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Toxine botulique dans l’hyperhidrose axillaire

Publié le

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Source : Heck­mann M et coll : « Botu­li­num toxin A for axil­la­ry hyper­hi­dro­sis (exces­sive sweating) »
N Engl J Med 2001 ; 344 : 488- 93

L’injection de toxine botu­li­nique dans les ais­selles a entraî­né une dimi­nu­tion de la pro­duc­tion de sueur à 32+/-39 mg par minute (P< 0,001). Vingt quatre semaines plus tard, la quan­ti­té de sueur pro­duite res­tait tou­jours envi­ron trois fois moindre que celle enre­gis­trée à l’état basal chez les 136 patients chez les­quels elle a pu être alors mesu­rée. Le trai­te­ment a été bien tolé­ré et appré­cié par les patients qui se décla­raient prêts à le recommander.

La toxine botu­li­nique, qui agit en blo­quant la secré­tion axo­nale d’acétyl cho­line à la jonc­tion neu­ro­mus­cu­laire des neu­rones auto­nomes, semble donc consti­tuer un trai­te­ment effi­cace et semble-t-il dénué d’effets secon­daires de l’hyperhidrose axil­laire rebelle aux trai­te­ments topiques.

Hyper­hi­drose axillaire
la toxine botu­lique en pre­mière intention

Nau­mann M et Hamm H. : « Treat­ment of axil­la­ry hyper­hi­dro­sis. » Brit.J.Surg. 2002;89:259–61.

L’hyperhidrose axil­laire est une affec­tion fré­quente et invalidante.
Le trai­te­ment tra­di­tion­nel repo­sait sur les sels d’aluminium en appli­ca­tion locale, les anti­cho­li­ner­giques per os, et, en cas d’échec, l’excision des glandes sudo­ri­pares ou la sym­pa­thec­to­mie tho­ra­cique sous thoracoscopie

La la sym­pa­thec­to­mie tho­ra­cique enleve les gan­glions tho­ra­ciques est géné­ra­lemnt active sur la moi­teur des mains, mais moins sur l’hyperidrose axil­laire. Des com­pli­ca­tions, vas­cu­laires, ner­veuses (dou­leurs chro­niques, syn­drome de Claude Ber­nard Hor­ner) ou pleu­rales (hémo­tho­rax, chy­lo­tho­rax) peuvent sur­ve­nir et il existe fré­quem­ment une hyper­su­da­tion com­pen­sa­toire (dos, jambes) abou­tis­sant à un taux de satis­fac­tion faible.

. Le trai­te­ment par la Toxine botu­lique injec­tée dans le derme axil­laire, est inté­res­sant ; elle agit en inhi­bant la libé­ra­tion d’acétylcholine par les nerfs res­pon­sables de la suda­tion, rédui­sant celle-ci et amé­lio­rant la qua­li­té de vie. Deux études en double aveugle contre pla­ce­bo ont démon­tré l’efficacité (réduc­tion de la pro­duc­tion sudo­rale de 83% vs 21%) et l’innocuité de 50 uni­tés de toxine botu­lique injec­tées dans l’aisselle.

L’efficacité se main­tient en moyenne durant 7 mois (mais 28% des sujets n’ont besoin que d’une série d’injections) ; sur 207 malades sui­vis pen­dant 16 mois, et qui ont reçu une à 3 cures, l’amélioration ne s’est pas démen­tie et il n’y a pas eu d’effets indé­si­rables impor­tants. La qua­li­té de vie a été très amé­lio­rée (psy­chisme, rela­tions sociales, spor­tives et sexuelles, néces­si­té de chan­ger de vêtements).

Au total, même si elle doit être éven­tuel­le­ment répé­tée, la thé­ra­peu­tique par la toxine botu­lique peut être pro­po­sée en 1ère inten­tion pour les hyper­idroses axil­laires sévères.

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Il s’a­git d’une toxine botu­li­nique de type A indi­quée dans l’hy­per­hy­drose axil­laire sévère ayant résis­té aux trai­te­ments locaux, avec réten­tis­se­ment psy­cho­lo­gique et social impor­tant. L’ad­mi­nis­tra­tion se fait en intra­der­mique stricte. La durée de la réponse est supé­rieure à 4 mois et peut aller jus­qu’à plus d’un an. De nou­velles injec­tions peuvent être faites, en res­pec­tant un délai mini­mum de 4 mois entre 2 séances maist peut aller jus­qu’à plus d’un an.

Une étude contrô­lée contre pla­ce­bo, menée en double aveugle chez 320 sujets sur une durée de 16 semaines a mon­tré une dimi­nu­tion de la pro­duc­tion de sueur de 83% dans le groupe Botox* contre 20 % dans le groupe pla­ce­bo à 4 semaines. A la 16e semaine, 80 % des patients étaient encore répon­deurs. A la suite de cet essai, 207 patients ont été inclus dans une étude en ouvert, 174 ayant ter­mi­né les 12 mois pré­vus. Par­mi les 30 sujets ayant reçu 3 injec­tions, il n’a pas été mis en évi­dence de dif­fé­rence de réponse en fonc­tion du nombre d’in­jec­tions reçues. Le sui­vi maxi­mal était de seize mois, le béné­fice et la tolé­rance au delà de 3 injec­tions ne sont donc pas connus.

