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LE COMPORTEMENT DES MEDECINS GENERALISTES
VIS-A-VIS DU GARDASIL ® RESULTE-T-IL D'UN CHOIX ECLAIRE ?

Enquête auprès de 518 médecins généralistes du Rhône.
Thèse soutenue à l'Université Claude Bernard Lyon 1 pour obtenir le grade de docteur en médecine par
RODDIER-HERLANT Vanessa
Par aimable autorisation de l'auteur

Les médecins généralistes connaissent bien les indications du Gardasil,
mais 77% d'entre eux sont convaincus, à tort, que son efficacité sur le cancer du col est prouvée.

Parmi tous les modes de formation, les médecins formés par la visite médicale ont un score de connaissance significativement plus faible (p<0.01) avec une surestimation du risque lié au HPV. Ils correspondent aussi à la catégorie la plus enthousiaste vis-à-vis du vaccin avec là aussi une sur-estimation des qualités du vaccin.

Vous trouverez ci-dessous quelques extraits issus de cette thèse
que je vous invite à parcourir in extenso [Lire]
(Pdf 2,2 M0)
    On constate que les médecins généralistes ont une bonne connaissance des infections à HPV dans leur ensemble :
  • 78 % des médecins savent que la majorité de la population sexuellement active contractera des HPV au cours de sa vie.
  • 95 % des médecins savent que les HPV diffèrent par leur pouvoir cancérogène.
  • 81 % des médecins savent que les infections par HPV sont habituellement asymptomatiques et transitoires.

    Par contre, notre étude montre que les médecins généralistes interrogés surestiment le risque représenté par les infections à HPV en terme de fréquence et de rapidité d'évolution vers le cancer et seulement 0,3 % des infections à HPV évoluent vers un cancer :
    La moitié (55 %) des médecins savent cela mais s il y en a plus d'un tiers (37 %) qui pensent que 40 % des infections évoluent vers un cancer et même 8 % des médecins pensent que plus de 60 % des infections donnent un cancer.

  • Le temps de latence entre infection et cancer est de15 à 25 ans :
    Moins d'un tiers (30 %) des médecins le savent, plus de la moitié (57 %) estiment ce temps de 5 à 15 ans et 13 % des médecins pensent qu'il est inférieur à 5 ans.

  • Le cancer du col de l'utérus : un problème de santé publique majeur ?
    En effet, 61 % des médecins pensent, à tort, que le cancer du col de l'utérus est le deuxième cancer de la femme en France. Il n'est en fait que le dixième cancer chez la femme par sa fréquence avec 3 068 cas estimés pour l'année 2005 (2). Son incidence n'a cessé de diminuer depuis 1980 avec une décroissance de 2,9 % en lien avec la pratique du FCU. En effet les traitements appliqués aux CIN2/3 dépistées par frottis ont une efficacité proche de 100 % (12). Pour l'année 2005, le cancer du col de l'utérus est le quinzième cancer le plus meurtrier chez la femme avec 1 067 décès estimés (2).

    Rappel
    Aujourd'hui en France, une femme sur trois meurt d'une maladie cardiovasculaire.
    Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité féminine, responsable de près d'un décès sur trois (32 %) devant les cancers, tuant 7 fois plus de femmes que le cancer du sein [Lire]
    Voir : INVS - Evolution de la mortalité par cancer en France de 1950 à 2006][Lire] .
Une communication payante pour le laboratoire

En deux ans le cancer du col de l'utérus est passé d'un statut de tueur obscur, limité principalement aux nations pauvres, à celui de maladie à la mode en Occident. Cette transition à la vitesse de la lumière, qui a fait d'un vaccin nouveau LA piqûre à faire pour toutes les jeunes filles aux Etats-Unis et en Europe, représente un triomphe de ce que les fabricants appellent éducation et que leurs critiques appellent marketing.

