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Re : les pionniers et la Médecine 2.0

Publié le

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Cita­tion :

Pos­té par d_dupagne
Voi­ci sa vision de la Méde­cine 2.0, vous en pen­sez quoi ?
https://www.esculape.com/cqfd/MEDECINE2‑0.html
Je m’y colle :
Cita­tion :
D’une manière géné­rale, le web 2.0 désigne l’en­semble des tech­no­lo­gies qui faci­litent les inter­ac­tions entre les inter­nautes : com­mu­nau­tés en ligne, blogs, forums, wikis, votes, etc…
Cita­tion :
Tous ces outils de mise en avant du Moi (mon site, mon blog, ma tri­bu…) ont été réunis par Joël de Ros­nay dans le terme d’Egologie…voire Ego­go­go­lo­gie pour Ego, Google et gogo ou EGO­bo­bo­lo­gie pour la san­té. A ne pas confondre avec EXO­bo­bo­lo­gie.. quoique 🙂
L’ex­pres­sion Méde­cine ou San­té 2.0 cor­res­pond donc à l’en­semble des appli­ca­tions de ce type, dédiées à la santé.
Oui et non. Ces outils sont indis­pen­sables au Web 2.0, certes, mais ce qui carac­té­rise vrai­ment le Web 2.0, c’est l’u­sage qui en est fait : la créa­tion de conte­nus, et non plus la simple consul­ta­tion d’in­for­ma­tion rédi­gée par des auteurs légi­times, des experts, des professionnels.

Cita­tion :
Selon les experts (ça com­mence mal !!) en san­té 2.0,
01 : La sagesse col­lec­tive com­mu­nau­taire est un prin­cipe fon­da­teur de la Web San­té 2.0.
02 : La connais­sance n’ap­par­tient pas qu’aux experts : le patient doit se l’ap­pro­prier pour agir en adulte et mieux se soigner..
Je me sens visé (rap­pe­lons que texte a été rédi­gé un pre­mier avril ;))

01 : Oui. Comme pour la démo­cra­tie d’ailleurs, c’est le pari que glo­ba­le­ment, la foule peut déve­lop­per une forme d’in­tel­li­gence si elle est connec­tée cor­rec­te­ment. On a par­lé aus­si « d’Al­chi­mie des mul­ti­tudes », concept plus modeste que j’aime bien aussi.
02 : Oui, c’est le prin­cipe intra­dui­sible de l’empowerment. Il ne concerne pas que le patient. C’est vrai pour tous les niveaux (méde­cins géné­ra­listes, infir­miers, kinés, sage-femmes, phar­ma­ciens…). C’est une hori­zon­ta­li­sa­tion, un pas­sage de la hié­rar­chie des savoirs à l’hé­té­rar­chie et non l’anarchie).

Cita­tion :
Selon moi (c’est pas mieux)
Hélas 01:la sagesse col­lec­tive n’existe pas. Elle suit les modes, la télé, les cam­pagnes de pub, les « lea­ders d’o­pi­nion », les ata­vismes, les pré­ju­gés, etc…
Hélas 02 : L’in­for­ma­tion se par­tage faci­le­ment, la connais­sance néces­site un appren­tis­sage, la déci­sion demande la compétence.
Tu es bien pes­si­miste. Quand la démo­cra­tie s’est répan­due en Europe au 19ème siècle, ses détrac­teurs employaient les mêmes argu­ments : Com­ment confier le sort du pays à une popu­lace ignare, influen­çable, mani­pu­lable à l’en­vi. On connaît la suite : la foule qui vote et qui élit ses repré­sen­tants fabrique un sys­tème poli­tique de meilleure qua­li­té que celui géré par des ministres pro­fes­sion­nels choi­sis par un monarque éclairé.

