HomeNon classéL'Insuffisance Cardiaque en 2002

L’Insuffisance Cardiaque en 2002

Publié le

spot_img

A par­tir d’une com­mu­ni­ca­tion de l” Aca­dé­mie Natio­nale de Médecine
Paris le 15 jan­vier 2002
Rédac­teur : Dr Fran­çoise Girard

L’in­suf­fi­sance car­diaque est un état phy­sio­pa­tho­lo­gique où une ano­ma­lie de la fonc­tion car­diaque entraîne une défaillance de la pompe qui devient inca­pable d’as­su­rer un débit san­guin com­pa­tible avec les néces­si­tés méta­bo­liques de l’organisme.

On estime à 500 000 le nombre des insuf­fi­sants car­diaques fran­çais. Ils sont res­pon­sables de 150 000 hos­pi­ta­li­sa­tions et res­tent hos­pi­ta­li­sés en moyenne 10,7 jours. Cela repré­sente 1% du bud­get san­té, 15% dédiés aux soins ambu­la­toires et 85 aux dépenses hos­pi­ta­lières… Une inci­dence crois­sante est à pré­voir par le vieillis­se­ment de la popu­la­tion et sur­tout majo­ri­tai­re­ment par l’aug­men­ta­tion d’es­pé­rance de vie des sujets ayant pré­sen­té un infarc­tus du myo­carde, ou des hyper­ten­dus, dont les effets secon­daires délé­tères n’ont pas été gommés.

Au tra­vers des enquêtes, deux causes pré­do­minent, la mala­die coro­naire (36 à 46 % des cas) et l’H­TA (44%), par­fois intri­quée avec la pré­cé­dente. C’est dire l’in­té­rêt de la pré­ven­tion pri­maire (tabac, dia­bète, obé­si­té, hyper­li­pi­dé­mies) et de la prise en compte de fac­teurs aggravants.

Le diag­nos­tic de l’IC doit être amé­lio­ré, cli­ni­que­ment dif­fi­cile, on regrette le manque d’ac­ces­si­bi­li­té à l’é­cho­gra­phie car­diaque et l’on espère beau­coup du mar­queur BNP (Brain Natriu­re­tic Pep­tide) dont la sen­si­bi­li­té de 93% et la spé­ci­fi­ci­té de 90% devraient per­mettre de poser rapi­de­ment un diag­nos­tic de certitude.

Seul le trai­te­ment de l” IC chro­nique par dys­fonc­tion sys­to­lique est codi­fié, il repose sur les IEC, puis les diu­ré­tiques à la plus faible dose pos­sible puis les béta blo­quants que sont le car­vé­di­lol, le biso­pro­lol et bien­tôt le méto­pro­lol. Ils ont appor­té la preuve de leur effi­ca­ci­té en terme de dimi­nu­tion de mor­ta­li­té, alors que leur pres­crip­tion en méde­cin ambu­la­toire n’est pas optimale.

Voir éga­le­ment
—- Insuf­fi­sance car­diaque en 2002 En pra­tique
—- Insuf­fi­sance car­diaque dias­to­lique MAJ

Le pro­nos­tic de l” IC reste grave car, à âge égal, il tue plus que les can­cers les plus graves que sont le can­cer de l’in­tes­tin chez l’homme et celui du sein chez la femme.

************************

Michel Koma­j­da (La Pitié Sal­pé­trière, Ser­vice de car­dio­lo­gie) rap­pelle que l’IC repré­sente l’é­tape ultime de nom­breuses mala­dies car­diaques et que les tra­vaux les plus récents ont mis en évi­dence le rôle des fac­teur géné­tiques dans les car­dio­myo­pa­thies que l’on dif­fe­ren­cie en formes hyper­tro­phiques et formes dilatées…

La car­dio­myo­pa­thie hyper­tro­phique (CMH) cor­res­pond à une hyper­tro­phie ven­tri­cu­laire gauche pré­do­mi­nante sur le sep­tum inter­ven­tri­cu­laire, sur­ve­nant sans cause connue. Sa pré­va­lence est esti­mée à 0,2%, les formes fami­liales repré­sentent au moins 50% des cas

