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Automesure tensionnelle : quand et comment en faire ?

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L’hy­per­ten­sion arté­rielle est une mala­die chro­nique géné­ra­le­ment asymp­to­ma­tique et dif­fi­cile à diag­nos­ti­quer. De nom­breuses per­sonnes en sont alors atteintes sans le savoir. Mais, avec l’a­vè­ne­ment de l’au­to­me­sure ten­sion­nelle, il est aujourd’­hui pos­sible de pro­cé­der à un diag­nos­tic pré­coce de cette mala­die et d’en­vi­sa­ger un trai­te­ment le plus tôt pos­sible. L’au­to­me­sure per­met au patient de réa­li­ser lui-même des mesures de sa pres­sion arté­rielle, et d’a­voir des valeurs plus pré­cises que celles obte­nues dans un cabi­net médi­cal. Qu’est-ce que l’au­to­me­sure ten­sion­nelle ? Quelles sont les carac­té­ris­tiques de l’ap­pa­reil uti­li­sé pour réa­li­ser cette mesure ? Com­ment sont inter­pré­tés les résul­tats de l’automesure ?

L’automesure tensionnelle : définition et fonctionnement 

L’au­to­me­sure ten­sion­nelle est un exa­men per­met­tant de mesu­rer la pres­sion arté­rielle sans avoir à se rendre dans un cabi­net médi­cal. Cet exa­men peut être réa­li­sé de façon volon­taire par le patient lui-même.

L’ap­pa­reil uti­li­sé pour réa­li­ser une auto­me­sure ten­sion­nelle est l’au­to­ten­sio­mètre, un appa­reil por­table uti­li­sable à domi­cile.

Les valeurs de la pres­sion arté­rielle révé­lées par une auto­me­sure ten­sion­nelle sont plus pré­cises, puis­qu’elles se rap­prochent plus de la réa­li­té que les seules mesures effec­tuées dans un cabi­net médi­cal. En effet, la pres­sion arté­rielle varie for­te­ment tout au long d’une jour­née. Une seule mesure iso­lée ne peut donc pas être suf­fi­sante pour détec­ter une éven­tuelle ano­ma­lie.

En optant pour l’au­to­me­sure ten­sion­nelle, on déter­mine la pres­sion arté­rielle à de nom­breux moments de la jour­née et l’é­va­lua­tion de cette pres­sion sera fon­dée sur la moyenne des valeurs obtenues.

Une auto­me­sure ten­sion­nelle doit se faire au moins deux fois par jour, pen­dant au moins trois jours avant la consul­ta­tion d’un méde­cin. Cer­tains méde­cins recom­mandent l’ap­pli­ca­tion de la règle des trois : réa­li­ser trois mesures de la pres­sion arté­rielle le matin et trois mesures le soir. Cela per­met d’a­voir plus de pré­ci­sions.

L’au­to­me­sure ten­sion­nelle est très effi­cace pour détec­ter le plus tôt pos­sible les ano­ma­lies du rythme car­diaque. Notons que l’hy­per­ten­sion arté­rielle est une des mala­dies chro­niques les plus meur­trières au monde. En réa­li­sant donc des mesures fré­quentes de la pres­sion, on se met à l’a­bri d’une pro­gres­sion silen­cieuse de la maladie.

Quand réaliser une automesure tensionnelle ?

La réa­li­sa­tion d’une auto­me­sure de la pres­sion arté­rielle peut être indi­quée dans de nom­breuses situa­tions par­mi les­quelles on peut évoquer :

  • Un essouf­fle­ment per­sis­tant ;
  • Les bat­te­ments du cœur dans la poi­trine (ou pal­pi­ta­tions) ;
  • Des maux de tête sou­dains ou cépha­lées ;
  • Des troubles de la vision ;
  • Des dou­leurs au niveau du bras gauche.

Lors­qu’une de ces mani­fes­ta­tions sur­vient, il faut réa­li­ser une auto­me­sure ten­sion­nelle pour s’as­su­rer qu’il n’y ait aucun pro­blème grave.

