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Hypercalcémie : causes, symptômes et traitements

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La fatigue, la perte d’appétit, les troubles du sys­tème diges­tif sont autant de signes carac­té­ris­tiques de l’hypercalcémie, qui n’est autre que l’augmentation du taux san­guin de cal­cium. Cette patho­lo­gie est habi­tuel­le­ment asymp­to­ma­tique et c’est lors des exa­mens de rou­tine qu’on la découvre. Elle peut être due à des ano­ma­lies géné­tiques, à des can­cers ou à d’autres mala­dies sous-jacentes. Le pré­sent article vise à vous en apprendre plus sur la symp­to­ma­tique, la cau­sa­li­té, la pré­ven­tion et les modes de trai­te­ment de l’hypercalcémie.

Définition de l’hypercalcémie

Comme son nom l’indique, l’hypercalcémie est l’accumulation de quan­ti­tés impor­tantes de cal­cium dans le sang. 2,60 nano­moles (ou 105 mg/L), c’est la concen­tra­tion san­guine de cal­cium à par­tir de laquelle on parle d’hypercalcémie. Dans la plu­part des cas, l’hypercalcémie est asso­ciée à une acti­vi­té beau­coup trop impor­tante des glandes para­thy­roïdes (sécré­tion exa­gé­rée d’hormones). En dehors de cela, l’hypercalcémie peut éga­le­ment être la consé­quence :

  • D’une inges­tion exces­sive de cal­cium ;
  • D’un sur­do­sage de vita­mine D ;
  • Ou encore d’un défaut d’élimination de cal­cium.

Les consé­quences aux­quelles peut conduire l’hypercalcémie sont nom­breuses et rela­ti­ve­ment graves. Voi­là pour­quoi elle doit être diag­nos­ti­quée le plus tôt pos­sible, afin qu’un trai­te­ment soit rapi­de­ment initié.

Par ailleurs, l’hypercalcémie peut être le signe qu’un organe est défaillant ou qu’une tumeur maligne (un can­cer) s’est ins­tal­lée. Plus vite l’anomalie est décou­verte, plus on a de chances de la résorber.

Abso­lu­ment toutes les caté­go­ries de per­sonnes peuvent souf­frir d’une hyper­cal­cé­mie. Cepen­dant, le risque est plus impor­tant chez les per­sonnes qui sont atteintes d’une patho­lo­gie rénale ou d’une tumeur maligne. Il est aus­si très pré­sent chez les per­sonnes qui prennent des médi­ca­ments conte­nant de la vita­mine D. Aus­si, il sem­ble­rait que les femmes soient plus expo­sées à cette mala­die que les hommes, sur­tout après l’âge de 60 ans. Selon cer­taines études récentes, envi­ron 50 per­sonnes sur 100 000 seraient atteintes d’hypercalcémie.

Il faut aus­si pré­ci­ser que l’hypercalcémie pré­sente plu­sieurs niveaux de gra­vi­té, qui néces­sitent cha­cun une marche bien pré­cise à suivre. Ain­si, si la concen­tra­tion de cal­cium dans le sang est com­prise entre 2,60 et 3,00 nanomoles/L, la situa­tion n’est pas encore grave et rien ne presse pour une prise en charge. Entre 3 et 3,50 nanomoles/L, la prise en charge est néces­saire pour trai­ter les symp­tômes et les com­pli­ca­tions. Par contre, lorsque le taux de cal­cium excède 3,50 nanomoles/L, la prise en charge doit se faire le plus rapi­de­ment possible.

Les symp­tômes de l’hypercalcémie et leur degré varient éga­le­ment d’un niveau de gra­vi­té à un autre. Lorsqu’elle n’est pas prise en charge rapi­de­ment, l’hypercalcémie conduit fré­quem­ment à des atteintes du sys­tème rénal.

Zoom sur l’hypercalcémie hypocalciurique familiale

L’hypercalcémie hypo­cal­ciu­rique fami­liale est une forme assez fré­quente de l’hypercalcémie. Elle est pro­vo­quée par une muta­tion sur le gène res­pon­sable de la détec­tion du cal­cium. Cette forme de l’hypercalcémie est habi­tuel­le­ment asymp­to­ma­tique. Elle ne néces­site aucun trai­te­ment et les per­sonnes qui en souffrent ne s’en doutent géné­ra­le­ment pas, pen­dant de longues années. Elle est aus­si connue sous le nom d’hypercalcémie bénigne fami­liale. Pour l’identifier, il est sou­vent néces­saire de réa­li­ser des tests géné­tiques, pour éta­blir une dif­fé­rence avec l’hypercalcémie ordi­naire.

Le méca­nisme de l’hypercalcémie hypo­cal­ciu­rique fami­liale est simple : la muta­tion sur le gène de détec­tion du cal­cium fait croire au corps que les niveaux de cal­cium sont bas. La quan­ti­té de cal­cium san­guin est alors aug­men­tée en réponse à cette fausse information.