La car­dio­myo­pa­thie dila­tée (CMD) se carac­té­rise par une dila­ta­tion du VG asso­ciée à une alté­ra­tion de la fonc­tion contrac­tile , c” est là une des pre­mières causes d” IC et pre­mière indi­ca­tion de transplantation.
En fait, les formes non fami­liales de CMD repré­sentent la grande majo­ri­té et la recherche des fac­teurs géné­tiques impli­qués ne fait que com­men­cer. Il est à en attendre une meilleure iden­ti­fi­ca­tion de sujets à risques de déve­lop­per la mala­die ou à haut risque d’ag­gra­va­tion. Mais aus­si les pers­pec­tives d’une prise en charge plus pré­coce et plus adap­tée, tout comme l’i­den­ti­fi­ca­tion des sous groupes de patients répon­deurs à diverses classes thé­ra­peu­tiques, sont autant d’es­poirs qui devraient se voir récom­pen­ser dans les 10 ans à venir.

La resyn­chro­ni­sa­tion car­diaque par sti­mu­la­tion biven­tri­cu­laire ===> [Lire]

La thé­ra­pie cellulaire
Compte tenu de l’in­ci­dence finan­cière et de la fré­quence de cette patho­lo­gie, la recherche de nou­velles pistes en matière de thé­ra­pie cel­lu­laire s’est annon­cée rapi­de­ment comme inévitable.

Le prin­cipe de base (Phi­lippe Mena­sché, Chi­rur­gie car­dio­vas­cu­laire B, Bichat) repose sur la reco­lo­ni­sa­tion des cica­trices fibreuses aki­né­tiques post infarc­tus par des cel­lules contrac­tiles en sou­hai­tant qu’elles puissent res­tau­rer une cer­taine fonc­tio­na­li­té chez l’hôte.
Trois biais sont acuel­le­ment pos­sibles : la mul­ti­pli­ca­tion des car­dio­myo­cytes, la trans­for­ma­tion des fibro­blastes en cel­lules contrac­tiles, et, la trans­plan­ta­tion de cel­lules contrac­tiles dans la cica­trice fibreuse, qui parait la plus réaliste.

Deux types de cel­lules contrac­tiles peuvent être uti­li­sées, les myo­blastes sque­let­tiques et les cel­lules souches de la moelle. Les myo­blastes ont l’a­van­tage d’a­voir une ori­gine auto­logue, d’être faci­le­ment obte­nus en grand nombre, d’a­voir une pro­gram­ma­tion exclu­si­ve­ment myo­gé­nique, de pré­sen­ter une forte résis­tance à l’is­ché­mie et donc de per­mettre une amé­lio­ra­tion fonc­tion­nelle iden­tique à celle des cel­lules car­diaques foetales.

Les cel­lules souches sont attrac­tives car elles peuvent éga­le­ment être uti­li­sées comme auto­greffes et leur plas­ti­ci­té leur auto­rise une dif­fé­ren­cia­tion car­dio­myo­gé­nique et/ou endo­thé­liale. Mais, en fait, il est loin d” être cer­tain qu’elles pos­sèdent le pou­voir de se trans­for­mer en véri­tables car­dio­myo­cytes, ou si c’é­tait le cas, cela ne concer­ne­rait qu’une faible sous popu­la­tion et par ailleurs le moment oppor­tun pour leur implan­tion aurait un rôle fondamental.

Derniers articles

La psychose maniaco-dépressive : troubles bipolaires I et II

La psychose maniaco-dépressive est l’une des affections psychiatriques les plus répandues en Occident. Elle fut...

Le bâillement : mécanisme et significations

Commun à presque toutes les espèces vertébrées sur terre, le bâillement est l’un des...

La rage chez l’homme : causes, symptômes et traitements

La rage est une maladie mortelle dont la cause est le virus RABV. Ce...

HOMOCYSTEINE : facteur de risque cardio-vasculaire

L’homocystéine a fait l’objet de nombreuses spéculations depuis sa découverte en 1932. Ses propriétés...

Pour aller plus loin

La psychose maniaco-dépressive : troubles bipolaires I et II

La psychose maniaco-dépressive est l’une des affections psychiatriques les plus répandues en Occident. Elle fut...

Le bâillement : mécanisme et significations

Commun à presque toutes les espèces vertébrées sur terre, le bâillement est l’un des...

La rage chez l’homme : causes, symptômes et traitements

La rage est une maladie mortelle dont la cause est le virus RABV. Ce...