Pour de tels efforts Merck a reçu en mai 2008 le prix d'excellence du marketing et de la publicité pharmaceutique.

le Sénat a estimé au cours de sa séance de janvier 2009 que la publicité auprès du public réalisée par les firmes productrices de vaccins est guidée par des intérêts commerciaux incompatibles avec une information des patients objective et indépendante

Efficacité très faible dans la population générale

L'analyse a été conduite en intention de traiter. Cette approche est la plus pertinente car elle évalue l'efficacité clinique dans des conditions proches de son utilisation en pratique clinique. [Lire].
Dans les résultats à 3 ans de FUTURE I, publiés en 2007, l'efficacité pour la prévention des CIN 2 quelque soit le type d'HPV n'est que de 13% (33,38) :
---- 102 cas sur 2 723 femmes dans le groupe Gardasil
---- 116 cas sur 2 732 femmes dans le groupe placebo
Elle est de -9% pour les CIN 3 :
---- 79 cas sur 2 723 femmes dans le groupe Gardasil
---- 72 cas sur 2 732 femmes dans le groupe placebo
Dans les résultats à 3 ans de FUTURE II, publiés en 2007, les dysplasies de haut grade ne diminuent que de 17% par rapport au placebo indépendamment des génotypes HPV (219 lésions sur 6 087 femmes versus 266 lésions sur 6 080 femmes) (39,42). Si on prend en compte l'analyse la plus exigeante à partir des études 005, 007, 013 et 015 c'est-à-dire la population en intention de traiter ayant au minimum un CIN 2 ou 3 du à n'importe quel génotype, l'incidence a été de 1,5 pour 100 femmes-années après le vaccin versus 1,8 pour 100 femmes-années après placebo soit une absence de différence statistiquement significative (40,45).

CONCLUSION (extrait)

Les connaissances des 518 médecins généralistes sondés sur les infections à HPV sont de qualité. Ils savent que l'infection à papillomavirus est la première des infections virales sexuellement transmissibles dans le monde et connaissent bien le lien de causalité entre le cancer du col de l'utérus et les HPV oncogènes. Par contre, ils surestiment le risque représenté par les infections à HPV en terme de fréquence et de rapidité d'évolution vers le cancer.

De plus, le cancer du col de l'utérus leur semble un problème de santé publique majeur en France. Ainsi, 61% des médecins le mettent au deuxième rang des cancers de la femme. En réalité, il n'est que le dixième cancer chez la femme par sa fréquence et le quinzième cancer le plus meurtrier avec environ 1 000 décès par an.

Enfin, les médecins généralistes connaissent bien les indications du Gardasil, mais 77% d'entre eux sont convaincus, à tort, que son efficacité sur le cancer du col est prouvée. Ces observations expliquent l'attitude globalement positive des médecins de l'étude vis à vis de Gardasil.

Cependant, des interrogations apparaissent depuis la commercialisation rapide de Gardasil en 2006 : - Pourquoi les agences de santé ont-elles introduit si vite le vaccin dans le calendrier vaccinal alors que de nombreuses questions restaient sans réponses et que les principaux essais cliniques n'étaient pas terminés ? - Pourquoi l'assurance maladie a-t-elle autorisé le remboursement à 65% alors que le CTV (Comité Technique des Vaccinations) et le CSHPF (Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France) recommandaient d'organiser en priorité le dépistage des lésions précancéreuses par frottis sur l'ensemble du territoire avant d'introduire la vaccination ?

Depuis, une enquête menée par Formindep a montré le non-respect de cette loi par certains professionnels de santé. C'est pourquoi l'UFC-Que Choisir a porté plainte, en avril 2009, pour non respect de l'article L4113-13 du code de la santé publique contre 9 médecins leaders d'opinion reconnus par le milieu médical, ayant des liens d'intérêts majeurs avec l'industrie pharmaceutique.
L'introduction récente de la formation à la lecture critique d'article dans les programmes de deuxième cycle de médecine, combinée avec le respect de la législation, aideront les soignants dans leur formation continue où il est peut être difficile de faire le tri entre les différentes sources.

Texte complet
RODDIER-HERLANT Vanessa
Thèse soutenue publiquement le 14 décembre 2009
pour obtenir le grade de docteur en médecine
UNIVERSITE CLAUDE BERNARD LYON 1
FACULTE DE MEDECINE LYON EST
[Lire]
(Pdf 2,2 MO)
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  • etc...
.
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