Par ailleurs, les auto­me­sures ten­sion­nelles peuvent être pres­crites par le méde­cin lui-même, dans le but de confir­mer un diag­nos­tic en amé­lio­rant la pré­ci­sion ou d’a­jus­ter le trai­te­ment anti-hypertension.

L’au­to­me­sure ten­sion­nelle s’a­vère éga­le­ment effi­cace pour écar­ter l’hy­po­thèse d’une hyper­ten­sion arté­rielle de consul­ta­tion ou blouse blanche. Il s’a­git d’une ano­ma­lie qui se tra­duit par une aug­men­ta­tion de la pres­sion arté­rielle, seule­ment en pré­sence du per­son­nel médi­cal. Elle concerne majo­ri­tai­re­ment les per­sonnes de plus de 65 ans. Les hyper­ten­sions mas­quées qui ne sont géné­ra­le­ment pas visibles au cabi­net médi­cal peuvent éga­le­ment être détec­tées grâce à l’au­to­me­sure tensionnelle.

Zoom sur l’autotensiomètre 

L’au­to­ten­sio­mètre est l’ap­pa­reil por­table uti­li­sé pour réa­li­ser des mesures de la pres­sion arté­rielle à domi­cile. Il en existe trois prin­ci­paux types. Le pre­mier est celui qui se place au poi­gnet. Il coûte entre 40 et 50 euros. Un autre type de cet appa­reil est dit humé­ral et est sem­blable à un bras­sard. Son prix est d’en­vi­ron 90 euros. Le der­nier type d’au­to­ten­si­moètre est le plus récent. Il se connecte à un télé­phone por­table, qui signale une aug­men­ta­tion ou une dimi­nu­tion de la pres­sion artérielle.

L’u­ti­li­sa­tion d’un auto­ten­sio­mètre se fait en res­pec­tant les étapes suivantes :

  • Le sujet com­mence par s’ac­cor­der au moins cinq minutes de repos avant d’ef­fec­tuer la mesure ;
  • L’ap­pa­reil de mesure doit être pla­cé sur une table ;
  • En fonc­tion du type d’ap­pa­reil uti­li­sé, il faut déga­ger le bras, le poi­gnet ou le doigt de tout vête­ment ou bague pou­vant entra­ver le processus ;
  • Ensuite, il faut ajus­ter le bras­sard en le ser­rant légèrement ;
  • Main­te­nant, on pose l’a­vant-bras sur la table avec la paume en l’air et sans ser­rer le poing. S’il s’a­git d’un appa­reil qui s’a­dapte au poi­gnet, c’est le coude qu’il fau­dra poser sur la table. Le non-res­pect de ces dis­po­si­tions peut conduire à de mau­vais résul­tats de la mesure ;
  • Il ne reste plus qu’à gon­fler et à dégon­fler tout en res­tant détendu.

Pour être sûr du résul­tat de la mesure, il est conseillé de répé­ter l’o­pé­ra­tion au moins trois fois de suite, pour avoir trois valeurs consé­cu­tives.

Les étapes de déroulement d’une automesure tensionnelle

Pour une mesure sans contraintes ou sans ambi­guï­té de la pres­sion arté­rielle à domi­cile, il faut res­pec­ter cer­taines étapes.

La pre­mière de ces étapes cor­res­pond au choix de l’ap­pa­reil à uti­li­ser. Par­mi les types d’au­to­ten­si­moètre qui existent sur le mar­ché, ceux qui sont équi­pés d’un bras­sard humé­ral au niveau du bras sont consi­dé­rés comme les plus effi­caces. Tou­te­fois, vous pou­vez dis­cu­ter avec votre méde­cin pour déter­mi­ner le type d’ap­pa­reil qui vous convient le mieux.