Dans une hyper­cal­cé­mie ordi­naire, le taux de cal­cium uri­naire aug­mente en même temps que celui san­guin. Par contre, dans le cas d’une hyper­cal­cé­mie hypo­cal­ciu­rique, les niveaux uri­naires de cal­cium res­tent rela­ti­ve­ment bas : on parle d’hypocalciurie.

Par ailleurs, il n’est pas rare de confondre l’hypercalcémie hypo­cal­ciu­rique fami­liale avec une hyper­pa­ra­thy­roï­die. En effet, les glandes para­thy­roïdes sont les prin­ci­paux acteurs de la régu­la­tion des taux d’hormones para­thy­roï­diennes. Tou­te­fois, elles n’arrivent plus à rem­plir cette mis­sion, dans le cadre d’une hyper­cal­cé­mie hypo­cal­ciu­rique fami­liale. Ce sont donc des tests géné­tiques qui per­mettent de faire la dif­fé­rence entre l’hypercalcémie fami­liale et l’hyperparathyroïdie.

Les causes de l’hypercalcémie

L’activité extra-impor­tante des glandes para­thy­roïdes, les sup­plé­ments de vita­mine D et la prise de cer­tains médi­ca­ments tels que le lithium sont les fac­teurs qui entraînent le plus cou­ram­ment une élé­va­tion du taux de cal­cium dans le sang.

Lorsqu’elle est tem­po­raire, l’hypercalcémie peut être asso­ciée à une déshy­dra­ta­tion. En effet, le volume san­guin d’une per­sonne baisse consi­dé­ra­ble­ment, lorsque cette der­nière est déshy­dra­tée. Dans cette situa­tion, la concen­tra­tion san­guine de cal­cium connaît une baisse consé­quente. Une réhy­dra­ta­tion par fluides oraux ou intra­vei­neux per­met de retrou­ver des niveaux nor­maux de cal­cium dans le sang.

Il existe aus­si cer­tains can­cers qui contri­buent for­te­ment à l’hypercalcémie. Il s’agit par exemple des can­cers du pou­mon et des seins. On peut aus­si évo­quer les can­cers qui pro­voquent une libé­ra­tion de pro­téines dans le sang. La consé­quence est une action impor­tante des hor­mones para­thy­roï­diennes. Une bonne par­tie du cal­cium conte­nue dans les os passe dans le sang : on parle de syn­drome para­néo­pla­sique. C’est une sorte de réponse du corps vis-à-vis des sub­stances que pro­duit le can­cer. Par ailleurs, le risque de sur­ve­nue d’une hyper­cal­cé­mie devient encore plus impor­tant lorsque le can­cer com­mence à se pro­pa­ger aux os.

En ce qui concerne les causes médi­ca­men­teuses de l’hypercalcémie, il faut rete­nir que les médi­ca­ments uti­li­sés pour trai­ter les troubles bipo­laires sont les plus en causes. Ces der­niers ont la capa­ci­té d’augmenter la sécré­tion des hor­mones para­thy­roï­diennes et conduisent ain­si à une hyper­cal­cé­mie, au même titre que les diu­ré­tiques.

Bien qu’efficaces pour sup­pri­mer l’excès d’eau dans le corps et pour com­battre l’hypertension arté­rielle, les diu­ré­tiques thia­zi­niques sont impli­qués dans l’augmentation de la concen­tra­tion san­guine de cal­cium. En effet, ces médi­ca­ments aug­mentent le cal­cium san­guin en épui­sant celui conte­nu dans les urines. Lorsqu’ils sont iden­ti­fiés comme la cause de l’hypercalcémie, ces diu­ré­tiques sont rem­pla­cés par d’autres médi­ca­ments.

En dehors des can­cers, d’autres mala­dies sont capables de pro­vo­quer une hyper­cal­cé­mie. Il s’agit notam­ment de la tuber­cu­lose et de la sar­coïde. Ces deux mala­dies se mani­festent essen­tiel­le­ment par des inflam­ma­tions et des lésions tis­su­laires. Ces der­nières, aus­si connues sous le nom de gra­nu­lomes, induisent une aug­men­ta­tion de la concen­tra­tion de cal­ci­triol dans le sang.

Dans cette situa­tion, le sys­tème diges­tif absorbe des quan­ti­tés de plus en plus impor­tantes de cal­cium. On peut éga­le­ment évo­quer l’hypercalcémie hypo­cal­ciu­rique qui est une mala­die géné­tique fai­sant aug­men­ter le taux de cal­cium dans le sang. Cela s’explique par un défaut de fonc­tion­ne­ment des récep­teurs de cal­cium dans le corps.

Notez que les patho­lo­gies rénales sous-jacentes, les tumeurs malignes, ain­si que bien d’autres mala­dies sont très sus­cep­tibles d’augmenter le risque de déve­lop­pe­ment d’une hypercalcémie.