Je répète par­tout qu’un forum de patients est plus dif­fi­cile à mani­pu­ler qu’un congrès de méde­cins. Je per­siste et signe. Il faut vrai­ment s’im­mer­ger dans les com­mu­nau­tés de patients pour s’en rendre compte. L’homme est influen­çable, ignare ou expert. Un groupe d’hommes struc­tu­ré l’est beau­coup moins (et je ne parle pas des femmes 

:mdr:)

Pour ton 

Hélas 02 tu rejoins la phrase d’Al­bert Ein­stein « La connais­sance se fonde sur l’ex­pé­rience, le reste n’est que de l’in­for­ma­tion ». Le Web 1.0 était du par­tage d’in­for­ma­tion uni­la­té­ral et des­cen­dant. Le Web 2.0 est du par­tage d’in­for­ma­tion multidirectionnel.

Le méde­cin a une expé­rience limi­tée des mala­dies prises une à une mais une forte expé­rience de leur ana­lyse glo­bale et de l’in­té­gra­tion de leurs symp­tômes dans une stra­té­gie diag­nos­tique par exemple.

Le patient a une expé­rience limi­tée et sou­vent nulle de l’a­na­lyse glo­bale des mala­dies (ceux qui croient le contraire sur le web sont sou­vent les pires contri­bu­teurs). Il a en revanche une forte expé­rience de SA mala­die. L’é­change d’in­for­ma­tion entre patients atteints d’une même mala­die abou­tit non plus à de l’in­for­ma­tion, mais à un vrai sys­tème de connais­sance sur les trai­te­ments, le 

coping, la finesse sémio­lo­gique de CETTE mala­die. Le groupe de patients déve­loppe une vraie com­pé­tence dans le domaine de sa mala­die, com­pé­tence qui naît de la confron­ta­tions d’expérience.

Bref, connais­sance glo­bale mais par­cel­laire d’un côté, limi­tée mais pro­fonde de l’autre. Les deux sys­tèmes de connais­sance ont voca­tion à se compléter.



Cita­tion :
Ques­tions
01 : Quid de la sagesse popu­laire face au dépis­tage géné­ra­li­sé du can­cer de la prostate ?
02 : Quid de la sagesse popu­laire face à la publi­ci­té médi­cale grand public (Alli, vac­ci­na­tion HPV)
03 : Etc…
01 : la réponse est simple : un grand nombre d’hommes résistent à ce dépis­tage, au grand dam des uro­logues, car ils sentent confu­sé­ment que ce n’est pas très utile.

Mais la sagesse col­lec­tive n’est pas que popu­laire. Tu note­ras que le dépistage 

(néfaste) de ce can­cer est for­te­ment reje­té par les méde­cins géné­ra­listes fré­quen­tant nos com­mu­nau­tés vir­tuelles, alors qu’il est lar­ge­ment pra­ti­qué par les géné­ra­listes for­més par les « experts » uro­logues et qui n’ont pas d’ou­tils de connexion avec leurs confrères pour redres­ser cette désinformation.

02 : La sagesse popu­laire sur inter­net per­met de détec­ter des mes­sages publi­ci­taires fal­la­cieux et de les cri­ti­quer, voire de les ridi­cu­li­ser. La vac­ci­na­tion HPV (can­cer du col) est très contes­tée sur le web et peu pra­ti­quée dans les faits. Si inter­net n’a­vait pas per­mis aux patientes d’é­chan­ger leurs mises en garde (face à la pro­mo­tion de leurs pédiatres), le lob­by des vac­cins HPV aurait obte­nu une vac­ci­na­tion mas­sive de la popu­la­tion, comme cela a été le cas pour l’i­nu­tile et dan­ge­reux BCG par exemple.

Cita­tion :
Heu­reu­se­ment, un expert amé­ri­cain nous « éclaire » : selon le sché­ma ci-après de Scott Shreeve, expert amé­ri­cain recon­nu, Health 2.0 faci­lite un  » cercle ver­tueux  » d’in­no­va­tion et d’a­mé­lio­ra­tion de la qua­li­té et de l’é­co­no­mie des soins, par l’in­tro­duc­tion d’une vraie concur­rence entre les offreurs de soins, de la méde­cine fon­dée sur les preuves, d’un pro­grès dans la connais­sance grâce à la com­mu­ni­ca­tion à grande échelle des résul­tats médi­caux et d’une infor­ma­tion ubiquitaire.