Glo­ba­le­ment, la fré­quence des effets indé­si­rables n’é­tait pas dif­fé­rente entre le groupe Botox* et le groupe pla­ce­bo. Une hyper­hi­drose com­pen­sa­trice non axil­laire était obser­vée chez envi­ron 5 % des patients.

Une toxine botu­lique contre l’hy­per­hy­drose axil­laire “hyper­hi­drose axil­laire est une patho­lo­gie chro­nique pou­vant alté­rer la qua­li­té de vie et entraî­ner un reten­tis­se­ment psy­cho­so­cial. Les trai­te­ments fai­saient jus­qu’à main­te­nant appel en pre­mière inten­tion à des topiques à base d’a­lu­mi­nium, puis, en cas d’é­chec, à des tech­niques chi­rur­gi­cales comme la sym­pa­thec­to­mie. La toxine botu­li­nique se situe entre ces deux stra­té­gies et per­met de régu­la­ri­ser dans la majo­ri­té des cas la pro­duc­tion de sueur de façon pro­lon­gée. Il s’a­git donc d’un pro­grès incon­tes­table dans la prise en charge de cette patho­lo­gie mais les don­nées ras­su­rantes concer­nant l’ef­fi­ca­ci­té et la tolé­rance à long terme doivent être confirmées.
Dr BENEDICTE LEBRUN-VIGNES – Dr PHILIPPE BEAULIEU – Pr OLIVIER CHOSIDOW
Ser­vice de phar­ma­co­lo­gie et de der­ma­to­lo­gie, CH Pitié-Sal­pê­trière, Paris.

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FDA Talk PaperJuly 20, 2004
Par MEDIQUICK

FDA Approves Botox to Treat Severe Unde­rarm Sweating

FDA has appro­ved Botu­li­num Toxin Type A (Botox) to treat severe unde­rarm swea­ting known as “pri­ma­ry axil­la­ry hyper­hi­dro­sis” that can­not be mana­ged by topi­cal agents such as pres­crip­tion anti­pers­pi­rants. Botox has alrea­dy been appro­ved for seve­ral other pur­poses. Today’s appro­val allows the product’s manu­fac­tu­rer, Aller­gan, Inc., Irvine, Calif., to mar­ket Botu­li­num Toxin Type A for this new indication.

Botu­li­num Toxin Type A is a pro­tein pro­du­ced by the bac­te­rium Clos­tri­dium botu­li­num. When used to treat pri­ma­ry axil­la­ry hyper­hi­dro­sis, small doses of an injec­table form of the ste­rile puri­fied botu­li­num toxin stop release of the che­mi­cal mes­sen­ger ace­tyl­cho­line, tem­po­ra­ri­ly blo­cking the nerves in the unde­rarm that sti­mu­late sweating.

Botox was first appro­ved in Decem­ber 1989 to treat two eye muscle disor­ders (ble­pha­ros­pasm and stra­bis­mus). Since then it has been appro­ved to treat cer­vi­cal dys­to­nia, a neu­ro­lo­gi­cal move­ment disor­der cau­sing severe neck and shoul­der muscle contrac­tions. Most recent­ly, in 2002, it was appro­ved as Botox Cos­me­tic to tem­po­ra­ri­ly improve the appea­rance of mode­rate to severe frown lines bet­ween the eyebrows.

In two pla­ce­bo-control­led, mul­ti­cen­ter, ran­do­mi­zed, double-blind cli­ni­cal trials invol­ving over 600 adults, those who recei­ved Botox had signi­fi­cant­ly redu­ced unde­rarm swea­ting as com­pa­red to the pla­ce­bo group. In one stu­dy, four weeks after being injec­ted, the per­cen­tage of people sho­wing a 50% reduc­tion in swea­ting was 91% in the group recei­ving Botox com­pa­red to 36% in the pla­ce­bo group. In ano­ther stu­dy, the ave­rage dura­tion of res­ponse fol­lo­wing the first treat­ment was 170 days.

The most com­mon adverse events fol­lo­wing treat­ment (occur­ring in three to 10% of patients) inclu­ded injec­tion site pain and hemor­rhage, swea­ting in other parts of the body, flu-like symp­toms, hea­dache, fever, itching, and anxiety.

Before being trea­ted for pri­ma­ry axil­la­ry hyper­hi­dro­sis, patients should be eva­lua­ted for other poten­tial causes of the pro­blem, such as hyper­thy­roi­dism, to avoid symp­to­ma­tic treat­ment of hyper­hi­dro­sis with Botox without addres­sing a poten­tial­ly serious under­lying disease that requires other forms of treatment.

The safe­ty and effec­ti­ve­ness of Botox for hyper­hi­dro­sis in body areas other than the axil­lae (arm­pits) has not been established.
Because Botox is a pres­crip­tion drug, it must be used care­ful­ly under medi­cal super­vi­sion for all the product’s appro­ved indications

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