Les symptômes de l’hypercalcémie

Dans la majo­ri­té des cas, l’hypercalcémie ne pré­sente pas de symp­tômes. Elle est décou­verte de manière for­tuite pen­dant des exa­mens de rou­tine. Cepen­dant, lorsque le taux de cal­cium san­guin devient trop impor­tant, cer­taines mani­fes­ta­tions peuvent sur­ve­nir. Les plus fré­quentes sont :

  • La poly­dip­sie (ou soif intense per­ma­nente) ;
  • La consti­pa­tion ;
  • Des dou­leurs au niveau des os et des arti­cu­la­tions ;
  • Les nau­sées et les vomissements ;
  • Des cal­culs rénaux : des cris­taux se forment pour bou­cher le sys­tème rénal ;
  • Des envies pres­santes et fré­quentes d’uriner : la polyurie ;
  • Une sen­sa­tion de fai­blesse géné­rale de l’organisme.

Il est aus­si pos­sible d’observer des signes de dépres­sion, des moments de confu­sions répé­tés, une grande som­no­lence, des ano­ma­lies du rythme car­diaque, la perte d’appétit et par­fois une perte de poids. La per­sonne atteinte d’hypercalcémie peut aus­si se mon­trer léthar­gique ou trans­pi­rer de manière plus abon­dante que la normale.

Les symp­tômes qui se mani­festent chez une per­sonne atteinte d’hypercalcémie dépendent de l’état de san­té géné­ral de cette der­nière. Cepen­dant, ces symp­tômes seuls ne peuvent pas suf­fire à détec­ter l’hypercalcémie, puisqu’ils peuvent être carac­té­ris­tiques d’une autre ano­ma­lie. Il faut donc consul­ter un méde­cin pour avoir un diag­nos­tic clair.

Le diagnostic de l’hypercalcémie

Pour diag­nos­ti­quer un excès de cal­cium dans le sang, une simple prise de sang est géné­ra­le­ment suf­fi­sante. Un méde­cin trai­tant est capable de réa­li­ser ce diagnostic.

Le diag­nos­tic com­mence géné­ra­le­ment par un exa­men phy­sique, ain­si qu’une éva­lua­tion des symp­tômes. Si l’analyse san­guine ne per­met pas d’établir clai­re­ment la pré­sence d’une hyper­cal­cé­mie, il peut être réa­li­sé un exa­men neu­ro­lo­gique. Durant cet exa­men, le méde­cin inter­roge le patient et lui fait pas­ser des tests pour s’assurer que son cer­veau, ses nerfs et sa moelle épi­nière fonc­tionnent cor­rec­te­ment. La san­té men­tale, la coor­di­na­tion, les sens, les réflexes, ain­si que l’efficacité des muscles seront aus­si éva­lués pen­dant l’examen neu­ro­lo­gique.

Paral­lè­le­ment à l’examen neu­ro­lo­gique, il est aus­si pos­sible de réa­li­ser une ana­lyse uri­naire et des tests de la fonc­tion rénale. Ces deux exa­mens ont pour fina­li­té de déter­mi­ner des sub­stances anor­males dans l’urine et dans le sang et d’analyser leur impact sur le fonc­tion­ne­ment du sys­tème rénal et sur l’organisme.

La prévention et le traitement de l’hypercalcémie

Il n’existe aucun moyen de pré­ve­nir l’hypercalcémie, si ce n’est le cas d’un sur­do­sage de vita­mine D ou d’erreur dié­té­tique. Tou­te­fois, un régime ali­men­taire riche, varié, mais aus­si et sur­tout riche en cal­cium peut être béné­fique et pas que pour la pré­ven­tion de l’hypercalcémie. Il faut seule­ment prendre garde à ne pas abu­ser du calcium.

Le trai­te­ment d’une hyper­cal­cé­mie se déter­mine en fonc­tion de sa cause. Les résul­tats sont habi­tuel­le­ment pro­met­teurs, sauf dans les cas où un can­cer est la cause sous-jacente. Dans ces cas, il n’y a aucun moyen d’être sûr du résultat.

Lorsque le taux san­guin de cal­cium est supé­rieur à 150 mg/L, l’hypercalcémie est esti­mée grave et la vie du patient peut en dépendre. Il faut donc réhy­dra­ter le patient et for­cer la sur­ve­nue d’une diu­rèse, pour que l’excès de cal­cium soit éli­mi­né à tra­vers les urines. Dans les cas com­plexes, il peut être néces­saire de réa­li­ser une dialyse.

Par ailleurs, lorsque le cas d’hypercalcémie n’est pas très cri­tique, cer­tains médi­ca­ments peuvent être pres­crits pour faire chu­ter le taux de cal­cium dans le sang.

Lorsque c’est une tumeur des glandes para­thy­roïdes qui est res­pon­sable de l’hypercalcémie, l’ablation de celles-ci est la meilleure option pour résoudre le pro­blème.

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