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OMEGA 3 : REHABILITATION EN CARDIOLOGIE ?

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Voir éga­le­ment : Les acides gras OMEGA‑3 : géné­ra­li­tés [Lire]

Les oméga‑3, des acides gras pré­sents en abon­dance dans le pois­son et lar­ge­ment consom­més par les Eski­mos, viennent d’être publi­que­ment réha­bi­li­tés par la com­mu­nau­té scien­ti­fique… trois ans après qu’un médi­ca­ment uti­li­sant le même prin­cipe actif eut été jugé sans inté­rêt par les auto­ri­tés sani­taires françaises.
Ce médi­ca­ment, com­mer­cia­li­sé par les labo­ra­toires Pierre Fabre sous le nom de Maxe­pa, n’est plus rem­bour­sé depuis 1998, une déci­sion qui a fait chu­ter ses ventes de 19 mil­lions d’eu­ros à moins de 4 mil­lions fin 2002.

Les acides gras de la série n‑3 ou omé­ga 3 (acide alpha lino­lé­nique d’o­ri­gine végé­tale et EPA et DHA pro­ve­nant des huiles de pois­sons) exercent une action favo­rable tant sur les fac­teurs cir­cu­lants que pariétaux
(Source http://www.arcol.asso.fr/nutrition/fossati2.html#tdm).

  • Effets anti­agré­gants pla­quet­taires de l’a­cide lino­lé­nique ain­si que de l’E­PA et DHA
  • Inhi­bi­tion du throm­boxane A2 et de la bêta throm­bo­glo­bu­line [75].
  • Inhi­bi­tion de la libé­ra­tion du PDGF (Pla­te­let Deri­ved Growth Fac­tor) pro­ve­nant des agré­gats pla­quet­taires et du fac­teur ana­logue pro­ve­nant de l’en­do­thé­lium lésé. Fac­teurs qui sti­mulent la pro­li­fé­ra­tion des cel­lules mus­cu­laires et des cel­lules spu­meuses for­mées à par­tir des LDL oxydées .
  • Baisse du taux de l’in­hi­bi­teur de l’ac­ti­va­teur du plas­mi­no­gène PAI‑1 , baisse du fibrinogène .
  • Allon­ge­ment du temps de sai­gne­ment et inhi­bi­tion in vivo de la for­ma­tion du caillot .
  • Dimi­nu­tion de la vis­co­si­té san­guine, aug­men­ta­tion de la défor­ma­bi­li­té des héma­ties et aug­men­ta­tion de la flui­di­té des membranes .
  • Dimi­nu­tion de l’adhé­sion des mono­cytes sur la paroi vasculaire .
  • Action anti-inflam­ma­toire, rédui­sant l’ac­ti­vi­té chi­mio­tac­tique des leu­co­cytes et des monocytes .
  • Sti­mu­la­tion du fac­teur de relaxa­tion de l’en­do­thé­lium (EDRF

« Les omé­ga 3 doivent reve­nir, ce sont de vrais médi­ca­ments », a décla­ré le Pr Jean-Charles Fru­chart, direc­teur du dépar­te­ment « athé­ro­sclé­rose » à l’Ins­ti­tut Pas­teur de Lille pré­sen­tant une nou­velle étude démon­trant les ver­tus de ce prin­cipe actif.

Cette étude a été réa­li­sée par l’Ins­ti­tut Mario Negri, près de Milan (Ita­lie) pen­dant 3 ans et demi auprès de plus de 11.000 patients ayant fait un infarc­tus dans les trois mois précédents.

Par rap­port aux malades non trai­tés avec ce médi­ca­ment, les patients pre­nant de l’o­mé­ga 3 ont vu leur risque de mor­ta­li­té glo­bale bais­ser de 20 %, leur risque de mor­ta­li­té par mala­die car­dio-vas­cu­laire décroître de 30 %, celui de mala­die mor­telle coro­na­rienne de 35 % et celui de mort subite de 45 %.

« Des résul­tats d’au­tant plus impor­tants que les patients sur les­quels l’es­sai a été mené sui­vaient déjà le trai­te­ment « clas­sique » des­ti­né à évi­ter les décès sur­ve­nant après un infarc­tus du myo­carde et obser­vaient aus­si un régime médi­ter­ra­néen, des­ti­né à dimi­nuer les risques car­dio-vas­cu­laires », a sou­li­gné le Pr Fabio Turaz­za, auteur prin­ci­pal de cette étude.

Avec plus de 100.000 cas par an en France, l’in­farc­tus du myo­carde est une affec­tion fré­quente. Envi­ron 20 % des malades meurent de leur infarc­tus, 10 % suc­combent au cours du mois sui­vant l’ac­ci­dent car­diaque et ensuite 5 % chaque année.
Les ver­tus de l’o­mé­ga 3 ont été mises en évi­dence à la fin des années 70, quand les cher­cheurs ont com­men­cé à se pen­cher sur le par­ti­cu­la­risme des Eski­mos qui font seule­ment trois infarc­tus pour 1.800 per­sonnes en 25 ans contre 40 dans la popu­la­tion danoise la plus comparable.
Depuis, d’autres études ont toutes mis en relief les bien­faits du pois­son, a rap­pe­lé le Pr Daniel Tho­mas, chef du ser­vice de car­dio­lo­gie de l’hô­pi­tal de la Pitié-Sal­pé­trière à Paris.

Les omé­ga 3 sont prin­ci­pa­le­ment pré­sents dans les pois­sons gras des mers froides, ain­si que dans les noix et les huiles végé­tales, col­za, moutarde.
Cepen­dant, il ne suf­fit pas de s’en gaver pour voir mon­ter son taux d’o­mé­ga 3. Outre le mode de cuis­son, qui peut tout chan­ger, et le fait que tous les pois­sons n’en contiennent pas autant, plu­sieurs fac­teurs peuvent inter­ve­nir : l’o­ri­gine géo­gra­phique de l’a­ni­mal, son âge, sa matu­ri­té, sa nour­ri­ture, la tem­pé­ra­ture de l’eau…
Sans comp­ter que, par exemple, le taux d’o­mé­ga 3 est dix fois moins éle­vé dans les sau­mons d’é­le­vage – les plus cou­ram­ment ven­dus – que dans les sau­mons sauvages.
« Pour obte­nir la concen­tra­tion d’o­mé­ga 3 néces­saire, il fau­drait consom­mer plus de 900 grammes de sole par jour », a sou­li­gné le Pr Fru­chart en plai­dant pour « la mise sur le mar­ché rapide » du nou­veau médi­ca­ment à base d’o­mé­ga 3 com­mer­cia­li­sé par les labo­ra­toires Pierre Fabre.

L’O­ma­cor, selon son appe­la­tion com­mer­ciale et scien­ti­fique, a obte­nu une auto­ri­sa­tion de mise sur le mar­ché euro­péenne. Il est déjà en vente en Grande-Bre­tagne, Alle­magne, Irlande, Grèce, Autriche, Bel­gique, Pays-Bas, Nor­vège et Luxembourg

 

Voir sur Esculape :
Maxe­pa,
Les acides gras OMEGA‑3 : géné­ra­li­tés [Lire]

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