Que la lumière soit !!!!



Ce qui cer­tain c’est que nos patients sont de plus en plus infor­més – je n’ai pas dit de mieux en mieux infor­més – et que nous allons devoir inté­grer cela dans nos pra­tiques mais les dérives seront pro­ba­ble­ment nom­breuses. La cer­ti­fi­ca­tion des sites médi­caux est une hon­nête ten­ta­tive [Lire] mais le web 2.0 n’y est pas sou­mis et le bruit de fond inuti­li­sable enva­hit toutes les requêtes faites sur Google.
Fais confiance aux patients et à leurs info­mé­diaires (non com­mer­ciaux) pour faire le tri.

Tu as connu les moteurs de recherche avant Google. Le bruit de fond y étais phé­no­mé­nal. Google avec sa méca­nique pur Web 2.0, a per­mis de le réduire consi­dé­ra­ble­ment. Ce n’est qu’un début, Google a 10 ans.

Cita­tion :
Le net ouvre donc grand la porte à la « mal et/ou dés-infor­ma­tion », au char­la­ta­nisme, etc… mais repré­sente aus­si un magni­fique contre-pou­voir que les méde­cins et les patients doivent inves­tir mais pas à n’im­porte quel prix car comme « pour les avions qui tombent » les forums sont enva­his par les « reca­lés de la gué­ri­son » acteurs et cibles de toutes les dérives.
Les autres sont à la plage.…
Tu as rai­son, mais je crois vrai­ment que, faute de les avoirs fré­quen­tés en pro­fon­deur, tu sous-estimes la capa­ci­té de trai­te­ment de l’in­for­ma­tion des com­mu­nau­tés de patients.
Cita­tion :
Ce qui est sur c’est que les « experts » et les « lea­ders d’o­pi­nion » se sont lar­ge­ment auto-déva­lués (Grippe H1N1, dépis­tages sau­vages, absence de décla­ra­tion de conflit d’in­té­rêt, etc..) et ont ain­si crée un fort cli­mat de sus­pi­cion. [Lire]
Ce que tu négliges, c’est que sans nos com­mu­nau­tés vir­tuelles de contre-pou­voirs, les men­songes de ces experts n’au­raient été ni démas­qués, ni révé­lés au grand jour.

Cita­tion :
De même, les grands labo­ra­toires phar­ma­ceu­tiques dans leur course effré­née aux pro­fits ont géné­ré une forte méfiance du grand public mais éga­le­ment des méde­cins. Revoir les médi­ca­men­teurs [Lire]
Même remarque. Le Web 2.0 est le pire enne­mi des lobbies.

Cita­tion :
Ain­si, selon l’Of­fice par­le­men­taire d’é­va­lua­tion des choix scien­ti­fiques et tech­no­lo­giques (OPECST) Inter­net serait le média qui nie et voit de la mani­pu­la­tion par­tout. Il véhi­cule la contes­ta­tion de toutes les super­struc­tures sociales. Et traite la parole publique comme véhi­cule du men­songe… [Lire]. On se demande bien pourquoi !!!
Parce que le Web 2.0 est aus­si le pire enne­mi du pou­voir hié­rar­chique. Il per­met au gens de pen­ser et de s’in­for­mer en échap­pant à TF1. C’est ter­ri­fiant quand tu veux contrô­ler les foules.

Cita­tion :

Inter­net est un outil, le web le pire et la meilleure des choses
C’est vrai ; c’est vrai aus­si de la démo­cra­tie, de la musique, de l’art, des amis, de la sexualité,
de la méde­cine, de la presse de…

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