Une fois l’au­to­ten­sio­mètre choi­si, on peut main­te­nant réa­li­ser la mesure pro­pre­ment dite. Entre les 5 et 30 minutes pré­cé­dant la mesure, le patient doit être abso­lu­ment au repos, de pré­fé­rence en posi­tion assise, le dos déten­du et ses bras sur la table. Il ne doit consom­mer ni tabac ni café. Il est aus­si recom­man­dé de ne pas croi­ser les jambes, mais de poser les pieds au sol.

Ensuite, les mesures pour­ront être prises en toute détente. Après une mesure, il faut attendre au moins une ou deux minutes avant d’en faire une autre. Pour cela, il faut choi­sir un endroit calme à l’é­cart de toute agi­ta­tion : la chambre ou la salle de bain.

Aujourd’­hui, la plu­part des auto­ten­sio­mètres pos­sèdent une mémoire. Mais, si vous le sou­hai­tez, vous pou­vez reco­pier les résul­tats obte­nus sur une fiche.

Il faut pri­vi­lé­gier les matins et les soirs pour la réa­li­sa­tion des mesures. Pour ceux qui prennent des médi­ca­ments, il fau­dra les réa­li­ser avant de les prendre.

Pour avoir des résul­tats fiables de l’automesure ten­sion­nelle, il faut res­pec­ter cer­taines règles. Pour com­men­cer, il faut savoir que les varia­tions de la pres­sion arté­rielle aux dif­fé­rents moments de la jour­née sont nor­males. Cela ne doit pas être un signe d’in­quié­tude.

Qu’elles soient trop basses ou trop éle­vées, toutes les mesures doivent être notées avec soin. Le nombre de mesures jour­na­lières ne doit pas dépas­ser les pres­crip­tions du méde­cin. Dans le cas contraire, le stress et l’an­xié­té aug­mentent et rendent plus dif­fi­cile le diag­nos­tic. Pour finir, le trai­te­ment ne doit aucu­ne­ment être modi­fié sans l’avis du méde­cin. En cas d’aug­men­ta­tion ou de dimi­nu­tion de la pres­sion arté­rielle, seul le méde­cin pour­ra indi­quer les ajus­te­ments à appor­ter au trai­te­ment.

L’interprétation des résultats d’une automesure tensionnelle

Les résul­tats d’une d’au­to­me­sure ten­sion­nelle ne doivent être inter­pré­tés que par un méde­cin. Géné­ra­le­ment, on estime que la pres­sion arté­rielle est trop éle­vée si elle est supé­rieure à 135/35 mm de mer­cure. Il s’agit d’une valeur indi­ca­tive qui peut varier d’une per­sonne à une autre.

Deux prin­ci­paux chiffres sont affi­chés par l’appareil d’automesure ten­sion­nelle. Le pre­mier tra­duit la pres­sion sys­to­lique en rap­port avec les contrac­tions du cœur. Le deuxième chiffre cor­res­pond à la pres­sion dias­to­lique qui est carac­té­ris­tique du mou­ve­ment de relâ­che­ment du muscle car­diaque. Il faut noter que les condi­tions d’extrême fatigue peuvent alté­rer les résultats.

Dans le cas où l’au­to­me­sure révèle une valeur trop éle­vée de la pres­sion arté­rielle, cer­taines mesures hygié­no-dié­té­tiques doivent être prises pour limi­ter les conséquences.

D’a­bord, il faut limi­ter la consom­ma­tion de sel et pen­ser à perdre au moins 10% de son poids ini­tial. Pour cela, il est conseillé de pra­ti­quer une acti­vi­té phy­sique pen­dant au moins 30 minutes et 3 fois dans la semaine.

Ensuite, la limi­ta­tion de la consom­ma­tion d’al­cool ain­si que l’ar­rêt du taba­gisme peuvent s’a­vé­rer efficaces.

Enfin, il fau­dra opter pour un régime ali­men­taire riche en fruits et légumes, mais qui ne contient pas des quan­ti­tés impor­tantes de graisses satu­rées.

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