli­ca­tions par jour (Accord pro­fes­sion­nel).

Ces recom­man­da­tions ne concernent pas la décon­ta­mi­na­tion bac­té­rienne dans les cadres suivants :

  • per­son­nel hos­pi­ta­lier, en pré­ven­tion d’in­fec­tion nosocomiale ;
  • décon­ta­mi­na­tion pré-opé­ra­toire de malade en pré­ven­tion d’infection noso­co­miale (chi­rur­gie car­diaque, orthopédique) ;
  • malade dia­ly­sé ou immu­no­dé­pri­mé, en pré­ven­tion d’infection pro­fonde sévère.

PLAIES CUTANEES

Plaies récentes, y com­pris les plaies chirurgicales
Une anti­bio­thé­ra­pie locale en pré­ven­tion d’une sur­in­fec­tion cli­nique n’est pas recom­man­dée. Il n’a pas été démon­tré qu’elle favo­ri­sait la cicatrisation.
En cas d’im­pé­ti­gi­ni­sa­tion, ces recom­man­da­tions rejoignent celles d’un impé­ti­go secon­daire (cf. supra). Plaies chro­niques : escarre, ulcère de jambe, mal perforant.
Il est rap­pe­lé que les lésions sont le plus sou­vent colo­ni­sées par une flore bac­té­rienne, ce qui n’est pas syno­nyme d’infection.

Dans les plaies chroniques,
L’in­té­rêt d’une anti­bio­thé­ra­pie locale n’est démon­tré ni dans la pré­ven­tion ni dans le trai­te­ment des com­pli­ca­tions infec­tieuses, et a for­tio­ri pas sur la pré­ven­tion ou l’é­ra­di­ca­tion du por­tage de germes mul­ti­ré­sis­tants au niveau de ces plaies. L’an­ti­bio­thé­ra­pie locale n’a pas démon­tré d’in­té­rêt dans le pro­ces­sus de cica­tri­sa­tion des plaies chroniques

Le trai­te­ment local devra com­prendre un net­toyage à l’eau et au savon ordi­naire ou au sérum phy­sio­lo­gique et des soins locaux adap­tés au stade de la plaie. Cette prise en charge consti­tue la meilleure pré­ven­tion des infec­tions loco-régio­nales (Accord pro­fes­sion­nel), dont le trai­te­ment relève d’une anti­bio­thé­ra­pie par voie générale.

ANTIBIOTHERAPIE LOCALE DANS LES INFECTIONS A HERPES VIRUS

Il n’y a pas lieu d’u­ti­li­ser des anti­bio­tiques locaux dans la prise en charge des patho­lo­gies sui­vantes lorsqu’elles ne sont pas com­pli­quées : vari­celle, her­pès, zona.

DIVERS

Cer­taines der­ma­toses rares (éry­thras­ma, inter­tri­go des orteils à bacilles à Gram néga­tif, kéra­to­lyse ponc­tuée plan­taire, tri­cho­bac­té­riose axil­laire) peuvent jus­ti­fier une anti­bio­thé­ra­pie par voie locale mais n’ont pas été abor­dées dans ces recommandations.
Ces aspects très spé­ci­fiques ont été trai­tés dans l’argumentaire réfé­ren­cé dis­po­nible sur le site inter­net de l’Afssaps (www.afssaps.sante rubrique RBP).

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